Photo de Meghan Oak

Entrevue avec Meghan Oak, chanteuse

Cette entrevue a été réalisée par Alyson Doucet et Annabelle Comtois du Comité 12-18 de Lyster.

Quel évènement a confirmé ton envie de devenir chanteuse?

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours voulu devenir chanteuse, mais j’étais vraiment gênée quand j’étais plus jeune. Quand j’avais 12 ans, j’ai écouté un documentaire avec Miley Cyrus et je voyais qu’elle n’était vraiment pas gênée. À ce moment-là je suis allée voir ma mère et je lui ai dit « Là maman, c’est assez. Je ne vais plus jamais être gênée de ma vie et je vais devenir chanteuse ». Elle m’a dit « Ah, c’est beau de croire en tes rêves ». La petite fille en moi s’est dit « Ah ouin, tu ne crois pas tant que ça en moi? Bien parfait, je vais te prouver que moi je peux être une chanteuse ». Je ne sais pas si je me considère encore chanteuse par contre, mais on travaille là-dessus. Bref, toute jeune je me suis dit que si Miley Cyrus pouvait le faire, pourquoi je ne pourrais pas le faire?

As-tu déjà douté de toi et tout remis en question?

Oui, à 100%! Même aujourd’hui, je me remets vraiment beaucoup en question parce qu’il y a beaucoup de pression sur les réseaux sociaux et à l’école. Des fois, je me demande si je fais la bonne affaire. Tu sais, moi je n’ai personne, je n’ai pas d’agent, pas de personne renommée qui peut m’aider. Donc, c’est moi qui décide de tout par moi-même. C’est sûr qu’à tous les jours je me remets en question, mais à tous les jours je me rappelle que n’importe qui qui a de la volonté peut faire ce qu’il veut.

À quel âge le chant est-il entré dans ta vie?

J’ai commencé à prendre des cours de chant quand j’avais 8 ans, mais j’ai toujours chanté. Ma mère a toujours dit que j’avais appris à fredonner avant de parler. Mais vraiment chanter dans des cours, j’ai commencé à 8 ans.

Est-ce que le chant est un talent naturel pour toi ou est-ce que c’est plutôt grâce aux cours de chant que tu chantes si bien aujourd’hui?

Bien j’ai quand même pris 10 ans de cours de chant, de 8 ans à 18 ans en fait. C’est sûr que ça, ça aide. Je pense que le chant c’est quand même un petit peu en toi. Par exemple, de connaître la justesse des notes et d’avoir l’oreille, c’est inné, mais je crois quand même que ça se travaille.

Est-ce que ta famille te soutient et est fière de toi?

Bien sûr que oui ma famille est fière de moi! Mes grands-parents et ma tante m’envoient tout le temps plein de messages pour dire « Bravo Meghan! T’as bien fait ça ». C’est sûr qu’ils sont très fiers de moi et qu’ils m’encouragent beaucoup. Maintenant que ma chanson a quand même bien fonctionné, ils me poussent encore plus à continuer. Je suis très choyée d’être bien entourée comme ça.

Quelles sont tes passions?

C’est sûr que j’aime beaucoup la musique. Sinon, je suis une grande passionnée de voyage. Je pense que c’est vraiment plaisant voyager. Je pense que tout le monde devrait aller découvrir différentes cultures dans différents pays. Ça nous permet de grandir. Ça c’est vraiment mes deux passions principales. Sinon, je dois avouer que je suis une grande passionnée de yoga. Le yoga, la méditation, les huiles essentielles, ça me donne un petit côté spirituel.

D’où vient ton inspiration?

Souvent je trouve qu’en musique c’est plus facile d’aller chercher son inspiration dans des moments de tristesse ou des moments plus difficiles. Par exemple, j’ai été capable d’écrire la plupart de mes chansons parce que je m’étais séparée de mon copain, donc j’étais en peine d’amour. J’ai mis toute ma peine sur papier et j’ai composé ma musique comme ça. Sinon, je compose beaucoup mes chansons sur le moment. Tu sais, moi j’ai de la misère à dormir la nuit. Je fais beaucoup d’insomnie, donc, souvent, la nuit, les chansons me viennent en tête et c’est le lendemain matin que j’écoute sur mon cellulaire ce que j’ai composé. Après, il suffit de l’écrire.

Quels sont tes plus grands rêves?

Mon rêve #1, ça serait d’être heureuse. Ensuite, je rêve vraiment beaucoup d’avoir une famille, donc d’avoir des enfants. Par contre, si un jour je suis capable de vivre de ma passion, c’est-à-dire que de faire de la musique et des communications me permet d’avoir une maison, de nourrir mes enfants, j’aurai vraiment accompli un rêve. Mais j’aimerais aussi être capable de voyager à travers mon métier. Donc, si je suis capable de faire un métier un jour qui me permet d’aller prendre des vacances au Costa-Rica, ça ne serait pas mal apprécié.

Quel est ton sport préféré?

En ce moment, mon sport préféré c’est vraiment le yoga, même si je trouve que c’est plus une pratique qu’un sport. Tu sais, c’est rare que je vais sortir d’un cours et que je vais être ne sueur. Sinon, dans les sports qu’on connaît plus, il y a le « paddle board », le surf et peut-être le volleyball, mais le yoga c’est vraiment mon coup de cœur.

Est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’être tellement stressée que tu étais incapable de chanter?

D’être stressée au point de ne plus être capable de chanter? Non, mais ça m’est déjà arrivé un peu de figer, d’arrêter et de recommencer à chanter après. Donc, au moins, j’ai fini ma chanson. Par contre, une fois quand j’avais 12 ans, j’avais un spectacle à faire et je n’avais pas réalisé qu’il allait y avoir plein de monde dans la salle. Quand j’ai vu qu’il y avait plein de gens, j’ai figé, je suis allée voir ma mère, qui m’a dit « Là Meghan, tu n’as pas le choix de chanter. Il y a plein de monde qui attend pour que tu chantes ». Alors là, je me suis dit « Ok. Let’s go, on y va ». Pendant un instant, j’ai vraiment eu peur, mais avec la petite poussée de plus que ma mère m’a donnée, j’ai été capable de terminer le spectacle.

Où te vois-tu plus tard?

Plus tard, je me vois dans une grande maison de banlieue ou dans un pays chaud pour profiter des joies de l’été. Je me vois en train de faire de la musique dans mon studio à la maison. Je me vois avoir des animaux. Je me vois faire du yoga et profiter des petits plaisirs de la vie. Je me vois vivre dans le moment présent, être heureuse, être entourée de bonnes personnes et peut-être sortir d’autre musique. Peut-être, si j’étudie en communication, être dans des shows, être dans des émissions de télévision, qui sais? On peut rêver!

Quel message veux-tu lancer aux jeunes de notre région?

Le message que je voudrais lancer, c’est nul autre que de croire en ses rêves, que tout est possible, que ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on ne peut rien faire. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas populaire qu’on ne peut rien faire, c’est pas parce qu’on est un gars ou une fille qu’on ne peut pas faire quelque chose en particulier. Tout est possible et tout ce qu’il faut dans la vie pour réaliser ses rêves, c’est croire en soi. Il faut y croire si fort que tout le monde autour de soi est obligé d’y croire aussi.

Pour toi, c’est quoi la persévérance scolaire?

La persévérance scolaire, c’est de ne pas se laisser abattre, parce que des fois c’est difficile l’école, des fois il y a des projets que ça ne nous tente pas de faire, mais il faut quand même les faire. Donc, la persévérance scolaire, c’est d’atteindre son objectif sans se laisser abattre par les côtés plus difficiles et moins agréables de l’école. D’un autre côté, la persévérance scolaire c’est aussi d’accepter ses passions et d’aller à 100% dans ce domaine-là. Donc, la persévérance scolaire, c’est de persévérer dans un champ d’études qui te fait tripper. Et si tu as de super bonnes notes et que tout le monde te dit de devenir médecin, mais que ce que tu aimes dans la vie, c’est le design intérieur, tu peux aller faire du design intérieur. Pour moi, la persévérance scolaire c’est aussi d’écouter ton cœur et de faire ce que tu veux plus tard.

Que penses-tu des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?

Je pense que c’est vraiment bien. Je pense que s’impliquer bénévolement ça peut juste t’apporter des connaissances et être positif pour toi, mais aussi pour les personnes autour de toi. Je pense que tout le monde devrait donner de son temps, que ce soit pour des œuvres de charité ou toutes autres choses. J’encourage tout le monde à le faire.

Que penses-tu de la relation des jeunes avec la cigarette et la vapoteuse?

Personnellement, j’ai 22 ans et je n’ai jamais touché à une cigarette de ma vie. Je trouve que ça ne sent pas bon, mais je respecte les gens qui le font. Si tu le fais, c’est ton choix, mais tes pauvres poumons vont souffrir. Il faut prendre soin de son corps et de ses poumons parce qu’ils sont avec nous pour le reste de notre vie. Ce n’est pas quelque chose que j’encourage. Je n’encourage pas non plus la vapoteuse. Je suis certaine que ce n’est vraiment pas bon ça non plus.


Photo de Félix Auger-Aliassime

Entrevue avec Félix Auger-Aliassime, joueur de tennis

Cette entrevue a été réalisée par Marélya Grenier, Alyson Doucet et Éloyse Marcotte des Comités 12-18 de Ste-Élizabeth-de-Warwick, Lyster et L’Avenir.

As-tu déjà été inscrit dans un programme « sport-études »?

Oui, 2 ans. En fait, moi, j’ai fait toute mon école primaire dans une école publique normale à l’Ancienne-Lorette, près de Québec. Puis après, en secondaire 1, j’ai fait le « sport-études » à l’école Cardinal-Roy, pas loin du centre-ville de Québec. Après ça, j’ai déménagé à Montréal. J’ai fait mon secondaire 2 à l’école Antoine-de-St-Exupéry à Saint-Léonard. J’ai donc fait deux ans de mon secondaire dans deux programmes de « sport-études » différents.

À quel âge as-tu su que tu allais devenir un des meilleurs joueurs?

Tant que tu n’y arrives pas, tu n’es pas sûr. Il n’y a rien qui est garanti, il n’y a rien qui est certain. J’ai toujours voulu, j’ai toujours cru en mon rêve, en mon potentiel, en mes moyens, mais vraiment la certitude est arrivée quand j’y suis arrivé. Quand j’ai gagné mon premier tournoi professionnel, je me suis dit que j’avais vraiment des chances d’être parmi les meilleurs joueurs du monde.

Quand tu avais mon âge, soit 15 ans, étais-tu plus le genre de personne qui était découragée ou la personne qui était en colère lors d’une défaite?

Plutôt en colère, surtout envers moi-même je dirais. En fait, lors de tous mes entraînements, tous mes matchs, c’est rare que j’avais des frustrations envers quelque chose d’extérieur, comme un entraineur ou le public. C’était toujours envers moi. J’étais assez difficile avec moi-même, mais jamais j’avais envie de me décourager, de baisser les bras par rapport à la difficulté.

Quel coup t’a donné le plus de difficulté?

Je dirais mon service. Le service, c’est quand même un coup compliqué. C’est quand même un coup qui demande beaucoup de choses, beaucoup de coordination. Donc, même moi, mon service m’a joué des tours à certains moments de ma saison, à certains moments de ma carrière. Des fois, je connais de très bonnes périodes où je suis un des meilleurs serveurs sur le circuit, et des fois, c’est plus difficile. Ça me donne parfois du fil à retordre.

Quel coup préfères-tu faire?

Mon coup droit. Ça a toujours été un coup naturel pour moi. En fait, quand j’étais enfant, je voulais juste jouer en coup droit, tellement que mon père faisait des entrainements où il fallait juste que je joue en revers pour m’améliorer. C’étaient les pires journées parce que j’avais l’impression que j’étais pourri.

Pendant un match, quand tu te parles mentalement, le fais-tu en anglais ou en français?

En français, tout le temps. En fait, mes entraineurs sont francophones aussi, donc tous mes entrainements se font juste en français. Mes mots clés, mes repères sont en français. Et puis, ça reste que le français, c’est ma première langue aussi. En fait, je me parle toujours en français dans ma tête.

D’où vient cette passion pour le piano?

Elle vient du côté de ma mère. Mon père, c’était plus le côté sportif. Ma mère, c’était plus le côté artistique. Elle m’a introduit au piano quand j’avais sept ans. J’ai pris des cours une fois ou deux par semaine pendant deux ans, Donc j’ai appris à lire la musique et à jouer du piano. Après ça, j’ai continué à en jouer comme passe-temps. Ça vient strictement du côté de ma mère.

Quel joueur t’inspire le plus?

Beaucoup de joueurs m’ont inspiré. J’aurais du mal à en nommer un. Nadal, Federer, tous les grands joueurs de ce monde m’ont inspiré quand j’étais plus jeune et même aujourd’hui encore. Le joueur français Tsonga, qui est métissé tout comme moi, me donnait un bel exemple de quelqu’un qui me ressemblait physiquement. Donc c’était bien de voir ça aussi quand j’étais enfant. J’ai eu plusieurs inspirations dans le tennis.

Quelle est ta plus grande peur reliée au tennis?

Ça serait d’avoir des regrets à la fin de ma carrière. Ça serait, quand j’accrocherai ma raquette, de me dire que je n’ai pas fait tout ce que j’aurais pu faire, que j’ai un peu abandonné ou que je me suis découragé trop vite. Je voudrais avoir le sentiment qu’à la fin de ma carrière, peu importe ce que j’ai fait, peu importe quels tournois j’ai gagné, j’ai maximisé ce que j’avais. Donc ça serait ma peur d’avoir des regrets à la fin de ma carrière.

Comment te prépares-tu physiquement et mentalement avant un match?

C’est sûr que je joue beaucoup sur mes qualités physiques. Donc j’aime bien sentir que je suis prêt physiquement quand j’arrive au match en terme de déplacement et de cardio. C’est sûr qu’il y a de la préparation qui se fait des mois avant le tournoi, mais, juste avant le match, je m’assure d’être bien échauffé. Même que des fois ça va durer trente minutes à une heure avant les matchs. Je vais commencer à m’activer physiquement pour que je sente que, dès que j’arrive sur le terrain, je suis actif, je rebondis et je suis explosif. Mentalement, j’essaie de penser à des choses plutôt positives. J’essaie de mettre de côté tout ce qui est à travailler, tout ce qui est moins bon, tout ce que je n’aime pas de mon jeu ou quoi que ce soit. J’essaie de penser vraiment à ce que je fais bien parce que c’est ça qui va me faire gagner. Des pensées positives et une longue activité, ce sont deux clés.

Quel genre de musique écoutes-tu avant un match?

Je n’écoute pas trop de musique avant un match parce que ça me reste un peu dans la tête. Je préfère être plus dans le calme. Je parle avec mes entraineurs. Quand on arrive trente minutes avant le match, on parle un peu du plan de match. Je n’ai pas trop l’habitude d’écouter de la musique avant un match, même si j’écoute toutes sortes de musique dans la vie de tous les jours.

Quels comportements de tes fans te dérangent le plus?

C’est sûr que, quand il y a un bruit agaçant ou désagréable juste avant de servir, quand c’est vraiment un moment de concentration, c’est dérangeant. Après, une fois que le point est parti, des fois il peut y avoir un bruit que je n’entends pas. Quelqu’un peut s’exclamer dans le public et je ne vais pas trop l’entendre parce que je suis un peu coupé de tout une fois que le point est commencé. Quand tu as vraiment le 5 secondes juste avant de servir où c’est le silence complet, ça j’aime ça. Donc, si quelqu’un fait du bruit en plein service, ça va me déranger, mais je n’ai pas de mauvais souvenir au de mauvaise expérience avec le public en général.

Quels sont les conseils que tu donnerais aux jeunes qui veulent réussir?

Je dirais d’apprendre à se connaitre, d’apprendre ses forces, ses faiblesses, ce qu’il aime. Parce que c’est toujours plus facile selon moi de réussir dans quelque chose qu’on aime vraiment, qui nous passionne, peu importe ce que c’est. Je pense que c’est plus facile de se lever chaque jour et de travailler là-dessus si tu aimes ça. Après, une fois que tu as choisi et que tu es bien, c’est de la persévérance, du travail, de la discipline. Tout le monde va avoir des moments difficiles, des échecs, des défaites, mais si tu persévères et que tu es résilient, ça va te sourire un jour.

Si tu avais à choisir un stade où tu devrais jouer tous tes prochains tournois, lequel prendrais-tu et pour quelles raisons?

S’il y a un public, je dirais Montréal. C’est la seule fois de l’année où j’ai vraiment tout le public avec moi. Je dirais Montréal avec un public. Avec les circonstances, sans public, ça serait un peu différent, mais ça serait vraiment un rêve pour moi de jouer plusieurs tournois durant l’année à Montréal.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est… ?

C’est d’aller au bout de soi-même, peu importe d’où on est parti, peu importe nos difficultés, peu importe nos points forts et nos points faibles. C’est vraiment de maximiser ce qu’on a. Quand tu finis ton parcours scolaire, tu dois te dire “Je ne peux pas me comparer à tout le monde parce que tout le monde a eu son chemin. Moi, je suis content du chemin que j’ai parcouru parce que je suis allé au bout de moi-même.” C’est ça pour moi la persévérance scolaire.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Croyez en vos rêves. Moi j’ai grandi à Québec. C’est sûr qu’on connaît tous un peu Montréal: il y a beaucoup de monde, beaucoup d’opportunités, etc. À Québec, des fois le discours c’était “Ouais, mais ça n’arrive pas aux gens de la région”. Même là encore, Québec c’est pas vraiment une région, mais je dirais que tout le monde peut y arriver. La réussite, ce n’est pas seulement pour les gens des villes, c’est pour les gens de toute la province, de tout le pays. Donc, croyez en vos rêves et abandonnez pas.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Je trouve que c’est une très belle chose. Je pense que tout le monde peut le faire un peu à sa façon, à son propre degré. J’ai un peu cette philosophie de dire que, si tu redonnes à quelqu’un, que ce soit un ami, un collègue ou quelqu’un dans ta famille, tu l’aides un peu dans sa vie. Un jour cette personne-là va redonner à quelqu’un d’autre. Donc, c’est un beau cycle de redonner aux gens de sa communauté, d’élever un peu le niveau de tout le monde pour que tout le monde soit de mieux en mieux autour de soi. En plus c’est une belle énergie, donc je suis très content à chaque fois que je vois des gens qui aident bénévolement.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Moi, c’est ma profession. Mon corps, c’est un peu mon outil de travail. Si je me blesse un poignet, je suis dans le trouble, donc il faut que je fasse attention. Par contre, je pense qu’on sous-estime l’activité physique pour tous. Il faut penser à long terme pour se sauver une opération ou un problème de santé plus tard. L’activité physique, ça doit faire partie de notre quotidien, chacun à son rythme, chacun à sa façon. Je pense qu’on a tous les moyens de faire une petite activité physique et que c’est une belle habitude de vie. Il y a beaucoup de bonnes choses qui sont mises en place dans les écoles de la province pour ça et les jeunes ne doivent pas lâcher. C’est très sain pour leur corps et pour leur vie.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette/la vapoteuse ?

Je n’ai jamais été un grand fan de ça… je pense que vous l’avez peut-être deviné. On connaît les dangers, on sait ce que ça fait. C’est sûr que des fois, ça peut donner envie parce que c’est un peu un style et parce que d’autres le font. Je pense qu’au final, c’est peut-être ceux qui ne le font pas qui sont les gagnants parce qu’ils protègent leur santé future, leurs poumons, leurs organes. Donc, je pense que les vrais gagnants sont ceux qui ne se laissent pas influencer par les autres.


Photo d'André Lamontagne et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation

Cette entrevue a été réalisée par Rosalie Bousquet et Zachary Lahaie des Comités 12-18 de L’Avenir et Ste-Clotilde-de-Horton.

Comment étiez-vous à l’adolescence ?  

Comment étais-je à l’adolescence ? Je viens d’une famille de cinq enfants. J’avais 3 frères et une sœur. J’étais l’avant-dernier. Je te dirais que j’étais un petit bonhomme curieux, qui aimait jouer dans divers sports. À l’école, ça allait bien. Je n’étais pas de trouble, même si un petit garçon énergique, énergétique.

J’étais impliqué dans les sports à l’école. Après cela, nous à l’époque, je ne sais pas si cela existe encore à l’école, il y avait les brigadiers.  Par la suite, je me suis présenté, on appelait cela les échevins à l’école. Par la suite, dans les activités sportives.

Dans quel milieu familial avez-vous grandi ?

Bien écoute, j’ai grandi dans une famille où mon père était quelqu’un en affaires. Nous étions cinq dans la famille. Une famille qui était à l’aise financièrement, de sorte que, sans avoir beaucoup de choses, je n’ai jamais manqué de rien. Puis dans notre famille, mon père avait sept frères et sœurs. Il y en avait plusieurs qui avaient des enfants et on restait tous à St-Félicien au Lac-Saint-Jean. Je viens du Lac-Saint-Jean. Juste notre communauté familiale, les cousins, les cousines ont se voyaient souvent, on avait beaucoup d’activités ensemble. Aujourd’hui, on voit cela comme une petite ville, mais à l’époque pour nous, c’était une grande ville. Quand il y avait des activités organisées, on aimait cela aller dans les différentes activités. Il y a aussi à St-Félicien, un jardin zoologique extraordinaire qui vaut la peine d’être visité.  Il y avait Jean un cousin qui travaillait là, alors on aimait aller le visiter. Il y avait une belle vie communautaire autour de la famille, ensuite les amis.

Quel est votre parcours scolaire ?

Mon parcours scolaire, comme j’ai dit, je suis né au Lac-Saint-Jean. Alors j’ai fait ma maternelle, première et deux, trois à St-Félicien. Par la suite, on a déménagé à Québec. J’ai fait mon primaire dans un pensionnat et ça, dans un pensionnat, cela m’avait brassé un petit peu. J’étais habitué avec la famille, les amis, et quand nous sommes arrivés à Québec, j’ai commencé à être pensionnaire. Cela signifie que le dimanche soir, mes parents m’emmenaient à l’école et puis le vendredi, en fin de journée, il me reprenait. C’était comme cela toutes les semaines.  À l’époque, le petit André, quand y voyait le dimanche arrivé sur la fin d’après-midi, il ne commençait pas déprimer, mais cela ne lui tentait pas. J’ai quand même été là 3 ans. J’apprécie. C’était une bonne école, mais j’ai toujours appréhendé mes dimanches après-midi. Je m’éloignais de la famille. Ensuite, j’ai fait mon secondaire à Québec. Je suis allé au Cégep et à l’Université. J’ai gradué en 1982 à l’Université où j’ai fait un baccalauréat en administration des affaires. Puis presque, vingt ans plus tard, je suis retourné aux études où j’ai fait une maîtrise dans un tout autre domaine, soit en psychologie de l’éducation, en relations humaines. Les relations humaines me passionnaient. J’ai découvert aussi, comme les parents nous disaient, qu’aller à l’école est important. Puis finalement, je me suis mis vraiment à aimer cela à la dernière année d’études, à la fin de mon Université. Je ne dis pas que je n’aimais pas l’école, mais c’est là où je me suis le plus engagé, c’est dans ma dernière année. L’école est terminée et je me suis mis à travailler. Quand je suis retourné aux études, vers 40 ans, alors ça été un choix personnel, de passion. Mes deux années que cela m’a pris pour faire ma maîtrise a été pour moi un grand grand cadeau que je me suis fait en retournant aux études. Toutes les choses que je faisais du matin ou soir, c’était d’apprendre, d’utiliser mes connaissances, de développer de nouvelles choses et de partager cela avec des gens qui faisait la même chose que moi aussi aux études. Donc, cela a été pour moi une belle chose. Donc il y a eu une première tranche avant 22 ans et à 40 ans, jusqu’à 42 ans à peu près.

Quel a été votre premier emploi payant ?

Payant ? Je me souviens c’était 2,88$ de l’heure. Je travaillais comme commis dans un entrepôt libre-service où des restaurateurs ou des petits commerces allaient acheter de l’alimentation. Ils allaient acheter une caisse de soupes aux pois, une demi-caisse de quelques choses. Je me rappelle que moi, je les accompagnais. Il y avait de petits chariots et des fois, ils me demandaient « Pouvez-vous ouvrir cette caisse-là! Est-ce qu’il vous reste encore cela, dans l’arrière de l’entrepôt? »  Donc, mon premier emploi payant était à 15 ans. À l’époque, il fallait avoir notre numéro d’assurance sociale et il fallait demander un permis de travail particulier pour travailler à 15 ans. Sinon, c’était 16 ans. Alors, j’avais tout fait mes démarches et j’ai informé mon père que je voulais travailler. Il était bien heureux. C’était un emploi à 2,88$ de l’heure puis 40 heures par semaine, 110 ou 115 $ de paye par semaine environ. Et mon grand plaisir, c’était que cet emploi était syndiqué. Quand on travaillait plus de 40 heures semaine, je gagnais 4,10 $ ou 4,15$ de l’heure. Moi je restais autour pour faire des heures de plus et faire grossir ma paye. Ce fut mon premier emploi payant. À l’époque, je trouvais cela payant, mais aujourd’hui moins payant. Le salaire a augmenté avec le temps et le coût des choses a augmenté aussi. Moi j’ai des souvenirs à cet âge-là, à mon école secondaire, où on achetait un berlingot de lait au chocolat et ça coûtait 0,10$. Moi, j’aimais les Jos-Louis et c’était 0,10$. On achetait de petites barres de chocolat Aero à 0,10$. Il y en avait des plus minces qui coutaient 0,05$. Alors avec un 0,25$, on pouvait s’acheter trois petites, deux petits, une grosse ou deux grosses une petite. On allait loin avec 0,25$ à l’époque.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à faire de la politique ?

Bien moi, très jeune, j’ai commencé à lire, à 12-13 ans. J’ai commencé à lire les journaux à m’intéresser à cela. Moi je suis né en 1960. Dans ces années-là, le Québec a connu beaucoup de changements, une grande transformation, beaucoup d’effervescence. De sorte que dans l’actualité politique, il y avait toutes sortes de choses. Alors à 12-13-14 ans, je me suis intéressé à ça. En fait, je me suis toujours intéressé toute ma vie, beaucoup à ce qui se passait au point de vue politique. Je n’ai jamais milité et je n’avais jamais été membre d’un parti, mais j’ai toujours voté.  La vie a passé et il y a eu un certain nombre d’années où j’étais moins actif dans ma vie professionnelle. Je contemplais plus ce qui se passait au Québec et un jour, j’ai lu un livre. J’ai lu le livre de Monsieur François Legault, aujourd’hui notre Premier ministre.  Il a écrit un livre puis moi je m’intéressais à ce qu’il faisait depuis quelques années. Il faisait un retour et voulait partir un parti politique. Un moment donné, il a créé son parti politique et aussi écrit un livre. Après avoir lu son livre, je me suis dit que je voulais aider ce Monsieur. Je ne voulais pas devenir député, mais faire partie de son équipe, le conseiller. Après avoir décidé cela, je me suis comme endormi et j’ai oublié cela quelques mois. Je suis parti en vacances et j’ai apporté mon livre pour le lire à nouveau. Après cela, je me suis dit qu’il faut vraiment que j’aide ce Monsieur-là. Alors j’ai fait des démarches pour le contacter. On s’est rencontré. Je ne voulais pas être candidat, mais il m’a convaincu de devenir candidat. Je le suis devenu, j’ai été lu une première fois et une deuxième fois. C’est un peu de cette façon que cela s’est passé.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir ce parti ?

Cela faisait des années et des années au Québec que nous étions pris toujours dans la même dynamique. Toujours les mêmes deux parties avec une option qu’on veut se séparer ou qu’on ne veut pas se séparer. Il y avait pour moi des choses qui étaient importantes et un peu laissées de côté. Eh bien, Monsieur Legault avait un plan pour ce qui était très intéressant de faire au Québec. Il voulait aussi sortir de ce débat-là en créant un nouveau parti qui allait prendre la place des autres. Pour moi, c’était comme vraiment de tourner la page sur des années qui ont été bonnes pour le Québec et d’autres moins bonnes. Pour moi, tourner la page sur ce qui avait été fait, puis d’être capable de gérer, générer et créer une nouvelle dynamique était pour moi ce qui m’a amené à me joindre à lui et son projet.

Y a – t-il des réalisations ou des projets avec votre parti dont vous êtes particulièrement fiers ?

Particulièrement fiers qu’on ait été élus au gouvernement! Parce que ce qu’il faut réaliser, ce qui est extraordinaire, c’est qu’on vit dans un système politique qui, traditionnellement, était dominé par deux partis. Le parti pour lequel je suis député, Coalition Avenir Québec (CAQ) a été fondé en novembre 2011. Puis le premier octobre 2018, alors moins de 7 ans plus tard, non seulement il est devenu un parti important, mais le parti au gouvernement. Donc en moins de 7 ans, un nouveau parti qui a été créé au Québec et qui a pris le pouvoir. Bien cela pour moi, c’est une grande réalisation. Ensuite, c’est de prendre cette opportunité-là et de chercher à faire tous les jours de belles choses pour le Québec.

Quel est le plus gros risque que vous avez pris dans votre carrière ?

Mon plus gros risque… Moi dans mes vies passées, j’ai eu des entreprises et j’étais propriétaire de supermarchés d’alimentation. Puis, un jour j’en ai acheté, j’ai fait des changements et c’était une belle réussite. J’ai eu une autre opportunité qui se présentait et je n’étais pas trop certain… Des gens me disaient : « André tu devras pas, c’est périlleux. Tu ne devrais pas. » J’ai pris le risque de me lancer quand même. C’était un commerce qui était dans une zone peu dynamique et qui nécessitait des investissements. J’étais jeune, je n’avais pas d’enfants, ni de conjointe. Alors je me disais que je commence ma vie et je me suis lancé dans ce projet-là. J’ai travaillé fort pendant plusieurs années et au bout de certaines années, j’ai dû fermer. J’avais un autre commerce qui fonctionnait bien et j’en avais acheté un autre, mais lui, j’ai tout fait. Naturellement, cela a représenté des pertes financières importantes. J’ai dû aussi, à des collaborateurs, leur apprendre que leur emploi est terminé. En rétrospectives, je dirais que c’était le plus grand risque que j’ai pris. J’avais conscience qu’il y avait un risque, mais peut-être que si on m’avait dit que le risque était si grand, je ne l’aurais pas pris. Je l’ai pris. En même temps, c’est l’école de la vie. J’ai acquis des connaissances qui m’ont certainement été utiles dans d’autres sphères de ma vie.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Deux choses : Être près des gens et être avec les gens et le métier de politicien.  Je suis ministre du Ministère l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Donc à tous les jours, je suis en relation avec des gens. Ils ont soit besoin de collaborateurs ou des gens qui ont besoin de notre aide ou avec qui on veut collaborer. Alors, moi c’est quelque chose que j’aime faire, que j’apprécie beaucoup. C’est un métier extraordinaire pour faire cela. L’autre côté que j’aime, c’est que l’on peut changer des choses.  Parfois, je fais des blagues que si je pèse sur le bouton ça fonctionne, il y a des choses qui se passent. Donc être près des gens et être dans l’action sont pour moi les deux choses que je préfère le plus dans mon travail.

Lorsque vous serez Premier ministre, qu’est-ce que vous changerez ?

Je ne veux pas vous dire un secret, mais je ne serai jamais Premier ministre. Je n’aspire pas être Premier ministre. Mais, par contre, ce que j’encourage de mon Premier ministre est d’être à l’écoute des gens, être sensible aux différentes réalités qui composent notre population et puis avoir du courage. Du courage pour faire du changement, parce que ce n’est pas facile de faire des changements. Il y a des gens qui ne veulent pas que ça change et d’autres oui.  En politique, on veut parfois faire plaisir aux gens et ce n’est pas toujours facile de faire des changements. Avoir de l’écoute, avoir de la sensibilité, du courage et avoir le goût de se lever le matin et d’être de bonne humeur.  Je vous dirais aujourd’hui que mon collègue, mon chef et Premier ministre a des qualités qui ressemblent à cela. Un homme agréable à côtoyer. Je n’ai pas envie de prendre sa place. Je suis heureux d’être un collaborateur pour lui.

Quelle importance accordez-vous à l’environnement ?

J’accorde une grande place. Plus on prend connaissance des traces qu’on laisse. Plus jeune, j’allais dans un camp d’été. Nous partions dans un camping une dizaine de jours. Il y avait un mouvement qui, en anglais, disait : « Leave no traces behind. » Ça veut dire ne laisser pas de traces derrière vous.  Partout où on allait, on faisait un feu, tout dans nos déplacements, il ne fallait pas laisser de traces outre nos pas sur la terre. C’est certain qu’à l’échelle de notre planète, idéalement, ce serait d’avoir une approche comme celle-là. C’est sûr que notre planète a de plus en plus d’habitants. Il faut nourrir ces gens-là, il faut que ceux-ci puissent vivre honorablement, il y a donc une activité économique. L’activité économique laisse des traces sur la planète. Chaque jour, de garder dans ma tête de laisser le moins de traces possible est pour moi quelque chose qui m’habite. Puis, l’idée de protéger nos eaux, notre air, notre sol pour vous autres, pour vos enfants et bien c’est quelque chose d’important à faire. En même temps, on est tout le temps dans la course pour comment on fait pour donner du travail à tout le monde? Comment on fait pour que les gens puissent gagner leur vie honorablement? Quand on s’engage là-dedans, bien on laisse des traces. C’est une équation qui devient difficile à équilibrer. Par contre, je me lève le matin avec l’idée que c’est important pour aider notre planète, pour nos enfants, de faire en sorte que notre planète reste en santé.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est… ?

La persévérance, je la verrai deux façons. Une première chose, je vous dirais que c’est de s’accrocher à notre parcours, s’accrocher à nos études. S’accrocher à ce à quoi on s’est engagé même quand il vente, même quand c’est difficile et même quand on perd de vue pourquoi on fait cela.  La persévérance, c’est d’être résilient, c’est de s’accrocher. La persévérance scolaire, c’est qu’il y a un gain et s’il n’y avait pas de gain à s’éduquer, on n’irait pas à l’école. Quand on va à l’école, on fait des exercices pour notre tête, c’est comme faire de la gymnastique intellectuelle. En plus, on apprend tout plein de choses, on développe aussi une vision du monde, des aptitudes sociales, de communication. La persévérance scolaire aussi c’est un peu une clé. Ce n’est peut-être pas la seule clé, mais une clé importante pour nous aider à aller au bout de notre potentiel et de développer notre potentiel, nos habiletés et nos capacités. D’un côté, c’est de s’accrocher même quand il vente, que c’est plus difficile d’aller au bout de notre parcours.  De l’autre côté, en allant au bout de notre parcours, c’est une clé qui nous permet d’avoir un meilleur accès à tous nos talents, à tout le potentiel qu’on peut utiliser.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région?

Un de s’impliquer et de s’intéresser! C’est sûr que parfois, il peut avoir des gens qui se lèvent le matin tous les jours et disent qu’on va prendre soin des jeunes et on va aider les jeunes. C’est hyper positif. En même temps, moi ce que j’encourage, c’est que chaque matin, vous vous leviez et puis vous cultiviez un intérêt pour ce qui se passe dans votre communauté. Qu’est-ce qui se passe dans notre communauté? Qu’est-ce que les gens de notre communauté font? Comment on peut contribuer? À quoi ressemble notre communauté? Comment les gens s’impliquent et qu’elles sortent d’impulsion les gens donnent à leur communauté?  Si j’ai un message à dire, c’est n’attendez pas que les gens vous impliquent. Cherchez des opportunités de vous intéresser à ce qui se passe chez-vous. Peut-être que vous allez pouvoir influencer au lieu de rester sur le bord de l’autoroute à regarder passer les autos. C’est d’embarquer sur la route et d’arriver à une destination et je pense que c’est un peu ce que vous faites actuellement.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Qu’est-ce que tu en penses avec ce que je viens de dire ? C’est très important. Cela donne un signal. Une façon volontaire de s’impliquer, cela montre qu’on est mobilisé. Il y a un côté entrepreneurial en nous autres s’investissant pour le changement. Ce sont tous des messages que les jeunes envoient. En vous impliquant volontairement dans votre communauté, vous démontrez aussi vos traits de caractère. Cela démontre une capacité de mobilisation, d’autonomie à penser pour eux. Parce que quand on décide un matin qu’on s’intéresse et veut participer, ce n’est pas quelqu’un qui nous prend par la main, ce n’est pas maman et ni papa. C’est parce qu’on a entendu parler de cela à l’école ou bien je veux faire quelque chose. Cela démontre une belle capacité d’autonomie et d’être en mouvement. C’est une grande qualité. Au départ, être autonome et avoir une énergie pour se mettre en action, pour un jeune qui a cela versus un jeune qui a moins ça, au fil des mois et des années, cela fera une grande différence.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Très grande importance, parce que d’un c’est la santé physique. Surtout aujourd’hui, on vit dans un environnement où ce qui nous est offert à manger rapidement n’est pas nécessairement ce qui est le meilleur pour la santé. On vit dans une société qui nous amène son lot de stress et de tension.  Par le sport, cela nous permet de nous libérer l’esprit et cela nous permet de prendre soin de son corps. Si on pratique des sports d’équipe, cela permet de rire, de s’amuser avec des gens sur une base régulière et c’est plaisant. Cela nous permet d’oublier des situations dans lesquelles on peut être empêtré. Pendant quelques minutes ou heures, on va au bout de nous autres. On pleure, on rit et on s’amuse. L’activité physique, c’est bon pour le cœur, le corps et l’esprit. Parfois, par l’activité physique, on peut se valoriser. Quand on commence une activité, on n’est pas vraiment bon. À force de la faire, on devient meilleur et on développe une estime de soi et une appréciation. C’est très bon pour notre santé en général.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette /la vapoteuse ?

Vous ne parlez pas à la bonne personne. Autant je viens de vous parler de l’importance de l’activité physique, autant pour la cigarette, je vais vous parler comme un vieux mon oncle. La cigarette, ce n’est pas bon pour la santé et on s’entend là-dessus. Quand on est jeune et qu’on commence à fumer pour toutes sortent de raisons qui nous appartiennent, on développe une habitude. Ensuite, c’est difficile de s’en départir. Le vapotage? Je l’associe un peu comme la même chose. On le présente comme venant aider les gens qui fument, mais cela crée aussi une dépendance. Dépendamment de ce qu’ils mettent là-dedans, on s’aperçoit que des entreprises lancent cela sur le marché sans connaître les conséquences. C’est certain que ce sont des corps étrangers qu’on ingère sur une base répétitive.  C’est sûr que pour moi, je ne trouve pas que c’est une bonne idée pour les jeunes de s’intéresser à cela.


Photo de Louis-Félix Taschereau

Entrevue avec Louis-Félix Taschereau, pilote chez Jazz Aviation

Cette entrevue a été réalisée par Alyson Doucet et Anabelle Comtois du Comité 12-18 de Lyster.

Étais-tu bon à l’école?

Oui, je n’ai jamais vraiment éprouvé de difficulté sur le plan académique.

Le mot intimidation te rappelle quoi?

Une époque où j’avais peur d’aller à l’école… Pour vous donner une idée, en quatrième année, j’étudiais la possibilité de faire l’école à la maison à l’insu de mes parents avec la matière disponible sur « Allo prof ». D’ailleurs, un des aspects qui m’as intéressé du CQFA, l’école de pilotage publique, c’est une visite en Secondaire 3. L’école n’était pas bâtie comme une école standard. Les casiers sont à l’écart et les hangars sont des lieux de travail. Je ne m’y suis pas senti comme à l’école et ça été un soulagement pour moi. L’intimidation est un enfer qui fait en sorte que chaque journée est une épreuve à traverser. Pour moi, c’était surtout psychosocial. Je n’ai pas été visé physiquement. C’est une torture à petits feux. Je ne sais pas avec précision pourquoi c’est aussi répandu. Ce n’est pas nouveau, même ma grand-mère, lorsqu’elle était institutrice, devait gérer des cas d’intimidation. J’imagine que le développement émotionnel à l’adolescence y est pour une grande part. J’ai aussi remarqué que même entre adultes, il y en a. Seulement, plusieurs d’entre eux sont mieux équipés pour y faire face. Ils font comprendre rapidement à l’intimidateur que ce n’est pas correct ou ils s’éloignent efficacement de la situation.

À quel point la famille est importante pour toi ?

Très importante! C’est eux qui me supportaient pour passer au travers l’intimidation. C’est une équipe formidable et un atout important. Je me considère chanceux et privilégié d’en faire partie.

La musique a-t-elle une signification pour toi ?

C’est une échappatoire. Je l’utilise pour m’aider à gérer mes émotions. C’est devenu de plus en plus facile avec les services de diffusion en ligne. On choisit le type et la musique est classée automatiquement. De plus, certaines chansons ont des significations particulières c’est certain. Cependant, je suis certain que pour d’autres que moi, elle est encore plus importante

Quelle est l’activité ou moment qui a confirmé ton envie de devenir pilote ?

Devenir pilote s’est imposé de lui-même en entrant dans les Cadets de l’air. Cependant, c’était à l’époque pour le défi personnel. Je ne pensais pas en faire ma carrière. C’est lorsque j’ai commencé la formation en vol, à ma toute première prise de contrôle en planeur le 1er juillet 2014, que c’est devenu clair que je devais en faire mon métier.

T’inspires-tu de quelqu’un? Si oui qui?

Plusieurs personnes m’inspirent. J’essaie de distinguer le pourquoi et d’en retenir le meilleur. Une de celles qui m’inspirent le plus est Jimmy Crawford (St-Pierre-Baptiste). Il était mon moniteur de ski lorsque j’étais enfant. Il a atteint les plus hauts sommets (Niveau 4) de cette profession. Grâce à sa persévérance, il est aujourd’hui pilote pour WestJet, sur le même avion que moi. Je ne savais même pas que c’était son objectif lorsque je suivais des cours de ski! Aujourd’hui, je commence mon Bac en administration pour profiter du temps de confinement imposé par la situation actuelle. C’est la formation qu’il suivait en même temps que ses cours d’aviation.

Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as piloté un avion ?

Je parlerais ici du premier vol solo, car c’est la première fois qu’il n’y a pas d’instructeur pour rattraper la balle. C’est semblable à la liberté et à la responsabilité qu’on ressent la première fois qu’on monte à vélo ou qu’on conduit une voiture, mais multiplié par 10! Comme j’étais en planeur, je n’avais même pas de moteur pour me sortir du pétrin. Il fallait que je le pose quelque part et c’était mieux d’être sur la piste. Je ne me serais pas blessé, mais j’aurais brisé le planeur si ça avait été ailleurs. Sauf qu’on nous avait bien enseigné comment, alors je savais quoi faire pour y arriver sans problèmes.

C’est aussi un accomplissement très important. J’étais très fier de moi sur le coup. Je dirais même plus là qu’à chacune des autres petites victoires du parcours, comme ma qualification Q400 par exemple.

Quelle sorte d’avion pilotes-tu (grosseur, nombre de passagers, etc.)?

Je suis sur le Q400 de Bombardier. C’est un avion régional. On peut amener jusqu’à 78 personnes vers leur destination.

Comment te sens-tu en pilotant ?

Très heureux! J’ai toujours hâte d’aller travailler. Mon bureau étant à 18000 pieds d’altitude en moyenne, je n’ai pas à me plaindre de la vue! Les tâches que j’y accomplis ont un sens pour moi. J’ai le sentiment de rendre un service important au gens. Ayant déménagé de Vancouver pour revenir au Québec récemment, je sais aussi que les vols ont une signification pour les passagers, que ce soit pour un voyage personnel ou des raisons professionnelles.

Qu’aimes-tu le plus de ton métier ?

Me promener dans les aéroports! Ça peut sembler étrange, mais même si on ne fait pas de fraudes par chèques comme l’acteur Leonardo DiCaprio dans le film « Attrape-moi si tu peux », les passagers qui nous regardent passer ont tous des réactions uniques. Je me souviens entre autres d’un enfant qui étais très impressionné par ma valise à la file d’attente d’un contrôle de sécurité. C’était tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Je me suis baissé pour lui dire bonjour et lui ai fait mettre mon chapeau de pilote. J’ai fait sa journée! Une autre fois, une dame était certaine que j’étais agent de bord et qu’il était impossible d’être pilote à mon âge. Son « They let kid fly planes! » (ils laissent des enfants piloter des avions!) étonné valait au moins 1000$ quand je lui ai montré ma licence.

Quels sont les défis que tu as rencontrés dans ce métier ?

C’est énormément d’adaptation. Chaque vol est différent. Il faut non seulement s’adapter aux changements d’horaires, de porte de départ, de météo, de procédures, de routes, de contrôle aérien, mais aussi de ne jamais ou presque dormir dans le même lit. Par exemple, même si on reste 2 soirs dans le même hôtel, on n’y laisse pas nos valises, au cas où notre destination venait à changer. De plus, comme Premier Officier (Copilote), il faut s’adapter aux diverses personnalités des Commandants pour que le travail d’équipe soit bien maintenu à bord.

Quel est ton passe-temps favori quand tu n’es pas en train de piloter un avion de Jazz?

J’aime beaucoup le graphisme. Je réalisais des affiches pour les télévisions, des casiers lorsque j’étais à la Polyvalente. L’hiver, c’est le ski qui a ma préférence.

Es-tu fier de ce que tu es devenu ?

Oui et plus encore de ce que je vais devenir. « Watchez moi bien aller ! » Ma maxime dans l’album des finissants était que « l’important ce n’est pas d’arriver, mais d’aller vers » par Antoine de St-Exupéry. Alors je continue d’aller vers!


Photo de François Legault, Éric Lefebvre et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec François Legault, premier ministre du Québec

Cette entrevue a été réalisée par Corine Bradette, Molee Robidoux, Maxim Normand, Rosalie Fouquet, Mathieu Champagne et Cédric Ouellet des Comités 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes, de StLouis-de-Blandford, de St-Valère, de L’Avenir et de St-Albert.

Comment étiez-vous à l’adolescence ?

Comment j’étais à l’adolescence ? On a combien d’heures pour répondre à ça ? J’étais quand même un jeune sérieux, parfois même trop, parce que ma mère était sévère. En fait, elle l’est toujours, mais moins aujourd’hui. Elle est encore vivante et elle a 91 ans. Pour elle, c’était très important d’étudier, donc j’ai beaucoup étudié. Chez nous, il fallait être dans les premiers de classe. Je n’ai pas fait de sport autant que j’aurais voulu, mais je me suis repris plus tard. Je me suis marié, j’avais 32 ans. Entre 20 et 32 ans, j’ai joué beaucoup au tennis, au golf et au hockey. J’ai fait beaucoup de sports, mais ce que je pense qui est important, c’est d’avoir un équilibre. Être capable oui, d’être sérieux dans les études, mais aussi de s’amuser avec ses amis et de faire du sport. Moi j’étais peut-être, c’est rare qu’on dit ça, trop aux études. Je ne dis pas que ce n’est pas important. C’est très important, parce que quand on étudie beaucoup, après c’est plus facile de poursuivre ses études. On développe ainsi des facilités à étudier. Mais honnêtement, je ne savais pas que j’irais en politique. C’est très difficile. Je suis certain que vous autres, vous vous demandez : « Qu’est-ce que je veux faire dans la vie ? » Et moi, je regarde mes deux garçons de 25-27 et je pense qu’ils ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire. Ils ont fait comme leur père, ils ont étudié en administration, mais présentement ils ne sont pas sûrs qu’ils aiment ça. C’est très difficile de savoir ce qu’on veut faire quand on est jeune, rendu à 16 ans, et de choisir ce qu’on va faire au CÉGEP. J’aimais la psychologique, les mathématiques, j’aboutis en administration et je suis rendu en politique. Je n’ai pas étudié en politique. C’est très difficile de savoir, mais en même temps, c’est tellement important de découvrir sa passion. C’est sûr que nous autres, les garçons, quand nous étions jeunes, notre passion, c’était beaucoup le sport. Il faut se trouver un travail passionnant, parce que vous allez travailler jusqu’à 65-70 ans, donc c’est beaucoup de temps à passer. C’est très important de :

1 : étudier pour avoir un travail qu’on aime

2 : avoir à côté des passe-temps et des passions. Ça peut être les arts, les sports, ou toutes sortes de choses. Mais c’est à l’adolescence qu’on commence à se poser ces questions-là. Mais ne vous en faites pas, si vous vous posez ces questions-là, moi aussi je me les ai posées longtemps.

En résumé, j’étais un élève et un adolescent sérieux. J’avais une mère très sévère. Elle dit que ce n’est pas vrai aujourd’hui, mais moi je m’en souviens.

Quels sont vos loisirs en dehors de votre rôle de Premier Ministre ?

J’aime beaucoup jouer au tennis avec mes 2 fils de 25 et 27 ans. Mais le loisir le plus agréable, c’est de souper le vendredi soir avec des amis et de jaser de tout sauf de politique. Je suis marié depuis 30 ans avec la même femme. Alors sortir au restaurant juste nous deux et être capable de prendre, de temps en temps, des petites vacances à l’extérieur, c’est important. Nous sommes allés en Floride au début du mois de janvier. Ça fait du bien de se changer les idées et de lire un peu. J’aime beaucoup lire, je suis quelqu’un qui lit beaucoup. Avant de me coucher, j’ai besoin de lire 30 à 60 minutes. Mes garçons font ça également, car Isabelle et moi, on faisait ça quand on les mettait au lit. On leur faisait la lecture jusqu’à ce qu’ils soient capables de le faire eux-mêmes. Si je ne lis pas avant de me coucher, je m’endors moins vite ou moins bien. Si vous calculez ça, 30 à 60 minutes par soir, au bout d’une semaine, j’ai lu un livre. Je peux lire une cinquantaine de livres par année. Quand j’aime un livre, je le publie sur ma page Facebook ou mon compte Twitter. J’explique les raisons pour lesquelles je l’ai apprécié. Quand je n’aime pas un livre, je ne dis rien, car je n’aime pas ça la chicane ! Donc lecture, sports, les amis et tennis.

Quel est votre parcours scolaire ?

J’ai tout d’abord étudié en administration à l’école des Hautes Études Commerciales à Montréal. J’ai été comptable agréé, aujourd’hui on dit CPA (comptable professionnel agréé). J’ai alors commencé à travailler dans un bureau de comptables. J’ai également étudié le soir pour un MBA (Maîtrise en administration des affaires). C’est difficile d’étudier le soir, ça m’a pris 5 ans. Ce n’est pas plaisant, car le jour tu travailles et le soir, tu as tes cours ou tu étudies. Les fins de semaine, tu te sens toujours coupable, car tu as un travail à faire. Quand je travaillais dans le bureau de comptables, j’ai un client qui est venu me voir et qui voulait se partir une compagnie aérienne. Je l’ai aidé à partir sa compagnie et je suis allé travailler pour cette compagnie qui s’appelait Nationair. Ensuite, je suis allé travailler pour une autre compagnie aérienne qui s’appelait Québecair. Plus tard, avec des associés, j’ai parti ma propre compagnie aérienne qui s’appelle Air Transat où j’ai travaillé pendant 10 ans comme président. Ensuite, je me suis tourné vers la politique. J’ai commencé avec M. Lucien Bouchard, comme Ministre Industries Commerces, qui est maintenant Ministre de l’Économie. Ensuite, j’ai été Ministre de l’Éducation, Ministre de la Santé et après, je me suis retrouvé dans l’opposition. J’ai ensuite lancé avec d’autres députés, la Coalition Avenir Québec (CAQ), un nouveau parti. Depuis 1 an et demi, je me suis fait élire et je suis maintenant Premier Ministre. Je sens par contre que ça met trop de pression à mes fils. Oui j’ai travaillé fort, mais il y a toujours une partie de chance là-dedans. Nous ne sommes pas obligés d’être président d’Air Transat et Premier Ministre pour vivre sa vie. L’important, c’est de faire ce qu’on aime. Les moments les plus importants, c’est souvent en famille. Passer du temps avec mes 2 garçons, l’un d’eux a une amoureuse. Aller souper avec eux et ma femme, tous les 5, c’est un grand bonheur dans ma vie.

Quel a été votre premier emploi payant?

Mon premier emploi payant, j’avais 14 ans et je livrais le lait. Je viens de St-Anne de Bellevue. Il y avait beaucoup de chiens et je me suis fait mordre souvent en faisant mes livraisons. Dans ce temps-là, il y avait des bouteilles en vitre. On avait un petit support où nous mettions 6 pintes de lait. Dans les pintes vides, les gens y mettaient leurs 25 sous et souvent l’hiver, les sous étaient gelés dans le fond de la bouteille. On remplaçait les bouteilles vides par les bouteilles pleines de lait. Je trouvais ça difficile. C’était le samedi matin, ça commençait à 5h00 et finissait vers 13h00. À 5h00 le matin, je trouvais ça de bonne heure, car je devais me lever à 4h15, 4h30.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à faire de la politique ?

Il y a un politicien qui m’a toujours inspiré et c’est M. René Lévesque. C’est lui qui a fondé le Parti Québécois. C’était surtout une question de fierté de dire : « Nous sommes fiers d’être québécois. Nous sommes fiers de parler français. » Après Air Transat, je me suis considéré chanceux. J’ai fait de l’argent, mais je voulais redonner. Les Québécois francophones, ça fait seulement deux générations qu’ils sont en affaires et il n’y en a pas assez. C’est plaisant d’être un homme d’affaires. On dit souvent que c’est plaisant d’être joueur de hockey et être joueur de football, comme on a vu dimanche avec Laurent Duvernay Tardif. Mais être un entrepreneur, je me souviens avec le premier vol d’Air Transat, nous avions la chair de poule. Je voulais donner le goût à plus de jeunes. D’abord d’étudier, car si on veut réussir à avoir un bon emploi, il faut d’abord étudier et par la suite, oser et que le gouvernement aide au besoin. Moi je n’avais pas beaucoup d’argent, mais il y avait des programmes où j’ai pu emprunter de l’argent et démarrer Air Transat. C’était important pour moi de redonner. Il est certain que l’économie et l’éducation sont très importantes.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir ce parti ?

Je l’ai fondé ce Parti étant donné qu’il n’y en avait pas un qui faisait mon affaire. Donc c’était un peu l’idée. J’étais d’abord au Parti Québécois, qui était souverainiste. Pour moi, ça veut dire qu’avant d’être souverainistes, nous sommes nationalistes québécois. Je suis fier du Québec. J’aimerais entendre les jeunes là-dessus, c’est certain que ça vous intéresse moins de faire du Québec un pays. Par contre, je reste nationaliste. Pour moi, l’économie, on peut faire mieux. Parce que pendant 50 ans, au Québec, il y avait 2 Partis qui ont alterné. Il y en a un qui était nationaliste, le Parti Québécois, et un qui était plus pro-économie. J’ai toujours pensé que les deux allaient ensemble. Il faut mieux s’occuper de l’économie et être plus riches. Ce n’est pas une fin en soi d’être riche, c’est une question de se donner les moyens de nos ambitions. C’est aussi important d’être fier d’être québécois. Donc, j’ai essayé de mettre ensemble le Parti Québécois et le Parti Libéral. Nous avons appelé ça la Coalition Avenir Québec, la CAQ, il y a 8 ans. Nous avons eu 19 députés en 2012, 21 en 2014 et en 2018, il y a 1 an ½, nous en avons élu 74. Depuis ce temps, nous avons eu 2 élections partielles que nous avons gagnées. Là, nous sommes rendus 76 sur 125. Ce qui veut dire les trois autres partis, additionnés ensemble, en ont 49. Donc, ça va bien notre affaire.

Est-ce qu’il y a des projets ou des réalisations de votre parti dont vous êtes particulièrement fier ?

Oui bien sûr, comme une des choses que l’on fait avec M. Lionel Carmant. Je l’ai amené en politique, il est un médecin, pédiatre, neurologue, nous travaillons à créer un programme qui s’appelle Agir Tôt. Nous sommes en train de mettre en place des maternelles 4 ans. Si on veut qu’il y ait plus de jeunes qui réussissent, il faut donner des services, entre autres, aux jeunes qui ont des difficultés. Ça peut être plusieurs choses : troubles d’attention, dyslexie, dysphasie… Si on commence plus tôt, on augmente les chances qu’ils soient capables, éventuellement, d’obtenir un diplôme. C’est une partie qui était importante pour moi, que nous avons déjà commencé à mettre en place et qui va aller loin. Nous sommes aussi en train de rénover toutes les écoles. Je trouve que nos écoles ne sont pas toujours belles, il n’y a pas assez de fenêtres. C’est la même chose avec les CHSLD. Nous allons d’abord changer de nom, pour Maisons des aînées et ça va être plus éclairées. Et tranquillement, en économie, nous sommes en train de semer. Je me promène. Je suis allé en Californie, à New York, à Dallas, à Boston et je pars en fin de semaine pour Washington. On essaie de convaincre des compagnies de venir au Québec, offrir des emplois bien payés, avec de gros enjeux, qui sont des emplois stimulants. Pour l’environnement, nous sommes en train de travailler sur plein de projets pour le transport en commun dans les grandes villes. On a également annoncé qu’on va agrandir la consigne des bouteilles. Ça veut dire que les bouteilles de plastique, les bouteilles de vitre incluant celles de la SAQ, les bouteilles de métal, les bouteilles de carton et les contenants de lait, nous allons tous pouvoir les recycler. Nous allons les consigner. Les gens vont payer 10 sous pour les bouteilles, pour les cartons et 25 sous pour les bouteilles à la SAQ, qui vont se faire rembourser quand ils vont les ramener. Nous serons capables plus facilement de recycler le verre, le métal, le plastique et le carton. Je pense que c’est très important pour notre environnement.

Quel est votre plus gros risque que vous avez pris dans votre carrière ?

De lancer Air Transat. Là ça l’air beau, Air Transat va bien, mais il y a des périodes où ça n’allait pas bien. Un avion arrive en retard, ça nous apporte des dépenses. On a eu des grosses pertes et on a failli faire faillite quelques fois. Donc chez Air Transat, j’ai pris de gros risques.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Rencontrer des jeunes. C’est bien plus plaisant de répondre à vos questions, comparativement à ce que vous avez vu ce matin avec l’Opposition et les journalistes qui essaient juste de nous coincer. C’est de rencontrer des gens, c’est ça qui est agréable.

Avez-vous de futurs projets qui s’annoncent, selon vous, innovateurs ?

Oui. Je ne sais pas si vous connaissez l’intelligence artificielle ? Mais tout ce qui est autour, les technologies de l’information, nous sommes bons là-dedans. On a commencé à être bons dans les jeux vidéo, ce qu’on sait moins par contre, c’est que nous sommes bons dans les films et les séries de films. On est bon dans l’intelligence artificielle, pour inventer une utilisation de mégas données et ça s’appliquent à tout. Ça s’applique à la santé et à plein de services qu’on peut donner. On s’en vient avec de beaux projets.

Quelle importance accordez-vous à l’environnement ?

C’est très important. Il faut qu’il y ait un équilibre entre l’économie et l’environnement. Mais nous avons un gros défi pour toute la planète et c’est de réduire les gaz à effet de serre. Parce que la planète se réchauffe et si on ne fait rien, l’eau va monter, les glaciers vont fondre et il y aura toutes sortes de problèmes climatiques. Il faut réduire les gaz à effet de serre, ce qui veut dire, utiliser moins de pétrole, moins d’autos comme on les connait. Ils seront remplacés par des autos électriques, des camions électriques, des autobus électriques, des trains, des tramways, des métros électriques. S’assurer que les entreprises polluent moins. Nous avons la chance d’avoir au Québec, l’hydroélectricité. C’est propre, ce qui est un gros avantage.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est quoi ?

C’est ce qui est le plus important ! Malheureusement, surtout pour les garçons. Le 2/3 de ceux qui décrochent, ce sont des garçons. Il y en a beaucoup trop. Environ 15% des jeunes décrochent avant d’avoir son premier diplôme. Comment on fait pour régler ça ? D’abord, on doit s’occuper des jeunes qui ont des difficultés d’apprentissage très tôt. Ensuite, à l’école, avoir plus de sports à l’extérieur et plus d’activités artistiques. Aujourd’hui, il faut au moins finir son secondaire 5. Nous sommes dans une société du savoir. Les jeunes qui décrochent sont l’un des pires problèmes de notre société. Il faut tout faire pour ne pas qu’il y en ait.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Le Centre-du-Québec… Vous savez, quand je suis arrivé en politique, il y avait seulement 16 régions au Québec et maintenant, il y en a 17. Le Centre-du-Québec était placé avec la Mauricie. Vous savez, il y a une différence entre Drummondville, Victoriaville et Trois-Rivières. J’étais avec le Parti Québécois à cette époque et M. Jacques Baril m’avait apporté cette proposition-là. « Centre-du-Québec », ça le dit, c’est au centre du Québec. Moi je pense qu’au Centre-du-Québec et en Mauricie, on peut faire beaucoup mieux en économie. Quand on lit l’histoire, la Mauricie c’était beaucoup entre autres les papetières qui, pour toutes sortes de raisons, ont fermé. Des usines qui ont fermé et nous n’avons jamais réussi à recréer des emplois aussi bien payés. Quand je regarde le salaire moyen, je n’accepte pas que le Centre-du-Québec et la Mauricie aient un salaire moyen plus bas que le reste du Québec. Pour le Centre-du-Québec, la priorité pour moi, c’est l’économie. Évidemment, je le répète, l’économie commence par l’éducation. Il faut choisir certains secteurs. Il y a des secteurs très importants. Vous êtes sur la route des technologies d’information, tout le génie, tout ce qui est autour de l’innovation. Il faut qu’il y ait plus de jeunes qui choisissent, je sais que ce n’est pas plaisant, les sciences pures. C’est plus compliqué, les mathématiques, la physique, la chimie, la bio, mais c’est là qu’il y a 80% d’innovation. C’est dans ces secteurs-là. C’est bizarre, car les filles sont meilleures que les garçons à l’école, mais il y a moins de filles qui vont dans les sciences que les garçons. Il y a un problème. Pourquoi ? Il y a eu plusieurs tentatives pour essayer de rendre les sciences plus sexy. Si j’avais un message, c’est que j’aimerais ça qu’au Centre-du-Québec il y ait plus de jeunes qui se tournent vers les sciences ou en informatique.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

C’est très important parce que nous sommes une société qui est plus individualiste. Depuis 25 ans, si on regarde l’évolution de notre société, les gens sont un peu plus à leurs affaires. Alors c’est tellement important d’avoir un esprit communautaire, d’être ouvert et d’aider ceux qui en ont besoin. On ne peut pas compter seulement sur les hôpitaux pour aider les gens. De s’impliquer dans la communauté, d’aider les gens moins riches, d’aller les aider financièrement, c’est vraiment important. Souvent les personnes âgées se retrouvent seules. À 85 ans, ils n’ont pas de visite. Que les jeunes rencontrent les plus vieux, c’est important pour l’esprit qu’on a dans une communauté.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Comme je disais tantôt, on veut rajouter plus d’art et de sport et on va donc ajouter 5 heures par semaine dans les écoles secondaires. C’est prouvé que les jeunes qui pratiquent le sport décrochent moins. Un esprit sain dans un corps sain. Aujourd’hui on dit que les gens, même les jeunes, sont stressés. Même moi je suis stressé. Aussi, je vais faire du tapis roulant pendant 40 minutes et ça enlève le stress. Le sport, c’est important aussi pour être calme.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ?

C’est mauvais la cigarette. J’espère qu’il y en aura plus du tout de cigarette. Moi je pense que dans 25 ans, même avant, les gens vont se dire : « Hey, vous en souvenez-vous en 2020, il y avait du monde qui fumait. Il savait que ça pouvait causer le cancer, que ça réduit en moyenne de 10 ans la durée de vie et il fumait pareil. Ils étaient fous à l’époque !? » Ce n’est pas bon pour la santé. Ça crée toutes sortes de problèmes. Il ne faut pas fumer.


Photo de Marie-Mai et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec Marie Mai, chanteuse

Cette entrevue a été réalisée par Alicia Boissonneault, Bianka P.-Pellerin, Kim P.-Pellerin, Mia P.-Pellerin du Comité 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes.

Vous avez une belle fille. Aimeriez-vous avoir d’autres enfants ?

J’aimerais ça je pense oui. J’aimerais vraiment ça. Quand est-ce que ça va arriver? Ça ce n’est pas nous qui décidons de ça, mais je dirais que oui ça devient de plus en plus clair. J’ai de la difficulté à le verbaliser parce que c’est tout récent en fait que j’ai ressentie ce besoin-là. Donc ça s’en va dans l’univers…

Qu’est-ce que vous pensez des jeunes et la cigarette /vapoteuse ?

Ouhh! Ça c’est un fléau. En fait, la vapoteuse a été créée pour arrêter de fumer. À la base, c’était ça. Ça a toujours été passé comme une période de transition qui pouvait aider les fumeurs, les gros fumeurs, à arrêter. C’est sûr et certain que quand je vois des jeunes vapoter, je fais comme « oh boy », on est passé à côté de ce qu’on voulait faire! C’est clairement quelque chose de gros, quelque chose qui a besoin d’être changée, d’être régularisée. On doit enlever ça de la main des jeunes. Si on pouvait enlever ça de tout le monde! Donc oui, il est temps que ça arrête.

Qu’est-ce qui vous rend la plus fière de votre travail?

Ce qui me rend le plus fière de mon travail, c’est de voir à travers les années l’impact que mes mots et mes musiques ont eu chez les gens et chez les jeunes. De voir aussi qu’ils continuent d’avoir un impact chez mon public. Moi, faire de la musique, ça a toujours été en émotions. J’aime partager ce que j’ai appris, ce que j’ai vécu, que les gens se sentent moins seuls. Parce que moi, quand je vivais des périodes qui étaient plus difficiles, où je ressentais le besoin de l’écrire, j’aurais probablement aimé ça avoir quelqu’un qui me chante des chansons comme ça, quand j’avais besoin d’en entendre. Pour moi, l’écriture c’était une forme de thérapie. Ça me fait du bien de mettre ça sur papier quand je sens que ça fait du bien aux gens d’entendre ces beaux messages-là. Je me trouve très très privilégiée de pouvoir avoir ce lien là avec le public. Donc, définitivement de sentir que je peux inspirer et apporter un petit peu de lumière dans leur vie me rend fière.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?

Bien ça, écoute, je pense que de façon plus large, moi les jeunes m’inspirent beaucoup de par la volonté et la résilience. Les jeunes qui s’impliquent veulent faire une différence. Donc c’est sûr et certain que, quand je vois des jeunes qui font une différence en faisant des actions concrètes en s’impliquant dans leur communauté, en s’impliquant dans leur école, ça me touche vraiment. Tellement que mon intuition, que mon feeling va sentir que la prochaine génération a quelque chose de spécial. C’est vrai. C’est fondé! Donc moi, j’encourage à faire une différence.

À 18 ans, vous avez participé à l’émission Star académie. Qu’avez-vous gardé comme souvenir?

En fait, Star Académie, ça le dis, c’est une école. C’est vraiment une période de ma vie où tout s’est défilé devant mes yeux très très rapidement. Ça a duré 9 semaines, donc 9 semaines sans voir ta famille, tes amis, mais où tu apprends. Jour après jour, heure après heure, tu n’as pas de pause. Tu es constamment dans un tourbrouillon d’inspiration et de cours de chants, de cours de danses, de cours de théâtre, de cours d’éducation physique. Tu baignes dans ce que tu aimes le plus. Donc, pour moi, c’est là que j’ai travaillé vraiment à peaufiner ce que je faisais. J’étais jeune, j’avais 18 ans. J’étais comme une éponge dans ce temps-là. Ça m’a vraiment servi à faire ce que je voulais faire. Ça m’a servi d’école.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?

C’est très important et pas juste à l’école. C’est vraiment important dans la vie pour plein de raisons différentes. Pour les endorphines premièrement parce que notre tête a besoin de ça. On a besoin de se dépenser pour avoir un sentiment de bien-être. Moi je dis toujours que c’est important d’avoir un esprit sain dans un corps sain. Faire attention à ce qu’on mange, faire attention à ce qu’on met dans notre corps faire attention justement à garder un équilibre qui est très important. Nos jeunes en santé, on veut qu’ils grandissent pour devenir des adultes en santé. Donc c’est important d’optimiser tout ce qu’on fait avec notre corps pour être sûr de se trouver sur la bonne ligne.

À quel âge avez-vous commencé votre carrière de chanteuse?

J’ai commencé ma carrière professionnelle de chanteuse à 18 ans. Ma 1ère chanson que j’ai composée, j’avais 6 ans et demi. J’ai dit à ma mère : « Moi, plus tard, je vais être une chanteuse. Est-ce que tu me crois? » Ma mère m’a dit : « Si c’est ce que tu veux faire, parfait! Ça va prendre du travail par exemple. Il ne faut vraiment pas que tu lâches ». Et j’ai dit : « Non, je sais. C’est ce que je veux faire de toute façon. » Donc, je me suis conditionnée à faire ça. À 6 ans et demi, la seule chose que je voyais dans ma tête, c’était une scène. C’est ça que j’allais faire et c’est ça que j’ai fait. Je me suis préparé mentalement à ça.

C’est où le plus loin que vous êtes allée pour un spectacle?

Le plus loin que je suis allée pour faire un spectacle, c’est à Los Angeles. Je suis allée en France aussi pour faire plusieurs spectacles. J’ai fait les premières parties de Garou pendant plusieurs années. Après ça, j’ai fait une tournée avec Simple Plan aussi en France. Je fais quand même des spectacles assez loin, mais j’aimerais ça en faire encore plus loin. J’aimerais ça vraiment que ma musique puisse voyager sur d’autres continents.


Photo de Rose Guillemette et d'une jeune de Partenaires 12-18

Entrevue avec Rose Guillemette, entreprise Kears

Cette entrevue a été réalisée par Jinny Descôteaux du Comité 12-18 de Ste-Clotilde-de-Horton.

Décrivez-nous votre entreprise.

C’est une boutique en ligne. Je vends des produits fabriqués avec des matières recyclées. On a des sandales, des manteaux, des maillots de bain pour homme et femme.

Quel type de métiers peut-on trouver dans votre entreprise ?

C’est vraiment vaste. Il y en a autant en développement de produits, en marketing, en ‘’marketing web’’, comptabilité et affaires internationales. Il faut répondre aux courriels avec les influenceurs… C’est un peu des métiers qu’on ne peut pas encore catégoriser parce que c’est encore en développement. Au niveau des influenceurs, il y a toute la recherche et il faut leur écrire. Juste ça, ça pourrait être un emploi. Ça commence à se développer dans les entreprises, mais ce sont des postes qui sont encore inexistants et qui n’ont pas vraiment de nom à part ‘’marketing web’’. C’est vraiment la majeure partie de tout ce que je fais.

Quel est le procédé pour recycler les 14 000 bouteilles d’eau ?

Du polyester et du nylon, c’est du plastique. La bouteille est reprise, défaite en petites particules et fondue. Ensuite avec ça, il la tisse à nouveau. C’est comme une passoire dans laquelle le plastique est mis et chauffé. Il devient liquide. Ça sort en fils et c’est tissé en filaments. Ça fait du tissu. Ce sont des fournisseurs qui me le font. Quand j’ai étudié en mode, on avait un cours de textile. Nous avons appris comment le polyester était fait. Je me suis dit à ce moment-là qu’il fallait le recycler, c’était logique. Ça fait 5 ans de ça et ça ne se faisait pas vraiment, mais là, ça commence à être quelque chose de plus fréquent. Avant, ce n’était presque pas pensable de faire ça. Je sais, par mètre de tissu, ça équivaut à combien de bouteilles d’eau.

Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés lorsque vous les embauchez ?

Je n’ai pas encore d’employés. Pour l’instant, je suis seule. Mais si j’en avais, ce serait l’ouverture d’esprit. Il faut être ouvert à tout le monde. Surtout, ce que je rechercherais, ce serait vraiment d’aimer ce que tu fais. Moi j’aime ce que je fais et j’aime aussi que les gens avec qui je travaille aiment ce qu’ils font. Je ne veux pas avoir à les pousser. Il faut qu’ils ‘’trippent’’ à faire ça, que ça les passionne.

Y’a-t-il des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes particulièrement fière ?

Oui, on a réussi à recycler en 6 mois à recycler 13 769 bouteilles d’eau en plastique. Là-dedans, je ne compte pas les filets à pêche, les retailles de tapis et les retailles textile.

Selon vous, quelles sont les avantages à travailler en région ?

Comme c’est petit, un peu tout le monde se connaît. Pour moi, ça n’a pas été long et tout le monde a su. Ça se parle. À Victoriaville, j’ai vendu beaucoup de maillots et des sandales. Le 1/ 10 de mes ventes vient de Victo, c’est quand même beaucoup.

Comment se passe une journée de travail pour vous?

En me levant, je regarde mon cellulaire et je réponds à mes messages et courriels. Ensuite, je me fais une liste de ce que j’ai à faire dans ma journée. J’essaie de tout faire. Ce n’est pas tout le temps évident. Ça varie beaucoup. Une journée je peux m’occuper de mon site Internet, l’autre journée du ‘’marketing’’, ensuite une journée avec les nouveaux produits. Ça dépend tout le temps.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Ce que j’aime le plus, c’est le ‘’marketing web’’, les médias sociaux et le développement de produits.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise ?

J’aimerais que ce soit une multinationale, mais mon but est vraiment de recycler le plus que je peux. C’est vraiment ce que je veux faire, soit recycler le plus de produits et de matériel possible pour en créer d’autres. C’est ma vision.

Pour quelles raisons devrait-on travailler pour votre entreprise ?

Je veux aider le plus possible. Je pense que c’est ça quand tu recherches un peu plus que juste un emploi où tu travailles. Nous, on veut vraiment faire quelque chose de positif. On prend toutes sortes de matières pour en créer d’autres. C’est certain que plus tard, j’aimerais ça m’associer avec des causes.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

C’est l’entrepreneuriat et de voir les histoires des autres personnes. J’écoute beaucoup de films. Comme exemple le film de Facebook, le film de Apple, le film de Lady Gaga… Autant des artistes que des entrepreneurs. Je trouve ça fou de partir quelque chose, de le faire et de savoir toute l’histoire de la personne. Ça m’inspire et c’est ce qui me pousse.

Pour vous la persévérance scolaire c’est quoi ?

Pour moi, c’est même si tu as de la difficulté à l’école, c’est d’aller demander de l’aide. C’est de prendre l’aide quand tu en a besoin.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Peu-importe ce que tu veux, je pense que tu peux y arriver. Il faut juste que tu sois vraiment déterminé, que tu aies envie d’atteindre ton but et que tu mettes tous les efforts pour y arriver. Je pense vraiment que peu importe tu pars d’où, ce que tu veux faire tu peux le faire. Ça dépend de tes intentions. Je prends comme exemple M. Louis Garneau. Il ne savait même pas faire du vélo et il s’est rendu aux Jeux Olympiques en vélo compétitif. Il faut juste vouloir et tu pourras faire n’importe quoi.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Je trouve ça vraiment ‘’cool’’ parce que moi aussi j’ai déjà fait du bénévolat. Deux voyages humanitaires, un en Haïti et un au Guatemala. Je sais ce que c’est et j’encourage vraiment cela. Ça ouvre l’esprit de voir d’autres cultures. Le fait d’aller là-bas, ça m’a permis de voir c’était quoi vivre avec rien, dans les déchets. Au Guatemala, ils vivent dans des poubelles, littéralement. J’avais 15 ans et c’est à ce moment que j’ai commencé à faire plus attention. Ça part de là, ça m’a mené à créer des produits entièrement recyclés.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Je pense que c’est important. Je ne suis pas une personne qui est très très active, mais je vais courir de temps en temps. Je pense qu’au moins une à deux fois par semaine c’est bon.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse ?

Moi je ne fume pas. Je trouve ça un peu ridicule. C’est une perte d’argent et un mauvais investissement selon moi. Je ne vois pas l’intérêt de fumer. Ça ne sert à rien à part te gâcher les poumons.


Photo de Dominic Anger et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec Dominic Angers, propriétaire de la Pépinière L’Avenir

Cette entrevue a été réalisée par Cloé Girard et Gaëlle Pailloux, du Comité 12-18 de L’Avenir.

Pourriez-vous nous décrire votre entreprise ?

Moi, j’ai une entreprise horticole. On vend des plantes au niveau du grossiste. Cela veut dire à d’autres centres jardin et à d’autres entreprises. On a un point de vente directement sur notre ferme. Cela veut dire qu’on a un centre jardin et une pépinière.

Quels types de métiers peut-on retrouver dans votre entreprise ?

Chez nous, on a vraiment un petit peu de tout. On a des horticulteurs qui ont étudié en horticulture, des personnes qui ont plus étudié la mécanique pour faire l’entretien de la machinerie, des personnes qui aiment juste l’art pour faire des créations de pots et fleurs, des vendeurs pour conseiller les gens et vendre les produits, des personnes au bureau pour faire la comptabilité et faire du service à la clientèle. On a un petit peu de tout chez nous à la pépinière.

Y a-t-il des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes particulièrement fier ?

Je représente la deuxième génération dans mon entreprise. Cela veut dire que mon père a lancé l’entreprise dans les années 75 et moi, j’ai pris la relève il y a une quinzaine d’années. Cela veut dire que je suis rendu propriétaire de l’entreprise. D’avoir juste faite le transfert de l’entreprise avec mon père et d’avoir amené celle-ci où elle est rendue aujourd’hui est une grande fierté pour moi.

Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés lorsque vous les embauchez ?

Ça me prend des personnes qui sont ouvertes d’esprit, qui sont capables de s’adapter aux nouvelles réalités. On a n’est pas beaucoup d’employés chez nous, donc on doit être capable de toucher un petit peu à tout. Je cherche beaucoup des personnes qui ont une bonne attitude parce qu’avec une bonne attitude, on peut aller loin. Ainsi, on est capable de les former pour qu’ils soient capables de faire des choses. Avec une mauvaise attitude, bien ce n’est jamais bon. Alors on cherche de bonnes personnes pour travailler chez nous.

Comment se passe une journée de travail pour vous ?

Moi ça commence de très de bonne heure. Je commence souvent, surtout dans l’été, pas l’hiver vu qu’on est saisonnier, aux alentours de 5 h 30 dans les bureaux. Pour la suite, quand mes employés entrent, je fais le tour pour s’assurer qu’ils savent quoi faire et où ils s’en vont. Après cela, je vais diviser ma journée entre le travail dans la pépinière et le travail de bureau. Parfois je vais faire des livraisons et à travers cela, je m’occupe de mes enfants. À 17 heures, j’ai fini ma journée de travail et je m’occupe de mes enfants.

Selon vous, qu’est-ce qu’un bon entrepreneur ou un bon dirigeant ?

Je pense que ça prend, pour être un bon dirigeant surtout de nos jours, une personne qui est ouverte d’esprit, qui accepte les différences de chacun de ses employés, qui est à l’écoute de ses employés et qui essaie de mieux communiquer avec eux autres. Moi j’essaie de les écouter, de voir ce qui ne va pas, qu’est-ce qui pourrait s’améliorer et comment il pourrait travailler mieux. Je pense que cela prend une très bonne ouverture et une très bonne écoute.

Selon vous, quels sont les avantages à travailler en région (les atouts de la région pour une entreprise) ?

Bien souvent, cela apporte des équipes, je pense, un petit peu tissées plus serrées. En campagne, le monde vient vraiment chez nous parce qu’ils aiment y travailler. Cela crée une belle ambiance. Une belle petite équipe fait que c’est plaisant de travailler dans les plantes. Oui il y a des intempéries, mais cela reste que c’est un super beau métier. C’est plaisant et il y a plein de beaux défis à relever à travers tout cela.

Pour quelles raisons devrions-nous travailler chez vous ?

Un petit peu pour les mêmes raisons que je viens de vous nommer. On est une belle entreprise, une belle équipe, on a plein de beaux défis et on essaie d’agrandir un petit peu chaque année. On travaille avec le public, donc pour ceux qui aiment travailler avec le public, j’ai de la place. Ceux qui aiment travailler avec les plantes peuvent travailler avec les plantes, on travaille à l’extérieur, on essaie de faire attention un petit peu à tout le monde. Je prends le temps de les écouter. On a un club social où on fait des 5 à 7, des soupers, des choses comme cela pour créer une belle atmosphère entre nous. Je pense que nous sommes une entreprise en développement et on essaie de créer de belles relations entre nous autres.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Souvent, ce que j’aime le plus, c’est des fois vers 5 h 30 le matin, quand je fais le tour de ma pépinière tranquille, quand le soleil se lève. C’est probablement une des périodes que j’aime le plus. C’est plaisant, c’est tranquille. La pépinière est souvent très propre et belle. Je ne suis pas dans le feu de l’action. Aussi j’aime le fait de mettre les mains dans la terre, de travailler même lors des journées où il pleut. Je mets mon imperméable et cela fait des journées différentes que j’aime bien aussi.

Comment faites-vous pour décrocher?

On ne décroche jamais vraiment. Par contre, depuis quelques années, je me suis remis au sport. Aussi, quand je suis avec mes enfants, quand je finis de travailler et je suis avec eux, j’essaie de ne pas penser à autres choses. J’essaie de juste me concentrer sur mes enfants et de garder le focus sur eux. On a de petites vacances ici et là. Je travaille beaucoup et j’essaie de bien de doser mon travail et mes vacances. Ce n’est pas toujours facile, mais je pense qu’avec mes enfants, que je décroche le plus.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise (projets de croissance, de développement de produits…) ?

Le plus loin possible! Je n’ai pas nécessairement juste une ambition de grossir, grossir, grossir. Tout ce que je veux à la base, c’est de bien faire vivre ma famille, de bien élever mes enfants, avoir tout ce que j’ai de besoin pour pouvoir les éduquer et de garder mon équipe en place aussi. De garder un équilibre dans tout cela et pas nécessairement de grossir à tout prix. Il y a une pénurie de main-d’œuvre présentement et c’est donc plus difficile de grossir de nos jours. J’essaie d’introduire de nouvelles technologies, des nouvelles manières de faire pour que tout le monde soit le plus heureux possible. C’est un peu la structure que j’essaie d’améliorer afin d’amener mon entreprise plus loin.

Que pensez-vous des jeunes qui, bénévolement, s’impliquent dans leur municipalité et organisent des activités pour dynamiser leur milieu ?

Bien je pense que c’est super bon pour les jeunes de se reconnecter avec la vie de tous les jours. Probablement que vous avez déjà entendu parler que tout le monde dit que les jeunes sont juste devant leurs écrans. De sortir de chez vous, d’aller vous impliquer dans autres choses, de voir autres choses, je pense que c’est ultra important. Cela vous fait rencontrer d’autres personnes. C’est indispensable.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

Oh super ! Méchante question… Plein de choses… J’aime la nature, j’aime me promener. J’ai un peu moins de temps avec la conciliation travail-famille aujourd’hui vu que j’ai des jeunes enfants. Mes enfants m’inspirent beaucoup, ma conjointe m’inspire beaucoup. Tout ce qui est nature, de me promener, de prendre le temps de faire les choses m’inspirent beaucoup.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette et/ou vapoteuse ?

Je n’ai jamais fumé de ma vie et je déteste cela. J’ai déjà eu des occasions de dire que je pouvais fumer, mais je n’ai jamais fumé. Je trouve que c’est hypothéquer notre vie à plus long terme et pour probablement juste avoir l’air « cool ». Cela hypothèque beaucoup notre vie. C’est comme un gâteau au chocolat. Si tu y goûtes, tu as envie d’en manger. C’est un peu cela la cigarette. Si tu n’y touches pas, tu ne sauras pas c’est quoi et tu ne seras pas accro. Je trouve qu’il y a une facilité de nos jours, surtout avec les vapoteuses. Je ne sais pas si beaucoup de jeunes fument encore la cigarette, mais vapoter, je trouve que c’est la pire chose. Je trouve cela plate de voir les jeunes vapoter sur le bord des écoles, surtout secondaires. Il y en n’a pas tant que cela qui vapote, mais c’est flagrant quand tu passes en ville.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Qu’il y a des emplois proches, qu’il y a plein de choses à faire, continuez de vous impliquer comme vous faites là! Je trouve cela génial, cela vous fait sortir de votre coquille et cela va vous servir toute votre vie. Moi, c’est super de voir des personnes comme vous qui s’impliquent dans la réalisation d’entrevues. Ça peut vous servir dans les communications, à faire d’autres entrevues et à communiquer avec des journaux ou autres publications. Je trouve cela super important pour la jeunesse de s’impliquer comme vous le faites.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Bien, l’activité physique c’est primordial! Plus on vieillit, même jeune comme vous autres, je pense que c’est important. Même moi à l’école, je n’étais pas le plus sportif. Je voulais suivre des amis plus sportifs. J’ai mis cela dans ma routine. Je me suis forcé et puis cela a apporté des bonnes répercussions. À faire du sport, cela me permet de me vider l’esprit, de rester en forme. À court terme, encore là, il n’y a pas d’effets néfastes. Plus tu vieillis, je ne suis pas bien vieux, mais je le vois, je ne suis pas en forme. C’est bien important et aussi, je me suis remis au gym. Je me libère l’esprit, je me sens bien. Quand je vais faire une activité avec des amis, je n’ai pas l’impression de mourir. Je peux aussi me jeter par terre avec mes enfants et jouer avec eux sans avoir l’impression de mourir. C’est ultra important, c’est plaisant et cela oxygène. Si cela ne va pas bien et que vous avez des difficultés à faire vos devoirs et bien allez courir en faisant 2 sois le tour de votre maison. Vous serez bien ensuite et serez plus focus sur vos devoirs. Moi, je m’entraîne vers 5 h le matin ces temps-ci et quand je reviens au bureau, je suis plus prêt. Cela aide dans plusieurs sphères de nos vies.


Photo d'Éric Lefebvre et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec Éric Lefebvre, député

Cette entrevue a été réalisée par Corine Bradette, Molee Robidoux et Zachary Lahaie des Comités 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes, de St-Louis-de-Blandford et de Ste-Clotilde-de-Horton.

Comment étiez-vous à l’adolescence?

Jusqu’à 10 ans, j’ai été élevé sur une ferme et, après, on est déménagés à Victoriaville. Au secondaire, j’allais au Collège Clarétain, un collège privé. À l’époque, c’était réservé aux garçons. Alors c’est sûr qu’en étant juste des garçons à l’adolescence, j’avais beaucoup d’énergie. J’aimais bien jouer des tours à mes collègues. Aussi, j’étais très sportif. J’avais choisi d’aller au collège parce que, à l’époque, dans le milieu public, il n’y avait pas le programme « Sports-études » que l’on connaît aujourd’hui. Je savais qu’au collège, on pouvait faire plusieurs sports dans l’après-midi. On avait des sports « intra-muraux » qu’on appelle. On avait beaucoup de groupes sportifs, alors j’avais choisi d’aller au collège pour le sport. Moi, le sport, ça a toujours été important durant mon adolescence. Ce qui est beau de mon histoire d’adolescence, c’est qu’au collège, on passait pratiquement 24 heures par jour ensemble. On développait une amitié qui est très, très forte et très sincère. On vit, à l’adolescence, beaucoup de premières et, des fois, ce sont des choses agréables, mais d’autres fois, des choses plus tristes. Alors on partage ça avec nos amis proches. Quand j’ai fini mon 5ième secondaire, on était quatre amis qui étaient très, très proches. On s’était dit : « On ne peut pas, du jour au lendemain, ne plus se voir. » Alors, on a fait un pacte et on s’était dit : « À la vie, à la mort, on va se voir un weekend par année. » Et ça fait 30 quelques années, même si on est dispersés (un à Ottawa, un à Trois-Rivières, un autre à Lévis et moi à Victoriaville), on passe une fin de semaine les quatre ensembles. On se retrouve et on se remémore des bons souvenirs pour garder notre belle amitié. Ça, ce sont des bons souvenirs de mon adolescence.

Dans quel milieu familial avez-vous grandi?

Ma mère était très impliquée au niveau de notre famille. Mon père était quand même relativement absent, dû au fait que c’est un entrepreneur très impliqué dans ses entreprises. Il avait une entreprise manufacturière et, comme je l’ai dit, quand j’étais plus jeune, vers l’âge de 10 ans, on avait aussi une ferme. Le jour, il travaillait à l’entreprise manufacturière et il avait un employé qui s’occupait de la ferme. Le soir, l’employé quittait à 17h00 et mon père prenait le relais. C’était un homme qui était très, très travaillant. Qui dit travaillant, dit absent au niveau familial, alors c’était ma mère qui s’occupait plus de nous. Ma mère était très impliquée dans les comités de parents. À l’époque, on avait l’enseignement religieux et elle était très croyante et pratiquante.

Quel est votre parcours scolaire?

J’ai fait mon primaire à Notre-Dame des Bois-Francs et à Monseigneur-Côté pour la deuxième partie de mon primaire. J’ai fait mon secondaire au collège Clarétain ici à Victoriaville. Après ça, mon rêve était de devenir policier et j’avais été accepté au cégep de Trois-Rivières. Juste, juste, juste avant de commencer le cégep, on m’a dit que j’avais été refusé à cause de mon dossier médical. J’avais une petite déviation de la colonne. À l’époque, c’était très contingenté, ce qui veut dire qu’il y avait plus de candidats qui voulaient devenir policiers qu’il y avait de places disponibles. Il faillait qu’ils en éliminent. Moi, j’avais été éliminé à cause de ça. J’avais vécu une grosse déception parce que c’était mon rêve de devenir policier. Après ça, ça a été difficile. J’ai arrêté l’école pendant un an, puis j’ai recommencé au cégep de Victoriaville. J’ai fait deux ans là-bas. Ensuite, je suis allé à l’Université du Québec à Trois-Rivières au baccalauréat en éducation physique pour devenir professeur d’éducation physique. J’ai bien aimé ça, mais j’ai vécu une petite anecdote, dans une école primaire, qui m’a beaucoup marqué. Pour les gens qui me connaissent bien, je suis une personne très sensible. Donc, il y a une jeune fille un jour qui est arrivée le matin, j’étais à mon deuxième cours d’éducation physique. Elle m’avait dit : « Éric, c’est quand qu’on va aller dîner? » Je trouvais qu’il était déjà tôt dans la journée et je lui avais dit : « Pourquoi as-tu déjà faim comme ça? » Elle m’avait répondu : « Moi, dans ma journée, j’ai le droit à un bol de « Froot Loops ». Je le mange soit le matin pour déjeuner ou le midi. Si je le mange le matin, ça fait une trop longue journée et je trouve ça trop difficile. » Alors, elle arrivait à l’école à jeun. Elle n’avait rien, rien, rien mangé et elle mangeait son petit bol de « Froot Loops » le midi. Ça, ça m’avait vraiment déchiré, même arraché le cœur. J’étais allé reconduire mon groupe à la classe régulière et j’avais gardé la jeune fille avec moi. À l’époque je m’entraînais beaucoup et j’avais une banane, un muffin et tout ça. Je l’avais emmenée dans mon bureau et elle avait dévoré tout ce que j’avais. J’avais trouvé ça difficile. C’est à partir de ce moment-là que j’ai compris que de 1, je voulais aider la société, m’impliquer dans la société, et que de 2, je n’étais pas capable d’être sur la première ligne. Je veux dire, quand je suis trop collé sur la misère humaine, pour moi, physiquement, c’est trop difficile. À ce moment-là, j’ai décidé de m’impliquer beaucoup. Si vous faites une petite recherche, dans toutes les causes au niveau de la région, je les ai à peu près toutes présidées. Honnêtement, j’ai toujours eu des bons résultats parce que je m’impliquais beaucoup. Je mettais toute mon ardeur pour que ça fonctionne. C’est un choix que j’ai fait de plus m’impliquer dans les causes. Je ne me crois pas capable d’être en première ligne parce que je suis trop sensible.

J’ai fait mon baccalauréat en enseignement de l’éducation physique. J’ai opéré un centre de conditionnement physique pendant 7 ans où les adultes allaient s’entraîner. Puis, en même temps que ça, j’ai commencé à être conseiller municipal et pompier aussi pour la ville. Alors j’ai aussi eu une formation pour être pompier.

Quel a été votre premier emploi payant?

Mon premier emploi payant était au « Service de chauffage Victoriaville ». J’aidais les plombiers, même si c’était 16 ans l’âge minimum et que j’en avais seulement 15, quand j’ai commencé. C’était très difficile parce que souvent, quand les réservoirs à eau chaude étaient très vieux, ils étaient rouillés dans le bas et l’eau ne pouvait pas sortir. Dans ce temps-là, les plombiers sont obligés de changer le réservoir. Mais là, c’était moi l’aide qui devait aller les sortir du sous-sol… Je vous conte une anecdote. La première journée de travail, on est dans une « van » et ils envoient des matériaux pour aller dans le nord du Québec. Il y a des gros rouleaux de fils en bois et ça, c’est très pesant. Alors là, on en roule un sur le côté et je me l’échappe sur l’orteil. Mon orteil a éclaté tellement c’était pesant! En plus, je n’avais pas de bottes en cap d’acier parce que je n’avais pas eu ma première paye pour m’en acheter. J’étais juste en espadrilles. Alors là, je vois que le sang sort déjà de mon espadrille et mon ami qui m’avait fait rentrer au travail m’a dit : « Es-tu correct? » Et je lui ai répondu : « Oui, oui! Je ne veux pas perdre mon job! Je ne veux pas perdre mon job! On continue! » Mais je sentais mon cœur dans mon orteil et, un moment donné, j’avais chaud, ça n’allait plus… Je me suis assis et le patron arrive. Je lui ai dit : « Je m’excuse! Je m’excuse! » Il a vu mon pied plein de sang et m’a dit : « Non, non! Ce n’est pas grave! » Alors, on avait enlevé mon soulier, on avait « tapé » ça. J’avais continué à travailler avec ça… J’avais du cœur au ventre!

Qu’est-ce qui vous a inspiré à faire de la politique?

Le désir de vouloir changer les choses. Depuis mon plus jeune âge, j’écoutais les séances du conseil municipal de la ville de Victoriaville. J’écoutais ça comme une émission. Je trouvais ça intéressant. Aussi, comme je vous ai dit, ce qui s’est passé avec la jeune fille au primaire a fait comme un déclic. Je me suis dit : « Je veux participer au changement. » Je trouvais que c’était inacceptable ce qui arrivait à cette jeune fille-là et je me suis dit : « Je veux faire partie de la solution à quelque part pour aider les gens. » Principalement quand j’ai ouvert mon commerce ici au centre-ville. J’ai participé au regroupement de tous ceux qui avaient des commerces à Victoriaville. Deux mois plus tard, c’était l’Assemblée générale annuelle et ils m’ont élu président. Ils m’ont demandé si je voulais prendre la place de président. Je leur ai dit oui. Sur ce comité-là, il y avait un conseiller municipal qui siégeait là et je commençais à sentir la politique. Je trouvais ça intéressant. Deux ans après, le conseiller qui était au centre-ville s’était présenté à la mairie de Victoriaville, donc son siège devenait vacant. Alors j’ai décidé de prendre sa place.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir ce parti?

Avant la CAQ (Coalition Avenir Québec), il y avait l’ADQ avec M. Mario Dumont comme chef. Moi, déjà à son époque, l’ADQ me rejoignait beaucoup au niveau des valeurs que prônait ce parti politique. Moi, il faut savoir que je suis fédéraliste, ça veut dire que je suis pour que la province du Québec reste à l’intérieur du Canada. Dans mon bureau, il y a toujours les deux drapeaux. Même si je suis un député du Québec, il y a toujours les deux drapeaux dans tous mes bureaux, à Victoriaville, à Plessisville, dans mon cabinet à Québec. Vous allez toujours voir les deux drapeaux parce que moi, je crois que le Québec peut bien se développer à l’intérieur du Canada. Au Québec, il y a quatre partis principaux présentement dont Québec Solidaire et Parti Québécois qui veulent que le Québec se sépare du Canada. Vous comprendrez que, pour moi, quelqu’un qui croit que le Québec devrait être à l’intérieur du Canada, ces deux partis ne me rejoignent pas. Donc, il reste le Parti Libéral et la CAQ. Je ne veux pas faire de la petite politique, mais avec ce qui est arrivé à l’intérieur du Parti Libéral, pour moi, c’étaient des valeurs qui ne me rejoignaient pas. M. Legault est un entrepreneur et moi, je suis aussi un entrepreneur aussi. Alors l’idée de faire avancer les choses plus rapidement… Quand j’ai été approché par la Coalition Avenir Québec, la première chose que j’ai demandée à la personne était une rencontre avec M. Legault. Quand on s’est rencontrés, je lui ai dit : « J’ai une question pour vous. » Il faut savoir que M. Legault, qui est le chef de la CAQ, était au Parti Québécois auparavant, dans un parti qui voulait séparer le Québec du Canada. Alors, la première question que je lui ai demandée était : « M. Legault, est-ce que vous pensez qu’un jour vous allez vouloir ramener l’idée de séparer le Québec du Canada? Si c’est votre choix, votre vision, moi, ce n’est pas la mienne, alors je ne pourrais pas être dans votre équipe. » M. Legault m’a dit : « Non, nous ne sommes plus à réfléchir à séparer le Québec du Canada. On va essayer par contre d’emmener le plus de pouvoir possible au Québec, en rapport avec le Gouvernement fédéral. Ramener le plus de pouvoir au Québec, tout en restant à l’intérieur de la grande famille du Canada. » À partir de là, j’ai décidé de sauter dans l’aventure avec M. Legault

Y a-t-il des réalisations ou des projets de votre parti dont vous êtes particulièrement fier ?

Oui. Il y en a plusieurs. Nos trois grands objectifs étaient l’éducation, la santé et l’économie. Ça, pour nous, ce sont les trois grands thèmes. Pour moi, que M. Legault dise que l’éducation c’est notre grande priorité, ça vient me chercher beaucoup. Je le dis toujours : « Moi, je travaille pour le Québec de demain et le Québec de demain, c’est vous. » Alors, l’éducation, c’est la même chose. Si on vous donne tous les outils pour que vous puissiez avoir une bonne éducation, vous allez être en mesure de prendre de bonnes décisions pour votre Québec de demain à vous. Pour moi, ça, c’est très important. Je dois vous avouer que je suis très sensible à ce qu’on mette en place les maternelles quatre ans parce que là, en ce moment, ce sont des maternelles cinq ans. Nous, on voudrait que ça commence plus tôt à quatre ans. La raison pour laquelle on aimerait que la maternelle commence à quatre ans ? C’est pour trouver, dépister les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. Comme moi, ma dernière fille, elle est déficiente intellectuelle. Si Marie-Éden avait été prise plus tôt, on aurait peut-être été capable de l’aider un petit peu plus dans son développement. Alors, c’est sûr qu’en ayant un enfant différent, ça me touche beaucoup de savoir que, si on commence plus tôt à dépister des enfants, nous allons pouvoir les aider à se développer. Au niveau de l’éducation, pour moi, c’est primordial. Au niveau de la santé, tout ce qui est au niveau du système de santé me touche aussi… Et l’économie… Je suis un entrepreneur, j’ai tout le temps été un homme d’affaires. Encore aujourd’hui, j’ai des immeubles ici. Cet après-midi, j’ai signé une location d’un immeuble que j’avais et qui était vide depuis cinq ans. Alors, disons que je suis content aujourd’hui, c’est une belle journée. (Rires) Ça faisait cinq ans qu’il était vide et je commençais à trouver ça assez pénible. Alors, c’est ça, j’ai toujours été un entrepreneur et, pour moi, l’économie, c’est important. Que l’on puisse avoir une économie qui est prospère, qui permette aux gens d’avoir des emplois de qualité avec un salaire décent. Si les gens ont des emplois, ils vont payer des taxes parce que si tu gagnes 10$/heure, il y a quatre dollars que tu retournes au gouvernement. Avec ces quatre dollars-là, on paye l’éducation, les services en santé. Moi, je me dis que, plus on réussit à avoir des « jobs » intéressants et payants pour les Québécois et les Québécoises, plus on a de sous pour se donner de bons services de qualité. C’est une roue. L’économie, pour moi, c’est très important.

Quel est le plus gros risque que vous ayez pris dans votre carrière?

Le plus gros risque est à 200 pieds d’ici. C’est quand j’ai parti mon restaurant-bar Le Caméléon. Quand j’ai parti ça, c’était sur un coup de tête. Je vous avais dit tantôt que j’avais été sept ans entraîneur dans un centre de conditionnement physique, comme gestionnaire, comme directeur général. Une fois, en terminant à 21h00, je voulais aller prendre une bière. Alors, je suis allé prendre une bière dans un bar et j’étais au début de la vingtaine. Je suis arrivé là et j’avais l’impression que tous les jeunes me regardaient en se disant : « T’es pas à ta place. » Alors, je me suis dit : « Si moi, au début de la vingtaine, je ne suis pas à ma place, comment les gens de 25, 40, 60 ans se sentent quand ils viennent ici, s’ils n’ont pas de place pour les personnes un peu plus vieilles lorsqu’elles se rencontrent et viennent discuter? » Je m’étais dit : « Je vais me partir un petit bar pour les 25 ans et plus, avec de la musique des années 70, pour que les gens puissent socialiser ensemble. » C’est parti comme ça. En fin de compte, il m’est arrivé la grosse bâtisse qui est juste de l’autre côté de la rue. Elle est immense. Je l’avais trouvée vraiment belle. Alors j’ai signé la location du bâtiment, mais je n’avais pas encore reçu mon prêt pour mon projet… (Rires) Alors, si tu dis que c’est un grand risque, c’en est un très, très grand. C’est l’innocence de la jeunesse. Moi, j’étais dans mon projet et j’y croyais tellement. J’ai été voir la caisse Desjardins pour qu’elle me prête des sous, mais elle ne croyait pas en mon projet. Après ça, j’ai été voir la Banque Nationale et toutes les autres institutions financières qui peuvent nous prêter des sous. Ils m’ont tous dit non, sauf la dernière. La Banque Royale m’a dit qu’elle croyait en mon projet et qu’elle allait me prêter des sous. Ça a été un très grand soulagement pour moi et l’histoire a bien tourné. Deux ans plus tard, à la Chambre de commerce, pour la première fois, il y avait quelqu’un qui gagnait deux fois deux Lauréats d’excellence. J’avais été nommé « Jeune entrepreneur de l’année » et mon commerce avait été nommé « Commerce de détail de l’année. ». L’année d’après, j’avais été finaliste au niveau de toutes les Chambres de commerces du Québec pour un prix qui s’appelle « Les Mercuriades ». C’est la plus grosse reconnaissance de l’industrie des commerces au Québec. J’étais finaliste dans la catégorie « Entrepreneurship ». J’étais bien, bien fier de ça. Quand j’avais ouvert, j’avais 12 employés le 16 décembre 1999 et, six ans plus tard, quand j’ai vendu le 1er juin 2006, j’avais 90 employés. J’avais fait trois agrandissements. Ça avait été un beau succès.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez?

C’est de rencontrer les citoyens, quand je réussis à faire avancer un dossier et quand mes employés rentrent dans mon bureau en pleurant parce qu’ils sont contents qu’un dossier a été réglé. Ça, pour moi, c’est ma paye. Autant pour mes attachés politiques, quand on réussit à régler des dossiers des citoyens, c’est ce qu’il y a de plus gratifiant.

Si vous étiez Premier ministre, que changeriez-vous?

Premièrement, je n’ai aucune ambition d’être Premier ministre! (Rires) Honnêtement, c’est une très bonne question. Ce que je changerais… On tente de le faire présentement, M. Legault et l’équipe, mais la plus grosse problématique, c’est que le gouvernement du Québec a beaucoup d’employés, des dizaines de milliers d’employés… Alors c’est beaucoup, beaucoup de monde. Il y a beaucoup de bureaucratie. La bureaucratie, ça veut dire que ce sont des rapports à remplir. Quand on a une demande pour quelque chose, il faut remplir des questionnaires et, des fois, les questionnaires sont très volumineux à remplir. C’est quelque chose que l’on travaille déjà dessus. Ce serait une priorité pour moi. M. Legault, c’est quelque chose qui lui tient à cœur de diminuer la paperasse pour devenir plus efficace. L’efficacité, pour moi, c’est un dossier qui est très important.

Quelle est l’importance que vous accordez à l’environnement?

Un grande, grande, grande importance. Nous vivons tous sur la même Terre. Quand on parle de gaz à effets de serre au Québec, pour moi, il ne faut pas voir ça province par province, pas voir ça pays par pays. Il faut voir l’ensemble de ce qui se fait au niveau de l’environnement. On a un grand défi. On a le privilège d’avoir une très, très grande richesse ici qui est l’électricité. C’est l’hydroélectricité qui est faite avec l’eau. Alors, c’est une énergie propre. On se doit de l’exploiter au maximum pour en vendre à nos voisins qui utilisent de l’énergie qui est beaucoup moins propre. Il faut savoir que l’on est quand même très bien classé au niveau des gaz à effet de serre, au niveau de l’Amérique du Nord. On a encore un travail à faire et c’est primordial pour moi l’environnement.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est?

C’est quelque chose que j’ai vécu quand je vous ai raconté ma petite histoire quand j’ai voulu être policier. J’avais été refusé… Alors des fois, on se fait l’image qu’on met un genou par terre parce que là, j’avais vécu un échec, mais c’est de se relever et de poursuivre. Après ça, j’ai fait mon baccalauréat en enseignement de l’activité physique. Là est arrivée ma formation en pompier, mais j’avais des lunettes. On ne peut en avoir quand on est pompier à cause des instruments respiratoires que l’on met et tout ça. Alors là, je devais me faire opérer pour les yeux pour pouvoir être pompier. Au début l’opération aux yeux, ce n’était pas encore très connu. Il n’y avait pas une grosse garantie de succès, mais je voulais tellement. Il y avait une forme de risque que je perde ma vue à l’époque et il fallait signer comme quoi on pouvait peut-être perdre la vue. Je voulais tellement que je m’étais dit : « Je prends le risque. » Pour moi, la persévérance, je pense que quand les gens me donnent des qualités, c’est quelque chose qui est reconnu chez moi, même en politique. Il faut savoir qu’avant d’être ici, j’avais vécu mes deux premières victoires comme conseiller municipal. Après, j’ai été défait dans une campagne au fédéral, j’ai été défait dans une campagne au niveau municipal. J’aurais pu me dire après ça : « Moi, j’arrête. » Je veux aider, je vous ai dit que mon objectif, en politique, était de changer les choses. Là, j’aurais pu dire, après deux échecs : « Là, je passe à autre chose. » Après ça, j’ai eu l’appel de M. Legault et j’ai décidé de me représenter. Moi, je savais que c’était ma dernière tentative. C’était clair que si mon offre de service n’était pas acceptée par la population, parce que je dis toujours : « Quand tu te présentes, tu fais une offre de service à la population », je retournerais dans le monde des affaires. Je ferais d’autres choses. À ma première élection partielle, j’avais été agréablement surpris. De mémoire, j’avais eu 44 ou 45% des intentions de vote. À la dernière campagne, j’ai obtenu 62%, soit la troisième plus grosse majorité au Québec avec 25 500 de majorité. Alors, j’ai pris ça comme une belle tape dans le dos de la population.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région?

De faire exactement ce que vous faites-là, de vous impliquer et, je l’ai dit, le Québec de demain, c’est vous autres. C’est à vous de commencer à vous impliquer et de faire connaître c’est quoi vos intentions. Plus tôt, vous m’avez parlé d’environnement. On le sent que vous, les jeunes, vous êtes de plus en plus sensibles à l’environnement, à ce qu’on fait. Les gestes que vous nous montrez et auxquels vous nous sensibilisez, c’est ça qui fait que l’on peut avancer ensemble. C’est de travailler avec vous et de continuer de vous impliquer. Une des choses en ce moment qui se perd un peu, c’est l’implication, c’est le bénévolat. On a de la difficulté à recruter des jeunes qui s’impliquent au niveau de la communauté. Premièrement, c’est une grande richesse collective les bénévoles. Moi, je dis toujours que si on devait payer chacun des bénévoles qui s’impliquent dans une organisation, comme gouvernement ou municipalité, on ne serait pas en mesure de le faire. Le fait qu’il y ait des bénévoles, ça nous permet d’avoir des festivals où vous allez et où vous vous dites : « Crime, c’est le fun chez nous. Ça bouge, il y a de belles activités. » C’est grâce aux bénévoles qui s’impliquent dans ces activités que ça nous permet d’avoir ça. Si j’ai un petit message, ça va être de dire aux jeunes, on a besoin que vous vous impliquiez comme bénévoles dans nos activités pour avoir de la relève.

Quelle importance devons-nous accorder à l’activité physique?

En étant éducateur physique et en étant impliqué dans le volet de la santé, j’ai un esprit sain dans un corps sain. C’est important de bouger, de bien s’alimenter. Je dis toujours : « On parle beaucoup du réseau de la santé, des hôpitaux, de l’urgence, que c’est long quand on y va et que l’on attend. Plus on va avoir de personnes en santé, moins on va avoir de personnes à l’hôpital, à l’urgence. On a une part de responsabilité aussi. Si les gens font attention, on va être moins à l’hôpital, on va dégager l’urgence. C’est une roue. Mais c’est très, très important. C’est une des choses que je trouve le plus difficile dans ma nouvelle vie présentement. Je n’ai plus beaucoup de temps pour en faire et ça, ça me manque beaucoup. Je suis plus fatigué. J’arrive chez nous à Québec à 22h30 et ça commence très tôt le lendemain matin… C’est du temps qu’il me manque. Mon plus gros défi personnel, c’est le temps. Je manque de temps. C’est quelque chose qui me manque beaucoup parce que, avant d’être député, je jouais au hockey deux à trois fois par semaine. C’était vraiment pour moi. C’était ma soupape. J’étais avec mes amis. Je bougeais, je faisais du sport, je faisais augmenter mes pulsations cardiaques, travailler mon cœur, mes muscles. Là, je n’ai plus de temps et ça me manque beaucoup.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse?

(Rires) Je suis 2 000% contre. (Rires) Pour moi, c’est contre mes valeurs. Je n’ai jamais pris de drogue de ma vie. J’ai fumé sur une petite période, une ou deux cigarettes pour je ne sais quelles raisons. C’est tellement nocif et je vois des choses des fois sur Facebook maintenant… Le fait de mettre des saveurs, les gens ne se rendent pas compte. Ça goûte le raisin, les cerises, tout ça, alors, on a banalisé un peu cette consommation de vapotage. C’est tellement nocif. Je ne sais pas si vous avez vu pour la cigarette, le vase en verre avec la ouate. Ils font tirer la nicotine et la ouate devient toutes jaunes et noires. Eh bien! c’est la même chose pour nos poumons. Alors ça, des choses comme ça, il faut vraiment que nos jeunes voient ça. Ils doivent voir les effets néfastes que ça fait. Et tant qu’à être dans le vapotage, c’est la même chose pour les drogues. Quand M. Trudeau a dit qu’il légalisait le cannabis, j’étais hors de moi. Je suis contre ça. C’est de banaliser la consommation de drogues chez nos jeunes. On a voulu et on le fait, repousser l’âge légal de 18 ans à 21 ans. Le Canada décidait que c’était légal, mais il donnait à toutes les provinces la liberté de mettre en place l’âge légal. Nous, à l’époque, c’étaient les libéraux qui étaient là. Ils ont dit que l’âge légal allait être 18 ans. Nous, quand nous sommes arrivés au gouvernement, on a dit non. On va repousser plus tard parce qu’on veut essayer d’éloigner… Il faut savoir qu’on a la chance d’avoir dans notre équipe le docteur Lionel Carmant. Il est un neuroscientifique et maintenant médecin. Il nous expliquait que le cerveau se développait jusqu’à l’âge de 25 ans. En consommant du cannabis, on vient nuire au développement du cerveau. Alors pour moi, c’est complètement aberrant.