Entrevue avec Josianne Lauzière, présidente-stratège principale de Synaptik Média.

Entrevue avec Josianne Lauzière, présidente- stratège principale de Synaptik Média, réalisée par Émy St Sauveur et Cloé Girard du Comité 12-18 de L’Avenir.

Décrivez-nous votre entreprise ?

Ce que nous faisons chez Synaptik Média, c’est de la production vidéo, du « motion » et aussi de la réalité virtuelle. Nous le faisons surtout pour le secteur corporatif, des entreprises et aussi des municipalités. Nous le faisons également dans le secteur des évènements mais aussi beaucoup pour les formations. Nous créons des formations en ligne ou des vidéos de formation.

Quels types de métiers pouvons-nous trouver dans votre entreprise ?

Il y en a plusieurs ! Il y a des caméramans, des monteurs, des « motions designers ». Le « motion design » est la création de dessins. Ça pourrait se rendre jusqu’aux Simpson, mais nous, nous le faisons surtout pour les entreprises. C’est surtout de l’animation d’images, parfois de personnages, parfois d’icônes, comparativement à la production de vidéos où l’on filme des images réelles. Nous retrouvons également des rédacteurs, des scénaristes, qui vont vraiment planifier le contenu ou planifier les narrations. Nous pouvons aussi trouver des narrateurs, des gestionnaires de plateau qui vont coordonner le tournage, s’assurer que tout ce qui se passe devant la caméra fonctionne bien. Nous avons des intégrateurs multimédias pour le secteur de la formation. Ils s’assurent de faire toute l’intégration du contenu. C’est un travail un peu plus technique. Nous avons aussi des stratèges, c’est ce que moi je fais, c’est un de mes rôles. C’est vraiment de construire la stratégie. Pour qu’une vidéo performe, il faut se questionner, à qui on s’adresse, comment on s’y adresse, quel message nous voulons passer, nous sommes rendus à quelle étape avec lui. C’est mon gros plaisir de me questionner. On diffuse ça où et comment ? Et d’échanger avec les gens, comprendre leurs besoins, pour trouver des solutions, leur expliquer notre univers pour les aider à prendre la bonne décision. Nous avons aussi le coordonnateur de production. Tout le long du processus, c’est lui applique la rigueur. Il s’assure de parler à tous les spécialistes. C’est qui le premier qui va entendre parler du projet et il va établir ce qui doit être fait. Il faut parler au caméraman pour tel évènement, je dois parler avec le stratège. Il coordonne tout ce beau monde-là du début à la fin. Ça prend quelqu’un qui aime la logistique, voir à tout, aimer être en relation avec le client. Il va également avoir une adjointe administrative qui est tellement précieuse pour que tout se tienne d’un point de vue budgétaire et administratif. Finalement, il y a le directeur général qui est notre chef d’orchestre. Il s’assure que tout va bien dans toutes les facettes de l’entreprise. Nous avons tout ce beau monde-là dans notre équipe et c’est avec chacun d’eux que nous réussissons à faire ce que nous faisons dans l’entreprise.

Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Synaptik est vraiment une entreprise basée sur les valeurs. Il y en a une pour nous qui est très importance, c’est la bienveillance. Nous voulons être bienveillants. Ce n’est pas de te vendre quelque chose à tout prix et ni de te vendre n’importe quoi parce que j’ai des objectifs à atteindre. Nous en n’avons pas des tactiques de vente chez Synaptik. Personne n’a de commission parce qu’il a vendu quelque chose. Nous voulons rendre service et être bienveillants ce qui nous amène souvent à éduquer nos clients. Nous leur voulons du bien et ça va se voir autant dans l’équipe, qu’avec nos clients. Se permettre d’être humain et se vouloir du bien, voilà. Dans nos valeurs fortes, la pertinence et la performance. Nous voulons nous questionner sur ce qui va vraiment amener la vidéo ou le contenu qu’on développe afin qu’il soit pertinent. Elle doit bien rejoindre les cibles, performer, aller chercher un maximum de vues. Bref, elle doit répondre au pourquoi on fait ce projet-là. Il n’y a aucune entreprise qui fait une vidéo en se disant qu’il espère que personne ne va la voir ! Ils veulent du contenu parce qu’ils ont des enjeux. Ils veulent recruter, communiquer leur message. Nous avons aussi la valeur de l’innovation qui est super forte. On se questionne tout le temps. Ce n’est pas pour rien que nous sommes allés en réalité virtuelle. On se questionne toujours à savoir comment faire plus, comment faire mieux. Et une autre valeur qui est très forte est le plaisir. On s’assure d’avoir du plaisir, de rire ensemble. On a absolument le droit de ne pas se prendre au sérieux !

Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés quand vous les embaucher ?

Les mêmes valeurs que nous autres ! Il est certain que ça demande des compétences de base. Dans notre domaine, il faut avoir travaillé son porte-folio, avoir pratiqué et être curieux de l’industrie. Ici, ce ne sont pas des employés, mais des joueurs parce que chez Synaptik, nous formons une équipe. Si nous avons le choix entre un joueur potentiel qui a un grand ego, il a beau avoir un super beau talent, s’il ne cadre pas dans nos valeurs et qu’il est là juste pour prouver à tout le monde qui est le meilleur, on ne veut rien savoir. Son talent ne compte pas. Si on a quelqu’un qui travaille fort, qui porte les mêmes valeurs que nous et, même avec des connaissances de moins que l’autre, on va choisir celui-là. Des connaissances ça s’apprend, mais une attitude c’est difficile à changer !

Est-ce qu’il y a des réalisations ou des projets pour lesquels vous êtes particulièrement fière ?

Oui ! Encore une fois, il a fallu que je me gère ! Il y en a 3-4. Il y a un projet que nous avons réalisé en République Dominicaine. On est allé faire des visites virtuelles de la République Dominicaine pour permettre aux gens de visiter plusieurs lieux sans devoir s’y rendre. On sait quand nous avons à choisir une destination vacances, nous retournons souvent aux mêmes endroits, car nous sommes certains qu’on va aimer ça. Permettre de visiter de nouveaux lieux étaient très stratégiques. Nous avons fait un 11 jours là-bas à tourner tout le temps. Même à filmer des couchers de soleil. Ils nous ont amenés dans les meilleurs endroits ! La raison pour laquelle il me rend fière ce projet-là, c’est qu’ils l’ont publicisé et ils l’ont mis sur la page Facebook du « National Geographic » du Canada. C’est lui qui a eu le plus de vues de l’histoire du « National Geographic » du Canada ! Nous étions tous très fiers de ces centaines de milliers de vues ! Je suis fière des projets d’implication sociale que nous faisons dans notre communauté. Ça fait plusieurs années qu’on s’implique dans la municipalité pour des fondations. On les aide à communiquer leur message et ça me rend fière ! Ça fait du sens qu’on prenne conscience des besoins de notre communauté et de supporter ceux qui s’impliquent. Il y a aussi Structures BRL. Celui-là je l’aime car le client a accepté qu’on l’amène dans notre univers. Nous avons pu aller dans un concept fou ! C’est tellement drôle ! Une vidéo pour le recrutement pour lui qui est à la recherche de soudeurs. C’est quelque chose de vraiment difficile de recruter des soudeurs dans la vie ! On a vraiment défini avec lui son profil et nous avons sorti un concept de fous où les gars, avec un chalumeau, allument un gâteau de fête. On l’a amené à faire un paquet de niaiseries tout en étant une bonne vidéo corporative. Elle s’est promenée aussi, tout le monde l’a vue ! Nous avons vraiment ri ! Tout le monde qui la regarde est crampé et se demande ce qu’ils font là ! Nous avons un gars qui liche un comptoir en disant que c’est super propre. Ce sont des choses qu’on ne fait pas habituellement, mais eux ont voulu y aller. Ça me rend vraiment fière qu’ils aient osé et assumé leur message. Nous faisons également plusieurs projets pour Cascades. Un projet qui m’a rendu particulièrement fière c’est celui qu’on a pu présenter sur leur plan de développement durable. Ils cherchent à avoir un impact par leurs différentes actions qu’ils mettent en place. Le message qu’ils lançaient donne le goût de faire des efforts pour la planète.

Selon vous, quels sont les avantages de travailler en région ?

Ce qu’on fait habituellement se fait dans les grands centres. Avant qu’on fonde Synaptik, ici au Centre-du-Québec, tout le monde nous disait qu’il fallait être dans les grands centres comme Montréal ou Québec. On s’est entêtés, nous on veut vivre en région. On vient d’ici et on veut s’établir ici. Travailler en région égale la nature, la qualité de vie, le rythme. Pour moi ça symbolise également la confiance qu’il y a entre les gens. On a moins le goût de faire n’importe quoi quand tu sais que tu as des chances de le croiser en faisant ton épicerie. Je trouve ça précieux le sentiment d’appartenir à une communauté, connaître des gens, savoir à quoi que tu contribues et la différence que tu peux faire. Travailler en région, c’est la décision la plus intelligente, surtout en ce moment avec le télétravail. En région, tu peux faire presque tous les métiers.

Comment se passe une journée de travail chez vous ?

Comme nous avons plusieurs quarts de métiers, ce n’est vraiment pas pareil pour tout le monde. Pour ma part, j’ai un rôle d’entrepreneur. Je touche à tout. Pour l’équipe de production c’est beaucoup de tournées, de création, de montage. Personne chez Synaptik fait la même chose tous les jours. Dans mon cas, une journée peut ressembler à des échanges avec mon équipe pour concevoir un projet. Je peux avoir des rencontres avec des clients pour comprendre leurs besoins, les aider à trouver une solution et les conseiller. À l’occasion, je vais sur des tournages. Avant j’y allais beaucoup, c’est principalement ce que je faisais quand l’entreprise était plus petite. J’y vais encore, je vais découvrir les gens, voir les lieux. Ça, c’est l’aventure ! On ne sait jamais ce qui peut arriver sur un tournage. Tu ne peux tout planifier, mais tu dois toujours t’adapter. Il y a toujours une notion d’imprévues. Une journée, je peux faire de la révision de projet. Le projet a déjà été fait, je dois valider si le contenu est correct et si nous passons le bon message. Dans mon rôle, je vais avoir aussi la vigie administrative de l’entreprise. Je ne fais pas la comptabilité et ce bout-là, mais je vérifie comment vont nos chiffres, est-ce que tout tient la route encore. Je vais aussi travailler sur des projets internes d’amélioration continue afin qu’on soit toujours meilleurs. Je vais aussi travailler pour implanter des logiciels pour s’automatiser davantage dans nos communications. Je fais aussi de ça.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez?

C’est une bonne question ! Ce ne sont pas des tâches que je préfère mais des moments. Ce que je préfère, ce sont les moments de partage, les moments qui sont vrais. Mon gros plaisir dans mon travail, c’est de voir un collègue qui s’accomplit. Comme avant c’était un défi de recevoir de sa part un feedback, je le vois qui sort de sa zone de confort. Nous en avons jasé un peu, il fait une rétroaction à une autre et il s’améliore là-dedans. De jaser avec un client, de le voir réfléchir et ça lui donne plein d’idées de comment il pourrait utiliser la vidéo pour son entreprise. Et aussi moi-même m’améliorer. Devenir chaque jour une meilleure version de moi-même. Avant je me blasais des métiers que je faisais. On dirait qu’une fois que j’ai tout appris et que je dois faire une deuxième boucle, ce n’est pas mon profil. Il faut que ça avance tout le temps, que je m’améliore. Je suis très critique envers moi-même. Le métier que je fais chez Synaptik dure depuis 11 ans et je ne me tanne vraiment pas. Chaque fois que je pense que j’ai appris quelque chose, je vois tout le reste qu’il reste à apprendre et à améliorer. Le fait que ce soit varié et il y a plusieurs zones où je peux travailler à m’améliorer et à devenir meilleure.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise ?

Je ne sais pas ce qu’on vous répond habituellement à cette question. Je pourrais répondre un chiffre d’affaire à 3-4 millions ou je veux qu’on soit deux cents joueurs… Mais moi ce que je rêve, c’est que Synaptik devienne un modèle ce à quoi doit servir une entreprise. Je suis convaincue que l’utilité d’une entreprise est de permettre aux gens de s’accomplir professionnellement. Ce que je rêve avec cette business-là est d’en faire la place où les gens s’accomplissent professionnellement en gagnant le meilleur salaire possible. Je veux que l’entreprise ait les moyens de s’impliquer dans la communauté, de soutenir des projets pour faire une vraie différence, pour soutenir des initiatives. Je rêve de voir performer les entreprises qui ont les mêmes valeurs que nous autres. Je veux que ce soit ces entreprises qui prennent la place dans le marché. Je veux qu’on fasse tout ça en étant rentable. Ne pas faire ça en donnant tout, mais je veux avoir un modèle qui trouve cette équilibre là, qui démontre qu’on peut avoir toutes ces valeurs là et être rentable.

Pour quelles raisons devrait on travailler pour votre entreprise ?

Pour contribuer à ce rêve-là ! Je dis souvent que moi ce que je veux, c’est améliorer le monde une communication à la fois ! Ceux qui ont envie de bâtir ce monde-là, qu’ils viennent, ils auront la place pour y contribuer. On leur donne cette chance, d’être eux même, d’être vrai, avec leurs couleurs. Il n’y a pas de hiérarchie chez Synaptik. Ça serait moi la plus haute dans la hiérarchie et je suis loin d’être autoritaire ! Ce n’est pas ça ma vision.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

Je crois que c’est la seule question que je n’ai pas préparée d’avance ! Je dirais la vie, dans toutes ces facettes. La vie, la naissance, la mort. La nature en fait, ça m’inspire beaucoup. De juste observer comment ça se passe pour s’enlever de la pression. Ce n’est pas parfait la nature. Et je dirais l’amour, ce que l’amour peut faire. Pas l’amour, amoureux, mais l’amour d’aimer les autres. Et je dirais l’intelligence émotionnelle, ça me fascine ! Ça m’inspire beaucoup en fait.  Les émotions, leur donner de la place. Je considère que nous sommes dans une société malade émotionnellement. Dès qu’il y a une émotion, c’est déplacé. Il ne faut pas être en colère, ça c’est de la violence. Non ! La colère n’est pas de la violence ! C’est quelque chose qui me fascine et m’inspire beaucoup.

Pour vous, la persévérance scolaire c’est quoi ?

J’ai pris une petite note question de bien m’enligner. Pour moi la persévérance scolaire, je vois plus la persévérance que le scolaire. De s’entêter à persévérer, ça sert toute une vie ! Il faut se concentrer sur un but et c’est à chacun de déterminer c’est quoi son objectif. Persévérer en regardant notre objectif, on ne peut pas être perdant. On y apprend toujours quelque chose. Pour moi la persévérance scolaire, c’est un plan d’apprentissage de la vie. De persévérer même quand on n’est pas confortable, d’aller chercher de l’aide si l’inconfort est trop fort c’est vraiment correct. Essayer d’atteindre l’objectif peu importe ce que c’est. Faire tout ce qu’on peut pour persévérer et apprendre des affaires qui des fois ne nous intéressent pas. On ne sait pas dans la vie et plus tard, quand est-ce que ça va nous servir. Selon mon humble expérience, ce n’est pas quand j’étais à l’étape du scolaire que je savais ce que je voulais faire dans la vie, que je savais ce que j’avais besoin et à quoi ça me servirait. La preuve, c’est que j’ai fait mes maths 436 et 536 et ma chimie et je ne voulais pas du tout m’en aller vers les sciences. J’aurais pu bifurquer vers le théâtre ! J’en ai appris des affaires ! J’ai appris à me casser le ciboulot et à ne pas lâcher le morceau. Persévérer dans le scolaire, c’est sûr que ça te sert d’apprendre des choses que tu ne juges pas nécessaire. Ça va te servir toute ta vie. Il ne faut pas oublier que c’est important de demander de l’aide et de moduler c’est quoi ton objectif. Si toi tu persévères parce que ton objectif est un secondaire 4, c’est correct ! Va le plus loin que tu es capable.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Dans quel monde as-tu envie de vivre ? C’est simple comme ça ! Crée-le ! Il reste encore bien de la place pour le construire. Tout le monde peut faire une différence dans le monde ! Rêve-le et fais tous les petits bouts de chemin que tu es capable de faire pour que ça devienne une réalité !

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Toute expérience te fait avancer ! J’en ai fait du bénévolat. Je me suis impliquée dans plein de projets et j’ai toujours appris ! C’est très louable, ça fait une différence dans la communauté. C’est gagnant-gagnant. Quand tu t’impliques, tu prends de l’expérience, tu rencontres des gens, tu développes ton réseau, tu ne sais pas où ça pourrait te mener. Avec Synaptik, j’ai un client qui venait à l’école primaire. Tu ne sais jamais qui tu vas rencontrer ! Rencontrer des gens, sortir, tisser des liens, agir en fonction de tes valeurs vont normalement t’amener à la bonne place !

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

J’ai l’air de la sportive de la place ! C’est drôle, j’ai longtemps été coach au basket et de tennis quand j’étais ado et au CEGEP. Moi je dirais que toute stratégie qui te fait du bien, il faut la mettre en place chaque fois qu’on est capable. On n’a pas les mêmes besoins. On n’a pas tous les mêmes besoins de faire 30 heures d’exercice physique par semaine. Il faut seulement avoir conscience de ce que nous avons besoin. On vit dans un corps, pas juste dans une tête et on n’a pas besoin seulement de bouts de doigt au bout d’un écran. De sortir, de bouger, d’avoir conscience de ce qu’il y a autour, à la fréquence que nous en ressentons le besoin. On est dans un corps, il faut prendre soin de ce coups-là. C’est lui qui nous permet de vivre tout le reste de l’aventure. L’activité physique est une façon d’en prendre soin et de prendre soin de soi.

Qu’est-ce que vous pensez de la relation entre les jeunes et la cigarette et ou la vapoteuse ?

Ce n’est pas un contexte que je connais. Je dirais juste à quel besoin ils répondent en faisant ça ? On essaie tous de combler nos besoins. Moi je ne vais pas juger, loin de là. Je n’ai pas à critiquer le choix d’un autre jusqu’à temps que ma fille soit ado ! Sérieusement, je pense qu’on cherche tous à répondre à des besoins et nous prenons des stratégies pour le faire. Ma question serait : Parfait, tu réponds à quel besoin maintenant ? Quand tu fumes ou vapotes, est-ce que c’est parce que tu as besoin de calme, de descendre la pression ? Tu as le goût d’envoyer quelqu’un promener et c’est ta façon de lui démontrer qu’il n’a aucun pouvoir sur toi ? Est-ce que tu le fais parce que tu adores la sensation quand ça entre à l’intérieur de toi et l’effet que ça te fait ? Tu réponds à des besoins. J’espère que les jeunes ont conscience du pourquoi ils le font. Je considère qu’il faut répondre à nos besoins sans que ça nous détruise ou nous fasse du mal et sans que ça nous impacte à plus long terme. Nous sommes des humains, on cherche des solutions, on cherche des outils.

Pour terminer, quels sont les impacts positifs de la légalisation du cannabis et en contrepartie les effets négatifs de celle-ci ?

Les deux dernières questions, c’est à vous autres que j’avais envie de les poser ! Pour vrai, moi je suis qui ? Je réponds à mes besoins de d’autres façons. La légalisation du cannabis, ce n’était pas légal quand j’étais jeune. Est-ce mieux légal ou mieux pas ? Vous autres vous, en pensez quoi ? Ça fait quoi comme différence que ce soit légal ?

Crédit photo: Exposeimage


Entrevue avec Monsieur Simon Martineau de chez SM Cuisine.

Entrevue avec Monsieur Simon Martineau, SM Cuisine
réalisée par Antonin et Arnaud Arès, Cédric Poulin, et Louan Bédard du Comité 12-18 de Tingwick

Décrivez-nous votre entreprise ?

On est fabricant d’armoires de cuisines et de salles de bain. On fait aussi des meubles commerciaux, des petits meubles de chambre ou salon, tout dépendant des unités murales.

Quels types de métiers peut-on retrouver dans votre entreprise ?

On peut retrouver des ébénistes, des peintres, des designers, des journaliers… L’ébéniste travaille le bois massif et il y a des opérateurs de machines. Si la personne n’a pas le cours, on peut lui montrer.

Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Le service à la clientèle. Souvent on fait affaire avec le propriétaire de la maison et lorsqu’on a terminé le contrat, il faut que les clients soient contents de ce que nous leur avons présenté. S’il y a quelque chose qui n’est pas correct, on le règle pour qu’ils soient satisfaits.

Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés lorsque vous les embauchez ?

La ponctualité, la précision et la finition. On veut des personnes qui sont là lorsqu’on a besoin d’eux et que le travail soit bien accompli.

Y a-t-il des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes particulièrement fiers ?

L’année passée on a fait le Pavillon Promutuel à Victoriaville. C’était un gros projet avec toute la nouvelle partie des sports avec les murs d’escalade. On n’a pas fait la partie mur d’escalade, mais on a fait les salles de bain, les bureaux d’accueil, les panneaux sur les murs, les vestiaires et les bancs… C’était dans nos plus gros contrats.

Selon vous, quels sont les avantages à travailler dans la région ?

Quand on travaille dans une région, tout l’argent que tu fais est remis dans la région. Ce n’est pas comme si tu achètes quelque chose à Montréal par exemple et que l’argent ne reste pas ici. Avec l’argent que mes clients me donnent, je paie mes employés, mes employés travaillent dans la région donc la dépensent dans la région en faisant l’épicerie par exemple.

Comment se passe une journée de travail pour vous ?

Très vite. On ne voit pas le temps passer parce qu’on a tout le temps quelque chose à faire. Je n’ai jamais d’employés qui vont dire qu’il est seulement 9h. Souvent, le travail est varié alors il est midi, puis la journée est finie. Cela passe vite.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez?

La fin des travaux avec les clients. Pas nécessairement quand tu vas chercher le chèque, mais quand tu vois la réalisation faite. Par exemple, lorsque tu arrives chez un client, on livre la cuisine en morceaux et l’installateur la monte. Ensuite la nouvelle cuisine est montée et les clients sont satisfaits.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise ?

Disons que mon entreprise a déjà beaucoup grandi. Présentement, on est rendu où nous voulions aller.

Pour quelles raisons devrait on travailler pour votre entreprise ?

Pour la fabrication de vos projets. C’est valorisant de faire des projets qu’on fait. Ce n’est pas juste de mettre un morceau à une place, mais bien d’accomplir des travaux variés.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

Les commodités. Par exemple, lorsqu’une personne dit qu’elle aimerait avoir telle ou telle chose dans la cuisine, que ce soit vraiment pratique et non seulement juste du « look ». Il peut y avoir du « look », mais pas seulement cela.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est… ?

Important parce que c’est vous êtes la relève ! Il faut posséder un certain bagage pour continuer dans la vie et pouvoir faire quelque chose d’intéressant.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Continuez de vous impliquer. C’est important de faire comme ce que vous faites au lieu de rester à la maison, à juste regarder la télévision. Vous faites des activités, vous gagnez de l’expérience, donc continuez de vous impliquer.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

C’est très important, comme j’ai répondu à la question précédente.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?

Pour avoir une bonne forme physique et avoir un bon éveil, quelqu’un qui est en forme, qui n’est pas nécessairement un coureur de marathon, mais quelqu’un qui fait un peu d’activités physique est réveillé. Il voit et bouge plus que la personne qui est assise à se bercer.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette/la vapoteuse ?

Pas très santé.


Entrevue avec Benoît Gagnon, animateur de radio et de télévision.

Entrevue avec Benoît Gagnon, animateur de radio et de télévision, réalisée par Jade Fortier, Anabelle Comtois, Félix Lambert et Éliott Grondin-Lemay des Comités 12-18 de plusieurs municipalités.

Je m’appelle Félix Lambert, j’ai 12 ans et je viens de Victoriaville. J’aimerais savoir si vous avez des conseils pour des jeunes qui veulent se lancer dans le podcast, la radio ou même la réalisation de vidéos sur Internet ?

Le premier conseil, ce serait de se lancer et de pas hésiter. Je pense que si tu as une bonne idée, un bon concept et que tu as envie de le faire, c’est possible. Puis, je trouve que vous êtes chanceux à votre âge parce que la technologie est tellement cool. Regarde ce qu’on fait, on a chacun un petit micro que tu peux te procurer et lancer ton truc. Go ! Le message, c’est de le faire et de l’essayer. Mon fils Charles a 7 ans et n’arrête pas de me dire qu’il va devenir Youtubeur. Dans sa tête, il est rendu là. Ma belle-fille Emma a 16 ans et elle trippe sur le maquillage et les produits de beauté. L’autre jour, elle me disait qu’elle devrait peut-être commencer à faire des vidéos. Ben oui, go ! Donc, je pense que si vous avez un sujet qui vous intéresse et que vous avez envie de le partager — on le fait déjà beaucoup avec nos téléphones, Instagram, Tik Tok, etc. — avec votre signature, votre studio et votre univers, c’est sûr qu’il y a quelqu’un, quelque part, qui va être intéressé.

Qu’est-ce que vous auriez fait si vous n’aviez pas été animateur radio ?

C’est une bonne question parce que je ne connais pas grand-chose d’autre que ça dans la vie. Mais il y a beaucoup de choses qui m’intéressent : le sport, la musique de façon générale. C’est la musique qui a fait en sorte que je fais de la radio. C’est la radio qui m’a amené à la télé, mais c’est la musique à la base. Je pense que de produire des spectacles, j’aurais aimé ça. Être agent d’artistes, je pense que c’est quelque chose que j’aurais aimé faire. Mais sincèrement, un métier autour du sport ou du voyage, ça aurait été quelque chose que j’aurais aimé faire si je ne faisais pas aujourd’hui ce que j’aime le plus au monde. Je suis chanceux, je travaille dans quelque chose que j’aime beaucoup.

Je m’appelle Eliott, j’ai 13 ans et je viens de Victoriaville aussi. J’aurais 3 questions pour vous aujourd’hui. Premièrement, quel est votre passe-temps favori, hors radio ?

Le voyage et la bouffe. Si peux faire les deux en même temps… (rires) Ma blonde et moi, on est bien gourmands et on aime ça manger au restaurant. Mais, surtout le voyage. Si j’ai la chance de voyager, je le fais. Il n’y a rien de négatif dans un voyage. Tu ramènes des souvenirs impérissables, tu découvres de nouveaux pays, de nouvelles villes, de nouvelles personnes. Il y a quelque chose de vraiment trippant. Ma grande passion, à part ce que je fais ici, c’est le voyage.

Quels sont les moments qui ont eu un impact important et qui vous ont motivé à poursuivre votre carrière ?

Mon Dieu, il y en a beaucoup. Je pense que quand les gens te disent qu’ils apprécient le travail que tu fais, c’est vraiment plaisant. J’ai eu la chance d’avoir eu ça souvent dans ma carrière parce que j’ai travaillé fort. J’ai aussi rencontré des gens extraordinaires qui m’ont amené à faire ce que je fais dans la vie. J’ai un ami qui s’appelle Guy Mongrain, qui est animateur télé et avec qui j’ai travaillé pendant plusieurs années. C’est encore un ami aujourd’hui, ça fait une vingtaine d’années qu’on ne travaille plus ensemble, mais on continue à se parler. La dernière fois remonte à ce matin et on s’est dit des niaiseries comme on le faisait autrefois. C’est lui qui est venu me chercher à Québec un moment donné et qui m’a dit qu’il voulait m’avoir dans son équipe. Ce moment-là est super important pour moi. Ça a changé beaucoup de choses. Je lui dois beaucoup encore aujourd’hui et c’est aussi quelqu’un que j’ai dans mon cercle d’amis. Je me sens privilégié de l’avoir.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique dans la vie de tous les jours ?

Je te dirais que c’est primordial. C’est bon pour ma santé mentale à moi. J’aime le sport parce que ça me permet de me changer les idées. Quand j’ai une bonne journée, ça me fait du bien. Quand j’ai une mauvaise journée, ça me fait du bien aussi. Les gens n’aiment pas beaucoup l’hiver, mais quand on reste en dedans et qu’on fait juste chialer, l’hiver devient long. Mais si on s’habille avec des vêtements adéquats, peu importe les conditions, et qu’on va dehors, l’hiver passe plus vite. Mon sport préféré, c’est le ski alpin. Dans les montagnes de ski, je peux faire tout ce que j’aime dans la vie : voyager, manger, écouter de la musique.

Mes enfants font du sport et je suis là pour les encourager. Mon fils Mathieu, quand il avait 12 ans, n’avait pas beaucoup d’amis à l’école et c’était difficile pour lui. J’ai décidé de lui proposer de l’amener jouer au football (c’est un sport qui a été important pour moi) et rapidement, il s’est fait des amis. Il a appris à gagner et à perdre, à avoir des responsabilités. Le sport l’a changé complètement. Juste le fait de faire partie d’un gang, ça change beaucoup de choses dans une vie. Je dis toujours que tout seul je suis pas pire, mais en équipe je me sens souvent invincible parce que j’ai mon gang autour de moi. Alors, le sport, pour moi, c’est vraiment important.

Je m’appelle Jade Fortier, je m’occupe des relations publiques dans le comité de Villeroy. J’ai aussi 3 questions pour vous. Que pensez-vous du fait que les jeunes s’impliquent dans leur municipalité ?

Je dis bravo à ça. Moi, je ne le faisais pas beaucoup. J’avais des amis autour de moi qui le faisaient. Je les regarde aujourd’hui et déjà, ce qu’ils faisaient dans le temps fait en sorte qu’aujourd’hui, ils sont bons et elles sont bonnes dans ce qu’ils font. Ils avaient un intérêt à être impliqués, être là, faire bouger les choses, organiser des événements et apporter du positif dans leur milieu. Ce sont des gars et des filles qui sont proches de moi encore aujourd’hui. Ils font une différence autour d’eux et je leur dis bravo comme je vous dis bravo de vous impliquer déjà. Je n’avais pas cette vocation de le faire à votre âge. De voir des gens impliqués, je trouve ça très bien.

Quel parcours avez-vous effectué pour faire le métier que vous faites aujourd’hui ?

Tu ne veux pas savoir mon parcours parce qu’il est un peu bizarre. Des fois, je suis invité par des écoles et des centres de formation pour aller raconter mon histoire et je ne suis pas très bon. Mais je vais le dire à vous parce que ça va rester entre nous. Moi, je suis allé au cégep une heure et quart et j’ai fini mon secondaire par la peau des fesses. Je suis allé à l’université, c’était un programme de 4 ans et après la première année, rendu à la moitié, j’ai tout sacré ça là. Je fais le métier que je fais aujourd’hui parce que j’ai beaucoup travaillé. Pour moi, l’école, ce n’était pas là que j’apprenais le plus.

Je suis parti à Moncton au Nouveau-Brunswick parce que je n’avais pas mon cégep. Je ne pouvais pas entrer à l’université au Québec, mais là-bas j’avais été accepté. Et il y avait une petite radio communautaire où j’ai commencé à aller et je remplaçais tout le monde. Je travaillais à 8 h le matin et si mettons le gars qui devait animer l’émission country n’était pas là, je le faisais, je le remplaçais. Je ne connaissais rien au country, mais j’allais vite voir sur Internet, je prenais les pochettes des disques et j’apprenais d’où venaient les artistes. Des fois, la fille qui faisait les nouvelles n’était pas là, elle était malade. Ce n’était pas grave parce que j’étais là, je la remplaçais. J’apprenais. J’ai tout fait parce que j’avais envie d’apprendre rapidement. Mon cheminement a beaucoup été fait par le travail. D’être là sans compter les heures. De voyager pour le job. De travailler à Montréal et à Québec dans la même journée pendant des années. Je faisais le show du matin ici à la radio de 5 h 25 jusqu’à 8 h 25. J’embarquais dans mon auto. J’allais à Québec, je tournais la télé jusqu’à 6 h ou 7 h le soir. Puis, je revenais, je couchais à la maison. Le lendemain matin, je réanimais ici et ainsi de suite.

Donc, ça a été grâce à la passion que je me suis lancé et j’ai travaillé fort pour avoir ce que j’ai aujourd’hui. J’ai des gens autour de moi qui ont cru en moi et qui m’ont aidé. J’ai fait un heureux mélange de tout ça. L’école, c’est excellent. J’encourage mes enfants à y aller et ils ont leur cheminement à eux aussi. C’est sûr que le mien est un peu bizarre et particulier, mais c’est le mien, mon histoire à moi et ça m’a servi. C’est ce pourquoi je fais ce que je fais encore aujourd’hui, après autant d’années. Je me sens privilégié.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette et/ou la vapoteuse ?

Il n’y a aucun de mes enfants qui fume à la maison. Moi, j’ai grandi dans une maison où ma mère et mon père fumaient. Mon père était garde du corps pour René Levesque, qui a été premier ministre du Québec. Monsieur Levesque fumait de 3 à 4 paquets par jour. Alors, mon père fumait 2 paquets par jour et ma mère le faisait aussi. Dans l’auto, mon frère et moi, on se faisait boucaner tout le temps. On n’a jamais aimé ça. Mon frère n’a jamais fumé de sa vie, moi non plus. Mes enfants ne fument pas. On parlait de sport tantôt et des bonnes habitudes de vie. Pour moi, la cigarette et la vapoteuse, c’est non. Mais les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent. Ma mère a fumé toute sa vie, là elle vapote depuis 3 ans et se trouve « cool ». L’autre jour, il y avait un truc aux fraises dans sa vapoteuse. Si c’est son plaisir et qu’elle se sent bien à faire ça, je ne vais pas le lui interdire, mais si j’avais un conseil à dire, ce serait de l’éviter. Si les jeunes le font, on ne peut pas contrôler tout ce qu’ils font. Si on peut en rester loin, c’est encore mieux.

Bonjour ! Mon nom est Anabelle Comtois et je suis responsable des relations publiques pour le Comité 12-18 de Lyster. Qu’avez-vous appris durant votre expérience à Big Brother Célébrités ?

Que j’ai beaucoup de difficultés à être enfermé dans la vie de tous les jours. C’était l’une des choses les plus difficiles. Et j’ai appris à être plus calme parce qu’on n’avait ni téléphone ni contact avec l’extérieur. Quand on se lève le matin, la journée est partie. On est dans un monde de performance, on est en compétition tout le temps avec les autres stations, tout va vite. L’émission m’a permis d’apprécier davantage le calme, le fait de pas avoir de rendez-vous dans la journée, puis de prendre le temps de regarder les gens dans les yeux quand on leur parle. De prendre le temps. Juste ça. C’est l’une des plus belles choses qui est ressortie. Depuis ma sortie de Big Brother, j’essaie de moins utiliser mon téléphone. Je suis plus détendu. Comme là, on prend le temps de parler. C’est super important.

Où avez-vous découvert votre passion pour les relations publiques ?

J’aime les gens et je suis un curieux de nature. Je m’intéresse aux gens. Je pense que c’est ma curiosité qui a fait en sorte que je me suis développé un talent pour ça. Je suis une grande gueule, je suis quelqu’un qui aime parler beaucoup et avoir des gens autour de moi. Mais je pense que les relations publiques, c’est super important. Je fais plein de trucs dans la vie. J’ai la chance de faire le 24 h Tremblant depuis 23 ans et de participer au Club des petits déjeuners depuis 26 ans. C’est ça, les relations publiques. D’aller voir les enfants le matin dans les écoles et de servir le déjeuner. Faire des relations publiques avec des gens qui ont une entreprise et les amener à faire des dons pour le 24 h Tremblant ou encore pour le Club des petits déjeuners.

Ce sont des choses super importantes pour moi parce que c’est de redonner dans sa communauté, comme on le disait tantôt. Je pense que c’est important de le faire. Je ne sauve pas des vies avec mon job, mais on travaille avec une certaine plateforme qui fait que quand on parle à des gens, on est capable d’aller les chercher. En me servant de cette plateforme là pour faire des relations publiques, je trouve ça important de redonner à la communauté, par exemple en faisant une différence pour les organismes et les gens dans le besoin.

La radio est un outil extraordinaire, ce n’est pas juste de présenter des chansons, c’est aussi d’être utile pour les autres. On a vécu une COVID et ce n’était pas facile. On a appris à gérer ça, mais au début on savait pas comment ça allait se passer. Un des réflexes des gens, c’était de savoir ce qui se passe dans leur communauté et leur ville et ça passait beaucoup par la radio. On avait la responsabilité d’informer les gens, les rassurer et leur changer les idées parce qu’on ne savait pas dans quoi on s’embarquait ou combien de temps ça allait durer. La radio, c’est des relations publiques à notre façon. Cette passion que j’ai pour les gens vient de ma curiosité parce que je m’intéresse à ce qu’ils font dans la vie. C’est ce pourquoi je fais ce que je fais aujourd’hui.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est quoi ?

C’est super important et même la persévérance en général. C’est drôle parce qu’à toutes les semaines, je fais un petit truc dans l’émission du matin avec le gang de Rouge à Gatineau. C’était mon sujet cette semaine. Je trouve qu’on abandonne beaucoup aujourd’hui. C’est facile de faire autre chose parce qu’on aime plus ça ou de se trouver quelqu’un d’autre quand on aime plus son amoureux ou sa blonde. Le Mont Everest, c’est le plus haut sommet du monde et ça ne se fait pas en une journée. Ça se prépare pendant des années et quand tu arrives, il y a différents camps que tu vas devoir atteindre, différents objectifs aussi à avoir. Ensuite peut-être, si tu as la chance, d’atteindre le sommet. La persévérance, c’est ça aussi. Il n’y a rien de facile. Si ça l’était, tout le monde ferait tout, que ce soit en affaires, dans les relations amoureuses ou dans les relations de travail.

Je pense que d’être persévérant, c’est super important et l’un des premiers endroits où tu es appelé à l’être, c’est à l’école. Ce n’est pas toujours facile. Moi aussi il y avait des journées où ça ne me tentait pas d’y aller. Ce matin, ça ne tentait pas pantoute à mon fils Charles et ma belle-fille Emma d’y aller. C’est vendredi, il fait beau, je les comprends. Mais ils sont allés quand même. Avoir des objectifs, c’est super important : dans le monde du sport, à l’école, etc. Même les journées les plus plates, où ça ne nous tente pas et qu’on y va quand même, on s’en rend pas compte, mais on vient d’investir dans ce qui s’en vient. La persévérance, en bout de ligne, ça paie toujours. Quand tu sors du secondaire, du cégep ou de l’université avec un diplôme, tu sors avec la réussite de l’objectif que tu t’étais fixé. C’est plaisant en tabarnouche. Ce feeling là, il n’y a personne qui va te le donner. Il faut que tu te lèves le matin et que tu ailles le chercher, peu importe ce que tu fais.

Persévérez, mais surtout faites ce que vous avez envie de faire. À votre âge, quand vous avez une passion, faites là. C’est super important et c’est de la persévérance. Avoir une idée, c’est le fun, mais ça peut soit rester une idée, soit devenir un projet concret. C’est en étant persévérant vis‑à‑vis de ton objectif que tu vas arriver à le réaliser. Il n’y a personne qui va te le donner, il faut que tu ailles le chercher.


Entrevue avec Chantal Machabée, vice-présidente Communications Hockey du Canadiens de Montréal,

Entrevue avec Chantal Machabée, vice-présidente Communications Hockey du Canadiens de Montréal, réalisée par Anabelle Comtois, Leila Quirion, Charline Pelletier et Charles Bilodeau des Comités 12-18 de Lyster, St-Valère, Lefebvre et Inverness.

En quoi consiste votre travail exactement ?

Mon travail consiste à travailler avec l’équipe. Je suis vice-présidente hockey, ça veut dire tout ce qui a rapport avec les joueurs, le personnel d’entraîneurs, le directeur général, le vice‑président aux opérations, etc. Je fais le lien entre les médias, les joueurs et tout le personnel hockey. Donc, chaque matin, je suis avec l’équipe à l’entraînement. Je demande aux journalistes à qui ils veulent parler, j’avertis les joueurs. Je vais souvent aussi résumer aux joueurs quels seront les sujets de la journée. Comme j’ai été journaliste sportif pendant 38 ans, je connais pas mal le genre de questions qui seront posées aux joueurs et quels seront les sujets de la journée. Alors, avant qu’ils rencontrent les médias, je vais leur dire : « Aujourd’hui, il sera question de tel sujet, tel sujet, tel sujet ». Donc, quand ils se présentent devant les médias, ils sont préparés et non pris au dépourvu. Je fais la même chose avec Martin St. Louis tous les jours, et ce, matin et soir.

Je prends aussi les demandes des médias, par exemple les talk-shows et les émissions de variétés. Les demandes viennent de partout, on en a une centaine par semaine. Ça, c’est sans compter les demandes quotidiennes après les entraînements et après les matches. On en a beaucoup, ça vient de l’Europe, des États-Unis, ailleurs au Canada et beaucoup du Québec bien sûr. C’est un travail que j’adore et qui est très prenant, donc beaucoup d’heures. Il faut toujours que je sois avec l’équipe, donc j’assiste aux 82 matches, à tous les entraînements. Je voyage avec l’équipe. Donc je fais véritablement partie de cette équipe-là. Je suis pas toute seule là‑dedans, j’ai 3 adjoints qui travaillent avec moi parce que je ne pourrais pas faire ça toute seule, il y a trop de demandes, on n’y arriverait pas. Charles, Guillaume et Timothée, mes 3 adjoints, m’aident dans ces tâches-là. En gros, c’est pas mal ça.

Qu’est-ce que vous préférez dans votre travail de journaliste ?

Les matches de hockey. (rires) Il y a rien de plus le fun que d’assister aux matches, d’être là avec les joueurs. Après une victoire, je suis toujours en bas parce que mon bureau (j’ai deux bureaux, un à Brossard pour les entraînements et un au Centre Bell pour les matches) est juste à côté du vestiaire, donc quand les joueurs sortent de la patinoire, on se fait des high fives. C’est le fun de voyager avec eux autres, d’apprendre à les connaître, eux et leurs familles (leur femme, leurs parents, leurs frères et sœurs). Faire partie d’une équipe, c’est vraiment particulier. C’est nous autres contre eux autres. Il y a un sentiment d’appartenance qui est incroyable. Je suis une maniaque de hockey depuis tellement longtemps, donc être payée pour voir des matches, je trouve ça vraiment agréable.

Quels sont vos passe-temps préférés ?

Regarder le hockey. (rires) L’été, quand je ne travaille pas, je joue au golf avec mes deux fils qui sont de bons golfeurs. Sinon, je vais sur Netflix et je regarde des séries. Quand on fait des longs vols en avion, je suis pas capable de dormir parce que les joueurs sont bruyants en arrière. (rires) Sinon, je fais de la course à pied, je m’entraîne dans les gymnases dans les hôtels quand on est sur la route. J’aime beaucoup courir, ça me fait du bien. Je vais courir 5 à 10 kilomètres et ça, ça aide beaucoup à s’évader un petit peu et rester en forme. Je joue un peu de piano. Je dis « un peu » parce que j’ai déjà joué beaucoup et j’ai perdu ce que j’avais appris. J’aimerais recommencer à suivre des cours de piano. Tout pour se changer les idées parce que je travaille 7 jours sur 7 pendant la saison de hockey et beaucoup d’heures, donc à un moment donné, ça fait du bien de se trouver une petite échappatoire.

Comment vous sentez vous d’être la première femme à occuper le poste de vice‑présidente aux communications hockey des Canadiens de Montréal?

C’est le fun, mais ce n’est pas quelque chose à laquelle j’ai déjà pensé. Je sais qu’avant moi, il y avait eu Michelle Lapointe qui était secrétaire de route. Ce n’était pas un travail tout à fait pareil au mien, mais il y avait des similitudes. Être la première femme à occuper le poste de vice-présidente aux communications hockey, je trouve ça le fun. Moi, j’aurais jamais pensé travailler pour les Canadiens de Montréal. Mon rêve, c’était d’être journaliste sportif, mais dans ma tête de petite fille, travailler pour les Canadiens, c’était impossible, inaccessible, parce que c’est une équipe masculine. C’est une affaire de gars. Même si journaliste sportif, il n’y avait pas de femmes à l’époque, je me disais que c’était possible pour moi. Alors je trouve ça vraiment le fun d’être là aujourd’hui et de faire partie d’une équipe, c’est très flatteur. Merci à Geoff Molson et Florence Margaret Bélanger pour me donner cette opportunité là. Ça donne de l’espoir à toutes les jeunes filles qui veulent travailler pour une équipe de hockey. Il n’y a rien d’impossible, même si on est une fille. Il suffit d’y croire, toujours.

Quand avez-vous su que vous vouliez faire de la radio pour le sport ?

J’avais dix ans, j’étais très jeune. J’étais chez mes cousins, mes parents aimaient pas du tout le sport. Mon père détestait ça et je n’ai pas de frères. J’étais chez mes cousins un soir et ils regardaient un match des Canadiens. Je me suis assise avec eux et j’ai vu ça, j’ai vu Guy Lafleur marquer un but. J’ai eu un coup de foudre sportif. Comme personne pouvait m’enseigner le hockey (parce que chez nous, personne ne regardait ça, je suis allée à la bibliothèque et été chercher plein de livres sur le hockey, les Canadiens et leur histoire, les règlements, etc. J’ai appris par moi-même dans les livres, puis ensuite je me suis mise à aimer tous les sports. C’était l’époque des Jeux olympiques de Montréal en 1976, je me suis mise à être maniaque de sports. Je devais avoir 11 ou 12 ans quand j’ai décidé que je serais journaliste sportif. Mon père trouvait ça drôle. Il était sûr que je ne réussirais pas parce qu’il y avait personne qui aimait ça dans la famille. Il se disait que ça me passerait, mais ce désir là a toujours grandi. Je me suis impliquée très jeune dans des associations sportives, entre autres marqueur, chronométreur et annonceur au hockey. J’ai joué à la balle molle, j’ai écrit des matches de baseball, j’étais marqueur au baseball aussi. Je me suis beaucoup impliquée dans les journaux locaux et radios communautaires. Je n’ai jamais changé d’idée et j’ai réussi à le faire, donc c’est bon des fois d’avoir la tête dure.

Qu’est-ce que vous auriez aimé faire différemment dans votre carrière ?

Rien. J’ai aimé tout mon parcours, même si ça a été très difficile par moments parce que quand j’ai commencé, les gens n’étaient pas habitués de voir une femme qui couvrait le hockey et d’autres sports. Donc, j’ai eu beaucoup d’insultes, de menaces de mort, de commentaires très désobligeants et très blessants. Mais ça a forgé mon caractère, ça aidé à me faire une carapace. Ça m’a prouvé à quel point je voulais faire ce métier là, à quel point j’avais cette passion là. Je disais toujours qu’il n’y a personne qui va me briser et m’empêcher d’atteindre mon objectif. Ça m’a aidé à contourner des obstacles. Il s’en est dressé beaucoup, des obstacles, devant moi dans ma carrière. Au lieu de me décourager devant ça, je me demandais c’était quoi la solution et comment j’allais m’y prendre. Parce que je voulais tellement le faire qu’il y a rien qui allait m’empêcher d’arriver à mon objectif. Je voyais les obstacles comme un défi plus que comme une façon de me décourager. Dans un parcours professionnel, il y a toujours des embûches, tout le temps. Ce n’est jamais facile. Des fois, on peut se décourager, mais ça ne durait jamais longtemps dans mon cas. Je me disais qu’il y avait une solution et que j’allais la trouver. C’est comme ça que j’ai réussi à pratiquer mon métier.

Quelles études avez-vous fait pour devenir journaliste ?

J’ai un parcours atypique. Je voulais être journaliste sportif écrit, donc j’ai étudié beaucoup en théâtre et en littérature. À un moment donné, j’ai eu la chance de faire de la télévision et je me suis dit qu’il fallait que j’étudie en communication. Alors, j’ai postulé à l’université en communication, mais j’ai été refusée malgré le fait que je faisais déjà de la télé. Je me suis demandé ce que j’allais faire. J’ai été étudier en science politique. Aucun rapport entre les deux. Mais j’ai pris un cours en communication dans une école privée et c’est ça qui m’a aidée à trouver un travail. J’ai étudié dans plein de choses : littérature universelle, théâtre, science politique, communication, étude hispanique, histoire de l’art… J’adorais étudier. (rires) Mais mes études en littérature, en communication et en théâtre m’ont vraiment aidée. J’étais très timide et le théâtre m’a aidée à m’exprimer devant des gens et à avoir la parole facile, bref à contrer cette timidité là. Je dirais que ces trois formations là m’ont aidée à faire le métier de journaliste et celui que je fais là, aujourd’hui.

Est-ce qu’il y a eu des moments plus difficiles que d’autres dans votre carrière et pourquoi ?

J’en ai parlé tantôt, mais il y avait des gens qui croyaient pas en moi et se posaient beaucoup de questions. Quand j’allais dans des arénas, on m’accotait et me demandait ce que je faisais là, si je savais ce qui se passait sur la patinoire, si je savais ce qu’était un hors-jeu, si je connaissais les règlements, etc. Le questionnement des gens, c’était difficile. Il fallait toujours que je prouve que je savais de quoi je parlais. Ça a été long avant de chercher la confiance des fans et de certains patrons. Mais il y a des hommes extraordinaires qui m’ont ouvert des portes et qui ont cru en moi. C’est plus ça que je retiens. J’ai parlé tantôt des insultes et menaces de mort que je recevais et reçois encore aujourd’hui. C’est atroce parce qu’on me dit que je vole la job d’un homme, que je devrais retourner dans ma cuisine, que les femmes n’ont pas d’affaire à être dans les vestiaires et dans le domaine du sport parce qu’elles connaissent pas ça. C’est beaucoup de gros jugements. Ça a été dur, il y a des jours où tu n’as pas le goût de te faire insulter.

Quand les médias sociaux sont arrivés, ça a empiré. Avant, les gens prenaient la peine de m’écrire des lettres et poster ça à RDS. Quand Facebook, Twitter et compagnie sont arrivés, c’est devenu facile pour les gens de t’insulter et ils le font généreusement. Il y a des jours où ça ne te tente pas et d’autres où je préfère en rire. Des fois, je vais répondre à ces gens-là avec humour, juste pour qu’ils réalisent que j’ai lu leurs commentaires. Alors ils s’excusent, me disent qu’ils viennent de perdre leur job et qu’ils passent des moments difficiles. Des fois, les gens vont se rabattre sur toi et tu vas servir de punching-bag. Ils ne réalisent pas qu’on lit ces messages là qui peuvent nous blesser beaucoup. Journaliste, je recevais beaucoup de messages quand les Canadiens perdaient beaucoup de matches. Les gens étaient frustrés et le lien direct avec l’équipe, c’était moi. C’est difficile, mais il y a des choses qu’on contrôle pas dans la vie et la réaction des gens, je ne peux pas la contrôler. Donc, à un moment donné, je me suis mise à moins m’en faire et à moins lire ces commentaires là.

Quand vous étiez petite, quelle était votre carrière de rêve et d’où vous vient votre passion pour le hockey ?

Ma carrière de rêve, c’était d’être journaliste sportif. J’avais 10 ou 11 ans quand j’ai décidé de le faire. Le hockey, je l’ai expliqué tantôt, c’est en voyant Guy Lafleur marquer un but que j’ai développé cette passion là. Passion qui ne s’est jamais éteinte, qui a toujours grandi. Dans les années 70, les Canadiens gagnaient des Coupes Stanley à répétition, dont quatre de suite. Alors ça, ça faisait augmenter ma passion pour le hockey. J’étais une grande fan des Canadiens de Montréal, alors c’est de cette façon là (grâce à Guy Lafleur) que j’ai voulu être journaliste sportif.

Dans le milieu sportif majoritairement masculin, quel a été votre plus grand défi pour faire votre place ?

Des défis, il y en a eu beaucoup. Je dirais que le plus grand, ça a été de prouver mes compétences, et ce, tout le temps. J’ai toujours été très à l’aise avec les gars parce que quand j’étais jeune, j’étais maniaque de sports, donc j’avais beaucoup d’amis de gars. Je ne me suis jamais sentie pas à ma place dans un groupe de gars. Au contraire, j’étais très à l’aise parce que j’ai toujours eu les mêmes intérêts. Mais les défis, ça a été de convaincre, de montrer aux gens que je savais de quoi je parlais. Ça, ça s’est fait assez rapidement avec mes collègues. Avec les fans, ça a été un peu plus long, mais avec de la patience, on réussit.

Qui est votre idole sportif masculin et votre idole sportive féminine ?

Comme j’en ai parlé tantôt, Guy Lafleur a été ma première idole. Il y a aussi eu Mario Lemieux que j’ai eu la chance de voir jouer quand j’ai travaillé pour son équipe de hockey junior, les Voisins de Laval. Mario a été une grande inspiration pour moi. J’admire beaucoup d’athlètes, dont Sidney Crosby. Du côté de chez nous, j’admire tous les joueurs des Canadiens. (rires) J’adore Nick Suzuki, Cole Caulfield… Tous les joueurs qui sont là, ils sont tellement cool et gentils.

Pour les idoles féminines, j’en ai moins. J’aime beaucoup le tennis et Serena Williams est une femme que j’admire énormément. Annika Sörenstam au golf parce que j’adore le golf. J’ai jasé tout à l’heure avec la boxeuse Marie-Ève Dicaire, que j’adore. J’admire son courage, je la trouve phénoménale. Oh, j’allais oublier : au hockey, Manon Rhéaume, que j’ai adorée et qui a joué avec les gars dans le junior. Elle a joué un match hors concours avec le Lightning de Tampa Bay dans la Ligue nationale de hockey. J’étais en grande admiration de Manon.

Est-ce que quelqu’un a cru en vous quand vous vouliez devenir journaliste ?

Oui, le premier qui a cru en moi, ça a été Gilles Péloquin. À l’époque, je travaillais pour les Voisins de Laval. Gilles Péloquin avait CKSH (une émission de télé à Sherbrooke qui chaque vendredi résumait ce qui s’était passé dans le monde du sport) et m’a demandé que je fasse une chronique. Comme Mario Lemieux battait tous les records et que je voyais tous ses matches, Gilles Péloquin voulait que je raconte par téléphone ce que Mario avait fait dans la semaine et que je parle du hockey junior en général. Ça a été le premier à croire en moi et je n’oublierai jamais ça.

Il y en a d’autres, comme Pierre Durivage à la Presse Canadienne du réseau NTR et Maurice Brisson à Télé 4 à Québec. Puis, monsieur Guy Des Ormeaux qui est venu me chercher pour ouvrir RDS. Il m’a donné le grand honneur d’animer la première émission de l’histoire de RDS le 1er septembre 1989. Donc, il y avait des gens qui croyaient pas en moi, mais aussi des gens extraordinaires qui m’ont ouvert des portes et je leur en suis éternellement reconnaissante. Sans oublier bien sûr Geoff Molson et Florence Margaret Bélanger qui m’ont ouvert la porte chez les Canadiens de Montréal.

Que diriez vous à une jeune qui aspire à faire le même travail que vous ou à suivre vos pas ?

Je lui dirais d’avoir cette passion du sport parce que c’est un métier qui est très prenant. C’est beaucoup d’heures, on travaille tous les jours, le soir, la fin de semaine. On n’a pas vraiment de journées fériées, sauf le 25 décembre. Ça prend de la passion pour travailler autant. C’est ce qui est le fun quand tu es passionnée par ce que tu fais, c’est que tu n’as pas l’impression de travailler, même si tu y mets beaucoup d’heures. La passion, la débrouillardise, le désir de bien faire les choses, je pense que c’est ce qu’il y a de plus important. Puis, de pas compter tes heures. De se dire que tu vas faire ce qu’il faut pour réussir. S’il faut que tu prennes 3 cours en même temps, tu vas le faire. C’est d’être impliquée à fond et d’y aller avec cette passion là. Je pense qu’avec ça, on peut aller loin.

Que diriez vous à une femme qui aimerait s’intégrer dans un milieu traditionnellement masculin et quelle serait la principale qualité à avoir ?

Le meilleur conseil que je peux donner, c’est de croire en soi et de ne pas se laisser intimider parce que si les autres peuvent douter de toi, il faut que toi, tu crois en toi. Fais tes devoirs, travaille fort, puis les hommes vont accepter. Les femmes compétentes sont là, dans le milieu et si tu arrives avec confiance, ils vont avoir confiance en toi. Ça prend beaucoup d’humour aussi pour travailler avec un groupe d’hommes. (rires) Mais moi, j’adore ça. C’est direct, tu sais ce qu’ils pensent, tu sais à quoi t’attendre. Si ça ne fonctionne pas, on règle ça tout de suite, puis après ça on tourne la page. C’est très agréable.

Est-ce que vous avez un rêve ?

Le plus grand rêve que j’ai, c’est de gagner la Coupe Stanley avec les Canadiens. (rires) J’aimerais tellement vivre ça de l’intérieur. Je l’ai vécu comme journaliste en 1993 quand l’équipe s’est rendue en finale de la Coupe Stanley. J’étais encore à RDS et je trouvais ça vraiment le fun, mais j’étais très déçue parce que j’étais à Tampa quand les Canadiens ont perdu et de voir le Lightning célébrer sur la patinoire, même si je travaillais et que j’étais journaliste, je trouvais ça poche. Alors, mon plus grand rêve, en ce moment, ce serait de gagner une Coupe Stanley et de faire partie de cette équipe là. Je pense qu’on pourrait faire ça dans quelques années. Ça ne devrait pas être trop long encore.

Qu’est-ce qui vous rend le plus fière de ce que vous avez fait ?

De durer autant d’années. Quand j’ai quitté RDS, je l’ai fait parce que j’avais eu une offre des Canadiens, sinon je serais restée là le plus longtemps possible. Mais je trouve ça le fun, j’ai été 32 ans à RDS, puis en tout, ça faisait 38 ans que j’étais journaliste sportif. De garder cette passion là pour le métier et le sport, d’avoir encore du plaisir à le faire pendant toutes ces année-là, ça me disait que j’avais fait le bon choix et le bon cheminement. C’est ça qui me rend le plus fière.

  • Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Trouvez votre passion, je dirais. Concentrez vous là-dessus. Ayez pas peur. Foncez. Ayez confiance en vous. Quand vous avez trouvé cette passion là ou ce don-là (pour le piano, le théâtre, etc.), souvenez vous que vous possédez plein de talent et avez plein de ressources. Vous êtes une belle génération, brillante et avec plein de moyens. Moi, je vous regarde et vous admire tellement. Ça peut être facile d’être désabusé parce que vous avez plein de ressources et peut‑être trop des fois. Concentrez vous sur ce qui vous fait vibrer à l’intérieur. Travaillez fort et foncez parce que vous avez tout le talent du monde.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette et/ou la vapoteuse ?

Yark. (rires) Fumez pas, vapotez pas, je vous en prie. C’est facile pour moi, je n’ai jamais fumé ou vapoté de ma vie, mes enfants non plus. Mais j’ai vu les ravages que ça fait. Il y a beaucoup de personnes autour de moi qui ont eu des cancers du poumon en raison de ça et je trouve ça triste. Je trouve qu’on est ailleurs en 2023, je trouve qu’on connaît les ravages, on sait ce que ça fait. Je vous en prie, embarquez pas là-dedans. Allez faire du sport, courir, jouer au soccer, au golf, au hockey. On connaît trop maintenant ce que ça fait. On est au courant, la médecine est développée. Attendez pas d’être malades, s’il vous plaît, gâchez pas vos vies avec la cigarette et la vapoteuse. Ça se déroule très vite, une vie. Vous êtes jeunes, vous l’avez devant vous et vous pensez que c’est éternel, mais ce l’est pas. Ça se déroule très vite et quand plus tard vous avez un cancer du poumon ou quelque chose, vous êtes pris avec ça. Et vous le regrettez. Tous ceux que je connais qui sont décédés de ça, et il y en a qui sont décédés assez jeunes, ils disaient : « Mon Dieu, j’aurais jamais dû. Pourquoi j’ai fait ça ? Pourquoi je suis devenu esclave de ça ? » Je vous en prie, fumez pas, vapotez pas. Ça en vaut pas la peine.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?

C’est tellement important, physiquement et mentalement. Ça fait tellement du bien quand tu vas courir. Tu penses à autre chose. Ça te garde jeune. Ça te garde en forme. Ça t’éloigne du médecin. C’est bon pour ton mental. Il n’y a rien de plus important. Un esprit sain dans un corps sain. Tu n’as pas besoin d’aller aux Jeux olympiques, de t’entraîner, de faire partie d’une équipe ou de l’élite. Juste en faire pour toi pour être en forme et bien te sentir. C’est l’essence même de la vie. Tu veux être en forme, tu veux vivre longtemps et en faire le plus que tu veux. C’est primordial, l’activité physique.

Quels sont les impacts positifs de la légalisation du cannabis et en contrepartie, les effets négatifs de la légalisation de cette substance ?

Comme j’ai dit tantôt, je n’ai jamais fumé. (rires) Est-ce qu’il y a des bons côtés à ça ? Je sais qu’il y a des côtés thérapeutiques, donc fort probablement pour les gens qui sont malades. Ça peut de toute évidence, parce que ça a été prouvé, aider certaines personnes. Sinon, personnellement, je n’en vois pas l’utilité, sauf dans un cas thérapeutique. Je suis un peu mal placée pour parler de ça parce que ça ne me concerne pas vraiment. Tout ce qui est cigarettes, tabac, toutes ces choses là, je trouve ça nocif si ce n’est pas consommé à but thérapeutique. Tout ce qui est pas sain, je vois pas d’utilité à ça, honnêtement


Bloc de dégradé de couleur

Hydro Québec appuie la relève de la région

 Partenaires 12-18 Centre-du-Québec a reçu un appui financier de 20 000 $ de la part d’Hydro-Québec, ce qui leur permettra de recruter des intervenants pour accompagner les adolescents à travers le Centre-du-Québec.

«Il s’agit d’une contribution majeure. Les ressources sont limitées dans le domaine communautaire. Ce montant sécurisera le travail des intervenants et assurera la pérennité de nos opérations», a soutenu le président de l’organisme, Jonathan Decubber, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue jeudi matin.

La société d’État appuie financièrement l’organisme depuis les quatre dernières années. «Par notre programme de dons et commandites, nous cherchons à maximiser notre impact social, notamment en soutenant les initiatives et les projets qui apportent des changements positifs et durables dans les collectivités. Nous avons non seulement décidé de poursuivre notre engagement auprès de Partenaires 12-18, mais aussi de s’impliquer davantage en doublant notre commandite cette année», a indiqué Roxanne Gaudreault, conseillère aux relations avec le milieu chez Hydro-Québec.

«Concrètement, on a vu l’impact qu’a l’organisme sur les jeunes. On s’est rendu compte que Partenaire 12-18 a un grand rayonnement dans la région, en changeant la vie des jeunes», a-t-elle ajouté.

Partenaires 12-18 s’assure que les adolescents du Centre-du-Québec se développent sainement, et ce, avec le soutien des différents acteurs du milieu.

L’organisme est présente dans plus de 20 municipalités rurales, incluant les MRC de Drummond, d’Arthabaska et de L’Érable. Sur le territoire, des services d’accompagnement et de formations aux jeunes sont offerts à Durham-Sud, L’Avenir, Lefebvre et Saint-Félix-de-Kingsey.

Partenaires 12-18 souhaite s’établir dans de nouveaux secteurs. Entre autres, Saint-Edmond-de-Grantham et Saint-Majorique-de-Grantham ont manifesté leur intérêt. Des rencontres au courant du mois de mars auront lieu à ce sujet, a mentionné le directeur général de l’organisme, Gilles Cayer.

Ce dernier a une vision claire pour le futur. «On aimerait développer quatre nouvelles municipalités dans la MRC de Drummond. L’idéal serait qu’elles soient proches l’une de l’autre dans le but de créer un bassin de population pour organiser des activités», a-t-il fait savoir.


Entrevue avec Jocelyn Bédard, maire de Notre-Dame-de-Lourdes

Entrevue avec Jocelynn Bédard, maire de Notre-Dame-de-Lourdes, réalisée par Océane Bélanger et Elizabeth Simoneau, du Comité 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes.

Pouvez-vous nous expliquer quelle entreprise la municipalité de Notre-Dame-de-Lourdes a pris en charge ?

La municipalité a pris en charge une entreprise très importante. Il y avait un dépanneur sur le coin de la route et de la rue Principale à Notre-Dame de Lourdes qui a fermé. La municipalité a acheté le bâtiment du dépanneur.

Quelles sont les raisons qui ont poussé la municipalité à reprendre cette entreprise ?

Les principales raisons, la première c’est qu’il faut comprendre que la municipalité elle-même ne peut pas ouvrir un dépanneur. Nous n’avons pas ce droit. Mais on avait des gens, qui sont bénévoles faisant partie d’un comité qu’on appelle un comité de développement, prêts à s’impliquer dans ce projet. Eux avaient le droit de s’occuper du dépanneur, de le prendre en charge. À partir de là, on s’est dit : « C’est impensable qu’une municipalité comme Notre-Dame-de-Lourdes, qui augmente en population, n’ait pas de dépanneur ». Alors pour les familles de Lourdes, on a décidé avec le Comité de développement d’exploiter ce dépanneur là pour pouvoir garder notre monde chez nous. Plus le temps passe, plus on voit des jeunes comme vous qui s’impliquent, qui travaillent. Alors on s’est dit que c’était impossible qu’on ait pas de dépanneur. C’est pour cette raison que nous l’avons gardé, soit pour donner un service à la population.

Quels types de métiers peut-on y retrouver ?

Dans ce type d’entreprise, il y en a quelque uns ! On peut faire de l’administration, pour être gérant(e), et il faut avoir des études en administration. Il faut être capable de faire de la comptabilité. Ensuite le marketing ! Il faut que cette personne ait une base en étude de marketing pour être capable de vendre le produit. Elle doit aussi avoir une certaine formation en RH (Relations Humaines). Elle devra gérer les employé(e)s. Les employé(e)s eux, comme le ou la gérant(e) doivent aimer travailler avec le public. Il faut une aptitude spéciale pour être capable de bien servir le client. Il faut être gentil et accueillant quand on travaille dans un dépanneur pour bien l’exploiter. Ce sont les qualités premières pour être capable de travailler dans un commerce comme ça.

Quelles qualités de base recherchez-vous chez les employés lorsque vous les embauchez ?

La première qualité de base doit être l’honnêteté jusqu’au bout des ongles. L’employé(e) va devoir parfois travailler tout(e) seul(e) au dépanneur, le soir ou le jour, alors ça prend quelqu’un d’extrêmement honnête. Le Comité de développement a investi des centaines de milliers de dollars dans ce commerce. Imagine qu’il donne la clé à quelqu’un en lui disant : « C’est toi qui va gérer mon 100 000$…ou mon 200 000$ ». Donc ça prend beaucoup d’honnêteté pour faire ce travail. La deuxième qualité, selon moi, c’est d’avoir une super de bonne attitude avec le public. Je le dis souvent, mais il faut être gentil si l’on veut que les gens reviennent chez nous ! Si on entre dans le dépanneur et que la personne qui se présente devant nous a toujours un air fatigué, comme si elle n’avait pas dormi de la nuit…c’est pas drôle ! Il faut que l’employé accueille avec un beau sourire et qu’il ou elle soit bien accueillante.

Y a-t-il des réalisations ou des projets dont vous êtes particulièrement fiers ?

Je pourrais t’en parler pendant une demi-heure de temps des projets et des réalisations dont nous sommes contents. Ça fait depuis 2005 que je suis élu à la municipalité. J’ai la chance depuis de travailler avec une équipe de conseillers qui sont là, même avant mon arrivée, et qui sont restés avec moi ! C’est une fierté pour moi d’être capable de travailler avec les mêmes personnes pendant des années et qu’on puisse s’entendre à travailler en équipe comme ça ! Pour parler des réalisations, on a fait une garderie, on a amélioré notre centre communautaire, on a amélioré notre offre de loisir, on s’occupe du service de garde après l’école…Je te le dis, je peux t’en énumérer encore pour une demi-heure ! Je suis extrêmement fier des gens de la municipalité ! Une parenthèse…Je suis allé au terrain de balle dernièrement pour voir jouer les plus jeunes… Pour moi, voir le terrain de balle garni de petits gilets oranges, c’est une fierté ! Voir que l’on est capable de garder ces jeunes chez nous.

Selon vous, quels sont les avantages à travailler en région ?

Travailler en région donne la chance de rester dans ton patelin. Quelqu’un qui aime Lourdes et qui se trouve un travail en région, exemple Plessisville ou Princeville, va avoir une chance de rester ici, à Notre-Dame-De-Lourdes. C’est l’avantage ! Autre chose, on est plus proche les uns des autres en région donc on se connait plus… Si on va à Québec, on se connait moins, on connait moins nos voisins…Ici, la plupart des gens se connaissent. C’est rare que l’on est mal pris. Si quelqu’un a un problème, la mentalité des gens de Lourdes ou en région est de s’aider ! C’est pour cette raison que j’aime bien demeurer en région.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener cette entreprise ?

Jusqu’où j’aimerais amener cette entreprise ? Là aussi, il y a encore beaucoup de projets ! On pourrait développer des bureaux à côté, on pourrait développer un restaurant si on voulait, on pourrait louer un salon de coiffure, on pourrait louer au Comité 12-18 aussi… Il y a peut-être un grand local au sous-sol (rire) !

Tu sais, je vais appeler ça un bâtiment multi-services. On peut faire oui le dépanneur et autres choses avec !

Pour quelles raisons devrait-on travailler pour cette entreprise ?

Premièrement, c’est chez vous, c’est chez nous, à Notre-Dame-de Lourdes. Quand on vient de Lourdes et que l’on veut travailler pour une entreprise d’ici, il me semble que c’est une fierté ! Et l’entreprise est fière d’engager des gens de Lourdes ! Présentement et dans les semaines à venir, nous allons passer des entrevue (surveillez votre courrier pour les invitations). Le comité responsable va essayer de prioriser les gens de Lourdes pour les encourager. Car il ne faut pas oublier que le bâtiment a été acheté à partir des taxes payées par les gens de Notre-Dame-de-Lourdes. Alors c’est normal de les prioriser.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

Qu’est-ce qui m’inspire dans la vie ? Comme j’ai mentionné un peu plus tôt, lors de ma visite au terrain de balle, lorsque je vois des jeunes qui sont capables de vivre et de travailler ensemble, quand je vois des jeunes comme vous qui s’impliquent dans des comités pour vous développer vous-mêmes, pour avancer et pour aider à développer l’ensemble de vos connaissances, ça m’inspire beaucoup ! Même si j’ai 64 ans, je regarde aller les 12-18 et ça m’encourage, ça me donne du gaz de continuer moi aussi. J’ai espoir qu’un jour, vous autres, vous allez pouvoir nous remplacer.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est… ?

Écoute…moi j’ai seulement un secondaire 5 et 1 an de cégep. Je ne suis pas un gars qui a fait un BAC. J’ai beaucoup beaucoup d’études dans l’école de la vie. À l’école pour moi, ce fut important parce que je faisais un travail qui me demandait une base. Être capable d’aller plus loin dans ses études, c’est un cadeau que quelqu’un peut se faire. Même moi, avoir eu 2 ans de cégep de plus et 1 ou 2 ans d’université, j’aurais peut-être fait un autre travail aujourd’hui. Il y a des occasions que j’ai manquées à cause de cela. C’est pour cette raison que c’est important d’aller jusqu’au bout de ses études, pour plus de possibilités.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

J’ai un peu de difficulté à lancer des messages aux jeunes parce que je reviens à dire que c’est souvent les jeunes qui nous lancent des messages ! Je vais dire : « Continuez de nous alimenter avec votre énergie ». Ça c’est le message que j’ai envie de vous donner ! Nous, le gros de notre travail, à l’âge où nous sommes rendus, il est pas mal fait ! (Sourire). Alors je m’adresse à vous les jeunes, continuez à vous impliquer, continuez à vous et nous aider comme ça. Je pense que c’est la plus belle action que vous pouvez faire dans votre région.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Ça c’est tout un cadeau ! C’est tout un cadeau pour le conseil municipal parce que nous ne sommes pas capables de tout faire. Nous on gère des chiffres, on gère des taxes, des bâtiments. Vous, quand vous vous impliquez (je vois qu’il y a d’autres membres qui font partie de votre comité) et bien vous, vous aidez ces gens-là…Ils ne sont pas nécessairement là aujourd’hui, mais ils vous regardent avec de grands yeux et se disent : Wow! Ils sont bien bons! On aimerait ça être comme eux autres ! » Alors continuez comme ça !

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

C’est important !! Regarde, je suis venu vous rencontrer en vélo ! J’ai triché, j’ai pris mon vélo électrique…(rire). Il faut prendre de l’air en tout cas ! Faites de l’activité physique, prenez soin de votre santé. Vous êtes capables de réaliser les projets que vous désirez en prenant soin de vous afin de rester en forme !

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette/la vapoteuse ?

Ce n’est pas bon du tout ! La cigarette est une méchante drogue. Moi je suis assez réputé pour dire ce que je pense, réputé pour ne pas faire trop de cachette… Même moi j’ai ce problème là. Je fume la cigarette et je vous déconseille totalement de commencer ça. J’ai de la misère à m’en défaire…Alors je suis complètement contre ça !

Quels sont les impacts positifs de la légalisation du cannabis et en contrepartie, les effets négatifs de la légalisation de cette substance ?

L’effet positif, c’est que l’on a plus à se cacher, ça c’est correct. On a plus à avoir peur d’avoir des amendes et d’être jugés des gens. Ça a enlevé beaucoup de mauvais jugement. L’effet négatif, c’est le danger, comme la cigarette, de prendre l’habitude et d’avoir de la difficulté à s’en défaire.

L'intimidation avec Jocelyn Bédard


Entrevue avec Yves Benny, vice-Président développement des marchés chez Benny & co.

Entrevue avec Yves Benny, vice-président développement des marchés, Benny&Co., réalisée par Rosalie Bousquet, Charline Pelletier, Makayla Nantel et Éliane Desmarais du Comité 12-18 de Lefebvre et Saint-Félix-de-Kingsey.

Décrivez-nous votre entreprise.

C’est une entreprise familiale. Il y a beaucoup d’entreprises qui se disent familiales, on va dire que c’est une entreprise ultra familiale. On est encore une dizaine de membres de la deuxième génération, sur 25 jeunes, 5 jeunes de la quatrième génération sont impliqués dans l’entreprise. Au total, 39 membres de la famille sont impliqués dans la même entreprise. On peut dire que c’est ultra familial.

Quelles qualités de base recherchez vous chez vos employés quand vous les embauchez ?

Je dirais que ce n’est pas nécessairement ce qu’ils savent faire, mais c’est plutôt comment ils savent être. Donc, c’est l’attitude. Si quelqu’un n’a pas beaucoup de connaissances du métier, on peut lui apprendre. Ce qui est difficile à montrer à quelqu’un, c’est d’avoir la bonne attitude. Alors, quand on cherche un nouveau candidat ou une nouvelle candidate, c’est de voir comment cette personne réagit, comment elle pense. Est-ce qu’elle a une bonne attitude ? Avec les clients, mais aussi en cuisine devant les collègues, les amis avec qui ils vont travailler en équipe. L’attitude, je dirais que c’est la chose la plus importante pour venir travailler chez Benny&Co.

Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

On a trois valeurs. Anecdote : Quand on a décidé de choisir nos valeurs, nous étions à peu près 7, 8 ou 10 cousins et cousines autour d’une table. Nous étions la deuxième génération. Nous avions travaillé avec nos parents et il y avait des valeurs que l’on aurait voulu inculquer dans l’entreprise. Mais le fait qu’on soit nombreux faisait en sorte que l’on avait environ 15 valeurs mises sur la table. On sait très bien que si nous avons trop de valeurs à faire respecter, on n’y arrivera pas. On a dû faire un compromis, chacun autour de la table, pour finalement n’en choisir que trois. On y est arrivés, ça a pris de grosses discussions, parce que quelquefois on disait : « Ah non, l’honnêteté, c’est plus important que ça » ou « La ponctualité, c’est plus important que ça ».

Mais finalement, on en est venus à dire que la première valeur, c’est le respect. Ce n’est pas le respect comme on dit : « Je te respecte, tu me respectes », c’est le respect de tout ce qui nous entoure. Le respect de la marque de Benny&Co. Le respect de la clientèle. Ce n’est pas toujours facile de travailler avec les clients. Il y a des clients qui sont très exigeants, mais il faut quand même les respecter jusqu’au bout. On ne peut pas se permettre de ne pas respecter ces clients. C’est aussi le respect des collègues de travail, des fournisseurs, du matériel avec lequel on travaille. Parfois, il y a des restaurants où les gens vont brasser les chaudrons ou briser la vaisselle et ça ne peut pas être acceptable. Donc, le respect sur plusieurs aspects. C’est l’une de nos valeurs.

La deuxième valeur est l’esprit d’équipe. On demande à nos employés quand ils travaillent chez Benny&Co d’être respectueux envers leurs collègues de travail. Ça veut dire aussi que si tu n’es pas malade, n’appelle pas le matin pour dire que tu es malade, parce qu’il va manquer une personne dans l’équipe avec laquelle tu étais censé travailler. Et s’il manque une personne, l’équipe va être dans l’eau chaude. Ils vont vouloir donner un bon service aux clients, vouloir que les clients n’attendent pas trop longtemps pour avoir leur commande. On appelle ça manquer de respect envers ton équipe et ça brise l’esprit d’équipe. C’est la deuxième valeur sur laquelle on est vraiment exigeants. C’est bien correct d’être malade et de demander des congés, mais il faut toujours garder en tête que si l’on effectue un travail d’équipe, on termine le travail en équipe. On fait en sorte que les gens s’épanouissent au travail et fassent confiance à leurs amis et collègues de travail.

La troisième valeur, c’est l’excellence. Tantôt, je vous disais qu’on était une dizaine de cousins et cousines autour de la table pour décider de nos valeurs. Mon père, ma mère, mes oncles et mes tantes ont travaillé très fort… C’est drôle, je suis ému de ça… parce qu’ils ont travaillé très fort pour pouvoir commencer ça. C’étaient des cultivateurs, ils n’avaient pas la vie facile, c’était dur financièrement. Puis, quand ils ont ouvert le premier restaurant, ça a commencé à être un peu prometteur. Ma mère et mon père ont travaillé fort. Le premier restaurant, ça n’a pas été un succès. Ils ont vraiment été dans la misère pendant longtemps avant de pouvoir sortir la tête hors de l’eau. Ils étaient déterminés et si ce n’était pas parfait, si le client avait un inconfort, si l’endroit n’était pas assez joli ou propre, si le poulet n’était pas assez chaud, si les frites n’étaient pas assez rôties… Chaque fois, ma mère et mon père revenaient et se disaient que : « Non, il faut que ce soit l’excellence ». Nous autres, on était petits et on travaillait dans le restaurant. Bien souvent, on habitait au deuxième étage, alors quand ma mère et mon père avaient besoin d’un coup de main, on allait aider à la cuisine. Parfois, mon père mettait une caisse de lait à l’envers, on montait dessus et on était de la même grandeur que les autres cuisiniers et on pouvait aider. On faisait cuire les pains, faisait les petites sauces. L’excellence, c’est venu comme ça. Mes cousins et cousines ont tous connu ça un peu, parce que nos parents étaient exigeants et nous montraient à faire bien. On s’est dit que ça, il faut que ce soit une valeur de Benny&Co. Il faut que ça reste. Il faut que nos employés continuent ça. Alors, on l’a mis dans nos choix de valeurs. Je pense que ça se perpétue. On est des gardiens de ça. On va souvent dans les restaurants pour voir comment ça se passe. Même si on a un beau bureau maintenant (on a un beau siège social tout neuf), on passe beaucoup de temps auprès de nos employés.

Y a-t-il des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes particulièrement fier ?

Avant, Benny&Co était Rôtisserie Coq Rapide, Rôtisserie Au Coq et Benny. Il y avait plusieurs marques de commerce, mais c’étaient toujours les rôtisseries d’un des membres de la famille Benny. En 2006, mon frère Jean, le plus vieux des 3 garçons chez nous, a créé la marque Benny&Co. En 2010, Vincent et moi (les deux frères de Jean), on s’est associés avec un autre associé, qui était aussi l’associé de mon frère Jean, et on a créé ensemble Benny & Frères. C’est une compagnie qui avait comme mission de regrouper tous les membres de la famille Benny, qu’ils s’appellent Au Coq, Coq Rapide ou Benny. On les invitait à venir dans la marque, changer les enseignes et s’appeler Benny&Co. Ça a fait en sorte qu’aujourd’hui, il y a 75 restaurants au Québec et en Ontario qui s’appellent Benny&Co. C’est une grande réussite, parce qu’avant, on était tous propriétaires de nos deux ou trois restaurants, chacun de notre côté. C’était facile, parce que c’était une belle indépendance, mais ça ne pouvait pas rayonner autant qu’aujourd’hui.

Comment se passe une journée de travail pour vous ?

Premièrement, j’essaie de me réveiller. (rires) Je ne suis pas tellement un gars matinal. Dans les premiers temps, je gardais toujours les quarts de fermeture parce que j’étais beaucoup plus réveillé le soir. Mon frère faisait les ouvertures de restaurant le matin.

Aujourd’hui, ça a changé. Avec plusieurs restaurants, mon travail principal, c’était (j’y arrive encore un peu maintenant que je suis sur le bord de la retraite) d’identifier les endroits où il n’y avait pas encore de restaurant Benny&Co et où les gens demandaient qu’on s’implante. Ils voulaient avoir un Benny&Co dans leur ville ou leur région. Mon travail, c’était d’aller trouver cet endroit, de trouver le terrain et de faire les études de marché pour voir si ce serait rentable. Si l’on ouvre un restaurant Benny&Co à cet endroit, est-ce qu’il va y avoir assez de clients ? Est-ce que ça va bien fonctionner?

J’allais dans des endroits où il n’y avait pas de restaurant Benny&Co, je me déplaçais partout dans la province de Québec, même en Ontario, pour aller trouver ces endroits. C’était mon travail. Je revenais le soir, j’avais fait beaucoup de route. C’était une belle fatigue.

Un beau défi aussi parce que quand j’identifiais un endroit où il n’y avait pas de restaurant, comme à Victoriaville ou ici, à Drummondville, je me disais : « On va choisir cet endroit, parce que ça va être le meilleur endroit où les gens vont pouvoir nous voir, où l’on va être accessible et visible et où l’on sera au cœur des activités pour qu’on puisse faire de la livraison à domicile assez rapidement ». Je ne savais jamais si j’avais réussi mon travail avant qu’on ait ouvert le restaurant. La journée d’ouverture, j’étais très nerveux, parce que j’avais dit à tout le monde, à mes frères entre autres et aux gens au bureau : « Il faut qu’on ouvre un restaurant à cet endroit, parce que c’est là que ça va marcher ». À date, je ne me suis pas trop trompé. Soit j’ai bien de la chance, soit j’ai un petit peu de talent. (rires)

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez?

J’aime beaucoup être en contact avec les gens, aller à la découverte des nouveaux marchés. Une autre chose que j’aime dans mon travail, ce sont les relations publiques, parce que ça prend un porte-parole pour Benny&Co. Maintenant, je m’occupe aussi de la Fondation Benny&Co, dont je suis le président. (Mon frère Jean, lui, est président de Benny&Co.) Avec la Fondation, on réussit avec nos fournisseurs, nos employés et nos clients à faire des collectes de fonds. Tout l’argent qu’on ramasse, on le redonne à des familles dont les enfants ont des problèmes de santé ou des problèmes cognitifs (trisomie, handicaps intellectuels). Ce qu’on donne aux parents, c’est un répit. On paie un camp ou un week-end aux enfants atteints de ces maladies pour que les parents puissent aller se reposer un peu. C’est ce que la Fondation Benny&Co peut faire.

Pour quelles raisons devrait-on travailler pour votre entreprise ?

La première, je dirais, ce serait pour vous réaliser. Quand quelqu’un est engagé chez nous, s’il est malheureux et qu’il n’aime pas ce qu’il fait, il ne va pas vraiment se réaliser, alors il est mieux de ne pas venir travailler chez nous. (rires) Mais étant donné qu’on est en croissance, il y a plusieurs opportunités. Quelqu’un peut entrer chez nous en étant étudiant et c’est un travail passager et finalement, il s’avère qu’au cours de ses études, il gradue dans les postes et devient peut-être chef d’équipe, chef de quart ou assistant gérant. C’est déjà arrivé dans l’entreprise que des jeunes employés ayant étudié pour devenir ingénieur ou je ne sais pas quel autre métier, soient allés travailler dans leur domaine après leurs études et ont dit : « Je n’aime pas ça, je reviens chez Benny&Co ». On les reprend et comme on est en croissance, on a besoin d’ingénieurs ou de gens qui travaillent en informatique ou en marketing. Souvent, on est capables de leur fournir un emploi à la hauteur de leurs aspirations.

Selon vous, quels sont les avantages à travailler en région ?

En région, il y a de la place pour vivre. Moi, je suis un gars de la campagne. J’aime être près de mon travail, mais en même temps être près de la nature. Je pense que ça, en région, on a ça instantanément. Ce n’est pas long, si l’on prend notre vélo, on peut sortir de la ville et voir un champ ou un boisé. On a cette chance. Mais je trouve aussi qu’en région, les gens sont débrouillards. Ça fait partie de la culture, peut-être que ça fait partie de l’ADN. Les premiers qui se sont installés en région ont dû faire preuve de beaucoup de débrouillardise et ça a dû rester au fil des années. C’est ce que j’apprécie le plus de la région.

Jusqu’où rêvez vous d’amener votre entreprise ?

J’aimerais ouvrir un Benny&Co sur la planète Mars…, mais je ne sais pas comment faire. Je vais attendre que les gens aillent s’installer, puis après ça, je vais arriver. (rires) Blague à part, j’ai rêvé quand j’étais jeune que la rôtisserie que mon père avait et celle que mes oncles, cousins et cousines avaient aussi, un jour on serait une marque de commerce connue et respectée. J’ai rêvé qu’on serait des bons leaders dans l’industrie pour bien faire notre travail. C’est jusque-là que je rêvais quand j’étais jeune et je n’avais aucune idée de la façon de pouvoir le faire. J’ai travaillé longtemps dans mes premiers restaurants comme cuisinier et caissier, je faisais le ménage aussi. Bref tous les postes de travail parce que j’avais 3 employés au début et c’était tout petit et il fallait faire tout. Mais de rêver qu’un jour, on aurait 75 restaurants, 2 500 employés, un beau gros siège social ? J’avais rêvé ça sans savoir que ça se réaliserait vraiment. Donc, je pense que je suis arrivé au bout de mes rêves. Cependant, on a des enfants, la troisième et quatrième génération. Eux, je pense qu’ils peuvent se permettre de rêver encore plus. Jusqu’où ça peut aller ? Je vais les laisser décider, parce que c’est beaucoup de travail. (rires)

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

Les gens qui réussissent en affaires et qui restent humbles, ça m’inspire. Le fait aussi que quand tu réussis, tu peux redonner. L’ancien président de l’entreprise française Danone, monsieur Emmanuel Faber, m’inspire beaucoup. Il dit qu’il fait tout ce qu’il peut pour aider les pays en voie de développement, parce que c’est là qu’ils vont chercher les ingrédients pour faire leur yogourt. Il fait en sorte que les gens là-bas soient équitablement rémunérés pour le travail qu’ils font. Donner un peu plus quand tu as beaucoup de succès, être capable d’en redonner un peu plus à ceux qui sont dans le besoin, voilà ce qui m’inspire.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est quoi ?

C’est très important. Dans ma vie, j’ai engagé beaucoup de jeunes qui étaient décrocheurs et malheureusement, ils avaient décroché parce qu’ils n’avaient peut-être pas eu les bons outils, peut‑être pas eu l’encadrement nécessaire (le milieu familial) pour persévérer dans leurs études. Tout ce qu’ils voyaient, eux, c’était une grosse montagne difficile à monter. Donc, c’est important de les aider à persévérer et à se réaliser. Je dois dire aussi que j’ai eu des jeunes décrocheurs tellement pleins d’initiative, tellement illuminés et ouverts. Des jeunes qui saisissaient des opportunités, parce que même s’ils n’avaient pas leur secondaire 3, ils étaient capables de comprendre un travail manuel comme chez nous on peut le faire. Ils étaient capables de comprendre que s’ils le faisaient bien, ils allaient être fiers d’eux et gagner un peu en estime de soi à travers des petites réalisations. Ce n’est pas rare que j’ai eu des jeunes décrocheurs qui sont devenus des gérants et des assistants gérants dans leurs équipes, parce qu’ils avaient développé la confiance et l’initiative nécessaire. Donc, la persévérance scolaire, c’est très important et en même temps, ceux qui ont de la difficulté à persévérer à l’école peuvent le faire dans leur vie, il y a des chances pour qu’ils puissent quand même se réchapper.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Accrochez vous. Venez travailler chez Benny&Co. (rires) Ce serait le même message pour les jeunes de toutes les régions : vous êtes beaux et vous êtes intelligents, faites vous confiance. Vous êtes capables de faire de belles réussites.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

C’est très bien. Un peu comme je disais tout à l’heure, les gens dans le besoin ont besoin qu’on leur redonne. Les jeunes, c’est peut-être la période de votre vie où vous pouvez faire un petit sacrifice et donner un peu de votre temps aux gens qui en ont le plus besoin. Après, quand vous allez arriver dans les études un peu plus complexes, le temps commence à manquer pour faire du bénévolat et si vous fondez une famille, c’est une autre étape qui va vous demander du temps. Mais si vous avez le goût de vous impliquer, c’est un bon moment. Je vois 12-18 devant moi et c’est le meilleur âge pour créer un peu de bien-être autour de vous et vous impliquer. En même temps, vous allez pouvoir en retirer énormément.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?

Je ne suis pas un très bon modèle là-dedans. (rires) Je m’entraîne difficilement, mais bon. Disons que je considère que c’est important au point où on devrait presque mettre ça obligatoire, même dans l’entreprise. Parce que la bonne santé, c’est aussi la bonne santé mentale. Pouvoir accorder les deux, le physique comme le mental. À notre nouveau siège social (à l’ancien bureau, on en avait un aussi), on a un super beau gym avec tous les appareils. On a engagé un entraîneur pour que nos employés adhèrent à des programmes de formation et fréquentent le gym deux, trois fois par semaine. On veut que ça passe par là, parce qu’on voit dans la dynamique de nos gens comment ils sont plus allumés, plus en forme, plus souriants. Ils prennent soin de leur santé. Je ne nommerai pas de nom, mais à notre bureau, on a un jeune qui a perdu près de 100 livres. Il avait un poste de travail où il ne bougeait pas beaucoup et maintenant, en venant s’entraîner, il est fier de lui. Il a fait beaucoup de progrès, beaucoup gagné en estime de soi. C’est passé par l’activité physique.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette et/ou la vapoteuse ?

Je trouve ça bien dommage. Dans mon temps, c’était beaucoup à la mode. J’ai été fumeur une bonne partie de ma vie. Très longtemps. Trop longtemps, même. Ça ne fait pas longtemps d’ailleurs que j’ai arrêté. (rires) J’aimerais développer la conscience que quand tu es jeune et que tu as 12, 13 ou 14 ans et que tu te fais présenter une cigarette, si tu la prends pour avoir l’air cool et avoir l’air d’être dans la gang, c’est pas une bonne décision. Je l’ai vécu, je le sais, j’ai été esclave de cette cigarette pendant des années. Ça m’a apporté des problèmes de santé. J’ai dû vivre des chirurgies et des opérations reliées au cancer. Donc, si j’avais une baguette magique, je ferais disparaître la cigarette et la vapoteuse. Mais là, il faudrait trouver autre chose pour que les jeunes puissent avoir l’air cool et fassent partie de la gang.

Quels sont les impacts positifs de la légalisation du cannabis et les effets bénéfiques de la légalisation de cette substance ?

Le côté positif, je pense que les gens peuvent se responsabiliser un peu mieux, parce que maintenant, ce n’est plus un crime, c’est légal. Si tu en veux, si tu en consommes, ce sont tes affaires. Le côté négatif, je dirais que ce n’est pas tout le monde qui a la maturité de savoir si c’est bien pour eux ou non. Bien souvent, ils sont plus dépendants que bénéficiaires. C’est dommage, la loi ne fait pas de différence entre quelqu’un qui est bénéficiaire et quelqu’un qui est dépendant. Il faudrait un arbitre pour chaque personne et ce serait trop difficile de contrôler ça. Espérons que les gens se reconnaissent et sachent quand ils ont atteint leurs limites. Ceux qui le font en pleine conscience, sans en être dépendants ou victimes, tant mieux pour eux.


Entrevue avec Pauline Marois, première Première ministre du Québec.

Entrevue avec Pauline Marois, première Première ministre du Québec, réalisée par Charline Pelletier, Éliane Desmarais, Shanny Croteau et Corine Bradette des Comités 12-18 de Lefebvre, St-Rémi-de-Tingwick et Notre-Dame-de-Lourdes.

Quel était le rêve que vous vouliez réaliser pour le Québec lorsque vous avez été élue ?

Nous étions 5 enfants, pour mes parents, l’éducation était très importante. Papa n’était pas allé à l’école longtemps, maman avait fait l’école normale, c’est à dire dans une école de rang. Ils m’ont envoyé dans une école privée, à l’époque, les filles n’avaient pas facilement accès au cours classique. C’était le changement lors du changement régime scolaire, je me suis donc retrouvée dans une école où il y avait des jeunes filles qui étaient très aisées. Des filles de médecin, d’avocats etc. C’est à ce moment que ‘ai découvert qu’il y avait des écarts entre les individus dans la société. Ces écarts sont restés dans ma tête tout le temps par la suite. Je suis allée à l’université en service social, j’ai fait le baccalauréat en service social dans la perspective d’aider les gens. On offre des services aux familles, aux enfants de la DPJ, entre autres. Je voyais toujours cette difficulté que vivait certains citoyens et leurs enfants et je me disais, que pourrais-je faire pour changer ça ? Pour que la société soit plus belle, qu’elle permette une meilleure égalité des chances, pour avoir la chance d’aller au bout de ce qu’on est, peu importe -si on n’est pas tous sur la même ligne de départ. Je me suis retrouvée à travailler dans une organisation communautaire qui s’appelait les ACEF, les associations coopératives d’économie familiale. C’était une organisation qui aidait les gens à faire leur budget, à s’organiser pour avoir de meilleurs moyens pour vivre et j’ai été confronté à des familles qui vivaient sur l’aide sociale et qui avaient beaucoup de difficultés à rejoindre les 2 bouts. Encore là, ça me choquait, je me disais : Comment se fait-il qu’on ne donne pas la même chance à ces gens-là ?  À cette époque, il y a eu un grand chambardement au Québec, dans tout le domaine des services sociaux et des services de santé qui a amené une réflexion sur la pauvreté. On a fait une manifestation contre un ministre qui est venu dans la région pour présenter son projet. J’avais 21 ans, je regardais ça et je me disais peut-être qu’un jour si je veux vraiment changer des choses je devrais aller là où se prennent les décisions. Ça a été le premier déclencheur de mon engagement politique. Je venais d’une famille qui ne connaissait pas la politique je voyais un ministre pour la première fois de ma vie, c’était difficile de me m’imaginer qu’un jour je pourrais faire ça, mais j’étais convaincue qu’il y avait des endroits où on pouvait faire évoluer une société et la changer. Il y a aussi une autre cause à laquelle je crois toujours aujourd’hui, vous savez qu’au Québec on est une société différente et distincte du reste du Canada, on parle français, on a des institutions différentes et j’ai toujours cru qu’on pouvait être un jour indépendants et qu’on pouvait être un vrai pays. À cette époque, il n’y avait pas de protection de la loi française et il y avait beaucoup de francophones qui s’assimilaient à la communauté anglophone qui perdaient leur langue maternelle. C’est un autre élément qui m’a motivé à m’engager en politique. Ensuite, il est arrivé toutes sortes d’événements et je suis devenu membre du parti québécois, progressivement, j’ai travaillé comme militante bénévole pour faire avancer les idées du parti et je me suis rapprochée de gens qui allaient devenir des élus. C’est comme ça que je me suis retrouvée dans des cabinets de ministre dont M. René Lévesque, il avait dans son cabinet plusieurs ministres importants. C’est comme ça que j’ai vu de très près comment ça se passait la politique, j’ai alors décidé de plus en en faire jamais ! Je trouvais ça trop dur et ce n’était pas possible mais0 en même temps je me disais que c’était quand même le meilleur lieu si je voulais faire avancer les idées.

De quoi êtes-vous la plus fière dans toute votre carrière?

Il y a plusieurs choses dont je suis très fière, mais honnêtement, la plus importante pour moi, c’est la politique familiale. Qu’est-ce que la politique familiale ? Vous avez sûrement entendu parler des gens qui ont besoin de services de garde ou de garderie. Les femmes voulaient aller sur le marché du travail et étudier même si elles ont des enfants. Il y a déjà un bon moment de ça, en 1997, le Premier ministre du Québec, qui s’appelait Jean Bouchard, avait proposé qu’on aide mieux les familles québécoises en leur offrant des services de garde dans des garderies de qualité, à un prix accessible et abordable, ainsi qu’un congé parental, entre autres. J’ai aussi été ministre à la condition féminine dans le gouvernement de monsieur Lévesque, j’ai toujours été convaincue que l’égalité entre les hommes et les femmes ça passait par le fait qu’on devait avoir des politiques pour soutenir les familles avec des enfants, puisque souvent les enfants étaient sous la responsabilité des femmes. Je me suis dit que si l’on veut atteindre l’égalité des sexes, il faudrait qu’il y ait des services offerts aux enfants pour concilier la famille et le travail, pour les études et la famille. Il y avait déjà des services de garde et j’étais certaine que c’était une façon d’en arriver là. L’autre c’était qu’il y ait des congés maternité, ce que l’on a appelé des congés parentaux, ce qui veut dire que lorsque l’on devient enceinte, on puisse avoir un remplacement de son salaire, pour ensuite retrouver son emploi quand on a eu son enfant et qu’on a pris du temps pour en prendre soins. Je voulais que les hommes aussi aient un congé pour prendre soin de leur bébé. La politique familiale permet ça, ce sont les 2 principales mesures, soit offrir des services de garde de qualité que l’on a appelé des CPE, qui allaient être dirigés par les parents et qui allait embaucher du personnel, pour que les parents paient un petit montant par jour. Au début, c’était 5$ par jour, pour monter jusqu’à 10 ou 11$ maintenant. Avant qu’on fasse la politique, les places coûtaient 20$ à 25$ par jour. En Ontario, la province voisine, les places coûtent jusqu’à 50$ par jour et maintenant dans les garderies privées ce sont des sommes aussi importantes que les Québécois paient. Je suis certaine que dans la vie des québécois et québécoise ça a changé la situation puisqu’il y avait beaucoup de femmes monoparentales, qui voulait retourner sur le marché du travail alors qu’elles étaient sur l’aide sociale, mais payer une place à 25$ par jour ne pouvait pas être raisonnable pour elle. En offrant des services à 5$ ça a amené beaucoup de femmes à sortir de la pauvreté. Maintenant, quand on compare la participation des femmes au Québec sur le marché du travail avec ce qui se passe sur dans les autres pays, les femmes entre 25 et 45 ans ont les plus hauts taux de participation sur le marché du travail et les écarts de pauvreté sont de beaucoup réduits grâce à ces politiques. D’avoir été Première ministre aussi évidemment même si ça n’a pas été très long.

Quel était votre rêve à réaliser pour le Québec lorsque vous avez été élue ?

Ça aurait été de faire l’indépendance de prendre nos propres décisions, qu’il n’y qu’un seul gouvernement responsable à Québec, avec des ententes avec le reste du Canada, les États-Unis et les autres pays du monde. C’est mon plus grand rêve et ça continue de l’être. L’autre que je n’ai pas complètement réalisé mais que j’ai fait avancer, c’était l’égalité des chances. C’était de réduire les écarts entre les gens qui avaient plus de moyens et ceux qui en avaient moins pour que peu importe d’où on vient ou la richesse de nos parents, tous puissent avoir accès à l’éducation sans nécessairement aller à l’université, en choisissant un métier, une technique pour se sentir heureux et bien dans la vie. Ce sont mes grands rêves j’en ai réalisé un, l’autre on attend encore.

Êtes-vous satisfaite de vos 2 années de mandat où auriez-vous préféré rester plus longtemps ?

Je serais resté beaucoup plus longtemps mais en même temps je suis contente parce qu’on a mis en place beaucoup de mesure qui ont été reprises par les gouvernements qui ont suivi. Entre autres, une loi sur la question du port de signes religieux. J’aurais préféré qu’on appelle ça une loi sur la laïcité, ce qui veut dire que la loi et la religion sont séparés puisqu’elles sont 2 réalités différentes. Les personnes peuvent avoir toutes les croyances qu’ils veulent mais l’état doit rester neutre. Nous avons fait un projet de loi qui n’a pas été adopté, le gouvernement actuel a repris une partie du projet de loi et l’a fait adopter. On avait aussi déposé un projet de loi sur la langue française afin qu’elle soit mieux protégée et mieux soutenue. Cette loi a été reprise et un peu modifiée pour finalement être adoptée. L’autre grand projet auquel je tenais énormément, c’était l’électrification des transports. L’environnement, on doit s’en préoccuper, c’est fondamental pour la survie de la planète, nous sommes responsables de ça. Selon moi, la façon dont le Québec pouvait agir le plus efficacement pour réduire les gaz à effet de serre, c’était d’éliminer l’utilisation des énergies faciles (pétrole, gaz etc.). On a fait des barrages avec des turbines où l’eau circule dans les turbines d’électricité, ce qui diminue le niveau de pollution comparativement à l’électricité faite avec du charbon ou du pétrole, qui sont une catastrophe. Mon rêve c’était une politique d’électrification des transports, puisque le plus grand polluant au Québec, c’est le transport utilisant des carburants à énergie facile. Électrifier les autobus scolaires ça a fonctionné, ils font maintenant des autobus aux États-Unis et en vende partout. Ça a été repris par les gouvernements qui nous ont suivi. Une autre chose que j’ai faite pendant cette année et demie dont je vois les résultats aujourd’hui, qui n’est pas connu beaucoup, le domaine culturel. Les domaines de la chanson, de l’opéra, du théâtre et des arts visuels ont besoin d’aide parce que nous sommes une petite population. À 8 millions et demi d’habitants au Québec, ce n’est pas toujours possible de supporter nos artistes, peu importe de quel domaine ils viennent. Le gouvernement peut en faire un peu, mais n’a pas nécessairement les moyens illimités. J’ai réuni un groupe de travail qui a proposé qu’on offre aux gens qui veulent donner de l’argent, le mécénat, c’est-à-dire, des gens qui ont des sous qu’ils veulent donner aux artistes afin qu’on puisse réduire leurs taxes, on appelle ça une mesure fiscale. J’ai fait adopter ce projet-là et ces mesures budgétaires et maintenant ça va beaucoup aider plusieurs orchestres, groupes de théâtre etc. Puisque les gens ont donné plus d’argent, étant donné qu’ils économisaient sur les impôts, cet argent a été utile pour aider les artistes. Voici une anecdote à ce propos : Des cantatrices sont venus chanter l’opéra chez moi, pour me remercier de cette mesure budgétaire, 10 ans plus tard. J’aurais aimé rester plus longtemps pour faire adopter la nouvelle version de la loi 101, il y avait des choses que je voulais faire au niveau de l’éducation, bien qu’on en eût fait beaucoup déjà. La population en a décidé autrement, c’est la démocratie et on doit être respectueux de la démocratie, parce que c’est un système qui est très riche pour l’égalité. Chaque citoyen a le droit d’exprimer un choix, c’est pour ça que c’est important d’aller voter quand l’élection arrive.

Vous avez été ministre de beaucoup de domaines, vous avez été la personne qui a occupé le plus de postes différents dans la politique au Québec, ce qui est quand même impressionnant ….

Il y a eu un très gros conflit étudiant, qu’on a réglé avec les étudiants qui manifestaient puisque le gouvernement qui m’a précédé, gouverné par M. Charest, avait imposé une hausse importante des frais de scolarité, on a appelé ça ‘’le printemps érable’’. Le petit carré rouge, qu’ils portaient, portait le message suivant : Ils étaient contre les choix du gouvernement et le rouge représentait le libéral. Comme nous étions dans l’opposition, nous les avons appuyés, pour que soient réduits les frais de scolarité. Lorsque nous sommes arrivés au gouvernement, nous avons fait un sommet avec tout le monde, pour ramener ces frais, à un niveau comparable à avant. Une loi a été adoptée pour les faire augmenter seulement au coût de l’inflation, pour les années qui allaient suivre. Je ne sais pas pourquoi j’ai changé de mandant comme ça, mais oui, j’en ai fait beaucoup. La santé, l’éducation, la famille, la conditions féminines, fonction publique, Conseil du Trésor. Le Conseil du Trésor, c’est le ou la ministre, responsable de toutes les conditions de travail du personnel qui travaille au gouvernement.

Qui vous a le plus supporté durant votre campagne?

Je pense qu’il y a eu beaucoup de femmes, puisqu’elles continuent de me le dire d’ailleurs. Il y a eu aussi des hommes qui m’ont appuyé. La raison de ma défaite, c’est que les citoyens et les citoyennes du Québec, ont un peu peur encore de l’indépendance et craignaient qu’on refasse un référendum. C’est-à-dire, que l’on repose la question au québécois et québécoises à savoir si on veut être indépendants. Même si j’ai mentionné qu’on ne pensait pas que les gens veuillent en arriver là, je ne voulais pas renoncer au fait que l’indépendance ça restait une perspective qu’on devait garder pour la suite des choses. J’avais une formidable équipe de candidats et de candidates pour l’élection de 2014, j’avais les leaders étudiants (les carrés rouges), ils étaient des étudiants candidats chez moi avec le Parti Québécois, les soins infirmiers, express santé des soins infirmiers ordre professionnel très important au Québec et cette femme était une femme très solide et très forte elle a été candidate avec moi

Quelle qualité vous aura plus aidé à devenir Première ministre du Québec ?

Je pense que c’est le respect et l’amour des gens, je pense que pour faire de la politique, il faut aimer les gens avec qui on travaille, les gens qu’on sert, puisque servir les citoyens et les citoyennes avec la politique, c’est le plus grand service qu’on peut rendre à une population. Les représenter et essayer d’écouter leur point de vue et de transformer ça en grande politique, en programmes, en mesures budgétaires etc. Pour ça, il faut aimer les gens et les respecter et moi ça a été toujours très présent chez moi. Il ne faut jamais mentir aux gens, même si parfois on ne peut pas tout dire en politique, pour toutes sortes de raisons. Ce n’est pas parce qu’on veut cacher des choses mais parce qu’on ne peut pas. Ne pas mentir, ça fait partie du respect, je pense que c’est ce qui m’a le plus aidé en politique et évidemment d’avoir quelques idées aussi !

Comment on se sent, quand on est élu la première femme, Première ministre du Québec ?

D’abord, on a un grand sentiment de fierté, de responsabilité aussi, parce qu’il reste que les décisions que l’on prend quand on est Première ministre ont un impact sur des millions de personnes. C’est une grande responsabilité parce qu’on sait que les gestes qui vont être posés, vont aider, être utiles à faire avancer des choses, vont permettre aux gens d’avoir une vie meilleure. Quand on s’occupe d’environnement, de transport, de gestion de l’éducation, c’est très important ! C’est ça le sentiment que j’ai eu, que pour faire ça, il faut aussi un peu d’humilité, accepter qu’on ne sache pas tout et qu’on n’est pas parfait. Le grand avantage que j’avais, était que j’avais sur plusieurs autres personnes qui se présentaient ou qui auraient pu se présenter, c’est que j’ai été longtemps dans un gouvernement d’opposition. Je connaissais en profondeur beaucoup de mécanismes de prise de décision, de sujets, de contraintes en santé ou en éducation. Je pouvais parler des exigences pour les programmes, par exemple, je connaissais beaucoup de choses à cause des fonctions que j’avais eues auparavant. J’ai fini par comprendre toutes les règles du jeu, qui font que si tu augmentes les impôts, ça empêche les gens d’avoir de l’argent pour répondre à leurs besoins. Doit-on hausser les impôts pour tout le monde, peu importe leur revenu ou on doit y aller progressivement. J’ai servi plusieurs premiers ministres, j’ai travaillé avec monsieur Lévesque, avec l’éphémère Pierre-Marc Johnson qui a été Premier ministre pendant 2 mois, il m’avait d’ailleurs battu à la chefferie du parti québécois. J’ai aussi travaillé avec Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry. J’ai travaillé de très près avec eux parce que j’ai été entre autres vice-Première ministre. Il s’agit de remplacer le Premier ministre en cas de problème, et de faire des représentations internationales, on reçoit des étrangers, des gens de gouvernement étrangers etc. J’avais une connaissance intrinsèque, en profondeur, de tout le fonctionnement du gouvernement. J’avais travaillé de près avec les premiers ministres donc je savais ce qu’était la fonction de Première ministre, je savais les exigences que ça comportait. Malgré tout on ne m’a pas choisi, alors j’ai accepté et assumé ça, même si ça m’a beaucoup blessé et fait énormément mal. Comme je ne suis pas une femme qui vit dans le passé, je me suis dit qu’il valait mieux regarder en avant.

D’où vient votre passion pour la politique ?

C’est en me rendant compte que c’était un endroit où on pouvait avoir un impact important sur la vie des gens, pour l’améliorer. J’ai parlé d’environnement et de politique familiale, mais en éducation on a fait aussi des grands changements. Les écoles, autrefois, étaient soit catholiques ou protestantes. On a décidé de faire en sorte que dans les écoles, peu importe la religion que tu pratiquais, peu importe la foi que tu avais, tu étais accepté dans ton école. On a transformé les cours de religion pour en faire des cours d’éthique et culture religieuse. On avait une base pour comprendre l’ensemble des religions du monde et les règles d’éthique, parce qu’on n’a pas besoin de participer à une religion pour avoir de la morale, respecter les gens et les règles de vie en société et c’était ça que le cours d’éthique venait faire.

Quel était votre rêve d’enfance ?

Mon rêve d’enfance était d’aller travailler à l’étranger. Vous allez dire que ça ressemble un peu à la politique. J’aurais voulu être missionnaire dans les États pauvres du monde mais je ne voulais pas être religieuse parce que c’était elles qui faisaient ça à l’époque accompagnées des prêtres, des frères et des pères des différentes congrégations. Quand je me suis engagée en politique, c’était pour aider les gens, donc ça rejoint mon rêve d’enfance mais réalisé dans un monde dans lequel je n’imaginais même pas avoir accès. Pour moi c’était tellement loin la politique, je ne vais jamais vu un député de ma vie à 20 ans et c’était quelque chose d’inaccessible. Comme quoi vous pouvez avoir des rêves en pensant qu’ils sont inaccessibles et un jour les réaliser, c’est ce que je voudrais que vous reteniez comme leçon de ce que je vous dis.

Avez-vous trouvé difficile de faire votre place en tant que femme dans un monde majoritairement constitué d’hommes ?

Ça n’a pas toujours été facile parce que souvent, on a un regard sur nous qui est à l’image qu’on se fait des hommes et des femmes. Une femme c’est fragile, c’est trop émotif, ce n’est pas batailleur comme un homme qui a de l’autorité, qui est fort et capable de diriger. Ce sont des stéréotypes, des images qu’on a, qui nous sont données par notre histoire ou par la culture. Les femmes ont toujours été dans des secteurs d’activités liés au ‘’prendre soins’’ comme les infirmières, les enseignantes etc. Les hommes se sont retrouvés dans des lieux plus financiers et plus industriels. On me jugeait en fonction de si j’étais bien coiffé ou habillée, on n’aurait jamais fait ça à un garçon. Une femme pas coiffée, pas maquillée, tout le monde lui dira qu’elle va être incapable de faire le job tandis qu’un homme qui arrive mal vêtu ou les yeux un peu cernés, les gens diront qu’il travaille fort. Je suis une femme un peu excentrique dans ma vie privée et j’aime les costumes colorés, les souliers de couleur etc. On me critiquait souvent sur ça, et ça a fait en sorte que j’ai changé mon comportement. Pas dans ma vie privée mais dans ma vie publique. Tailleurs plus foncés, petits bijoux, toujours la même coiffure etc. Il n’y avait aucun commentaire possible. Ce sont des exemples qui ont l’air mineurs mais qui sont très importants. Ce qui est formidable, c’est que ça change et que vous autres, vous êtes une génération qui va voir ce changement et le vivre encore plus. À l’Assemblée nationale, le droit des votes des femmes a été possible seulement en 1940. Partout au Canada, sauf nous au Québec, les femmes pouvaient voter, encore, nous étions en retard. Aucune femme n’a été élue avant 1961. Seulement une femme élue entre 1961 et 1975. En 2014, il y avait autour de 32% de femmes membre de l’Assemblée nationale du Québec. Actuellement, il en a 42%. La moitié serait idéale mais maintenant on admet entre 40 et 60%, c’est une zone paritaire, c’est à dire une somme où il y a un poids suffisant de femmes à l’Assemblée nationale. Il y a eu un progrès gigantesque mais il ne faut pas le perdre, il faut donc travailler pour qu’il y ait autant de femmes candidates et autant de femmes élues à l’Assemblée nationale. On est l’un des parlements en Amérique qui est le plus progressiste à cet égard-là, avec le plus grand nombre de femmes. Beaucoup d’états dans le monde ont obligé la parité mais ça ne donne pas toujours les résultats qu’on souhaitait. Ce sont les pays du Nord de l’Europe comme la Suède le Danemark l’Islande qui ont la plus grande proportion de femmes

Après avoir vécu à travers un attentat, quelle est votre perception de l’événement ? Quels sont vos souvenirs les plus marquants ?

C’est le fait qu’il y a eu mort d’homme. J’ai un grand sang-froid dans la vie et j’ai rarement peur, je crains pour les autres mais jamais pour moi. Quand c’est arrivé, je pense que j’ai eu les bons réflexes d’essayer de protéger les gens qui étaient là, parce que c’était un attentat qui aurait pu être un véritable carnage. L’arme s’est enrayée, ce qui a fait qu’il n’a pas plu lancer ce qu’il souhaitait. Il avait aussi un cocktail Molotov, une espèce de petite torche pour allumer des feux, la porte à travers laquelle il voulait la lancer a bloqué. Ce que j’ai trouvé le plus difficile c’est qu’il y a un homme qui a été blessé sérieusement et mort d’homme mais je n’ai jamais eu peur et je suis assez fière de ma réaction honnêtement, parce que j’ai voulu protéger les gens. Quand j’ai vu de la fumée dans les coulisses, j’étais sur la scène je ne savais pas qu’il y avait mort d’homme. Je faisais mon discours de réjouissance et on me disait de sortir de la scène. Je suis revenue quand j’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde dans cette salle-là, il y avait trop de monde pour le nombre de places disponibles. Tout le monde était debout et je me disais : S’il faut qu’ils sortent tous, s’il faut que les gens voient la fumée et paniquent, on va avoir des morts. Quand la bâtisse était sécurisée, j’ai dit : Vous pouvez tranquillement rester, je vais finir mon intervention. J’ai essayé d’être très présente pour calmer le jeu, je n’ai jamais eu peur, après non plus. Beaucoup de gens me posent la question mais je me suis dit : Si je crains qu’il y ait un autre attentat, je vais me priver d’aller à la rencontre des gens. On a un système de sécurité autour de nous, des policiers habillés en civil. Un jour, ils m’ont dit : Madame Marois on va vous faire faire une veste pare-balle, ils me l’ont amené dans un beau carton, je l’ai mise dans ma garde-robe et c’est resté là. Si je commence à avoir peur, je ne voudrais plus aller à la rencontre des gens et c’est trop important pour moi d’être dans les foules, de serrer des mains, de causer et de parler. Mon conjoint et mes enfants ont craint plus que moi, il faut que vous sachiez que ma famille était dans les coulisses et plusieurs députés, qui eux, ont eu le temps de réfléchir plus que moi. Eux, ça les a affectés pendant longtemps. Du personnel de mon équipe a été aidé sur le plan psychologique. Le juge a confirmé que c’était un geste politique, on voulait me tuer parce que j’étais souverainiste et une femme en plus. Des gens m’ont reproché de ne pas m’en être servi pendant mon mandat. Je pense que si c’était arrivé à un homme politique du camp adverse, ça aurait soulevé beaucoup de passion. Je n’ai pas agi de cette façon-là et je ne le regrette pas aujourd’hui, bien peut-être un peu, parce que ça aurait peut-être augmenter ma popularité mais je ne voulais pas jouer sur ça. Quand on est au pouvoir on assume et on prend ses responsabilités

Quelles sont les principales mesures que vous avez réussi à mettre en place durant votre mandat ?

On a, entre autres, introduit à l’école, l’éducation à la sexualité, ce qui a été enlevé par la suite. Il y a eu beaucoup d’opposition mais j’étais ministre de la Condition féminine, donc je travaillais avec le ministre de l’Éducation parce qu’il y avait des gens qui s’opposaient à l’avortement et on en entendait beaucoup parler à cette époque. Beaucoup de groupes religieux s’opposaient aussi au cours qu’on voulait donner. Je les avais rencontrés pour leur dire : Vous ne pouvez pas être contre l’avortement et contre la contraception en même temps. Être contre un cours ou on va donner des outils aux jeunes pour prendre leurs décisions c’était incohérent. J’ai aussi été ministre de la Main-d’œuvre et de la Sécurité du revenu, qui s’occupe entre autres de l’aide sociale et des régimes de retraite publics. J’étais responsable de l’encadrement des régimes publics et privés, incluant les politiques de formation de la main-d’œuvre. En emploi, l’impact considérable était vis-à-vis les jeunes sur le bien-être social, qui avait une allocation beaucoup plus basse que les familles et les adultes, ce qui n’est pas convenable pour vivre correctement. Ces jeunes-là, n’avaient souvent pas fini leur secondaire. Je me disais que dans la vie, sans secondaire, c’était difficile de trouver un travail. J’ai négocié avec Ottawa et on a offert à ces jeunes de retourner à l’école, d’aller faire un stage dans une entreprise ou d’aller travailler dans des organismes communautaires. S’il le faisait, leur prestation était doublée, même plus et leurs frais de transport étaient payés. S’ils allaient à l’école, le matériel scolaire était payé aussi. Ça a été une révolution parce que ça a permis à des jeunes d’avoir une meilleure formation et d’être mieux équipés pour trouver un travail ultérieurement et sortir de l’aide sociale. C’est une mesure dont je suis très fière, qui a continué sous différentes formes. J’ai aussi travaillé beaucoup avec des femmes chefs de familles, monoparentales, qui étaient sur l’aide sociale. On leur a donné accès à des régimes de prêts et bourses et d’aide financière aux études afin qu’elles aient un meilleur revenu. Il fallait être capable de faire garder leurs enfants pour aussi pour retourner à l’école. On a fait une grande réforme de l’éducation, on a changé ce qu’on enseignait au niveau primaire et secondaire, on a mis plus d’heures en français, en mathématiques et en histoire. On a aussi changé les commissions scolaires, qui n’existe plus aujourd’hui. C’est drôle, ce matin, j’entendais parler des supers infirmières à la radio, des infirmières régulières avec une formation plus longue qui permet de soigner des malades, un peu comme un médecin, en allant un peu moins loin. C’est moi qui ai implanté ça au Québec. Les chirurgiens ne veulent pas expliquer aux malades comment manger, comment faire de l’exercice etc. Quand ils ont fait une chirurgie, une infirmière clinicienne spécialisée, formée pour ça, va suivre le malade avant et après l’opération, pour que le chirurgien se concentre sur son opération chirurgicale. Le patient sera mieux aidé et mieux soutenu. Les médecines familiales, c’est à dire des cliniques de médecins avec tout ce qu’il faut, tous les services, pour offrir des soins plus globaux aux patients qui viennent. J’ai fait adopter une loi reconnaissant l’économie sociale quand j’étais ministre des Finances, j’ai permis que les organismes aient accès à de l’argent, à un taux réduit, à de l’argent sans intérêt pour avoir des prêts sur un très long terme pour les aider à mieux implanter leur organisation etc.

Avez-vous siégé sur d’autres comités durant votre enfance où votre adolescence ?

Oui, il y avait à l’époque, une association qui s’appelait la jeunesse étudiante catholique, une organisation qui aidait les jeunes à participer à des activités de réflexion, orientées sur la religion, un peu, mais pas tant que ça. Toute jeune, j’ai participé à un camp, c’était très agréable. Je suis devenue, au niveau secondaire, présidente de ma classe. Finalement, j’ai été membre du Conseil de l’association générale des étudiants de mon école, j’étais secrétaire, de mémoire. Je fais le tour de l’école secondaire pour expliquer comment ça fonctionne le thème était voir jugé agir donc voir une situation juger de la situation et agir pour régler les choses. J’ai aussi été présidente de mon groupe d’étudiants quand j’ai fait mon baccalauréat services social et pendant mes études en hautes études commerciales

Si vous pouviez changer une chose dans votre carrière qu’est-ce que ce serait ?

Je ne sais pas, c’est drôle hein ? Travailler plus fort pour me faire réélire ? Je n’ai pas tout fait parfait et des gestes que j’ai posés, je les ai regrettés par la suite. Je les ai toujours posés de bonne foi, en pensant que c’était ce qu’il fallait faire de mieux, je n’ai jamais essayé de tromper les gens et je n’ai jamais essayé de faire croire à des gens des choses, alors que ce n’était pas ça que je voulais faire. Ça m’a nuit et aider en même temps mais c’est sûr que ça m’a nuit parfois. De dire peut-être trop franchement les choses, mais en même temps je n’aurais pas changé ça. Ce sont les premiers ministres qui nous nomment au ministère, j’aurais peut-être dû dire non et rester par exemple, en éducation, où j’étais en train de mettre sur pied une nouvelle réforme. Les ministres avaient un gros problème avec le ministère de la santé parce qu’il y avait beaucoup de changements à apporter, bien que le Premier ministre qui était là avant, avait fait un beau changement. Il voulait que je quitte l’éducation, le ministère que j’ai le plus aimé, à la tête duquel je me suis senti le mieux, mais j’ai accepté pour servir. Quand un Premier ministre nous demande quelque chose comme ça, soit on accepte, soit on s’en va, ce sont des règles du jeu.

Quel rôle vous avez remarqué avoir eu sur la cause féministe au Québec ?

Je crois que j’ai changé pas mal de choses, entre autres, avec la réforme familiale, j’ai permis à des femmes de réaliser qu’elle pouvait faire plusieurs choses dans la vie. Le modèle aussi que j’ai pu représenter aux yeux de certaines femmes, de penser que c’était possible par exemple, d’avoir des enfants en même temps qu’on était au travail. Moi qui ai été ministre, j’ai eu 4 enfants, dont 3 pendant que j’ai été ministre. J’ai envoyé comme message aux femmes que oui, c’est possible et que rien n’est impossible. Ça ne veut pas dire que ça va être facile et qu’il n’y aura pas d’embuches cependant. L’autre chose ce que j’ai eu comme impact sur les femmes, c’est de les inviter à se faire confiance, parce qu’on est souvent très talentueuses, on a beaucoup de belles expériences qui ne sont pas mises en valeur, parce qu’on pense qu’on n’est pas capable ou qu’on n’est pas assez bonnes. Souvent, les femmes font ça ! Il faut se dire : Je vais essayer puis je vais réussir et si je ne réussis pas, ce n’est pas grave, je vais recommencer.

Pourquoi qualifiez-vous les CPE comme un rêve inachevé ?

Je vais te dire pourquoi, c’est simple, les gouvernements qui ont suivi le nôtre ont changé tout ça et ont fait apparaître des garderies privées à but lucratif. Je ne dis pas que c’est mauvais mais les centres de la petite enfance ont une autre philosophie. Mon rêve inachevé est le suivant : J’aurais souhaité, comme il y a des écoles primaires partout au Québec, des CPE partout aussi. Que dans les centres de la petite enfance, non seulement on allait offrir des services de garde de qualité, éducatifs, on allait aussi offrir aux parents, différents services, par exemple, l’infirmière du CLCS qui viendrait faire les injections pour les enfants, un médecin, un optométriste, un ophtalmologiste, des gens qui répondraient aux inquiétudes des parents sur le comportement de leurs enfants, un psychologue. Cela aurait permis que le CPE devienne un centre multiservice.00 Il y a actuellement le médecin en médecine familiale, docteur Julien, qui crée des centres qui ressemblent un peu à ça. Des centres de psychologie sociale et d’intervention sociale, c’est exactement ce que je voulais, pour que les parents puissent sauver du temps. Si on avait pu concentrer dans le CPE, un tel type de service, ça aurait facilité beaucoup la vie des parents. Malheureusement, les gouvernements qui ont suivi n’ont pas relevé le défi. J’ai proposé au ministre actuel cette idée mais il ne m’a pas redonné de nouvelles, il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Si vous aviez un message à dire aux jeunes qui veulent se lancer en politique que leur diriez-vous ?

C’est formidable, vous allez éprouver du plaisir, c’est passionnant, vous allez pouvoir influencer la vie de vos concitoyens pour la rendre meilleure. Imaginez que vous pouvez faire des choses politiques exceptionnelles et que vous avez tout ce qu’il faut. Il y a des gens qui viennent de tous les domaines en politique, on vient de tous les horizons et je pense que de sensibiliser les jeunes à réaliser leurs rêves

Pour vous la persévérance scolaire c’est… ?

Je suis plus que convaincue de ça, parce que la persévérance scolaire, ça veut dire aller chercher ce qu’il faut pour bien vivre, pour mieux vivre dans la vie. Personnellement, mes 4 enfants n’ont jamais décroché mais on les a beaucoup accompagnés, aidés et on a aidé de leurs amis. Au plan de l’éducation, il est prouvé que plus on intervient tôt dans la vie d’un enfant, moins il risque d’avoir des problèmes. On peut détecter ces risques-là, on a des chances de l’influencer de telle sorte qu’on évite qu’ils décrochent, tous les psychologues vous le diront. Quand j’ai fait la politique familiale, j’ai pensé à ça aussi, avoir un impact sur le décrochage scolaire. Tous les enfants n’apprennent pas de la même façon, souvent, il y a une différence entre les garçons et les filles, pas juste culturelles, dans les faits aussi. Il faudrait qu’il y ait des modules de formation qui permettent à chacun d’exprimer ses talents et de le faire à sa façon. Je pense que c’est mieux que c’était à l’école, il y a des voies qui sont offertes et des façons d’apprendre en se mobilisant. Je pense que pour contrer le décrochage scolaire, il faut lutter contre la pauvreté, parce que souvent des enfants vont vivre dans des milieux, sans blâmer les parents, où leur situation ne leur permet pas de prendre soin de leur enfant, de les suivre, de les aider, de les accompagner. J’ai toujours dit à mes enfants que l’important c’est de pouvoir choisir dans la vie, ce que vous allez vouloir faire et les aimer. Pour ça, il faut aller à l’école et aller obtenir son diplôme, peu importe lequel. On a besoin de tous les corps de métiers, c’est de choisir des choses que vous allez aimer faire, tous les métiers sont bons, il n’y a pas de sous métier. Je donne des cours à leadership et je finis toujours de la même façon : Aimez ce que vous faites parce que si vous n’aimez pas ça, vous ne serez pas bon et vous allez nuire à l’organisation dans laquelle vous vous trouvez. Je comprends que parfois on n’a pas le choix, qu’il faut gagner sa vie, qu’on a une famille et des obligations, mais il faut trouver un travail qui va vous satisfaire dans lequel vous allez vous réaliser de toutes sortes de façons.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes du centre du Québec ?

D’abord il faut être fier de notre région, d’où on vient, il faut donc s’engager et s’investir un peu. Le Québec est exceptionnel, chaque région à ses caractéristiques. Nos régions sont belles, il y a toujours des choses intéressantes à y faire. On a de plus en plus d’espaces culturels où on peut recevoir des artistes, c’est souvent dans les régions où il y a moins de monde que c’est plus facile d’organiser des activités. Ce que je vous dis c’est : Aimez votre coin de pays et occupez-vous-en pour l’habiter, pour occuper le territoire et inviter des gens à venir vous voir c’est tellement beau. Parfois je me désole de voir les nouveaux arrivants au Québec s’installer à Montréal. Si on pouvait les emmener vivre ou voir toutes les régions du Québec, il me semble que ça changerait un petit peu leur goût de s’intégrer, peut-être ailleurs qu’à Montréal.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans la municipalité ?

Je leur dis bravo, c’est formidable, vous êtes des citoyens de demain, vous êtes déjà des citoyens. C’est très important, plus on comprend les mécanismes de prise de décisions, les choix qui se font, les projets qui se développent, plus on devient habile et plus on a le goût d’en faire davantage. Peut-être qu’un jour vous serez élu à votre mairie, comme mairesse, comme conseillère ou conseiller ou encore comme député, peut-être que vous occuperez une fonction dans d’autres institutions. En vivant des expériences comme celle-là, ça vous forme ça vous rend des meilleurs citoyens

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et les cigarettes et la vapoteuse ?

Ce sont les enfants qui m’ont fait arrêter de fumer, j’ai fumé longtemps, je ne fume plus depuis très longtemps maintenant. Je trouve ça un peu dommage mais je pense que ce sont les campagnes de sensibilisation et d’information qui peuvent aider le plus. Ce sont souvent les camarades qui sont le mieux placés pour faire ça, qui ont plus d’influence sur les amis.

Quelle importance doit-on apporter à l’activité physique?

Pour moi, c’est très important parce que ça permet une meilleure qualité de vie si on se tient plus en forme. Notre corps vit mieux, on peut mieux profiter de la vie, faire des activités de plein air. Je vais vous révéler que moi-même, je fais de l’activité physique depuis maintenant 20 ans peut-être même 25 ans. Je n’en faisais pas beaucoup avant, je jouais au ballon-balai, au baseball, je faisais du patin, du vélo et j’ai arrêté pour finalement reprendre l’exercice tous les jours depuis au moins 25 ans. C’est une discipline que je me suis donnée : 15 minutes d’exercice physique et 30 minutes de marche par jour, quand j’ai la chance je marche plus longtemps.

Quels sont les impacts positifs de la légalisation du cannabis ainsi que les effets négatifs ?

C’est un sujet un peu difficile à traiter mais je vais vous dire que je pense qu’il valait mieux la légaliser, puisqu’on pénalise et qu’on criminalise des gens. Cela dit, ça reste une drogue, si elle est bien encadrée, elle peut avoir des effets positifs. On le voit sur l’effet de la santé lorsque le cannabis est consommé de façon médicale. Ça reste que la consommation, surtout la surconsommation est néfaste, tout comme le beurre, ça crée des habitudes et ça va finir par avoir des impacts. Il faut vraiment l’encadrer et qu’il y ait des campagnes d’information pour que ça ne devienne pas une habitude, on devrait resserrer un peu l’encadrement, selon moi.


Entrevue avec Alain M. Bergeron, auteur jeunesse.

Entrevue avec Monsieur Alain M. Bergeron, auteur jeunesse, réalisée par Daphnée Caron et Mathys Boucher du Comité 12-18 de Laurierville.

1- Pourquoi choisir le métier d’écrivain ?

J’étais journaliste dans une vie antérieure. Il y a plus de 30 ans. Puis, j’aimais beaucoup écrire. J’ai eu des enfants et je leur lisais des histoires. Je trouvais que les histoires étaient un peu « poches » à la limite. Je me disais : « Il me semble que je serais capable de faire ça. » Moi, je ne suis pas très, très bricoleur. Je suis pourri pour effectuer des travaux manuels. S’il fallait que je construise une cabane dans un arbre, ce serait dangereux pour l’arbre, pour les enfants et pour moi en premier. Donc, je me suis dit : « Eh bien, je vais écrire des histoires à mes enfants et on va voir ce que ça va faire. » Donc, j’ai écrit une première histoire et j’ai gagné un prix. Je vais en écrire une deuxième. Eh bien, j’ai encore gagné un prix. Je ne suis pas très vite, mais je me disais : « Ah, peut-être qu’il y a quelque chose à faire de ce côté-là. » Donc, j’ai continué d’écrire des histoires pour les enfants, pour les jeunes, tout en étant journaliste. À l’automne 2005, donc il y a bientôt 17 ans, j’ai laissé mon poste de journaliste pour devenir auteur à temps plein. Puis là, la production a explosé. Tous les jours, j’ai hâte de me lever pour aller travailler dans mon bureau qui est à huit pas de ma chambre à coucher. J’ai un très beau job, un très beau job. Daphnée et Mathis, si je peux vous souhaiter quelque chose, c’est d’effectuer un travail que vous allez aimer. C’est une bénédiction sérieusement. Alors voilà, je suis un des écrivains jeunesse qui gagne sa vie en faisant sa passion. On n’est pas une tonne non plus à pouvoir faire ça. Donc, c’est un privilège et une reconnaissance pour moi.

2- Quelles études avez-vous faites pour devenir écrivain?

Il n’y a pas d’études pour devenir écrivain, pas officiellement, à mon avis. Tu deviens écrivain en écrivant. En lisant beaucoup, d’abord, et en écrivant. C’est à force d’écrire que tu vas voir tes erreurs, que tu vas trouver ton style, que tu vas trouver le genre dans lequel tu es le plus à l’aise. Est-ce que tu es plus à l’aise d’écrire des romans historiques, des romans rigolos, des documentaires, des biographies ? Une fois que tu as trouvé ce dans quoi tu es à l’aise, ça peut être la poésie aussi, eh bien, tu fonces et tu écris, tu écris, tu écris. Je suis rendu à 324 livres publiés. Ça a pris beaucoup de temps avant que mon premier livre soit publié. Calculez environ dix ans entre le moment où j’ai commencé à écrire pour les jeunes et le moment où le premier livre a été publié. Mais j’adorais ça faire ça, faire de l’écriture pour les jeunes. Alors, je racontais toutes sortes d’histoires. Puis un jour, une des histoires est devenue un livre et puis, j’ai embarqué dans l’espèce de créneau de publication. Voilà, alors c’est ça. Dans mon cas, il n’y a pas eu d’études. Il y a des études en littérature qui peuvent te permettre de décortiquer une œuvre ou d’apprendre comment on peut écrire. Mais tu as beau l’apprendre, il n’y a rien comme le faire. C’est comme un joueur d’hockey ou une gymnaste où tu as beau apprendre dans les livres, mais c’est sur la patinoire ou dans les gymnases que ça va fonctionner. C’est la même chose pour un écrivain ou une écrivaine. Tu écris. Il faut que tu écrives beaucoup. On parle de 10 000 heures de pratique, eh bien, je les ai eues mes 10 000 heures de pratiques. Ça se fait par du monde ordinaire. Regardez le gars qui vous parle. Ça se fait par du monde. Il n’y a pas de machines. Il n’y a pas d’extraterrestres qui font ça.

3- Pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant qu’écrivain ?

Le premier livre que j’ai écrit s’appelle Cendrillé, comme dans Cendrillon. Il a été publié en 1997. Vous n’étiez pas au monde en 1997, hein ? Par la suite, j’ai publié un ou deux romans jeunesses par année. À un moment donné, on a fait les Savais-tu ?. On a fait les Savais-tu ? en 2001. La production a explosé. Je suis passé de deux livres par années à huit, dix, quinze, vingt livres par année. Là, j’ai ralenti un petit peu depuis trois ans. Je suis à 12 ou 13 livres par année. Mais c’est ça, il y a eu une constante qui a fait qu’il y a eu beaucoup de livres dans les 15 dernières années ce qui me permet de gagner ma vie. Je vous parlais tantôt que ça a été très long. Je me suis acoquiné avec un illustrateur qui s’appelle SamPar, Samuel Parent. C’est lui qui fait, entre autres, les Savais-tu ? les Billy Stuart, Capitaine static. Il a fait la bande dessinée Guiby aussi. Samuel et moi avons commencé ensemble en 1990-1991. Il avait peut-être 21-22 ans. Ni lui, ni moi avions de l’expérience dans le domaine, donc on essayait plein de choses. Ça ne fonctionnait pas, mais on continuait. On travaillait vraiment fort. À un moment donné, on s’est retrouvé dans la revue Safarir avec des blagues sur le Père Noël et sur les animaux, ce qui a donné naissance aux Savais-tu ? Puis on a continué comme ça. Avec la parution des Savais-tu ? en 2001, on a trouvé notre créneau en documentaires rigolos. Le reste appartient à la petite histoire de la littérature jeunesse. On est rendu à plus d’un million de Savais-tu ? vendu. Dans le monde, ils ont été traduits dans une dizaine de langues, dont entre autres le japonais, le chinois, le vietnamien, l’anglais, l’espagnol, le néerlandais et j’en oublie quelques-unes. Tout ça se fait à partir de ma maison et de chez moi. On travaille à partir de chez moi. Je suis mon propre patron.

4- D’où vient votre inspiration pour vos livres ?

Eh bien, ça vient de partout ça. Ça peut être beaucoup de souvenirs de mon enfance parce que j’ai huit ans d’âge mental. C’est très facile pour moi de me replonger dans mon passé et de me souvenir de comment je me sentais quand j’avais huit ans. Me mettre dans la peau d’un garçon de huit ans, c’est très facile pour moi. Mes enfants, j’ai eu deux enfants, aujourd’hui, ils sont rendus à 33 et 22 ans. Quand ils grandissaient, j’écrivais aussi, donc c’est beaucoup de matériel. Ça peut être des élèves que je rencontre, des noms que j’entends, des films que je vais voir. J’étais allé voir le film Pirates des Caraïbes avec Johnny Depp. Je ne sais pas trop ce qu’il a de plus que moi Johnny Depp… Finalement, je ne veux pas le savoir non plus. Après avoir vu ce film-là, je me disais que ce serait intéressant d’écrire une histoire sur les pirates et j’ai fait une série de 14 livres. Il y a un petit livre qui s’appelle Zzzut. C’est l’histoire d’un garçon qui doit faire une communication orale devant sa classe. Il a un problème de fermeture éclair. Sa fermeture éclair est baissée et il doit parler devant les élèves. Alors ça, c’est inspiré de ce qui est arrivé à mon fils quand il était en deuxième année. On a eu une alerte de poux à la maison quand ma fille est allée à la garderie. Ça a servi de livre. Dans les Billy Stuart, il y a un chien qui s’appelle Froufrou qui est mon caniche royal que j’aimais beaucoup, beaucoup, beaucoup. Il était l’inspiration pour le chien Froufrou. Donc, tout m’inspire, des livres que je vais lire, des séries télévisées que je regarde. Ça peut être une simple rencontre. L’amie de ma fille, un jour, s’en allait avec elle à l’école et je les accompagnais. Ma fille disait : « Si tu perdais ton chat, qu’est-ce que tu ferais ? » et l’amie de ma fille a dit : « Je mettrais une récompense d’un million de dollars. » Ma fille lui dit qu’elle n’avait pas ça un million de dollars pour se faire répondre : « Non, mais mon père dit que mes bisous valent un million de dollars. » Donc, c’est devenu une histoire aussi Récompense promise : un million de dollars. Alors, tout, tout, tout m’inspire. Ça peut être un « flash » aussi niaiseux que je me promène en auto (et ça, je me souviens, c’est très clair dans ma tête) et j’ai un « flash » d’un géant qui sent les petits pieds. Ça air de quoi ? J’ai écrit une histoire avec ça. J’ai gagné un prix en Europe avec cette histoire-là. Tout, tout m’inspire. Je suis en mode inspiration, je vous dirais, à l’année longue. C’est pour ça que je dis que j’ai un beau job.

6- Excusez-moi, si je peux me permettre, autrement dit, l’écriture c’est comme une échappatoire. C’est partir dans un autre monde, quitter ce monde ci et se laisser aller l’imagination et tout ? Peut-on dire ça comme ça ?

Oui, je suis Dieu le père, moi. Je suis le maître de mon univers. Je peux faire ce que je veux. Sauf quand ce sont des ouvrages historiques, là il faut que je me colle à la réalité, mais pour le reste, je peux faire ce que je veux.

Tu peux faire prendre n’importe quel tournant sans trop de conséquences. Une fermeture éclair, c’est moins gênant écrit dans un livre qu’en réalité. Si c’est arrivé malheureusement à quelqu’un et à surement plein de gens aussi, ça arrive des péripéties comme celle-là.

Oui, ça arrive encore assez régulièrement. J’ai des messages de professeurs qui me disent que c’est arrivé à un de leurs élèves. Dans l’histoire, ils vont faire la communication orale dans la salle de bain. Parce que le garçon, en se rendant compte que sa fermeture éclair ne veut pas remonter, ne veut pas aller en classe. Donc, le professeur descend avec tous ses élèves pour faire la communication orale en arrière de la porte de la salle de bain. Eh bien, il y a des professeurs qui font ça comme activité dans leurs écoles. Mon monde à moi se transpose dans plusieurs écoles. Inspirées par le livre L’arbre de joie que j’ai écrit et qui parle d’enfants moins favorisés qui ont des cadeaux à Noël, eh bien, il y a plein d’écoles qui ont fait leur propre version de l’arbre de joie. Alors, mon petit monde à moi, dans ma tête, parfois se répercute dans la réalité. C’est vraiment « le fun ».

7- Vraiment. Ça a l’air vraiment intéressant. Moi, je suis plus manuelle. Je suis complètement le contraire de vous. Je trouve ça assez intéressant quelqu’un qui est capable de construire une histoire grosse comme cela avec un papier et un crayon.

C’est juste ça que ça me prend. Tu vois, en parlant de papier et de crayon, ça, c’est un brouillon. J’écris très bien. Vous remarquerez que j’écris très bien.

8- Tous les écrivains écrivent comme ça ?

Il paraitrait que oui. Un peu pour la question que Mathis me posait tantôt, moi, j’écris d’abord à la main une fois que mes idées sont trouvées et que je me fais un plan. Que l’histoire ait 12 pages ou qu’elle en ait 400, je me fais toujours un plan. Quand, ça s’est fait, que mes personnages sont trouvés, quand je sais à peu près ce qui va se passer dans mon histoire, là j’écris toute ma première version à la main. Ensuite je la transpose à l’ordinateur. Je peux faire de 15 à 20 versions différentes corrigées avant de l’envoyer à l’éditeur. Là ça va me revenir et ça va être plein de corrections à faire aussi. C’est un match de ping-pong. Alors, les livres sur lesquels je travaille présentement vont sortir peut-être dans un an et demi ou deux ans. Quand ça va sortir dans deux ans, c’est bien rare que j’éprouve du plaisir à lire le livre parce que j’ai vraiment travaillé fort dessus. Souvent, je suis tellement plus rendu là, je suis rendu ailleurs, dans d’autres univers, dans d’autres mondes avec d’autres personnages que je dois me rappeler que j’ai fait ça et je le tasse après. Je ne le faisais pas pour mes premiers, mais là, à 300 et quelques, ça devient plus…

9- Au moins, c’est réconfortant de savoir. Vous dites que ça sort deux ans après l’écriture, mais les gens, quand même, l’apprécie. Quand bien même que vous, vous savez que cette histoire-là a été écrite deux ans auparavant, les gens qui l’achètent et qui la lisent, pour eux, c’est tout nouveau. Eux, ça vient les distraire. Ce n’est pas perdu le temps, vous n’éprouvez simplement pas de plaisir à le relire.

Non, je n’éprouve plus de plaisir à le relire. Ça c’est certain, mais je sais que le plaisir est là. Je parlais de Zzzut tout à l’heure. Il est sorti en 2001. Ça fait 20 ans et c’est un de mes livres qui se vend vraiment régulièrement année après année. Les enfants le redécouvrent. C’est ça qui est « fun » aussi. C’est que quand tu écris pour un public jeunesse, d’une année à l’autre, le public se renouvelle, contrairement aux adultes. Eux-autres, c’est plus difficile. Alors que jeunesse, notre public se renouvelle sans cesse.

10 -Pouvez-vous nous parler de votre style d’écriture?

Mon style d’écriture, c’est surtout humoristique. J’aime ça faire rigoler le monde. J’aime ça que les enfants rient ou s’amusent en lisant mes histoires. En très, très forte majorité, mes livres sont, du moins je l’espère, rigolos. Le monde n’est pas facile aujourd’hui. Tu n’es pas obligé de mettre le nez des enfants dans encore plus de trucs qui sont difficiles. Parfois, les faire sortir de leur traintrain quotidien, de leur vie qui n’est pas toujours agréable… Il y a des enfants qui vivent des choses assez abominables. Alors de savoir qu’en lisant mes livres, ils passent un petit moment de bonheur, que ça dure 15 minutes, une heure ou une journée, pour moi, je pense que j’ai effectué mon travail. Je trouve que c’est une belle vocation de semer un petit peu de bonheur dans le cœur des enfants, des jeunes, des adolescents, des professeurs et des parents. J’ai beaucoup aussi de témoignages des parents qui m’écrivent, soit qu’ils m’interpellent dans la rue pour me dire que leurs enfants aiment beaucoup mes livres, qu’ils n’aimaient pas lire avant, mais que maintenant ils aiment beaucoup ça. Le fait que ce soit rigolo, parfois ça permet aux enfants de plonger plus facilement. Alors que lorsque c’est lourd, c’est plus difficile. Il y a des gens qui sont très bons là-dedans. Des auteurs, des amis auteurs qui sont super bons là-dedans, dans toutes sortes de genres. Dans l’horreur, il y en a qui sont des maîtres. Je suis beaucoup trop peureux pour écrire de l’horreur. J’aurais peur. Je dormirais la lumière allumée tout le temps que j’écrirais parce que j’ai beaucoup d’imagination. Je peux aisément m’imaginer des scènes qui se passent et qui vont me hanter toute la nuit. J’avais juste vu la bande annonce de The Blair Witch Project et j’en avais été traumatisé pour trois nuits. C’est une bande annonce qui durait 30 secondes. Il faut que je choisisse mon genre. Quand tu écris quelque chose qui est amusant, qui est rigolo, c’est beaucoup de travail par exemple. Ça prend un rythme pour écrire. Mais quand tu écris pour l’humour, quand tu écris pour amuser les jeunes, leurs parents, les professeurs et tout ça, en même temps tu te plonges dans cet atmosphère-là. C’est très agréable. Présentement, je suis en train d’écrire quelque chose qui n’est pas très agréable et j’ai hâte d’en sortir. J’en ai encore pour six mois, mais j’ai hâte d’en sortir.

11- À quel moment de votre vie devenir écrivain est-il devenu une possibilité de travail ?

Quelle bonne question, c’est la première fois que je l’entends. Comme je disais tantôt, je faisais les deux, auteur et journaliste. On est peut-être une vingtaine d’auteurs, 20-25 auteurs au Québec à bien gagner notre vie avec ça. J’avais deux enfants qui n’étaient pas très vieux non plus dans les années 1990-2000. J’essayais de voir combien ça pouvait me rapporter d’écrire. Je vais vous faire une petite leçon de mathématique très simple. Quand tu vends un livre au Québec, si tu en vends 3 000, c’est beaucoup. Alors les auteurs reçoivent 10% du prix du livre vendu. Si le livre se vend 10$, ça veut dire que tu as 1$ par livre vendu, ce qui fait 3000$ pour 3000 livres. 3000$, quand tu as mis six mois à écrire, ça ne revient pas cher de l’heure. Pour les Savais-tu ? nous sommes trois à travailler dessus donc le 10% est divisé en trois. Les Billy Stuart, nous sommes deux à travailler dessus, donc le 10% est divisé en deux. Donc, je me disais ça va prendre beaucoup de livres pour être capable de gagner ma vie avec ça. Je me souviens, en 2004, non en 2005, à l’hiver 2005, j’étais allé faire du ski et, une nuit d’insomnie parce que je dors super mal en plus, je me suis mis à calculer. Je me suis dit, je serais capable de gagner ma vie juste à écrire en augmentant le nombre de livres publiés, en faisant des animations et je laisse mon travail de journaliste. À l’été, je me suis assis et je me suis mis à calculer. Parce que, oui, tu veux vivre de ta passion, mais tu ne veux pas mettre qui que ce soit dans le trouble à cause de toi. Je ne voulais pas que mes enfants souffrent, que ma femme souffre, parce que, moi, j’avais décidé que j’étais un auteur avec un grand « A ». Donc je voulais m’assurer que personne ne serait dans le trouble. J’ai calculé et sur papier, c’était comme évident que, si tout allait bien, je pouvais gagner ma vie. Puis, à l’automne 2005, j’ai laissé mon travail de journaliste pour être auteur à temps plein et je n’ai jamais, jamais, jamais regretté ma décision. Ça a été un des bons grands gestes de ma vie ça. Mais je n’aurais pas pu faire ça juste pour compléter. Je n’aurais pas pu faire ça à 30 ans et à 35 ans parce que, comme je disais tantôt, si tu vends 3000 livres et que ça te rapporte 3000$, tu ne vas pas loin avec 3000$. Va faire l’épicerie avec 3000$ sur une année, ce n’est pas simple. Alors ce n’est pas facile. Ce n’est pas facile.

12- Qu’est-ce que le métier d’écrivain vous apporte au quotidien ?

Du bonheur avec un grand B ! Non, vraiment, je suis très, très reconnaissant envers tous les gens qui ont publié mes livres. Là, je travaille avec une vingtaine d’éditeurs. Envers les enfants qui les lisent, les professeurs qui recommandent mes livres, les parents qui les achètent, aussi. On ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche. Puis c’est du bonheur au quotidien. Je suis allé faire l’épicerie l’année passée. J’y vais plus souvent que ça, mais je suis allé faire l’épicerie l’année passée. Un monsieur m’avait arrêté pour me dire que son fils était dyslexique et qu’il avait lu un Savais-tu ? C’était le premier livre qu’il lisait au complet. Le monsieur avait commencé à pleurer dans mes bras. Quand même ! C’est au quotidien. Je peux aller marcher avec mon chien et puis… Avant, c’était avec mes chiens. Je vais marcher avec mes chiens et c’est bien rare qu’il n’y ait pas quelqu’un qui m’arrête pour me parler de ça. Les enfants me reconnaissent. Ils connaissent plus mes livres qu’ils ne me connaissent, mais ce n’est pas grave. On me reconnait parfois. Je reçois des messages régulièrement, à tous les jours, à propos des livres. C’est du bonheur. C’est aussi de l’inspiration. Comme on disait tantôt, de pouvoir créer des univers, de pouvoir imaginer des histoires, d’entrevoir que des enfants vont lire mes histoires et qu’ils vont rire. Le rire d’un enfant, il n’y a pas plus belle musique que ça à mes yeux. Ça participe à ce sentiment de bonheur-là. Donc, oui, c’est ça. Bonheur, ça résume exactement mon état d’esprit quand je pense à mon travail. Je suis chanceux, mon fils est monteur vidéo. Il a travaillé sur Défense d’entrer, entre autres. Il est comme ça lui aussi. Ce n’est pas simple aujourd’hui de savoir vers quoi s’en aller. Les jeunes ont tellement de talents et il y a tellement de possibilités qu’à un moment donné, tu ne sais plus trop vers quoi tu peux te diriger. Lui, à un moment donné, après avoir essayé deux ou trois affaires, il a trouvé ce qu’il voulait faire et il est heureux. Il est heureux, lui aussi, au quotidien. Il travaille de chez lui aussi, comme son père et il est heureux. C’est un garçon heureux. Ça fait un papa qui est heureux aussi.

13- Si vous deviez changer quelque chose dans votre travail, qu’est-ce que cela serait ?

Si je pouvais sauter les fichues corrections, ça ferait mon bonheur. Tu penses que ton manuscrit, après 20 versions, c’est parfait. Puis tu l’envoie à l’éditeur et tu te rends compte que ce n’est pas parfait du tout et tu as plein de corrections à faire. Ça, c’est l’étape que je déteste le plus. Recopier aussi les manuscrits. Tu vois, là, je m’enligne sur un manuscrit d’à peu près 500 pages. Je suis en train de le recopier et c’est long et c’est long. Ça c’est fastidieux de ce côté-là. Alors ça, si j’avais une machine qui pouvait le faire à ma place, je serais bien, bien heureux. Mais encore là, en le faisant, je fais déjà des corrections. Donc c’est très utile. Mais à part ça, non. J’allais dire que je commencerais plus tôt. J’aurais commencé plus tôt à écrire parce que là, j’ai commencé à écrire, j’avais 32 ans, quand j’ai eu mon fils. Mais si c’était à refaire, j’aurais commencé bien avant. Comme je disais tantôt, plus tu écris et plus tu deviens « bon », plus tu deviens à l’aise dans tes choses. J’aurais peut-être commencé ça avant, mais je n’étais visiblement pas prêt à sauter là-dedans. Alors voilà.

14-Selon vous, quel est l’un des messages important à faire circuler auprès des jeunes ?

Wow ! Vous avez des bonnes questions. Mathis et Daphnée, vous avez fait vos classes. Un message important… Être bien dans sa peau, évidemment, ce qui n’est pas évident quand on est un adolescent. Je me souviens, quand j’étais un adolescent, seigneur… Ah je ne voudrais pas retourner là. Je ne voudrais pas retourner là. Je ne savais pas ce que je voulais faire. Mon père était très malade aussi. Ça n’aidait pas à la joie, disons. C’est pour ça que je suis capable de tout mettre en perspective, aujourd’hui, et de savourer les moments de bonheur que me procure ma famille, mon travail. Pour les jeunes, s’il y a un problème, d’en parler, de ne pas garder ça pour soi. Je vous dirais que, l’adolescence, ça ne dure pas tout le temps. Parfois, la vie n’est pas facile et, ce qui parait comme une montagne, une fois que tu as pris du recul, une fois que tu es rendu plus vieux, c’est comme une petite colline. On a tendance, parfois quand on est adolescent, à dramatiser des trucs qui ne se justifient peut-être pas. Il y en a qui se justifient aussi… Je suis en train de m’enfoncer carrément… Ça ne dure pas tout le temps l’adolescence. Même s’il y a des « adulescents » qui ne sortent jamais de leur adolescence, j’en connais plein. Ça ne dure pas tout le temps. D’essayer de mettre les choses en perspective quand arrivent des trucs qui ne sont pas rigolos. Profitez de votre jeunesse aussi. Quand les responsabilités vont arriver avec la famille, les enfants, le travail, la maison et tout ça, la pelouse à faire, ça sera toujours le temps de prendre ça plus au sérieux. Mais ah non, profitez de la vie. Je vous dirais, essayez, si ça vous tente, de vous nourrir culturellement. Allez voir des films. Allez voir des spectacles. Allez voir des pièces de théâtre. Lisez des livres. Sortez. Le classique, lâchez votre cellulaire, mais ça c’est… Si j’avais été élevé avec un cellulaire, j’aurais peut-être tout le temps le nez dessus. Les adultes ne sont pas mieux. L’autre soir, je suis allé au restaurant et il y avait deux adultes qui mangeaient à côté de nous autres. Les deux adultes, des adultes dans la trentaine, ils avaient le nez sur leur téléphone et ils ne se sont pas parlé de la soirée. C’était très édifiant, une très belle sortie de couple. C’est ça, de se nourrir culturellement, on va y aller là-dessus. Lâchez-vous lousse, allez voir, ouvrez vos horizons. Essayez plein de choses. Parfois, tu vas voir des films ou tu lis un livre et ça t’allume. Tu te dis : « Oh mon Dieu ! Oui j’aimerais peut-être faire ça ! » Ça peut vous aider dans vos choix de carrière, vos choix pour étudier ou simplement pour vous divertir. La vie n’est pas facile. Je le répète, la vie n’est pas facile. Ça peut vous changer les idées. Ça peut vous faire du bien. Ça peut vous sortir de votre quotidien. Ça peut vous montrer que vous n’êtes pas seuls. Alors, oui, « let’s go », nourrissez-vous culturellement. Lâchez-vous lousse.

15- Quels conseils pouvez-vous donner à un jeune qui aspire à devenir écrivain ?

Ça, c’est facile ! Lis beaucoup, lis beaucoup, lis beaucoup et écris beaucoup. Il n’y a pas d’autres conseils à ça. Tu lis et tu écris. Tu essayes et tu arrêtes. Tu trouves que ce n’est pas bon et tu recommences. Mais essayes le. Si quelqu’un a envie d’être un écrivain, d’abord ça ne se fait pas en criant ciseau. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut que tu t’assoies. Il faut que tu commences à écrire. Là, tu remplis tes cahiers, tu remplis ton ordinateur et tu écris. Tu fais un plan et tu essayes de trouver quelque chose. Se faire un plan, ce n’est pas banal. Il y a des auteurs qui écrivent sans plan. Je ne sais comment ils y arrivent. Mais moi, ne pas faire de plan, c’est comme dire aller faire un tour à Lyster et je passe par Trois-Rivières. Je risque d’avoir un problème, surtout si je continue vers Québec. En ayant un plan, tu sais exactement où tu t’en vas. Donc d’écrire beaucoup, de lire beaucoup et de faire des essais, de commettre des erreurs, de vivre des échecs. J’ai vécu des échecs pendant plusieurs années avant qu’il ne se passe quelque chose. Surtout de s’amuser, d’éprouver du plaisir à écrire. C’est super agréable, c’est vraiment une belle activité d’éprouver du plaisir à écrire. Quand tu éprouves du plaisir à écrire, le lecteur ou la lectrice va s’en ressentir et va se dire que l’auteur a éprouvé du plaisir à écrire ça. Même si ce sont des sujets qui ne sont pas agréables, en le lisant, tu vas le sentir que l’auteur s’est vraiment investi là-dedans. Donc de s’investir et de s’amuser, moi je pense que c’est un bon mélange des deux. Voilà, c’est à peu près ça. Et puis de ne pas hésiter. Faire lire les histoires à d’autres, oui, mais de se méfier de tous les gens qui vont trouver ça génial parce que, normalement, ce n’est pas tout le temps génial. Aussi, de se méfier de tous ceux qui vont dire que c’est pourri à l’os. En fait, on n’est pas aussi bon et on n’est pas aussi mauvais qu’on le pense. Ça, quelqu’un m’avait dit ça et je m’étais dit : « Ouin… » J’avais tendance à être très dur envers moi-même et je me suis rendu compte que je suis correct. Je fais mon possible, je travaille fort en « titi » et ça a un écho quelque part visiblement. Alors de ne pas être trop dur envers soi-même et de l’être un petit peu aussi, entre les deux. Le juste milieu, c’est une bonne chose. Est-ce que ça aide un peu ?

Oui.

Merci de me rassurer !

16- Pour vous, la persévérance scolaire, ça serait quoi ?

Je ne suis pas un exemple de ça. J’aurais aimé ça continuer. Ma fille est un bon exemple de persévérance scolaire. Elle est rendue à l’université. Ça a toujours été facile. Ça a été un parcours facile pour elle, mais elle a travaillé fort. La persévérance scolaire, c’est un classique. C’est de travailler fort, de donner tout ce qu’on a. Je fais quasiment un coach de hockey : « On travaille fort les gars ! 110% » Oui, c’est ça la persévérance scolaire… Mathis, tu me poses des questions. Je vais avoir une très bonne réponse cette nuit à deux heures du matin, ça j’en suis convaincu Mathis. Je ne t’appellerai pas à deux heures du matin pour te dire que j’ai une bonne réponse. La persévérance scolaire, c’est de trouver ce que l’on veut faire. Si tu trouves ce que tu veux faire, tu vas travailler fort parce que tu aimes ça. Mais quand tu ne sais pas trop ce que tu veux faire, quand tu ne sais pas trop quels sont tes sujets d’intérêt, parfois c’est dur de foncer et de performer à l’école. Pour donner un exemple bien précis, quand j’étais au secondaire et au cégep, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Je m’en allais comme une poule pas de tête. J’avais beaucoup de difficulté à me trouver de l’intérêt. Quand je suis devenu journaliste, là j’ai trouvé vraiment de l’intérêt pour l’écriture. Quand je suis devenu auteur, ça a donné ce que ça a donné. C’est devenu une passion. Alors quand tu trouves des passions, quand tu trouves des intérêts, ça se reflète dans ton parcours scolaire et puis tu as envie de pousser jusqu’au bout. En poussant jusqu’au bout, tu fais preuve de persévérance. La persévérance scolaire peut se conjuguer de cette façon-là je dirais. Je ne pense pas que je vais trouver une meilleure réponse à deux heures du matin finalement.

17- Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Ah vous autres, vous autres, question difficile… Ce que je peux dire c’est que, d’abord, d’être fier d’habiter la région parce qu’on a une fichue de belle région. Si vous êtes appelés à aller étudier à l’extérieur, parce que ça peut arriver que vous alliez à l’extérieur, ne soyez pas gênés de dire d’où vous venez. Ne soyez pas gênés de revenir aussi dans la région que vous habitiez, dans une plus grande ville comme Victoriaville ou un petit village de rien du tout comme Ste-Françoise. Donc, il ne faut pas être gêné d’où l’on vient et de revenir. Dans notre région à nous, le Centre-du-Québec, c’est une belle région. Il y a plein de ressources, il y a plein de bon monde. Ce qui est « le fun » ici, c’est qu’on est proche de tout, tout en étant loin. On est proche de Québec. On est proche de Trois-Rivières. On est proche de Sherbrooke. On est proche de Laval où demeure mon fils. On est proche de Montréal, tout en étant éloigné. On a accès à plein de choses. On a une vie culturelle qui est très, très vivante aussi. On n’a pas à être gêné de ça. On a une vie sportive également. Il y a plein d’attraits touristiques. Donc moi, je ne suis pas gêné du tout de dire que je vis ici. La région, ma ville et mon quartier meublent toutes mes histoires. Quand je conte mes histoires, sauf quand ce sont des ouvrages historiques, tout se passe ici ou presque. Si vous lisez les livres, vous allez retrouver plein de petits bouts de mon Victoriaville, de mon quartier aussi, de mon Plessisville aussi. Il ne faut pas être gêné parce qu’on vient d’une région qui n’est pas métropolitaine, qui n’a pas des gros centres urbains comme Québec ou Montréal. On n’a pas à être gêné de ça. Soyons fiers de notre région. Moi je suis très, très fier de notre région. Heille ! J’ai une salle à mon nom à la bibliothèque de Plessisville, la salle Alain M. Bergeron. Que veux-tu qu’un gars demande de plus ? Donc fierté pour la région.

18- Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

J’ai tellement d’admiration pour vous autres. Non mais c’est vrai. C’est quelque chose que je ne faisais même pas et que je ne fais pas du tout présentement parce que j’ai vraiment beaucoup trop de travail. J’aurais aimé ça donner du temps. En donnant du temps, d’abord tu connais plus de monde. C’est « le fun ». Tu connais des causes qui peuvent te nourrir dans ta vie, qui peuvent t’enrichir intérieurement. Côtoyer d’autres personnes, je pense que c’est beaucoup ça aussi de donner du temps bénévolement pour la municipalité. C’est de côtoyer d’autres personnes. Quand j’étais journaliste, c’est ça que j’aimais beaucoup, c’était de rencontrer le monde. Je rencontrais beaucoup de monde et puis, j’adorais ça. Avec la pandémie, ça ne se passe pas comme ça. Merci d’ailleurs de m’accueillir virtuellement. Je suis désolé, mais je suis une personne à risque et je ne pouvais pas me permettre d’aller vous voir en personne. Là, je ne vois pas grand monde depuis deux ans. C’est assez limité. Donc c’est ça, le bénévolat ce n’est tellement pas du temps perdu. Ce n’est tellement pas du temps perdu. Puis vous êtes la relève. Si vous n’êtes pas là, les bénévoles avec les cheveux gris comme moi, à un moment donné, on va passer. Donc ça prend du monde pour ça. Puis s’engager pour sa municipalité, pour sa région, pour sa province, c’est tout sauf banal. Ça se glisse bien dans un CV aussi. Un employeur qui voit que tu as été bénévole quelque part se dit qu’il pourrait faire quelque chose avec ça. Et je ne le payerai pas, il va être bénévole ! Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai. Je suis désolé, je cabotine beaucoup ! C’est une seconde nature.

19- Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse ?

Ark! Ark! Ark! C’est juste ça que j’ai envie de faire, sérieusement. J’ai une très, très, très, très, très mauvaise relation avec la cigarette. Je vous disais que mon père avait été malade. Moi, j’ai vu mon père malade. J’ai grandi avec un père qui était malade. Il faisait une allergie au tabac. Ça s’appelle la maladie de Buerger, mais ce n’est pas « burger » comme hamburger. C’est B-U-E-R-G-E-R et c’est une maladie qui affecte les artères. Alors le sang ne coule plus dans les artères pour les extrémités. Donc la seule façon d’arrêter la douleur, c’est de couper. Alors ils ont commencé par couper les orteils. Ils lui ont coupé les jambes et, quand il est décédé, il ne lui restait que trois doigts dans ses mains. J’ai grandi en voyant ça et c’était à cause de la cigarette. Alors je n’ai pas une bonne relation avec la cigarette. Quand je vois des jeunes qui fument la cigarette, qui vapotent, je peux juste penser à… Parce que mon père et sa génération ont commencé à fumer, justement, à 14-15-16 ans et, après, ils n’étaient plus capables d’arrêter. La nicotine était trop présente dans leur système. Ma mère a arrêté de fumer au décès de mon père, mais elle fumait deux paquets par jour. Nous autres, on a grandi dans un environnement de cigarettes. Tout le monde fumait, à part moi. Puis j’ai eu des problèmes pulmonaires qui m’affectent encore aujourd’hui. Donc quand je vois des jeunes, pas les jeunes, mais bien des jeunes, qui fument ou qui vapotent, je me dis que ce n’est pas un investissement dans le futur du tout. Comme je disais tantôt, on ne reste pas un adolescent toute notre vie. Quand on sort de là, on va exercer des responsabilités, on va avoir des enfants. Si tu veux rester longtemps, longtemps avec tes enfants, donne-toi des chances et ne commence pas. C’est un cliché à dire, mais la meilleure façon d’arrêter, c’est de ne pas commencer. Mais effectivement, ça m’horripile. C’est d’une tristesse infinie. Ça m’a marqué à vie. Tous les gens dans notre famille ont été marqués à vie. Alors voilà.

20- Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

On ne fume pas et on bouge. Ça par exemple, ça devrait être dans les priorités. La nourriture culturelle, la nourriture physique, les activités physiques, ça devrait être dans les priorités, surtout quand on est jeune et qu’on a un corps d’athlète. Quand on n’est pas une vielle personne comme moi, qui aussitôt qu’il bouge, ça craque un petit peu. Quand j’étais jeune, je jouais à la balle, je jouais au hockey et je courais. Je faisais du ski. Je faisais plein, plein, plein de choses et j’ai continué pendant plusieurs années après. C’est tellement important. C’est bon pour la tête. Ce n’est pas juste bon pour le cœur. Ce n’est pas juste bon pour les poumons. C’est bon pour la tête d’aérer. Ça te fait penser à autre chose aussi quand tu fais de l’activité physique. Tu n’es pas en train de penser à l’école : « Ah, j’ai de la misère à l’école, j’ai de la misère au travail. » Tu es dans ton activité physique au complet et tu as besoin d’être attentif. S’il y a un ballon de basket qui s’en vient vers ta face et que tu es en train de penser à ton travail, ta face va avoir un bon travail d’esthétique. C’est important, c’est tellement important l’activité physique. C’est essentiel. C’est essentiel dans la vie, autant que le bonheur, autant que l’amour, autant que la culture. L’activité physique, c’est primordial.

21- Quels sont les impacts positifs de la légalisation du cannabis et en contrepartie, les effets négatifs de la légalisation de cette substance ?

Daphnée, je suis désolé, mais je ne suis pas un spécialiste de ça. Je n’en ai jamais pris. Je n’ai jamais vu l’intérêt de prendre ça. C’est déjà assez « fucké » dans ma tête, s’il fallait en plus que je consomme du pot, ça serait un peu troublant merci. Je ne suis pas pour ça. J’ai beaucoup de difficulté à voir des côtés positifs à ça. Les côtés négatifs, j’ai côtoyé des personnes qui ont eu des sérieux problèmes avec ça. Des gens qui sont devenus schizophrènes après avoir commencé à consommer. Il y en a d’autres qui n’ont jamais eu de problèmes. Disons que je n’ai pas d’affinités avec le sujet. Oui c’est légal. Je comprends qu’on ne met pas quelqu’un en prison parce qu’il fume du pot. Ça n’aurait aucun sens d’ailleurs. Mais, je ne le recommande pas et si des gens viennent chez nous et qu’ils veulent s’adonner à ça, ils vont le faire dehors. C’est la même chose pour la cigarette. Il n’y a personne qui va fumer du pot chez nous parce que je ne veux pas. Je suis très sévère là-dessus. Mes enfants, je ne sais pas s’ils en ont pris. Ça, c’est leur vie. Ça leur appartient. C’est ça, ça leur appartient. Ils savent ce que je pense. Puis je ne fermerai pas les yeux. Je sais que c’est rendu commun, mais, moi, ça ne m’attire pas, vraiment pas. Comme je disais, c’est tellement le chaos dans ma tête parfois, si en plus je tombe là-dedans… De la même façon que les brosses à l’alcool, jamais, jamais. Je n’ai aucun intérêt pour ça. Je prends un verre de vin à tous les jours. Ça l’air que c’est bon pour les artères, mais ça n’ira jamais au-delà de ça. J’aime avoir le contrôle. J’aime être en contrôle de ce qui se passe dans ma tête. Est-ce que ça vous aide un peu ce que je dis ?

Oui.

22- On serait rendu à la capsule de trente secondes avec la question que vous avez choisie au début. Selon-vous, quelles précautions doit-on prendre avec les réseaux sociaux ?

Alors les précautions qu’on doit prendre avec les réseaux sociaux, ça vaut pour les jeunes, ça vaut pour les adultes. Ça vaut pour tout le monde. Méfiance, méfiance et puis il ne faut pas tout aller voir. Moi, je suis auteur jeunesse. J’ai 5 000 amis. Je vois passer des choses à mon égard que, moi, ça ne m’achale plus. Ça ne m’achale pas du tout. Mais quand on est plus jeune, quand on est en train de se forger une personnalité, ça peut être très déstabilisant. Ça peut être dérangeant. Ça peut être troublant. Ça peut être déchirant. Ça peut faire mal. Vous n’êtes pas obligés d’aller voir ça. C’est facile à dire pour un sexagénaire. N’allez pas voir ça. Vous avez grandi avec les réseaux sociaux. Votre vie est beaucoup là-dedans aussi, les contacts avec les gens. Mais seigneur, il faut être méfiant. Il faut être méfiant. Tu ne sais jamais si la personne qui te parle, c’est vraiment la personne que tu connais ou si ce n’est pas quelqu’un qui a volé son identité. Je reçois parfois des demandes d’amitié d’amis que je pense que ce sont des amis, mais que ce ne sont pas du tout des amis. C’est quelqu’un qui est en Côte d’Ivoire qui a pris l’identité d’un de mes amis. « Là, ça ne va pas bien, j’ai besoin d’argent. Peux-tu m’aider ? » Bien oui, certainement. Les pédophiles, tous ces sympathiques gens-là qui sont une plaie pour les réseaux sociaux. Les intimidateurs, les trolls qui ne veulent que faire mal pour leur plaisir. Oui, il faut être prudent là-dessus. Évidemment, on se garde une petite part d’intimité. On ne veut pas que tout le monde saute dans nos affaires. On aime ça avoir notre petit jardin secret, aussi, je peux présumer. Quand on a 14-15-16 ans, on ne veut peut-être pas nécessairement que nos parents mettent le nez là-dedans. Mais s’il y a un souci, peu importe le souci, il ne faut pas hésiter à le dire et à partager. Quand vous êtes victimes d’intimidation, quand vous êtes victimes de harcèlement sexuel, quand on vous fait chanter, de ne pas hésiter. On a une amie dans notre famille que son fils de 14 ou de 15 ans s’est retrouvé sur des sites pas très recommandables et il a posé des actes qui ont été filmés. Ces gens-là l’ont rançonné. Il travaillait dans une épicerie les fins de semaine. Puis il a été obligé de payer 13 000 $. Il a vidé son compte. Il a vidé son compte pour ne pas être dénoncé sur le web. S’il en avait parlé à ses parents, c’est sûr qu’ils n’auraient peut-être pas été contents, mais au moins, ils auraient pu stopper rapidement. Ou un adulte de confiance aussi, la « gang » de 12-18, vous en avez plein d’adultes de confiance, à qui vous pouvez vous confier aussi. Ne pas hésiter à en parler. Il ne faut pas être gêné d’en parler. Il y a des précautions à prendre. Il y a tellement de précautions à prendre sur le web. Je fais toujours, toujours attention. Quand je lis quelque chose qui a l’air trop beau pour être vrai, je le sais que ce n’est pas vrai. Je suis très, très méfiant. C’est de ça que je me suis rendu compte. C’est qu’au fil des ans, je suis devenu très, très méfiant envers les réseaux sociaux. Quand quelqu’un m’écrit, je m’assure toujours que c’est une vraie personne, que c’est quelqu’un que je connais. Quand quelqu’un m’envoie un message, je veux m’assurer que ce n’est pas quelqu’un qui a volé l’identité d’un autre et qui essaie d’avoir accès à mes données. Donc méfiance, oui. De ne pas accepter n’importe qui comme ami Facebook, d’aller voir… Si cette personne-là a deux amis et c’est une super de belle « pitoune », je vais me poser des questions. Si c’est un célibataire veuf en France qui a l’air d’avoir beaucoup d’argent, je ne suis pas sûr. Je ne suis pas sûr. On voit les pédophiles, ils n’ont aucune gêne. Ils s’en vont sur des forums, des 8 à 12 ans. Ils se font passer pour des enfants et après, ils demandent toutes sortes de trucs infâmes. Donc c’est ça, méfiance. Plaisir oui, mais méfiance également. Oui c’est ça, méfiance. Ah oui, méfiance. Ça ne donne rien de s’obstiner avec le monde, sérieusement. Les gens qui ne croient pas à la Covid-19, tu auras beau leur dire n’importe quoi, ils n’y croient pas. Ne perds pas de temps à t’obstiner avec eux. Moi, je les bloque. Je n’ai pas de temps à perdre avec ça. Les gens qui pensent que la Terre est plate, il y a des millions d’Américains qui pensent que la Terre est plate. Qu’est-ce que tu veux leur dire ? Comment peux-tu leur expliquer ça ? La Terre n’est pas plate. La Terre est ronde comme partout dans l’univers. Eux-autres, non, la Terre est plate. À partir de là, choisis tes combats. Puis si quelqu’un veut s’obstiner avec toi, c’est « bye, bye ! » Je donne des leçons et, si j’avais 16 ans, je ne suis pas sûr que ce soit le genre de leçons que j’aimerais entendre. Mais moi, je suis comme un papa et un grand-papa.

On vous remercie d’avoir pris le temps, M. Bergeron, d’avoir répondu à nos questions et d’avoir donné vos opinions. C’est beaucoup apprécié !

Merci Mathis, merci Daphnée, ça a été très, très agréable à faire. J’espère que mes niaiseries ne vous auront pas trop perturbés.

Vous saluerez la belle « gang » de 12-18 pour moi ! Et merci beaucoup d’avoir pensé à moi. C’est bien fin. Vous savez que vous êtes, en passant, la seule entrevue que j’ai fait ce printemps. Je ne pouvais pas faire les autres parce que j’avais trop de travail. Donc, vous êtes les seuls que j’ai faits.

Merci !

Merci à vous et bonne soirée.


Entrevue avec Guy Morin, président de Giguère et Morin.

Entrevue avec Guy Morin, président de Giguère et Morin, réalisée par Mya Larivière-Blanchette, Makayla Nantel et Ève Francoeur
du Comité 12-18 de St-Félix-de-Kingsey.

Décrivez-nous votre entreprise ?

Nous sommes un manufacturier de composantes de bois francs. Nous achetons différents bois francs de série que l’on transforme pour faire différentes composantes pour l’industrie du meuble et d’armoires de cuisine. C’est une entreprise qui existe depuis plus de 50 ans. Nos manufacturiers sont principalement situés au Québec et nous en avons également aux États-Unis.

Quels types de métiers pouvons-nous retrouver dans votre entreprise ?

Nous embauchons des journaliers qui ne sont pas spécialisés, que nous formons principalement à l’interne. Nous préférons engager les gens pour leur savoir-être et non seulement pour leur savoir-faire. Nous avons aussi d’autres métiers comme surtout des ingénieurs que nous allons embaucher; des ingénieurs industriels, des techniciens en génie industrielle, qui représente un petit volet entre les deux. Nous privilégions souvent les techniciens. Nous embauchons également des gens sortis de l’école du meuble à Victoriaville pour des métiers un peu plus spécialisés.

Quels sont les valeurs de votre entreprise ?

Les valeurs principales, je dirais le respect, la rigueur et la réussite. Le respect : respecter nos employés, nos clients, nos délais et nos engagements. La rigueur : faire en sorte que tout se fasse bien, de la bonne manière et que tout le monde soit rigoureux et assidu. La réussite : de s’assurer d’avoir de bons clients et que nos employés se développent. Quand nous sommes avec des gagnants, on gagne !

Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés quand vous les embaucher ?

On parle principalement du savoir-être. Nous voulons du monde respectueux, assidu, possédant le sens de l’équipe et collaboratif. Tu peux être amené à travailler en équipe. Ce qui est important, c’est la capacité d’apprendre. Si la personne n’a pas de métier, il doit par contre vouloir l’apprendre.

Est-ce qu’il y a des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes plus fier ?

La plus grande fierté que nous avons, c’est premièrement de durer dans le temps, d’avoir évolué durant toutes ces années et de rester dans le coup. Nous avons une usine à la fine pointe de la technologie. Au Québec, il y a peu de gens qui sont organisés comme nous. Notre comparatif, ce n’est pas au Québec. On se comparent avec des américains.

Selon vous, quels sont les avantages de travailler en région ?

Je vous dirais la proximité. Quand nos employés ont à se déplacer, ils ont 15 à 20 minutes à parcourir seulement. Tu peux faire tes activités plus rapidement. Le sentiment d’appartenance est plus familier. Nous connaissons vos parents et même vos grands-parents.

Comment se passe une journée de travail pour vous ?

Dans un horaire d’une journée type, nous faisons quand même beaucoup de choses. Le matin, je fais mon « clean-up ». Nous recevons des courriels, nous préparons notre journée selon ce qu’on a reçu la veille. Ma liste de courriels est un peu ma liste de choses à faire. Des fois, j’analyse les indicateurs, comment ça été la veille. J’aime faire des tournées de plancher, voir comment ça se passe, sentir si c’est en cohésion, en équilibre. Nous avons des rencontres de comités avec des petits groupes d’employés. Nous faisons des réunions. Quand j’ai du temps pour réfléchir, j’aime penser à des outils pour nous améliorer. Mon rôle est aussi de m’assurer que nous respectons les règles.

Quelle partie de votre travail aimez-vous le plus ?

Je vous dirais que c’est ce que je fais le moins présentement, soit de rencontrer du monde. J’aime faire des rencontres à l’extérieur, dans des associations, dans des expositions. Nous avons beaucoup moins à nous déplacer ces temps-ci. Faire des rencontres, c’est ce que j’aimais le plus.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise ?

On veut être un leader, la meilleure entreprise dans notre domaine et pas juste au Québec, mais en Amérique du nord. Nous voulons rester parmi les usines les plus performantes dans ce qu’on fait. Chaque fois que nous faisons des investissements, c’est pour nous retrouver en avant de la parade. C’est mieux de faire de la poussière que de manger de la poussière. À l’origine, l’entreprise faisait des petits pupitres scolaires où vous leviez la tablette avec les petites chaises en bois. C’était la vocation de l’usine à l’époque. Ça toujours été une usine qui a transformé le bois. Elle a toujours démontré la capacité de s’adapter en fonction du marché.

Pour quelles raisons devrions-nous travailler pour votre entreprise ?

Premièrement, ça fait plus de 50 ans qu’on fonctionne. Je pense que nous sommes une entreprise présente et stable. Nous avons un environnement de travail propre et sécuritaire. Il n’y a pas de nuage de poussière dans l’usine. Nous avons toujours été respectueux envers nos employés et, en retour, nos employés nous sont fidèles. La majorité de nos employés travaillent avec nous depuis plus de 20 ans.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

J’ai déjà été président d’une association et mon thème disait : « Collaborer pour mieux progresser ». Ce qui m’inspire, c’est le travail d’une équipe. Je me suis toujours dit que tout seul tu vas plus vite, mais qu’ensemble tu vas aller plus loin. C’est la cohésion du groupe qui permet de faire des choses.

Pour vous la persévérance scolaire c’est quoi ?

J’ai toujours eu ce principe que, quand on commence quelque chose, il faut toujours le compléter. Ça commence avant l’école. Vous vous impliquez dans quelque chose, vous devez aller au bout de votre aventure. Tu embarques dans un club de soccer et vous commencez l’année avec 15 joueurs. Si les joueurs commencent à abandonner un après l’autre et que vous êtes maintenant rendus 10 joueurs, ils ont tous mis en péril ce que les 10 autres avaient commencé. Je trouve que c’est un gros manque de respect. Quand tu embarques dans un groupe qui est intéressé, au secondaire, c’est plus facile de continuer. Un secondaire 5, ça prend ça. C’est le premier jalon de ta vie et ensuite, c’est beaucoup plus facile de s’orienter. Il ne faut pas que ça devienne une obsession et que ça te rende malade. Il ne faut pas arrêter au premier obstacle.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Je dirais : impliquez-vous les jeunes ! Les leaders, on les reconnaît à votre âge. Quand j’étais au CEGEP, il y avait les jeunes entrepreneurs qui devaient démarrer une entreprise. Il fallait s’incorporer et tout ça. J’étais président de l’entreprise. Ça ne s’apprend pas, mais quand tu t’impliques, tu vois ce que tu es capable de faire. Parfois tu ne le vois pas, mais c’est le groupe qui va te dire qu’il te voit là. Ça va vous pousser en avant. Ça va faire en sorte que vous ne serez pas seuls. La pire chose pour un jeune es de se retrouver tout seul. Quelqu’un qui est isolé et qui n’a pas de groupe de référence, c’est plus difficile pour lui. Ton groupe représente ta meilleure protection quand tu es jeune. Impliquez-vous, vous êtes les leaders de demain. Un leader ce n’est pas une question d’études mais d’état.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Chapeau les jeunes ! Premièrement, si nous voulons que des jeunes prennent notre place, il faut qu’ils s’impliquent. Autre chose, la présence des organisations fait en sorte que si les jeunes s’impliquent, ce seront les leaders de demain qui se formeront. Ce que j’aime de Partenaires 12-18, c’est que vous apprenez le fonctionnement d’un organisme. Vous avez déjà déterminé des leaders dans le groupe. C’est la base de n’importe quoi.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Moi je dirais, un esprit sain dans un corps sain. Je pense que c’est un élément ultra important. Je suis allé voir le médecin, il m’a dit que j’avais le foie gras. Le docteur m’a dit que je devais manger moins, boire un peu moins de vin et faire de l’activité physique. J’aime prendre un bon repas avec une petite coupe de vin. J’ai décidé de m’acheter une paire de « running shoes » et j’ai commencé à courir… L’activité physique est un exutoire. La pire chose est de devenir sédentaire. Quand tu fais une activité, tu as le cerveau qui décroche de ton travail et tu brûles des calories. Je suis un ardent défenseur de l’activité physique.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse ?

Je me disais toujours, si vous faites de l’activité physique, vous allez arrêter de fumer ! C’est sûr que ça peut paraître séduisant. On veut avoir une référence, on veut devenir adulte plus vite, mais c’est éphémère. Moi quand j’étais jeune, ça fumait beaucoup plus qu’aujourd’hui. Le vapotage est peut-être plus présent. Je pense que c’est un exutoire qui n’est pas correct. Soyez dans des groupes qui font des activités. Le groupe enlève probablement le goût de fumer. Je pense que le monde qui s’isole démontre plus d’intérêt à fumer ou vapoter. Le fait d’être impliqué dans le 12-18 est sans doute votre meilleur remède pour ne pas que vous soyez tentés.