Entrevue avec Mme Sarah Grenier-Martin, mannequin

Entrevue avec Mme Sarah Grenier-Martinmannequin professionnelle réalisée par Maïna Tanguay, Rosalie Bousquet et Jade Fortier 
des Comités 12-18 de St-Pierre-Baptiste et de Lefebvre. 

Dans quel genre de famille avez-vous grandi ? 

En fait moi je suis la plus vieille. On est 3 filles, donc j’ai 2 sœurs plus jeunes. Ma plus jeune sœur a 10 ans de différence avec moi. Ce sont les 2 mêmes parents et mes deux parents étaient enseignants au secondaire. Mes parents ont divorcé quand j’avais 11 ans. J’habitais à Acton Vale à l’époque et par la suite nous avons déménagé à Drummondville. 

Adolescente, comment étiez-vous ? 

Adolescente j’étais très gênée. Je le suis encore aujourd’hui même avec l’âge. Mais comme j’ai grandi super vite, j’étais plus grande que toutes mes amies et les gars, donc j’étais super complexée et très timide au secondaire. Ça m’a pris plusieurs années avant de me sentir mieux dans mon corps. 

D’où vous êtes-vous venu le désir d’être mannequin ? 

En fait, je ne voulais vraiment pas devenir mannequin. J’étais tellement gênée que c’était vraiment quelque chose qui me repoussait un peu si je peux dire. Comment ça commencé ?  C’était à l’école secondaire. Il y avait une dame qui organisait un défilé et toutes mes amies s’étaient inscrites à ce défilé-là. Sur l’heure du diner, je me ramassais seule si je ne le faisais pas. Alors c’est pour ça que j’ai accepté. C’est à partir de ce moment-là que je me suis fait recruter par une agence. C’est comme ça que ça commencé. 

Pourquoi avez-vous choisi d’être mannequin et non figurante ? 

Ce sont les opportunités qui se sont présentées à moi. Donc j’ai décidé de commencer mannequin. Figurante parfois, il faut parler quand ce sont des rôles premiers ou secondaires. J’étais vraiment trop gênée pour ça. Ce que j’aimais du mannequin, c’est seulement du acting sans parler. Ça m’arrangeait aussi. 

Comment avez-vous débuté votre carrière ? 

J’ai gagné un concours aux galeries de St-Hyacinthe. Ce concours était pour devenir mannequin pour les galeries de St-Hyacinthe, donc j’ai gagné le premier prix. À partir de là, j’ai eu un cours avec l’agence Ema, à Drummondville. Ensuite j’ai été recrutée par une agence à Montréal et ainsi de suite. 

Est-ce qu’il y a des personnes qui ont nui à votre cheminement ? 

Oui beaucoup. Il y avait beaucoup de jalousie. Des gens qui ne comprenaient pas pourquoi je voulais faire ça. Il y avait aussi beaucoup de préjugés par rapport à ce métier-là. Ce n’est pas un métier qui est commun, surtout que j’ai commencé à 13 ans. Au début, il y avait beaucoup de jugement de gens qui ne comprenaient pas ou bien qui s’inquiétaient. Ensuite, c’est certain que c’est un milieu compétitif entre plusieurs filles. Parfois, on arrive pour un casting avec 100 filles pour le même travail. 

À quoi ressemble votre parcours académique ? 

Je n’aimais pas l’école secondaire. Je ne vais pas vous mentir et vous dire que j’aimais l’école. J’ai une façon très différente d’apprendre. Je suis plus autodidacte. Je trouvais ça long à l’école et ce n’était pas quelque chose qui me plaisait. En secondaire 2, j’ai annoncé à mes parents que je quittais l’école pour faire un DEP en ébénisterie. Mes parents n’étaient pas d’accord, c’est certain. Mais maintenant, je les remercie de m’avoir obligée à terminer mon secondaire. Comme j’avais des difficultés académiques, j’ai fait mon secondaire 5 et j’ai terminé mes mathématiques aux adultes. Quelques années plus tard, car j’avais déjà commencé mannequin, je suis retournée faire des cours. Peut-être 10 ans plus tard, je suis retournée à l’école pour faire d’autres formations. 

Avec quelle agence avez-vous commencé votre carrière ? 

J’ai commencé avec l’agence Ema à Drummondville. Ensuite, j’ai été avec Montage qui est située à Montréal. Ensuite je me suis fait recruter par une autre agence à Montréal qui s’appelle Next Canada. Au total, je crois avoir eu 7 ou 8 agences partout dans le monde. Je voyageais à Paris, à Londres, à New York, à Amsterdam, au Portugal. Donc j’avais plusieurs agences qui me « bookaient » différents contrats. C’était le fun cette étape-là. 

À votre premier défilé, comment vous êtes-vous sentie ? 

Mon premier défilé, j’étais terrorisée. J’avais vraiment peur, je ne vais pas vous mentir et vous dire que j’étais confiante et que j’allais bien. J’avais chaud, je n’étais vraiment pas bien. L’adrénaline qui monte et la gêne... Je vous parle surtout des gros « Fashion Week » que j’ai faits. Les petits défilés, j’étais nerveuse, mais j’aimais ça. Mais quand je suis arrivée à l’international ou à Montréal au « Fashion Week », j’avais le trac avant les shows. Mais une fois que tu l’as fait, tu es fière de toi. C’est comme n’importe quoi dans la vie. Des fois vous allez avoir des défis qui vont vous faire peur. On n’a pas le goût parce que ça nous rend mal à l’aise. Mais une fois qu’on l’a accompli, qu’on l’a fait, on est fier de soi. Je suis contente de l’avoir fait même si ça me faisait vraiment peur au début. 

Comparez-vous votre physique avec d’autres mannequins ? 

Je l’ai fait beaucoup dans les premières années quand j’ai commencé, car j’avais 13 ans. Et oui, je me comparais beaucoup. Par contre, j’ai appris avec le temps à ne pas me comparer aux autres. Chaque personne est unique, chaque personne est différente. Je sais que c’est cliché de le dire, mais c’est tellement vrai. Chaque personne a ses propres critères de beauté. Moi je n’ai pas les dents parfaites et mon agence avait refusé que je me les refasse. Mes palettes sont repoussées et j’ai un gros grain de beauté. Ça me rend unique. Comme vous, vous êtes uniques. Chacune de vous avez un détail particulier. C’est la même chose dans le milieu de la mode. Il faut juste apprendre à s’aimer soi-même avec ses forces et ses propres critères. J’ai arrêté de me comparer vite faite. Tout ce que ça faisait, c’était de me rendre malheureuse. Des belles filles, il y en a tout le temps. Surtout quand tu arrives dans un casting avec plein de belles filles. Tu fais juste te dire que moi je suis moi. Il ne faut pas prendre un refus comme quelque chose de personnel. Moi je le voyais vraiment comme un travail. Si je plais au client bien tant mieux! Sinon ce n’est pas grave, on continue de vivre. 

Quels sont vos futurs projets ? 

Présentement, je suis directrice au développement d’affaires pour la compagnie Beaulieu Revêtement. Je travaille en construction. J’ai pris cette décision-là il y a deux ans, de changer de carrière, de milieu, d’apprendre quelque chose de nouveau. Je vais chercher de nouveaux clients pour la compagnie. J’aime vraiment ça. J’ai sorti de ma zone de confort de beaucoup ! Je suis arrivée là-bas, je ne connaissais rien du domaine de la construction. Je me demandais ce que j’allais faire ici.  Finalement, ça bien été. Je me débrouille bien. 

Quelles sont les choses les plus importantes à savoir concernant le métier de mannequin ? 

C’est une vraie carrière. Quand on regarde ça sur les réseaux sociaux, ça a l’air magique : on reçoit des sacoches, de beaux vêtements, on voyage tout le temps. Mais la réalité des mannequins qui travaillent, ce n’est pas ça du tout. C’est comme une vrai job. Tu te lèves le matin, tu as des castings, tu travailles des journées entières à faire des shootings photos avec des clients. C’est un vrai travail. Ça ne demande pas juste une photo de moi et ok c’est fait ! Des shootings photos, on peut travailler des 8 heures de temps. Tu te fais maquiller, peigner différemment 15 fois, ils te changent tout le temps. Donc c’est très exigeant comme métier. Ce n’est pas juste le glamour qu’on voit.  

Croyez-vous qu’il est possible de réussir dans ce domaine sans être trop mince et pas très grande ? 

Absolument ! Le marché a changé beaucoup dans les dernières années. J’ai placé 2 filles qui sont dans une agence, car j’ai fait du placement aussi. Il y en a une qui est « curvy » et l’autre mesurait 5 pieds 7 poucesCe qui sort des anciens critères d’agences. Donc oui, le marché a vraiment changé maintenant. Je pense qu’il va changer encore plus dans les années à venir. 

Quelles sont vos forces ? 

Je pense que je suis très curieuse et je suis déterminée. Quand je me fixe un objectif, même si ça prend du temps, j’aime ça y arriver. La curiosité et l’ouverture d’esprit, je pense que ce sont vraiment mes forces. 

Qu’est-ce qui vous passionne le plus ? 

Je pense que c’est le développement personnel. Car je n’ai pas eu le choix d’apprendre à travailler sur moi pour devenir une meilleure personne. Sinon tout ce qui est aux arts. La beauté, les vêtements, les artistes, les peintres, les sculpteurs, peu importe, tout ce qui est relié aux arts est pour moi une passion. Ce qui touche la décoration, faire des meubles, des choses comme ça, j’adore ça. 

Pour vous la persévérance scolaire c’est ? 

La persévérance scolaire, pour moi, c’est de faire de son mieux. Pas nécessairement avoir de bonnes notes, en tout cas pour moi, je n’ai jamais eu de bonnes notes à l’école, sauf en arts plastiques, où j’ai eu 100. J’avais plus des notes proches du 60 si on peut dire. Je pense que c’est juste de faire de son mieux. D’être fier de soi-même même quand on ne réussit pas. De continuer même si c’est difficile. Il y a des journées, je me rappelle, ou j’arrivais de l’école en pleurant à cause de mes mauvaises notes. Je me dévalorisais beaucoup par rapport à ça, en pensant que je n’étais pas intelligente. Mais il y a tellement de sortes d’intelligence, tellement de façons de réussir que je pense que c’est ça la persévérance. Même quand ce sont des journées difficiles de continuer, il faut croire en soi, même si des fois c’est plus difficile. 

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ? 

Je vous trouve courageux et courageuses, surtout avec cette année, vous avez eu beaucoup de défis, beaucoup d’adaptation à vivre. Vous êtes lancés d’un côté et de l’autre et je trouve admirable de vous voir aller. Chapeau à vous ! Je trouve ça « hot » votre capacité d’adaptation ! 

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans sa municipalité ? 

Je vous trouve admirable ! Je trouve ça très « cool ». Justement hier, quand j’ai lu la question, je trouvais que c’était tout en votre honneur. Premièrement, ça vous ouvre les yeux sur un monde différent, ça vous permet de rencontrer des gens différents. Quand vous allez sortir du secondaire, quand vous allez devenir des adultes, vous allez tellement être fiers de vous. Ça vous fait ouvrir les yeux sur un monde qui vous amène vers des chemins vers lesquels vous n’auriez pas pensé aller. Vous allez peut-être trouver votre passion à travers ça. Je vous félicite ! Je trouve ça très génial que vous ayez le courage et le « guts » de faire quelque chose comme ça.  

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ? 

Quand j’étais plus jeune, je n’aimais vraiment pas faire du sport. Je suis de celles qui a fait l’inverse de ce qu’elle devait faire. Je n’aimais pas faire du sport, je n’aimais pas bouger. J’ai appris en vieillissant et avec le mannequinat. Tu n’as pas le choix de garder une certaine forme et à l’époque, c’était plus sévère. Pour la santé mentale et physique, c’est tellement important. Moi je fais du yoga. Ce n’est pas un gros sport, mais c’est mon activité physique à moi, dans ma petite bulle. J’en fais tous les jours. Sinon je marche. Il faut vraiment trouver son sport ou son activité physique qui nous fait du bien. Maintenant je ne pourrais plus m’en passer. Ça fait vraiment partie de ma routine bien-être. Ce n’est pas de s’entrainer pour avoir un corps parfait, ce n’est vraiment pas ça le but. Le but, c’est de se sentir bien, avoir plus d’énergie après. C’est ça qui est important. 

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse ? 

Ah mon dieu ! Ça aussi ! J’ai fumé quand j’étais jeune. Sérieusement, si c’était à refaire, je n’aurais jamais fait ça. On pense qu’on est « cool » quand on fume avec la cigarette ou la vapoteuse. Mais au contraire, on ne l’est pas du tout. Je pense que si c’était à refaire, je n’aurais jamais dû commencer à faire ça. Ça n’apporte rien de bon. Un, tu pues et détruis ta santéMême si je vous les répète, vous connaissez déjà la liste des effets néfastes. Vous vous le faites dire souvent. Ça ne rend pas justice à ce que l’on pense que c’est. On n’est pas « cool » quand on fume, au contraire. 

 


Entrevue avec Mme Maryline Gaucher, réserviste des Forces Armées Canadiennes

Entrevue avec Maryline Gaucher, réserviste des Forces Armées du Canada, réalisée par Caryne Carrier et Xavier Bibeau, des Comités 12-18 de Lyster et Durham-Sud. 

Premièrement, qu’est-ce qui vous a poussé à devenir militaire ? 

Dans le fond, je vais juste commencer par clarifier que la réserve c’est du temps partiel. Donc moi, ce que je voulais était un métier à temps partiel parce j’étais aux études. J’allais au collège faire une technique de Transformation des aliments et je cherchais seulement un métier à temps partiel qui allait concorder avec mes études. En même temps, c’est un travail de fin de semaine, on s’entend. Ça interférait pas du tout avec mes études. J’avais vraiment envie d’un emploi qui était différent. On s’entend que l’armée, c’est vraiment différent. Je voulais un métier qui allait démontrer de la cohésion et où on travaillerait tous en équipe, qu’on allait apprendre des trucs qu’on apprend nulle part ailleurstu n’as pas besoin de permis et tu peux tirer de l’arme à feu. C’est comme une grosse famille et moi on m’avait un peu vendu cette idée-là. J’étais vraiment allumée par ça. En plus, il n’y a aucun métier qui ressemble à ça. L’armée est tellement flexible en plus. Si j’avais un examen le lundi matin, j’avais le droit de ne pas être là la fin de semaine d’entrainement, car la réserve priorise beaucoup les études. Il n’y avait aucun autre emploi qui concordait plus que ça avec mes études. Je voulais aussi avoir des défis, parce qu’on s’entend que l’armée a beaucoup de défis, mais ce sont tous des défis qui sont relevables. Ça fait juste t’améliorer en tant que personne. Il n’y a rien de négatif pour être honnête. C’est pour ça que je me suis lancée. Je n’y connaissais rien au monde de l’armée et quand je suis entrée, j’ai tout appris au fur et à mesure. Çvraiment bien été. C’est sûr que c’est stressant, mais pour vrai, c’est vraiment le plus beau geste que j’ai fait dans ma vie. Dans le fond moi, c’était du temps partiel, que j’ai fait durant mes trois années au collège. En ce moment, je fais du temps plein avec la réserve. Donc oui, il y a moyen de travailler à temps plein même si on est dans la réserve à temps partiel. La réserve permet de travailler à temps plein et à temps partiel. C’est parfait pour quelqu’un comme moi qui n’est pas trop certaine de ce qu’elle veut faire. Donc c’est un peu pour toutes ces raisons-là que je suis entrée dans la réserve. En plus, nous n’avons pas de contrat. Donc on peut entrer dans la réserve et quitter si on n’aime pas ça ou s’il y a quoique ce soit qui ne fonctionne pas avec notre vie.  

Ça prend quel âge pour entrer dans l’armée ? 

Dans le fond, vous pouvez entrer dans l’armée à partir de 16 ans et c’est maximum 57 ans. Si vous avez 16-17 ans, ça prend l’autorisation de l’un des deux parents. Ils font seulement signer et être présents lors de vos rendez-vous dans le processus d’enrôlement. Ensuite vous pouvez opérer dans la réserve sans problème. C’est à partir de 16 ans que vous pouvez appliquer en ligne sur le site www.force.ca  

Est-ce que vos parents vous ont toujours appuyée dans votre décision ? 

Je vous dirais que ça dépendait. Ma mère a été la seule à être 100% avec moi dans cette aventure-là au début parce que souvent ça fait peur aux parents. C’est l’armée, donc là, ils se demandent : « Ok, là mon enfant va-t-il s’en aller au front. » C’est ça qui fait vraiment peur. Mais une fois que nous sommes dans l’armée, qu’on en parle et qu’ils savent vraiment c’est quoi, la « game » change vraiment beaucoup. Â ce moment-là, quand je suis entrée, j’avais 17 ans, donc ça me prenait le consentement d’un parent et c’était ma mère bien entendu. Mon père n’était vraiment pas d’accord avec l’idée. Il se disait que j’allais perdre mon temps, que j’allais mettre trop d’emphase sur l’armée, que j’allais perdre le focus sur mes études. Donc il n’était pas très ouvert à l’idée, mais je l’ai fait quand même. Je vous dis ça en ce moment parce que je veux justement que vous n’ayez aucune peur et que vous puissiez vous lancer si c’est un frein pour vous. Il y avait également mon grand-père, il n’était tellement pas d’accord qu’on ne lui a même pas dit que j’étais encore rentrée dans l’armée. Je faisais mes cours à l’été 2016, à Valcartier, et ma mère inventait quelque chose parce que je n’étais pas là. Elle ne voulait pas lui dire tout de suite car elle ne se sentait pas prête. Du moment où j’étais bien intégrée dans l’armée et que je savais de quoi je parlais, tout le monde est devenu d’accord avec l’idée que je sois dans la réserve. C’est vraiment en le faisant que l’on convainc le monde. Donc c’est ça !! Au début il y avait seulement ma mère et maintenant tout le monde est d’accord !  

Il y a combien de métier dans l’armée ? 

Il y en a beaucoup. Dans le fond, dans la force régulière, il y a environ 100 métiers. Quand je dis régulière, c’est l’armée à temps plein. Il y a beaucoup plus de métiers à temps plein, ça c’est normal. Mais pour ce qui est du temps partiel, donc la réserve, on en compte une vingtaine. Nous dans le 6e bataillon, on est une unité d’infanterie, on a 5 métiers qui sont offerts. Je vais vous les énumérer : Il y a Soldat d’infanterie, je vais vous énumérer tantôt un peu ce que ça veut dire, Officier d’infanterie, ce sont eux qui gèrent les Soldats d’infanterie, sinon nous avons des Administrateurs en ressources humaines, Administrateurs en services financiers, ce sont eux qui vont s’occuper du côté administratif, de nos dossiers, de nos payes, ce qui touche au déploiement, bref tout ce qui touche aux papiers. Sinon nous avons des musiciens dans le bataillon. Ce sont donc les 5 métiers qui sont offerts dans notre unité à St-Hyacinthe et Drummondville. Dans la réserve, il y aussi des métiers de support. Comme par exemple à St-Hubert, il y a le 34e bataillon de service, tu peux être cuisinier, chauffeur de véhicules militaires, mécanicien, technicien en approvisionnement. C’est comme si vous aviez une grosse « shop » et que vous deviez fournir du matériel pour les exercices. Vous pouvez être technicien en armement, travailler dans les communications, bref il y en a beaucoup ! Sinon à Trois-Rivières, il y a la marine et il y a de l’artillerie. Dans la marine, il y a pas mal tous les métiers que je vous ai énumérés juste avant. La majorité dise ce qu’ils font, un cuisinier, c’est un cuisinier. On s’entend que c’est un emploi à temps partiel, mais il y a moyen de trouver quelque chose qui plait aux gens habituellement. 

Sinon est-ce qui y a beaucoup de femmes qui pratiquent ces métiers-là ? 

Je vous dirais que ça dépend du métier que vous faites. En ce moment dans l’armée, ils essaient vraiment d’avoir plus de femmes, parce qu’on veut que ça soit représentatif de la population. Moi je suis une soldat d’infanterie, donc mon métier c’est de jouer avec des armes, de connaître les tactiques de guerre, etc. Donc dans mon métier, il doit y avoir 4 femmes actives qui sont dans un peloton de 40 personnes par exemple.  Donc c’est sûr que ce n’est pas beaucoup, mais on veut augmenter cet effectif-là. On ne veut pas discriminer les femmes en soi. C’est sûr que nous sommes encore à travailler là-dessus, surtout que c’est plus un métier d’homme, on s’entend. C’est certain que c’est plus physique, c’est plus difficile, mais on veut des filles. On veut montrer qu’on est capable de le faire et c’est pour ça qu’en ce moment, les métiers plus de combat, il y a moins de femme. Mais sinon pour les métiers plus d’administrateurs, ressources humaines, etc., il y a beaucoup de femmes quand même. C’est sûr qu’en ce moment, le ratio, l’armée aimerait être à 25% de femmes, donc ça vous dit que présentement, c’est moins que ça !  

Quel est le salaire dans l’armée ? 

Il faut que vous sachiez que le salaire varie vraiment en fonction du grade. Quand vous rentrez comme soldat recru, vous allez avoir le plus petit salaire, ça commence à 96$ par jour. Mais ça augmente très vite parce que chaque grade, exemple que vous êtes soldat, à chaque année, ça va augmenter. Mettons que vous êtes soldat durant 3 ans, vous allez tomber soldat 3 un moment donné, vous allez augmenter à chaque fois. Un jour vous allez tomber caporal et ça va augmenter encore. Ça commence à 96$ par jour et quand vous êtes caporal, c’est 152.98$ par jour. Moi par exemple, je suis caporal 3, c’est environ 160$ par jour. Quand je dis par jour, dans la réserve comment ça fonctionne, c’est que du moment que tu travailles plus de 6 heures, c’est considéré une journée complète. Donc on peut travailler entre 6 et 24 heures, ça dépend si nous sommes en train de faire une activité à Valcartier. Comme une fin de semaine d’entrainement ou on ne dort pas chez nous, c’est sûr que ce sera le même salaire, mais ça compense pour les journées ou on travaille moins d’heures. C’est sûr que vous ne devez pas être effrayé par ça. Ça arrive souvent qu’on travaille une journée de 8 heures et qu’on ait le salaire d’une journée complète. Moi par exemple, ça serait 160$ par jour. Si vous travaillez moins de 6 heures, vous faites juste le salaire divisé par deux. Donc moi je ferais à peu près 80$ pour la demi-journée. C’est comme ça que ça fonctionne dans la réserve. Sinon le temps plein, c’est vraiment un contrat 7 jours sur 7, payé tous les jours. Donc ça dépend si tu fais partie des forces régulières ou réserve. Sinon, si vous voulez, allez voir sur le site selon les grades. Les officiers ont un salaire un peu plus élevé car ils ont besoin d’un baccalauréat pour être officier, donc c’est un peu plus. Sur le site, vous pouvez inscrire « Taux de solde des forces de l’armée canadienne » sur Google. Vous allez trouver toutes les grilles si ça vous intéresse.  

Est-ce que c’est difficile de suivre les garçons ? Est-ce que vous avez les mêmes entrainements ? 

Je vous dirais encore une fois que ça dépend du métier. Par contre, dans tous les métiersvous faites de la qualification militaire de base. On vous apprend à être un soldat dans l’armée. Donc un minimum que vous vous préparez physiquement et mentalement pour ce qui s’en vient, je vous dis que vous allez être correct, vous allez être capable de suivre les garçons. Il n’y a rien d’inhumain, car nous sommes tous humains, on est tous capables de le faire. Je vais prendre moi comme exemple, parce que je suis une femme. Quand j’ai voulu faire mon cour de soldat d’infanterie, en 2016, je m’étais préparée peut-être 2 ou 3 mois à l’avance. Je courais beaucoup, je m’entrainais quand même beaucoup, peut-être 3-4 fois semaine, ce qui est correct, et ça super bien été. Dans le fond, le plus que vous êtes préparés, et le mieux ça va aller. Ce n’est pas difficile, il faut avoir la volonté. On le sait que c’est un défi à la base, mais du moment que vous êtes préparés, ce n’est pas difficile. On est capable de le faire.  

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier et qu’est-ce que vous aimez le moins ? 

Ce que j’aime le plus de mon métier ?  Je vais commencer par le négatif, comme ça on va finir sur une note positive ! Ce que j’aime le moins de mon métier présentement, pour un soldat d’infanterie, ça serait peut-être les journées ou les nuits où il fait -30que je suis à Valcartier et que je grelotte. Mais sinon, si ce n’est pas de ça, j’adore vraiment tout de mon métier. Oui on travaille beaucoup dehors, dans des conditions difficiles, du moment où nous sommes habillés comme il faut, tout est correct. Puis ce que j’aime beaucoup de mon métier, en général avec l’armée, pas seulement avec le soldat d’infanterie, mais dans l’armée en générale, c’est qu’il n’y a pas de routine. On s’entraine toujours pour divers buts et ce n’est jamais pareil, c’est ça qui est vraiment plaisant. On ne se fatigue pas. Pour moi, la raison pour laquelle je suis rentrée, c’était pour casser la routine. Comme par exemple, quand tu vas faire un champ de tirs à Valcartier, la fin de semaine, et que tu reviens à ta petite routine le lundi matin avec ton emploi civil. Je ne suis pas une fille de routine et à date, c’est l’emploi parfait pour ça. Sinon ce que j’aime beaucoup c’est l’esprit de corps, car nous sommes vraiment une grosse équipe. Je n’ai pas l’impression de travailler et c’est ça qu’il faut d’un emploi ! C’est vraiment ça que j’aime le plus.  

Est-ce que vous avez déjà participé à une mission hors du Canada ? 

Pas encore. Ça fait maintenant 4 ans ½ que je suis dans l’armée. Par contre, ce qui est plaisant, c’est qu’il y a beaucoup d’opérations qui sont locales au Canada. D’ailleurs, j’ai participé à 2 missions au Canada. Je vais vous en parler quand même un peu même si je n’ai pas fait d’opération hors Canada, car je trouve pertinent de voir un peu ce qu’on fait. Donc la première que j’ai fait, c’était au mois de mars dernier. Nous sommes allés dans le Grand Nord. Une fois par année, nous les réservistes, on va dans le Grand Nord. On fait acte de présence parce que c’est un territoire qui est un peu hostile. Il y a de grandes puissances qui veulent se battre pour ça, donc nous on va là une fois par année pour faire de la présence. On assure notre souveraineté pour ce territoire-là. Puis sinon on fait un lien de confiance avec les Inuits, parce que c’est eux les experts de ce territoire-là. Donc on a fait de la pêche, de la chasse et ce sont eux qui nous ont montré comment établir une cache. Moi j’ai dormi sur la Baie d’Hudson, c’était super. C’est vraiment très haut. Et j’ai adoré cette expérience là pour être honnête. Le plus froid qu’on a pogné, je crois, c’était -73. Mais quand tu es bien habillé, c’est parfait ! C’est un froid sec, donc ça se passe très bien. Dans le fond, ça c’était pour l’opération Nanuk, qui était au mois de mars. C’était génial !! Sinon l’autre que j’ai faite était au printemps encore une fois.  Vous avez sans doute vu dans les réseaux sociaux que l’Armée est allée dans les CHSLD pour aider les résidents. Moi j’y ai été et je suis très contente de l’avoir fait parce que nous, notre but dans l’armée, c’est d’être présent peu importe ce qui se passe. Dans n’importe quelle situation, peu importe ce qui se passe, il faut qu’on soit prêt. Ça c’est vraiment un bon exemple de pourquoi on doit être prêt. Nous avons beaucoup de techniciens médicaux qui étaient là, ça entre dans leur métier. Nous par exemple, les soldats d’infanterie, on n’est pas qualifié pour donner des soins aux résidents, donc il a fallu qu’on s’adapte. On a eu une formation de deux jours pour ensuite aller au CHSLD. Moi je suis restée là 1 mois ½. J’avais des tâches qui ressemblaient à celles d’un concierge. Par contre, il fallait qu’on fasse du nettoyage tout le temps pour essayer d’éliminer le virus le plus possible. Sinon j’ai des collègues qui ont vraiment alimenté les résidents, changer des culottes, etc. Donc c’est vraiment pour vous montrer que l’armée est universelle, on est là pour quoique ce soit ! C’est ça qui est gratifiant, d’offrir ça aux gens, au pays justement. Donc ça, ce sont les deux que j’ai faites. Sinon chaque année il peut y avoir malheureusement des inondations, donc c’est une opération locale qu’on peut faire aussi. Moi je ne l’ai jamais faite, mais ça se donne très souvent. Un jour peut être que je ferai une opération en dehors du Canada, c’est une possibilité. 

 

Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous effraie dans votre métier ? 

Je vous dirais que non, il n’y a rien qui m’effraie dans ce métier-là. Parce que, je ne sais pas comment je pourrais vous dire ça On est entrainé, on est préparé contre tout éventualité. Je ne pourrais pas vous dire s’il y a quelque chose qui me fait peur, car mon but est de servir mon pays. Donc dans le fond, il n’y a rien qui m’effraie !! Peut-être que si j’étais déployée, il y aurait quelque chose qui m’effraierait. Mais en ce moment, il n’y a rien qui m’effraie et c’est ça qui est plaisant. 

Quel cheminement scolaire devez-vous avoir ? 

Ça dépend encore une fois du métier. Par contre, la scolarité de base pour entrer dans les forces armées canadiennes, c’est un secondaire 4 avec 24 crédits. Donc il y a des métiers qui demandent ça et des métiers qui demandent plus. Comme par exemple, « administrateur aux ressources humaines » peut demander un secondaire 5 avec des mathématiques. Ça dépend de ce que vous choisissez. Si vous désirez devenir officier, on appelle ça les leaders, ce sont eux qui gèrent les pelotons, des compagnies de 200 personnes, donc pour être officier, vous devez détenir un baccalauréat ou être en voie d’en obtenir un. Mais sinon, un militaire au rang normal, c’est un secondaire 4 avec 24 crédits. 

Comment vous décririez ce métier ? 

Je vais vous décrire un peu mon métier de Soldat d’infanterie. Dans le fond, ce que ça fait un Soldat d’infanterie, nous sommes les premiers à engager le contact avec les ennemis. Je sais que ça fait peur dit de même, mais inquiétez-vous pas. On s’entraine tout le temps à être déployés. Notre but est de vraiment connaître par cœur toutes nos armes. Un soldat d’infanterie c’est la force principale de tous les métiers de combat. Ça c’est la ligne principale. Les fantassins eux peuvent faire beaucoup plus que ça. Nous notre rôle c’est de savoir se servir du matériel de communication, naviguer avec les cartes et les boussoles, utiliser le camouflage et il faut qu’on sache opérer n’importe où, dans n’importe quel milieu et n’importe quand avec n’importe quelle arme. Tantôt je parlais des CHSLD, nous comme fantassins, on peut faire beaucoup de choses. Nous sommes des hommes à tout faire. Ils se sont servis de nous, on est allé là, on était prêt à tout. C’est la description que je viens de vous dire. C’est sûr que de base, c’est nous qui regardons toutes les tactiques de guerre, comment approcher l’ennemi. Donc ça ressemble à ça. Mais comme je vous dis, il y a plus. Il faut que vous sachiez que chaque soldat doit être le plus autonome possible. Donc chaque soldat peut être qualifié dans plusieurs choses.  Je suis soldat d’infanterie, mais je suis aussi qualifiée pour conduire des véhicules militaires, pour donner des cours de premiers soins, pour donner les tests physiques quand on entre dans l’armée. C’est ça qui est plaisant, on peut se qualifier sur plusieurs choses. Donc même si vous avez un métier en particulier, vous allez pouvoir faire plusieurs choses. C’est ça qui est plaisant en entrant, car je ne le savais pas.  

Est-ce que les femmes sont plus respectées aujourd’hui dans ce métier ? 

Je vous dirais qu’aujourd’hui les femmes ont vraiment leur place dans l’armée. Surtout que nous sommes en 2020 quand même. Je vous dirais que tout le monde a un rôle, tout le monde est important dans cette grosse équipe-là. J’aime bien aussi utiliser cette expression « Une chaine est aussi solide que son maillon le plus faible, » parce que c’est vrai. Si quelqu’un a plus de difficulté avec quelque chose, le reste de l’équipe va l’aider. Et cette personnelà va apporter autre chose dans l’équipe de travail. C’est pour ça que j’aime bien cette expression-là. Et tout le monde apporte quelque chose à l’équipe de travail. C’est pour ça que je vous dis que les femmes ont vraiment leur place. C’est pourquoi on essaie d’augmenter l’effectif féminin, parce que nous sommes très importantes, tout le monde est important. Si jamais des femmes subissent de la discrimination, dans les forces il y a beaucoup d’outils qui sont offerts, il y des numéros de téléphone, etc. On est bien supportée. 

Pour vous la persévérance scolaire c’est ? 

Pour moi la persévérance scolaire c’est d’avoir des difficultés et de ne jamais abandonner. De juste se concentrer sur notre but, ce qu’il y aura à la fin comme récompense. J’ai déjà échoué plusieurs cours à l’école et je faisais juste me dire « un jour ça va être terminé ! ». Pour moi c’est ça, ne jamais abandonner malgré les embuches rencontrées. 

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ? 

Qu’est-ce que je voudrais dire aux jeunes de la région, ça n’a pas vraiment rapport avec l’armée, mais c’est de ne pas lâcher à cause de la pandémie mondiale qu’on vit en ce moment. Je sais qu’en ce moment, les dépressions augmentent, mais il faut vraiment trouver un moyen de s’adapter à ça. C’est sûr que c’est difficile, vous êtes présentement à l’école avec des masques, etc., mais il faut vraiment s’adapter pour passer au travers de cette pandémie-là. Si on fait juste penser que ça va être fini bientôt, on va être encore juste déçu. Faites juste vous créer une petite barrière puis lâchez pas face à cette pandémie. Trouvez-vous des activités à faire pour passer le temps. Je sais que le Premier ministre Legault l’a dit beaucoup, mais je vous le conseille. Moi aussi, j’ai dû rester chez moi pendant 2 mois ½ au printemps et il faut juste se trouver des choses à faire. Essayer de socialiser malgré le fait qu’on ne peut pas se voir. Donc faites juste pas lâcher ! C’est le seul mot que j’aurais présentement envie de vous dire.  

Quel importance doit-on accorder à l’activité physique ? 

Moi je me suis entrainée depuis le secondaire 3. C’est très important car c’est un moyen de décompresser. De garder son corps prêt à tout. Vous allez être en meilleur santé physiquement et mentalement. Surtout dans l’armée, c’est vraiment important. Je ne veux pas justement être le maillon le plus faible. Je veux être capable de faire mon métier, être opérationnelle. Il y a juste des avantages à s’entrainer. Sans être obligé de s’entrainer beaucoup, des fois je m’entrainais 2-3 fois semaines, mais c’est mieux que rien du tout. Si vous n’avez rien à faire, vous pouvez faire ça. S’étirer après, c’est vraiment bon. Moi l’activité physique, j’y accorde une bonne importance.  

Que pensez-vous des jeunes qui s’implique bénévolement dans leur municipalité ? 

Moi je pense que c’est une très bonne chose. D’ailleurs moi j’ai commencé à faire du bénévolat très jeune dans ma vie. Aussitôt que j’ai pu conduire, j’ai fait Opération Nez rouge. Je pense que c’est une bonne façon de se développer. Dans le fond, c’est de donner son temps gratuitement donc je ne vois même pas ce qu’il y a de mieux comme acte à faire. C’est très généreux d’aider les gens dans sa communauté. C’est vraiment d’aider son prochain. Je trouve ça très bien les jeunes qui font ça. C’est une belle façon de se développer et de voir autres choses. Tu peux rencontrer des gens, découvrir des choses. Moi je trouve que c’est très positif.  

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse ? 

Moi je vous dirais que mon opinion par rapport à ça est relativement neutre. Je n’empêcherais personne de faire ça. Mais par contre, étant donné que je suis dans l’armée, c’est sûr que la majorité des gens qui rentre adopte un mode de vie sain par intérim. Si vous voulez avoir un mode de vie sain, c’est sûr que ça ne va pas ensemble, cigarette et mode de vie sain. Moi je n’ai jamais fumé pour être honnête, car ça ne m’intéressait pas. 

 


Entrevue avec M. Stephan Francoeur, Zoothérapie Québec

Cette entrevue a été réalisée par Rosemary Goudreau du Comité 12-18 de Lyster.

En quoi consiste exactement la zoothérapie? 

La zoothérapie, si on décortique le mot, c’est la thérapie assistée par l’animal. Autrement dit, ce que l’on fait, c’est que l’on offre un service aux gens avec l’aide d’un animal. Nous travaillons avec les chiens et un intervenant qualifié en travail social ou en éducation spécialisée. Ce que l’on fait, avant d’aller rencontrer les gens, on va discuter avec le milieu pour établir un plan d’intervention. Autrement dit, on va leur demander : « Qu’est-ce que vous voulez qu’on travaille avec les gens? » On va faire un plan d’intervention. Quand on va rencontrer ces gens-là, avec l’animal, on va travailler à atteindre les objectifs qu’on a ciblés. 

Quelle est le but premier de la zoothérapie? Qu’est-ce qu’on cherche à créer avec celle-ci? 

C’est très large, c’est très grand. Ce que ça nous permet de faire, c’est autant de travailler sur le physique, pour garder les acquis physiques. Par exemple, quelqu’un qui fait beaucoup d’arthrite, s’il ne travaille pas ses mains, il peut s’ankyloser. Le fait d’avoir un animal, de lui faire brosser l’animal, on travaille physiquement avec la personne. On peut travailler aussi mentalement ou psychologiquement avec la personne. Avec quelqu’un, par exemple, qui peut avoir des problèmes de mémoire, on lui fait travailler sa mémoire, nous nous servons du chien. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’animal devient presque un prétexte pour créer un lien. Une fois que le lien est créé, c’est plus facile d’avoir une conversation avec la personne, de pouvoir aller beaucoup plus loin dans le travail et d’atteindre des objectifs qu’on a ciblés avec elle. Quelques fois, c’est très physique. Quelques fois, c’est très présentiel, uniquement parce que le chien est là. Quelques fois, le chien va juste ouvrir une porte et l’intervenant va pouvoir travailler directement avec l’ouverture que le chien aura créée. 

Pouvez-vous nous décrire une journée de travail d’intervenant en zoothérapie? 

On va utiliser le terme « intervenant en zoothérapie ». Généralement, l’intervenant vient au bureau. Comme on possède certains chiens qui sont placés en famille d’accueil, les familles viennent porter les chiens, le matin, au bureau. L’intervenant vient récupérer son animal. Il sait, puisque les horaires sont distribués à l’avance, où est-ce qu’il s’en va, dans quel milieu il s’en va. On choisit toujours le chien en fonction du milieu et de l’intervenant. Ensuite, les gens vont partir faire leurs activités. Les activités peuvent être des activités de groupe ou des activités individuelles. Ça peut être des activités où est-ce qu’on va aller faire travailler physiquement les gens. Quelque fois, l’activité de zoothérapie peut être d’aller prendre une marche avec le chien. La personne, s’il n’y a pas le chien pour aller marcher, elle va rester assise dans son fauteuil et elle ne marchera pas. Ça peut être aussi simple que ça. Ça peut être aussi pour quelqu’un, par exemple, qui est seul dans une résidence pour personnes âgées, qui n’a pas beaucoup de visite et qui ne se mélange pas nécessairement au groupe. Le fait d’arriver avec le chien, ça peut créer un contexte où cette personne va vouloir s’intégrer au groupe et tranquillement créer d’autres liens. Ce sont, entre autres, des exemples. Nos intervenants vont travailler toutes ces petites choses-là qu’ils ont à travailler avec les gens. Quand ils arrivent sur les lieux, ils ont une liste avec des gens avec qui ils doivent faire les interventions souhaitées. Ils savent où est-ce qu’ils s’en vont. Généralement, ce sont les mêmes intervenants qui vont dans les mêmes milieux à toutes les semaines. Ils ont un plan de match et ils font leurs choses. Une fois que les activités sont terminées, ils reviennent au bureau avec l’animal. Ils laissent l’animal là et eux repartent chez eux. 

Qu’est-ce qu’il y a de plus passionnant dans ce métier? 

Il faut aimer les animaux, mais il faut surtout aimer les individus. Même si on travaille avec les chiens, en zoothérapie on fait de la relation d’aide. On fait de l’intervention sociale, et ça, ça se fait avec les individus. Il faut d’abord et avant tout aimer les gens, aimer être avec les gens et aimer travailler avec les gens. Il faut vraiment comprendre que le chien est un outil de travail. Il y en a qui n’aiment pas le terme « outil de travail », nous on comprend qu’on travaille quand même avec du vivant. Ce n’est pas un marteau. On le sait. Il y a cette notion où le chien va aider à faire la connexion avec ce qu’on va appeler le bénéficiaire, la personne à qui on donne le service. Si on n’aime pas être avec les personnes âgées, si on n’aime pas être avec, par exemple, les gens qui ont des déficiences intellectuelles, les gens qui ont le trouble du spectre de l’autisme, si on n’aime pas cette clientèle-là, même si on a le meilleur chien au monde, on ne sera pas un bon intervenant. Il faut, à la base, avoir la passion des gens. Il faut avoir la passion de vouloir aider et de vouloir être là et de penser faire une différence dans la vie de ces gens-là. Sinon, même si tu as le meilleur chien au monde, ça ne fonctionnera pas.  

Le chien est-il le meilleur ami de l’homme selon vous? 

C’est une excellente question.  Parfois oui, parfois non. Je peux te présenter des gens qui vont te dire que ce sont les chats. Le chien a la capacité, on le voit surtout en zoothérapie, d’être naturellement tourné vers l’être humain. À partir de là, c’est très intéressant. Comme l’animal est volontairement tourné vers les gens, les gens se sentent tout de suite interpellés par cet animal-là qui veut entrer en contact avec eux. Tu n’as pas nécessairement ce rapport-là avec le chat. Le chat, lui, va te regarder et va peut-être venir se frotter contre toi pour avoir une caresse, mais sinon, il va rester coucher dans son coin. Le chien va volontairement aller te voir et volontairement aller vers toi et faire : lance-moi la balle, donne-moi un biscuit, fais quelque chose, occupe-toi de moi! De sorte que ç’est plaisant pour l’être humain de voir que quelqu’un s’intéresse à toi. Est-ce que c’est le meilleur ami de l’homme? Il a des bonnes chances de gagner le concours parce qu’il fait tout pour y arriver. 

Qu’apporte le chien à l’humain? 

Il lui apporte beaucoup. La race humaine, qui est une race grégaire, qui aime vivre ensemble, aime vivre en société, les chiens aussi. Les chiens aiment beaucoup la compagnie des humains. Effectivement, avec l’évolution, on les a domestiqués, mais cet animal-là, s’il n’avait pas eu à la base cet intérêt pour l’homme, on n’aurait pas les chiens qu’on a aujourd’hui et on ne travaillerait pas avec des chiens. On travaillerait avec des dauphins, mais c’est plus difficile de trimballer sa piscine pour faire de la zoothérapie avec son dauphin.  

Le lien entre l’humain et le chien se crée en combien de temps? 

C’est très rapide. C’est très rapide, surtout pour les chiens de zoothérapie qui sont habitués de rencontrer des nouvelles personnes souvent. On met quand même les chiens dans des situations spéciales. Ce n’est pas à tous les jours qu’on prend un animal et qu’on dit : « Tu entres dans un centre pour personnes âgées et tu rencontres plein de gens différents. » Ce contact-là doit se faire rapidement et c’est à l’avantage du chien. Comme le chien est naturellement tourné vers l’humain, ça se fait presque instantanément. C’est sûr qu’il y a certaines catégories de clientèle où c’est plus difficile comme, par exemple, les autistes, qui sont vraiment plus dans leur monde et dans leur bulle. Tranquillement, pas vite, à force d’y aller à toutes les semaines et de renforcer certains comportements, on peut arriver effectivement à créer une ouverture plus rapidement avec ces gens-là. Généralement, ça se fait presque instantanément. Il faut que la personne aime les animaux. Si la personne a peur des chiens, qu’elle n’aime pas ça, et que tu lui présentes un chien, elle va reculer tout de suite. Tu crées l’effet inverse de ce que tu veux faire en zoothérapie. 

Quelles sont les caractéristiques du chien adapté à la zoothérapie? 

Ça dépend. Ça dépend de la clientèle avec laquelle on travaille et ce que l’on veut faire comme activité. Il y a des chiens desquels on va avoir besoin qu’ils soient des grosses pantoufles, des espèces de grosses patates, qu’ils soient couchés là et qu’ils ne fassent rien. Autrement dit, il faut qu’ils se laissent flatter et qu’ils se laissent tirer les oreilles, le poil, la queue, les pattes, etc. Il y a des chiens, cependant, qu’on va demander qu’ils soient beaucoup plus dynamiques. Si on veut faire des activités avec le chien, il faut qu’il rapporte la balle, qu’il aille prendre des marches, qu’il se promène et tout ça. Il faut aussi des chiens qui sont capables de se déposer. Si on est avec une personne à la santé un peu plus fragile, un peu plus frêle, on a besoin de déposer le chien sur cette personne-là. Si le chien est toujours en train de gigoter, ça n’aide pas. Il faut que l’animal soit capable de se déposer. De sorte que ça dépend vraiment du type d’activité qu’on fait, de la clientèle et du type de chien qu’on va choisir. On ne choisit pas une race, généralement on choisit le tempérament de l’animal et c’est ça qui est intéressant. On ne va pas aller chercher un rottweiler par exemple. Le rottweiler, c’est un chien qui est massif, qui est imposant. J’en ai connu, moi, des bébés, des gros bébés, supers gentils, mais on ne peut pas les amener en zoothérapie. Juste leur image, quand tu amènes le chien, les gens reculent et ont peur. De sorte que c’est important que le chien ait un bon tempérament, qu’il soit capable d’être posé, de se déposer. En même temps, l’allure du chien aussi joue beaucoup. Quand tu amènes un petit caniche frisé, les gens veulent tous le prendre comme un toutou tout de suite. Ça aussi, ça fait partie des caractéristiques dont on a besoin chez l’animal.  

Aident-ils à les personnes à sortir de leur coquille, à vivre une vie plus sociale ou à augmenter leur confiance en eux? 

Oui, à toutes ces questions-là. Ils ont fait des tests. Ils ont mis des électrodes un peu partout sur des gens et ils leur ont mis un animal sur eux, simplement pour les flatter. Ils ont réalisé que juste ce contact là avec l’animal, même s’ils n’ont pas d’intervenant à côté, ça fait baisser la pression artérielle et ça les calme. La présence animale, au quotidien, sans zoothérapie, ça apporte déjà ça. Alors quand on amène la zoothérapie, quand on amène l’intervenant qui fait tout le travail d’intervention, on va beaucoup plus loin dans tout ça. 

Le chien nécessite-t-il un entrainement? 

Oui, mais pas nécessairement un entrainement comme les gens pensent qu’on doit entrainer le chien. Le chien a surtout besoin de créer un lien avec l’intervenant. Le chien a besoin de créer un lien avec les gens qu’il rencontre, mais d’abord et avant tout, avec l’intervenant avec lequel il va travailler. Tranquillement, pas vite, à force de travailler ce lien-là, c’est certain que si l’intervenant demande au chien de s’asseoir et de faire plein de choses, le chien va vouloir les faire plus facilement. C’est ce type d’entrainement-là qu’on doit favoriser avec l’animal. C’est sûr et certain que nous allons sélectionner les chiens à la base. On fait passer un examen d’entrée, autrement dit, au chien. Si le chien ne remplit pas ces critères-là, les critères dont on a besoin au niveau de son tempérament, de son comportement, et au niveau médical aussi, c’est important. Si le chien a des problèmes de santé, peut-être que ce n’est pas le bon choix pour nous. Si le chien répond à tous ces critères-là, tranquillement, on va avoir moins de travail à faire au niveau de l’entrainement. Si un chien a un grave problème comportemental et qu’on se dit que c’est correct, on va travailler dessus et on va y arriver, ça ne veut pas dire que dans trois ans tu vas y arriver non plus. C’est beaucoup de temps. C’est beaucoup d’énergie. C’est coûteux, ça fait partie de tout ça malheureusement. C’est une réalité dans laquelle on vit, même en zoothérapie, de dire qu’on investit dans un chien. On achète le chien ou le chien nous est prêté, mais si on passe cinq ans à régler un problème comportemental et qu’au bout de cinq ans il n’est toujours pas réglé, on n’aura pas fait le bon choix. C’est important aussi de choisir un animal qui a à la base le bon tempérament, pour ce qu’on cherche évidemment. Ça nous aide pour l’entrainement. C’est sûr qu’on va toujours favoriser une petite maternelle de chien. On va payer des éducateurs canins qui donnent des cours de maternelle pour le chien. C’est rarement le chien qu’on éduque, plutôt le maitre du chien. C’est surtout ça qu’il faut comprendre. Généralement, quand la personne sait quoi faire avec son animal, l’animal a des chances de bien s’en tirer.  

Quelles activités faites-vous durant vos cliniques? 

Toutes sortes d’activités. Comme j’ai dit, ça dépend de la clientèle avec laquelle on travaille et ça dépend de ce que l’on doit travailler avec la clientèle. Par exemple, on ne fait pas du tout la même chose avec les enfants qu’avec les personnes âgées. Ce sont deux choses totalement différentes. Avec les enfants, on peut faire des parcours d’agilité avec le chien et on va même demander aux enfants de faire le même parcours que le chien. C’est uniquement pour les faire bouger. Ça dépend vraiment de ce que l’on veut travailler avec les enfants. Il y a ce qu’on appelle un volet de zoothérapie éducative. Dans ce volet-là, ce qu’on amène de l’avant, c’est tout le côté éducatif. On rejoint avec le professeur tout ce qui se travaille à l’école et on le fait passer avec le chien. On va peut-être monter l’exposition avec la classe et l’école entière va venir voir l’exposition. On va donner des notions de prévention des morsures et les enfants vont apprendre ces choses-là au reste de l’école. Au niveau des personnes âgées, on en a parlé tantôt, ça peut être seulement de briser l’isolement ou ça peut être quelque chose de très physique où on a besoin de faire marcher la personne. La personne nous attend et elle le sait que mercredi après-midi on va être là. C’est sa marche et c’est important. Pour cette personne-là, de marcher avec le chien devant tout le monde dans la résidence, c’est quelque chose qui travaille son estime d’elle-même. On en a parlé tout à l’heure, ça fait partie des choses qu’on travaille avec les gens, des objectifs qu’on essaie d’atteindre. 

Un de vos moments coup de cœur en zoothérapie serait lequel? 

On était dans un hôpital. On était à Marie Enfant, qui est un des pavillons de l’hôpital Sainte-Justine, et j’ai vu un intervenant parler à des enfants qui étaient quand même lourdement handicapés. Émotivement, pour moi, c’était difficile d’être là et de voir ça. Je me dis : « Pauvres enfants, pauvres enfants, pauvres enfants. » Quand j’étais là, l’intervenant qui était là m’a montré à quel point ces enfants-là ne demandent qu’une seule chose, qu’on soit présent avec eux tout simplement. Le chien fait exactement ce travail-là. Quand j’ai vu cet intervention-là, je me suis dit que c’est pour ça que l’on fait de la zoothérapie. Tout d’un coup, on parlait à un enfant qui était aveugle et la première chose que l’intervenant lui a demandé à cet enfant-là c’est : « Le vois-tu mon chien aujourd’hui? Le vois-tu cette semaine? » Je me dis que c’est effrayant ce qu’il lui dit, mais il est en train de jouer dans la normalité. Cet enfant-là, tout d’un coup, riait, avait du plaisir et était complètement présent et connecté au moment présent avec le chien. Je me dis que c’est pour ça qu’on fait de la zoothérapie. C’est enfants-là, les personnes âgées aussi, ont besoin du moment présent. Le chien a la capacité de te ramener dans le moment présent. 

Le cheval peut-il aider en zoothérapie? Si oui, comment? 

Il va aider principalement de deux façons, parce qu’on va faire une différence entre l’équithérapie et la thérapie assistée par le cheval. On va faire de l’équithérapie, par exemple, avec un enfant qui va avoir des problèmes au niveau de ses jambes, au niveau de ses hanches, qui souffre de dysplasie de la hanche, avec l’enfant qui va avoir de la difficulté à trouver la bonne façon de marcher. On va déposer l’enfant sur le bassin du cheval et le mouvement que le cheval fait va tranquillement entrer dans le corps de l’enfant. C’est quelque chose de très corporel. L’enfant va assimiler ce mouvement-là et ça va l’aider à marcher. On parle ici d’équithérapie. Pour la thérapie assistée par le cheval, le cheval va servir de miroir. Autrement dit, on ne montera pas sur le cheval, on va être à côté du cheval et on va être avec un intervenant, et généralement aussi avec quelqu’un qui va maîtriser ou contrôler un peu le cheval. Tranquillement, l’intervenant va poser des questions par rapport au cheval. Généralement, la personne qui est avec le cheval va s’ouvrir tranquillement et parler d’elle. Tranquillement, l’intervenant va travailler aussi. Ça demande une présence équine plus que de monter l’animal et même quelque fois d’être à côté de l’animal et de le brosser. La personne va mentionner que le cheval est en train de réagir et va demander à l’autre pourquoi il pense qu’il réagit comme ça. La personne, tranquillement, va se mettre à parler, mais va parler d’elle-même. Elle va se mettre à parler de choses qui lui sont propres et plus intimes. Tranquillement, l’intervenant fait le travail d’intervention qu’il a à faire à travers ça. De sorte que, oui le cheval peut aider, le seul problème du cheval, c’est que ça prend quand même un petit peu de place, ça prend les installations pour le faire. Il y a beaucoup de centres où ils font de la thérapie assistée par le cheval et de l’équithérapie au Québec. Il y en a plusieurs. C’est intéressant. 

Quel impact a eu la COVID-19 dans ce milieu de travail? 

Ça a été très difficile. Nous, en mars, avons dû fermer nos portes, parce que tous les milieux nous on dit que nous ne pouvions plus rentrer chez eux. Pas parce que nous étions avec des chiens et qu’ils ne nous aimaient plus, c’est simplement que le gouvernement a décidé de fermer tous les CHSLD pour empêcher la propagation du virus. En juillet, on a recommencé tranquillement les activités et depuis cette semaine, on vient d’arrêter encore une fois, pour la deuxième fois. On espère rouvrir avant décembre, mais on ne sait pas trop. On ne sait pas de quoi l’avenir est fait, malheureusement, avec la COVID-19. On fait avec. 

Pour vous, la persévérance scolaire c’est… 

C’est de trouver le milieu qu’on aime et de se servir de tout le restant comme levier pour aller atteindre ce milieu-là qui nous plait. Par exemple, si quelqu’un veut s’en aller en journalisme, c’est de faire en sorte que ses cours de français, ses cours d’éducation physique et de théâtre viennent supporter l’être qu’on est pour atteindre l’objectif de ce qu’on veut être, de ce qu’on veut faire. C’est la même chose en ce qui concerne être en bonne forme, savoir compter, savoir écrire, ainsi que savoir être bien dans son corps et dans sa peau. Pour moi, ça fait partie de tout ça. Il faut comprendre que, par exemple, on est à l’école pour se construire et pour devenir la meilleure version de nous-même. Pour moi, ça fait partie de ça l’éducation. Moi, j’ai un parcours où j’ai été comédien aussi, dans une vie antérieure. J’avais des cours de linguistique. J’avais des cours de psychologie. Pour moi, tout ça contribuait à faire en sorte que le comédien que j’allais devenir soit total et entier. Je pense que le travail scolaire et l’acharnement d’être là doivent contribuer à tout ça. Ça doit faire partie de ça. C’est de se dire, même s’il y a une matière qui est ennuyante : qu’est-ce qu’il y a, dans cette matière-là, que je peux aller chercher pour aller plus loin et faire en sorte que ce soit moins ennuyant parce que j’ai un an de cours à faire avec cette matière-là. C’est de trouver dans la matière ce qui va nous servir et ce qu’on va chercher tout simplement. Je pense que c’est ça aussi qui permet de rester-là et d’aller plus loin. 

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région? 

Serrez-vous les coudes et travaillez en communauté. C’est le seul moyen. Là, je ne parle pas en pandémie, mais ça peut s’appliquer pour tout. On oublie bien souvent qu’on vit en groupe et qu’on vit en société. Bien souvent, il ne faut pas seulement se demander ce que je peux faire pour moi-même, mais ce que je peux faire pour les gens autour de moi. Faites-le gratuitement, de ne pas le faire en espérant qu’en retour on ait quelque chose, mais le faire en disant : Je le fais parce que j’ai envie d’apporter quelque chose et je pense que je fais du bien. Quelquefois on reçoit des petits sons de cloche qui nous disent qu’on fait du bien et qu’il faut continuer. Quelquefois on nous dit de faire autrement. Ça c’est une autre paire de manches, mais je pense que c’est important de s’impliquer dans sa société. Si tu t’ennuies ou que tu ne sais pas quoi faire, regarde autour de toi, tu vas voir qu’il y a plein de choses à faire. Simplement d’aller dans une résidence pour personnes âgées et dire : « Qu’est-ce que je peux faire pour vous? Y a-t-il des places où je peux aider? » Il y a des popottes collectives. Il y a des centres où on ramasse les denrées et on redistribue des paniers, par exemple des paniers de Noël. Ce sont toutes des choses qu’on peut appliquer, où on peut s’investir et donner aux autres. En côtoyant les autres, on apprend sur soi, je pense. 

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité? 

C’est bien. C’est très bien. Comme je disais, encore faut-il le faire pour les bonnes raisons. Ça c’est important aussi. Je pense qu’en voulant apprendre on peut apprendre. Je pense que ces expériences-là sont là pour ça. 

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique? 

Énorme. On a un seul corps. C’est notre locomotive et c’est le système avec lequel on va passer le restant de notre vie, donc il faut en prendre soin. Je ne jouerai pas du violon en disant que j’ai eu la COVID-19 et que je sais ce que c’est. Je n’ai pratiquement pas eu de symptômes, mais j’ai vu des gens qui ont eu des symptômes et on réalise à quel point le corps est extraordinaire au moment où il ne fonctionne plus. C’est dommage, parce que c’est quand il fonctionne qu’on devrait encore faire des petits efforts pour le maintenir à la bonne place. C’est très important. Nous nous trouvons à visiter beaucoup de personnes âgées et beaucoup de personnes mal en point. Nous voyons effectivement que si tu as deux bras et deux jambes et que tu es capable d’avancer, tu dois le faire. Ne fais pas du sur place, ça ne donne rien. 

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse? 

Je ne suis pas quelqu’un qui a fumé dans sa vie, donc pour moi, ça a toujours été quelque chose de désagréable la cigarette. Ça s’est réglé assez tôt dans ma vie. Je trouve ça dommage quand je vois des jeunes fumer. Je trouve ça triste pour eux parce que je me dis qu’ils se maganent les poumons. Il y a déjà assez de pollution. En plus, volontairement, on s’en met dedans. Je trouve ça dommage. Malheureusement, ça reste encore leur choix. On est dans une société libre, donc j’essaie de ne pas moraliser les gens, mais je trouve ça triste. Ça me fait quelque chose quand je vois un jeune et même un vieux, une personne plus âgée, fumer. Ma sœur avait de graves problèmes pulmonaires et elle a fumé longtemps même si ma mère lui disait de ne pas fumer, d’arrêter. Aujourd’hui, elle ne fume plus et je suis très content pour elle. Je ne suis pas seulement content pour moi, parce que je ne respire plus sa boucane de cigarette. Je suis content pour elle, parce qu’aujourd’hui elle va mieux. Elle le sait, parce qu’elle a passé à travers ça, qu’elle va mieux aujourd’hui grâce à ça. C’est quand tu perds la santé que tu réalises que tu avais quelque chose d’extraordinaire. Ça fait partie de la même chose à peu près. 


Photo de Meghan Oak

Entrevue avec Meghan Oak, chanteuse

Cette entrevue a été réalisée par Alyson Doucet et Annabelle Comtois du Comité 12-18 de Lyster.

Quel évènement a confirmé ton envie de devenir chanteuse?

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours voulu devenir chanteuse, mais j’étais vraiment gênée quand j’étais plus jeune. Quand j’avais 12 ans, j’ai écouté un documentaire avec Miley Cyrus et je voyais qu’elle n’était vraiment pas gênée. À ce moment-là je suis allée voir ma mère et je lui ai dit « Là maman, c’est assez. Je ne vais plus jamais être gênée de ma vie et je vais devenir chanteuse ». Elle m’a dit « Ah, c’est beau de croire en tes rêves ». La petite fille en moi s’est dit « Ah ouin, tu ne crois pas tant que ça en moi? Bien parfait, je vais te prouver que moi je peux être une chanteuse ». Je ne sais pas si je me considère encore chanteuse par contre, mais on travaille là-dessus. Bref, toute jeune je me suis dit que si Miley Cyrus pouvait le faire, pourquoi je ne pourrais pas le faire?

As-tu déjà douté de toi et tout remis en question?

Oui, à 100%! Même aujourd’hui, je me remets vraiment beaucoup en question parce qu’il y a beaucoup de pression sur les réseaux sociaux et à l’école. Des fois, je me demande si je fais la bonne affaire. Tu sais, moi je n’ai personne, je n’ai pas d’agent, pas de personne renommée qui peut m’aider. Donc, c’est moi qui décide de tout par moi-même. C’est sûr qu’à tous les jours je me remets en question, mais à tous les jours je me rappelle que n’importe qui qui a de la volonté peut faire ce qu’il veut.

À quel âge le chant est-il entré dans ta vie?

J’ai commencé à prendre des cours de chant quand j’avais 8 ans, mais j’ai toujours chanté. Ma mère a toujours dit que j’avais appris à fredonner avant de parler. Mais vraiment chanter dans des cours, j’ai commencé à 8 ans.

Est-ce que le chant est un talent naturel pour toi ou est-ce que c’est plutôt grâce aux cours de chant que tu chantes si bien aujourd’hui?

Bien j’ai quand même pris 10 ans de cours de chant, de 8 ans à 18 ans en fait. C’est sûr que ça, ça aide. Je pense que le chant c’est quand même un petit peu en toi. Par exemple, de connaître la justesse des notes et d’avoir l’oreille, c’est inné, mais je crois quand même que ça se travaille.

Est-ce que ta famille te soutient et est fière de toi?

Bien sûr que oui ma famille est fière de moi! Mes grands-parents et ma tante m’envoient tout le temps plein de messages pour dire « Bravo Meghan! T’as bien fait ça ». C’est sûr qu’ils sont très fiers de moi et qu’ils m’encouragent beaucoup. Maintenant que ma chanson a quand même bien fonctionné, ils me poussent encore plus à continuer. Je suis très choyée d’être bien entourée comme ça.

Quelles sont tes passions?

C’est sûr que j’aime beaucoup la musique. Sinon, je suis une grande passionnée de voyage. Je pense que c’est vraiment plaisant voyager. Je pense que tout le monde devrait aller découvrir différentes cultures dans différents pays. Ça nous permet de grandir. Ça c’est vraiment mes deux passions principales. Sinon, je dois avouer que je suis une grande passionnée de yoga. Le yoga, la méditation, les huiles essentielles, ça me donne un petit côté spirituel.

D’où vient ton inspiration?

Souvent je trouve qu’en musique c’est plus facile d’aller chercher son inspiration dans des moments de tristesse ou des moments plus difficiles. Par exemple, j’ai été capable d’écrire la plupart de mes chansons parce que je m’étais séparée de mon copain, donc j’étais en peine d’amour. J’ai mis toute ma peine sur papier et j’ai composé ma musique comme ça. Sinon, je compose beaucoup mes chansons sur le moment. Tu sais, moi j’ai de la misère à dormir la nuit. Je fais beaucoup d’insomnie, donc, souvent, la nuit, les chansons me viennent en tête et c’est le lendemain matin que j’écoute sur mon cellulaire ce que j’ai composé. Après, il suffit de l’écrire.

Quels sont tes plus grands rêves?

Mon rêve #1, ça serait d’être heureuse. Ensuite, je rêve vraiment beaucoup d’avoir une famille, donc d’avoir des enfants. Par contre, si un jour je suis capable de vivre de ma passion, c’est-à-dire que de faire de la musique et des communications me permet d’avoir une maison, de nourrir mes enfants, j’aurai vraiment accompli un rêve. Mais j’aimerais aussi être capable de voyager à travers mon métier. Donc, si je suis capable de faire un métier un jour qui me permet d’aller prendre des vacances au Costa-Rica, ça ne serait pas mal apprécié.

Quel est ton sport préféré?

En ce moment, mon sport préféré c’est vraiment le yoga, même si je trouve que c’est plus une pratique qu’un sport. Tu sais, c’est rare que je vais sortir d’un cours et que je vais être ne sueur. Sinon, dans les sports qu’on connaît plus, il y a le « paddle board », le surf et peut-être le volleyball, mais le yoga c’est vraiment mon coup de cœur.

Est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’être tellement stressée que tu étais incapable de chanter?

D’être stressée au point de ne plus être capable de chanter? Non, mais ça m’est déjà arrivé un peu de figer, d’arrêter et de recommencer à chanter après. Donc, au moins, j’ai fini ma chanson. Par contre, une fois quand j’avais 12 ans, j’avais un spectacle à faire et je n’avais pas réalisé qu’il allait y avoir plein de monde dans la salle. Quand j’ai vu qu’il y avait plein de gens, j’ai figé, je suis allée voir ma mère, qui m’a dit « Là Meghan, tu n’as pas le choix de chanter. Il y a plein de monde qui attend pour que tu chantes ». Alors là, je me suis dit « Ok. Let’s go, on y va ». Pendant un instant, j’ai vraiment eu peur, mais avec la petite poussée de plus que ma mère m’a donnée, j’ai été capable de terminer le spectacle.

Où te vois-tu plus tard?

Plus tard, je me vois dans une grande maison de banlieue ou dans un pays chaud pour profiter des joies de l’été. Je me vois en train de faire de la musique dans mon studio à la maison. Je me vois avoir des animaux. Je me vois faire du yoga et profiter des petits plaisirs de la vie. Je me vois vivre dans le moment présent, être heureuse, être entourée de bonnes personnes et peut-être sortir d’autre musique. Peut-être, si j’étudie en communication, être dans des shows, être dans des émissions de télévision, qui sais? On peut rêver!

Quel message veux-tu lancer aux jeunes de notre région?

Le message que je voudrais lancer, c’est nul autre que de croire en ses rêves, que tout est possible, que ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on ne peut rien faire. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas populaire qu’on ne peut rien faire, c’est pas parce qu’on est un gars ou une fille qu’on ne peut pas faire quelque chose en particulier. Tout est possible et tout ce qu’il faut dans la vie pour réaliser ses rêves, c’est croire en soi. Il faut y croire si fort que tout le monde autour de soi est obligé d’y croire aussi.

Pour toi, c’est quoi la persévérance scolaire?

La persévérance scolaire, c’est de ne pas se laisser abattre, parce que des fois c’est difficile l’école, des fois il y a des projets que ça ne nous tente pas de faire, mais il faut quand même les faire. Donc, la persévérance scolaire, c’est d’atteindre son objectif sans se laisser abattre par les côtés plus difficiles et moins agréables de l’école. D’un autre côté, la persévérance scolaire c’est aussi d’accepter ses passions et d’aller à 100% dans ce domaine-là. Donc, la persévérance scolaire, c’est de persévérer dans un champ d’études qui te fait tripper. Et si tu as de super bonnes notes et que tout le monde te dit de devenir médecin, mais que ce que tu aimes dans la vie, c’est le design intérieur, tu peux aller faire du design intérieur. Pour moi, la persévérance scolaire c’est aussi d’écouter ton cœur et de faire ce que tu veux plus tard.

Que penses-tu des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?

Je pense que c’est vraiment bien. Je pense que s’impliquer bénévolement ça peut juste t’apporter des connaissances et être positif pour toi, mais aussi pour les personnes autour de toi. Je pense que tout le monde devrait donner de son temps, que ce soit pour des œuvres de charité ou toutes autres choses. J’encourage tout le monde à le faire.

Que penses-tu de la relation des jeunes avec la cigarette et la vapoteuse?

Personnellement, j’ai 22 ans et je n’ai jamais touché à une cigarette de ma vie. Je trouve que ça ne sent pas bon, mais je respecte les gens qui le font. Si tu le fais, c’est ton choix, mais tes pauvres poumons vont souffrir. Il faut prendre soin de son corps et de ses poumons parce qu’ils sont avec nous pour le reste de notre vie. Ce n’est pas quelque chose que j’encourage. Je n’encourage pas non plus la vapoteuse. Je suis certaine que ce n’est vraiment pas bon ça non plus.


Photo de Félix Auger-Aliassime

Entrevue avec Félix Auger-Aliassime, joueur de tennis

Cette entrevue a été réalisée par Marélya Grenier, Alyson Doucet et Éloyse Marcotte des Comités 12-18 de Ste-Élizabeth-de-Warwick, Lyster et L’Avenir.

As-tu déjà été inscrit dans un programme « sport-études »?

Oui, 2 ans. En fait, moi, j’ai fait toute mon école primaire dans une école publique normale à l’Ancienne-Lorette, près de Québec. Puis après, en secondaire 1, j’ai fait le « sport-études » à l’école Cardinal-Roy, pas loin du centre-ville de Québec. Après ça, j’ai déménagé à Montréal. J’ai fait mon secondaire 2 à l’école Antoine-de-St-Exupéry à Saint-Léonard. J’ai donc fait deux ans de mon secondaire dans deux programmes de « sport-études » différents.

À quel âge as-tu su que tu allais devenir un des meilleurs joueurs?

Tant que tu n’y arrives pas, tu n’es pas sûr. Il n’y a rien qui est garanti, il n’y a rien qui est certain. J’ai toujours voulu, j’ai toujours cru en mon rêve, en mon potentiel, en mes moyens, mais vraiment la certitude est arrivée quand j’y suis arrivé. Quand j’ai gagné mon premier tournoi professionnel, je me suis dit que j’avais vraiment des chances d’être parmi les meilleurs joueurs du monde.

Quand tu avais mon âge, soit 15 ans, étais-tu plus le genre de personne qui était découragée ou la personne qui était en colère lors d’une défaite?

Plutôt en colère, surtout envers moi-même je dirais. En fait, lors de tous mes entraînements, tous mes matchs, c’est rare que j’avais des frustrations envers quelque chose d’extérieur, comme un entraineur ou le public. C’était toujours envers moi. J’étais assez difficile avec moi-même, mais jamais j’avais envie de me décourager, de baisser les bras par rapport à la difficulté.

Quel coup t’a donné le plus de difficulté?

Je dirais mon service. Le service, c’est quand même un coup compliqué. C’est quand même un coup qui demande beaucoup de choses, beaucoup de coordination. Donc, même moi, mon service m’a joué des tours à certains moments de ma saison, à certains moments de ma carrière. Des fois, je connais de très bonnes périodes où je suis un des meilleurs serveurs sur le circuit, et des fois, c’est plus difficile. Ça me donne parfois du fil à retordre.

Quel coup préfères-tu faire?

Mon coup droit. Ça a toujours été un coup naturel pour moi. En fait, quand j’étais enfant, je voulais juste jouer en coup droit, tellement que mon père faisait des entrainements où il fallait juste que je joue en revers pour m’améliorer. C’étaient les pires journées parce que j’avais l’impression que j’étais pourri.

Pendant un match, quand tu te parles mentalement, le fais-tu en anglais ou en français?

En français, tout le temps. En fait, mes entraineurs sont francophones aussi, donc tous mes entrainements se font juste en français. Mes mots clés, mes repères sont en français. Et puis, ça reste que le français, c’est ma première langue aussi. En fait, je me parle toujours en français dans ma tête.

D’où vient cette passion pour le piano?

Elle vient du côté de ma mère. Mon père, c’était plus le côté sportif. Ma mère, c’était plus le côté artistique. Elle m’a introduit au piano quand j’avais sept ans. J’ai pris des cours une fois ou deux par semaine pendant deux ans, Donc j’ai appris à lire la musique et à jouer du piano. Après ça, j’ai continué à en jouer comme passe-temps. Ça vient strictement du côté de ma mère.

Quel joueur t’inspire le plus?

Beaucoup de joueurs m’ont inspiré. J’aurais du mal à en nommer un. Nadal, Federer, tous les grands joueurs de ce monde m’ont inspiré quand j’étais plus jeune et même aujourd’hui encore. Le joueur français Tsonga, qui est métissé tout comme moi, me donnait un bel exemple de quelqu’un qui me ressemblait physiquement. Donc c’était bien de voir ça aussi quand j’étais enfant. J’ai eu plusieurs inspirations dans le tennis.

Quelle est ta plus grande peur reliée au tennis?

Ça serait d’avoir des regrets à la fin de ma carrière. Ça serait, quand j’accrocherai ma raquette, de me dire que je n’ai pas fait tout ce que j’aurais pu faire, que j’ai un peu abandonné ou que je me suis découragé trop vite. Je voudrais avoir le sentiment qu’à la fin de ma carrière, peu importe ce que j’ai fait, peu importe quels tournois j’ai gagné, j’ai maximisé ce que j’avais. Donc ça serait ma peur d’avoir des regrets à la fin de ma carrière.

Comment te prépares-tu physiquement et mentalement avant un match?

C’est sûr que je joue beaucoup sur mes qualités physiques. Donc j’aime bien sentir que je suis prêt physiquement quand j’arrive au match en terme de déplacement et de cardio. C’est sûr qu’il y a de la préparation qui se fait des mois avant le tournoi, mais, juste avant le match, je m’assure d’être bien échauffé. Même que des fois ça va durer trente minutes à une heure avant les matchs. Je vais commencer à m’activer physiquement pour que je sente que, dès que j’arrive sur le terrain, je suis actif, je rebondis et je suis explosif. Mentalement, j’essaie de penser à des choses plutôt positives. J’essaie de mettre de côté tout ce qui est à travailler, tout ce qui est moins bon, tout ce que je n’aime pas de mon jeu ou quoi que ce soit. J’essaie de penser vraiment à ce que je fais bien parce que c’est ça qui va me faire gagner. Des pensées positives et une longue activité, ce sont deux clés.

Quel genre de musique écoutes-tu avant un match?

Je n’écoute pas trop de musique avant un match parce que ça me reste un peu dans la tête. Je préfère être plus dans le calme. Je parle avec mes entraineurs. Quand on arrive trente minutes avant le match, on parle un peu du plan de match. Je n’ai pas trop l’habitude d’écouter de la musique avant un match, même si j’écoute toutes sortes de musique dans la vie de tous les jours.

Quels comportements de tes fans te dérangent le plus?

C’est sûr que, quand il y a un bruit agaçant ou désagréable juste avant de servir, quand c’est vraiment un moment de concentration, c’est dérangeant. Après, une fois que le point est parti, des fois il peut y avoir un bruit que je n’entends pas. Quelqu’un peut s’exclamer dans le public et je ne vais pas trop l’entendre parce que je suis un peu coupé de tout une fois que le point est commencé. Quand tu as vraiment le 5 secondes juste avant de servir où c’est le silence complet, ça j’aime ça. Donc, si quelqu’un fait du bruit en plein service, ça va me déranger, mais je n’ai pas de mauvais souvenir au de mauvaise expérience avec le public en général.

Quels sont les conseils que tu donnerais aux jeunes qui veulent réussir?

Je dirais d’apprendre à se connaitre, d’apprendre ses forces, ses faiblesses, ce qu’il aime. Parce que c’est toujours plus facile selon moi de réussir dans quelque chose qu’on aime vraiment, qui nous passionne, peu importe ce que c’est. Je pense que c’est plus facile de se lever chaque jour et de travailler là-dessus si tu aimes ça. Après, une fois que tu as choisi et que tu es bien, c’est de la persévérance, du travail, de la discipline. Tout le monde va avoir des moments difficiles, des échecs, des défaites, mais si tu persévères et que tu es résilient, ça va te sourire un jour.

Si tu avais à choisir un stade où tu devrais jouer tous tes prochains tournois, lequel prendrais-tu et pour quelles raisons?

S’il y a un public, je dirais Montréal. C’est la seule fois de l’année où j’ai vraiment tout le public avec moi. Je dirais Montréal avec un public. Avec les circonstances, sans public, ça serait un peu différent, mais ça serait vraiment un rêve pour moi de jouer plusieurs tournois durant l’année à Montréal.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est… ?

C’est d’aller au bout de soi-même, peu importe d’où on est parti, peu importe nos difficultés, peu importe nos points forts et nos points faibles. C’est vraiment de maximiser ce qu’on a. Quand tu finis ton parcours scolaire, tu dois te dire “Je ne peux pas me comparer à tout le monde parce que tout le monde a eu son chemin. Moi, je suis content du chemin que j’ai parcouru parce que je suis allé au bout de moi-même.” C’est ça pour moi la persévérance scolaire.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Croyez en vos rêves. Moi j’ai grandi à Québec. C’est sûr qu’on connaît tous un peu Montréal: il y a beaucoup de monde, beaucoup d’opportunités, etc. À Québec, des fois le discours c’était “Ouais, mais ça n’arrive pas aux gens de la région”. Même là encore, Québec c’est pas vraiment une région, mais je dirais que tout le monde peut y arriver. La réussite, ce n’est pas seulement pour les gens des villes, c’est pour les gens de toute la province, de tout le pays. Donc, croyez en vos rêves et abandonnez pas.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Je trouve que c’est une très belle chose. Je pense que tout le monde peut le faire un peu à sa façon, à son propre degré. J’ai un peu cette philosophie de dire que, si tu redonnes à quelqu’un, que ce soit un ami, un collègue ou quelqu’un dans ta famille, tu l’aides un peu dans sa vie. Un jour cette personne-là va redonner à quelqu’un d’autre. Donc, c’est un beau cycle de redonner aux gens de sa communauté, d’élever un peu le niveau de tout le monde pour que tout le monde soit de mieux en mieux autour de soi. En plus c’est une belle énergie, donc je suis très content à chaque fois que je vois des gens qui aident bénévolement.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Moi, c’est ma profession. Mon corps, c’est un peu mon outil de travail. Si je me blesse un poignet, je suis dans le trouble, donc il faut que je fasse attention. Par contre, je pense qu’on sous-estime l’activité physique pour tous. Il faut penser à long terme pour se sauver une opération ou un problème de santé plus tard. L’activité physique, ça doit faire partie de notre quotidien, chacun à son rythme, chacun à sa façon. Je pense qu’on a tous les moyens de faire une petite activité physique et que c’est une belle habitude de vie. Il y a beaucoup de bonnes choses qui sont mises en place dans les écoles de la province pour ça et les jeunes ne doivent pas lâcher. C’est très sain pour leur corps et pour leur vie.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette/la vapoteuse ?

Je n’ai jamais été un grand fan de ça… je pense que vous l’avez peut-être deviné. On connaît les dangers, on sait ce que ça fait. C’est sûr que des fois, ça peut donner envie parce que c’est un peu un style et parce que d’autres le font. Je pense qu’au final, c’est peut-être ceux qui ne le font pas qui sont les gagnants parce qu’ils protègent leur santé future, leurs poumons, leurs organes. Donc, je pense que les vrais gagnants sont ceux qui ne se laissent pas influencer par les autres.


Photo d'André Lamontagne et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation

Cette entrevue a été réalisée par Rosalie Bousquet et Zachary Lahaie des Comités 12-18 de L’Avenir et Ste-Clotilde-de-Horton.

Comment étiez-vous à l’adolescence ?  

Comment étais-je à l’adolescence ? Je viens d’une famille de cinq enfants. J’avais 3 frères et une sœur. J’étais l’avant-dernier. Je te dirais que j’étais un petit bonhomme curieux, qui aimait jouer dans divers sports. À l’école, ça allait bien. Je n’étais pas de trouble, même si un petit garçon énergique, énergétique.

J’étais impliqué dans les sports à l’école. Après cela, nous à l’époque, je ne sais pas si cela existe encore à l’école, il y avait les brigadiers.  Par la suite, je me suis présenté, on appelait cela les échevins à l’école. Par la suite, dans les activités sportives.

Dans quel milieu familial avez-vous grandi ?

Bien écoute, j’ai grandi dans une famille où mon père était quelqu’un en affaires. Nous étions cinq dans la famille. Une famille qui était à l’aise financièrement, de sorte que, sans avoir beaucoup de choses, je n’ai jamais manqué de rien. Puis dans notre famille, mon père avait sept frères et sœurs. Il y en avait plusieurs qui avaient des enfants et on restait tous à St-Félicien au Lac-Saint-Jean. Je viens du Lac-Saint-Jean. Juste notre communauté familiale, les cousins, les cousines ont se voyaient souvent, on avait beaucoup d’activités ensemble. Aujourd’hui, on voit cela comme une petite ville, mais à l’époque pour nous, c’était une grande ville. Quand il y avait des activités organisées, on aimait cela aller dans les différentes activités. Il y a aussi à St-Félicien, un jardin zoologique extraordinaire qui vaut la peine d’être visité.  Il y avait Jean un cousin qui travaillait là, alors on aimait aller le visiter. Il y avait une belle vie communautaire autour de la famille, ensuite les amis.

Quel est votre parcours scolaire ?

Mon parcours scolaire, comme j’ai dit, je suis né au Lac-Saint-Jean. Alors j’ai fait ma maternelle, première et deux, trois à St-Félicien. Par la suite, on a déménagé à Québec. J’ai fait mon primaire dans un pensionnat et ça, dans un pensionnat, cela m’avait brassé un petit peu. J’étais habitué avec la famille, les amis, et quand nous sommes arrivés à Québec, j’ai commencé à être pensionnaire. Cela signifie que le dimanche soir, mes parents m’emmenaient à l’école et puis le vendredi, en fin de journée, il me reprenait. C’était comme cela toutes les semaines.  À l’époque, le petit André, quand y voyait le dimanche arrivé sur la fin d’après-midi, il ne commençait pas déprimer, mais cela ne lui tentait pas. J’ai quand même été là 3 ans. J’apprécie. C’était une bonne école, mais j’ai toujours appréhendé mes dimanches après-midi. Je m’éloignais de la famille. Ensuite, j’ai fait mon secondaire à Québec. Je suis allé au Cégep et à l’Université. J’ai gradué en 1982 à l’Université où j’ai fait un baccalauréat en administration des affaires. Puis presque, vingt ans plus tard, je suis retourné aux études où j’ai fait une maîtrise dans un tout autre domaine, soit en psychologie de l’éducation, en relations humaines. Les relations humaines me passionnaient. J’ai découvert aussi, comme les parents nous disaient, qu’aller à l’école est important. Puis finalement, je me suis mis vraiment à aimer cela à la dernière année d’études, à la fin de mon Université. Je ne dis pas que je n’aimais pas l’école, mais c’est là où je me suis le plus engagé, c’est dans ma dernière année. L’école est terminée et je me suis mis à travailler. Quand je suis retourné aux études, vers 40 ans, alors ça été un choix personnel, de passion. Mes deux années que cela m’a pris pour faire ma maîtrise a été pour moi un grand grand cadeau que je me suis fait en retournant aux études. Toutes les choses que je faisais du matin ou soir, c’était d’apprendre, d’utiliser mes connaissances, de développer de nouvelles choses et de partager cela avec des gens qui faisait la même chose que moi aussi aux études. Donc, cela a été pour moi une belle chose. Donc il y a eu une première tranche avant 22 ans et à 40 ans, jusqu’à 42 ans à peu près.

Quel a été votre premier emploi payant ?

Payant ? Je me souviens c’était 2,88$ de l’heure. Je travaillais comme commis dans un entrepôt libre-service où des restaurateurs ou des petits commerces allaient acheter de l’alimentation. Ils allaient acheter une caisse de soupes aux pois, une demi-caisse de quelques choses. Je me rappelle que moi, je les accompagnais. Il y avait de petits chariots et des fois, ils me demandaient « Pouvez-vous ouvrir cette caisse-là! Est-ce qu’il vous reste encore cela, dans l’arrière de l’entrepôt? »  Donc, mon premier emploi payant était à 15 ans. À l’époque, il fallait avoir notre numéro d’assurance sociale et il fallait demander un permis de travail particulier pour travailler à 15 ans. Sinon, c’était 16 ans. Alors, j’avais tout fait mes démarches et j’ai informé mon père que je voulais travailler. Il était bien heureux. C’était un emploi à 2,88$ de l’heure puis 40 heures par semaine, 110 ou 115 $ de paye par semaine environ. Et mon grand plaisir, c’était que cet emploi était syndiqué. Quand on travaillait plus de 40 heures semaine, je gagnais 4,10 $ ou 4,15$ de l’heure. Moi je restais autour pour faire des heures de plus et faire grossir ma paye. Ce fut mon premier emploi payant. À l’époque, je trouvais cela payant, mais aujourd’hui moins payant. Le salaire a augmenté avec le temps et le coût des choses a augmenté aussi. Moi j’ai des souvenirs à cet âge-là, à mon école secondaire, où on achetait un berlingot de lait au chocolat et ça coûtait 0,10$. Moi, j’aimais les Jos-Louis et c’était 0,10$. On achetait de petites barres de chocolat Aero à 0,10$. Il y en avait des plus minces qui coutaient 0,05$. Alors avec un 0,25$, on pouvait s’acheter trois petites, deux petits, une grosse ou deux grosses une petite. On allait loin avec 0,25$ à l’époque.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à faire de la politique ?

Bien moi, très jeune, j’ai commencé à lire, à 12-13 ans. J’ai commencé à lire les journaux à m’intéresser à cela. Moi je suis né en 1960. Dans ces années-là, le Québec a connu beaucoup de changements, une grande transformation, beaucoup d’effervescence. De sorte que dans l’actualité politique, il y avait toutes sortes de choses. Alors à 12-13-14 ans, je me suis intéressé à ça. En fait, je me suis toujours intéressé toute ma vie, beaucoup à ce qui se passait au point de vue politique. Je n’ai jamais milité et je n’avais jamais été membre d’un parti, mais j’ai toujours voté.  La vie a passé et il y a eu un certain nombre d’années où j’étais moins actif dans ma vie professionnelle. Je contemplais plus ce qui se passait au Québec et un jour, j’ai lu un livre. J’ai lu le livre de Monsieur François Legault, aujourd’hui notre Premier ministre.  Il a écrit un livre puis moi je m’intéressais à ce qu’il faisait depuis quelques années. Il faisait un retour et voulait partir un parti politique. Un moment donné, il a créé son parti politique et aussi écrit un livre. Après avoir lu son livre, je me suis dit que je voulais aider ce Monsieur. Je ne voulais pas devenir député, mais faire partie de son équipe, le conseiller. Après avoir décidé cela, je me suis comme endormi et j’ai oublié cela quelques mois. Je suis parti en vacances et j’ai apporté mon livre pour le lire à nouveau. Après cela, je me suis dit qu’il faut vraiment que j’aide ce Monsieur-là. Alors j’ai fait des démarches pour le contacter. On s’est rencontré. Je ne voulais pas être candidat, mais il m’a convaincu de devenir candidat. Je le suis devenu, j’ai été lu une première fois et une deuxième fois. C’est un peu de cette façon que cela s’est passé.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir ce parti ?

Cela faisait des années et des années au Québec que nous étions pris toujours dans la même dynamique. Toujours les mêmes deux parties avec une option qu’on veut se séparer ou qu’on ne veut pas se séparer. Il y avait pour moi des choses qui étaient importantes et un peu laissées de côté. Eh bien, Monsieur Legault avait un plan pour ce qui était très intéressant de faire au Québec. Il voulait aussi sortir de ce débat-là en créant un nouveau parti qui allait prendre la place des autres. Pour moi, c’était comme vraiment de tourner la page sur des années qui ont été bonnes pour le Québec et d’autres moins bonnes. Pour moi, tourner la page sur ce qui avait été fait, puis d’être capable de gérer, générer et créer une nouvelle dynamique était pour moi ce qui m’a amené à me joindre à lui et son projet.

Y a – t-il des réalisations ou des projets avec votre parti dont vous êtes particulièrement fiers ?

Particulièrement fiers qu’on ait été élus au gouvernement! Parce que ce qu’il faut réaliser, ce qui est extraordinaire, c’est qu’on vit dans un système politique qui, traditionnellement, était dominé par deux partis. Le parti pour lequel je suis député, Coalition Avenir Québec (CAQ) a été fondé en novembre 2011. Puis le premier octobre 2018, alors moins de 7 ans plus tard, non seulement il est devenu un parti important, mais le parti au gouvernement. Donc en moins de 7 ans, un nouveau parti qui a été créé au Québec et qui a pris le pouvoir. Bien cela pour moi, c’est une grande réalisation. Ensuite, c’est de prendre cette opportunité-là et de chercher à faire tous les jours de belles choses pour le Québec.

Quel est le plus gros risque que vous avez pris dans votre carrière ?

Mon plus gros risque… Moi dans mes vies passées, j’ai eu des entreprises et j’étais propriétaire de supermarchés d’alimentation. Puis, un jour j’en ai acheté, j’ai fait des changements et c’était une belle réussite. J’ai eu une autre opportunité qui se présentait et je n’étais pas trop certain… Des gens me disaient : « André tu devras pas, c’est périlleux. Tu ne devrais pas. » J’ai pris le risque de me lancer quand même. C’était un commerce qui était dans une zone peu dynamique et qui nécessitait des investissements. J’étais jeune, je n’avais pas d’enfants, ni de conjointe. Alors je me disais que je commence ma vie et je me suis lancé dans ce projet-là. J’ai travaillé fort pendant plusieurs années et au bout de certaines années, j’ai dû fermer. J’avais un autre commerce qui fonctionnait bien et j’en avais acheté un autre, mais lui, j’ai tout fait. Naturellement, cela a représenté des pertes financières importantes. J’ai dû aussi, à des collaborateurs, leur apprendre que leur emploi est terminé. En rétrospectives, je dirais que c’était le plus grand risque que j’ai pris. J’avais conscience qu’il y avait un risque, mais peut-être que si on m’avait dit que le risque était si grand, je ne l’aurais pas pris. Je l’ai pris. En même temps, c’est l’école de la vie. J’ai acquis des connaissances qui m’ont certainement été utiles dans d’autres sphères de ma vie.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Deux choses : Être près des gens et être avec les gens et le métier de politicien.  Je suis ministre du Ministère l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Donc à tous les jours, je suis en relation avec des gens. Ils ont soit besoin de collaborateurs ou des gens qui ont besoin de notre aide ou avec qui on veut collaborer. Alors, moi c’est quelque chose que j’aime faire, que j’apprécie beaucoup. C’est un métier extraordinaire pour faire cela. L’autre côté que j’aime, c’est que l’on peut changer des choses.  Parfois, je fais des blagues que si je pèse sur le bouton ça fonctionne, il y a des choses qui se passent. Donc être près des gens et être dans l’action sont pour moi les deux choses que je préfère le plus dans mon travail.

Lorsque vous serez Premier ministre, qu’est-ce que vous changerez ?

Je ne veux pas vous dire un secret, mais je ne serai jamais Premier ministre. Je n’aspire pas être Premier ministre. Mais, par contre, ce que j’encourage de mon Premier ministre est d’être à l’écoute des gens, être sensible aux différentes réalités qui composent notre population et puis avoir du courage. Du courage pour faire du changement, parce que ce n’est pas facile de faire des changements. Il y a des gens qui ne veulent pas que ça change et d’autres oui.  En politique, on veut parfois faire plaisir aux gens et ce n’est pas toujours facile de faire des changements. Avoir de l’écoute, avoir de la sensibilité, du courage et avoir le goût de se lever le matin et d’être de bonne humeur.  Je vous dirais aujourd’hui que mon collègue, mon chef et Premier ministre a des qualités qui ressemblent à cela. Un homme agréable à côtoyer. Je n’ai pas envie de prendre sa place. Je suis heureux d’être un collaborateur pour lui.

Quelle importance accordez-vous à l’environnement ?

J’accorde une grande place. Plus on prend connaissance des traces qu’on laisse. Plus jeune, j’allais dans un camp d’été. Nous partions dans un camping une dizaine de jours. Il y avait un mouvement qui, en anglais, disait : « Leave no traces behind. » Ça veut dire ne laisser pas de traces derrière vous.  Partout où on allait, on faisait un feu, tout dans nos déplacements, il ne fallait pas laisser de traces outre nos pas sur la terre. C’est certain qu’à l’échelle de notre planète, idéalement, ce serait d’avoir une approche comme celle-là. C’est sûr que notre planète a de plus en plus d’habitants. Il faut nourrir ces gens-là, il faut que ceux-ci puissent vivre honorablement, il y a donc une activité économique. L’activité économique laisse des traces sur la planète. Chaque jour, de garder dans ma tête de laisser le moins de traces possible est pour moi quelque chose qui m’habite. Puis, l’idée de protéger nos eaux, notre air, notre sol pour vous autres, pour vos enfants et bien c’est quelque chose d’important à faire. En même temps, on est tout le temps dans la course pour comment on fait pour donner du travail à tout le monde? Comment on fait pour que les gens puissent gagner leur vie honorablement? Quand on s’engage là-dedans, bien on laisse des traces. C’est une équation qui devient difficile à équilibrer. Par contre, je me lève le matin avec l’idée que c’est important pour aider notre planète, pour nos enfants, de faire en sorte que notre planète reste en santé.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est… ?

La persévérance, je la verrai deux façons. Une première chose, je vous dirais que c’est de s’accrocher à notre parcours, s’accrocher à nos études. S’accrocher à ce à quoi on s’est engagé même quand il vente, même quand c’est difficile et même quand on perd de vue pourquoi on fait cela.  La persévérance, c’est d’être résilient, c’est de s’accrocher. La persévérance scolaire, c’est qu’il y a un gain et s’il n’y avait pas de gain à s’éduquer, on n’irait pas à l’école. Quand on va à l’école, on fait des exercices pour notre tête, c’est comme faire de la gymnastique intellectuelle. En plus, on apprend tout plein de choses, on développe aussi une vision du monde, des aptitudes sociales, de communication. La persévérance scolaire aussi c’est un peu une clé. Ce n’est peut-être pas la seule clé, mais une clé importante pour nous aider à aller au bout de notre potentiel et de développer notre potentiel, nos habiletés et nos capacités. D’un côté, c’est de s’accrocher même quand il vente, que c’est plus difficile d’aller au bout de notre parcours.  De l’autre côté, en allant au bout de notre parcours, c’est une clé qui nous permet d’avoir un meilleur accès à tous nos talents, à tout le potentiel qu’on peut utiliser.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région?

Un de s’impliquer et de s’intéresser! C’est sûr que parfois, il peut avoir des gens qui se lèvent le matin tous les jours et disent qu’on va prendre soin des jeunes et on va aider les jeunes. C’est hyper positif. En même temps, moi ce que j’encourage, c’est que chaque matin, vous vous leviez et puis vous cultiviez un intérêt pour ce qui se passe dans votre communauté. Qu’est-ce qui se passe dans notre communauté? Qu’est-ce que les gens de notre communauté font? Comment on peut contribuer? À quoi ressemble notre communauté? Comment les gens s’impliquent et qu’elles sortent d’impulsion les gens donnent à leur communauté?  Si j’ai un message à dire, c’est n’attendez pas que les gens vous impliquent. Cherchez des opportunités de vous intéresser à ce qui se passe chez-vous. Peut-être que vous allez pouvoir influencer au lieu de rester sur le bord de l’autoroute à regarder passer les autos. C’est d’embarquer sur la route et d’arriver à une destination et je pense que c’est un peu ce que vous faites actuellement.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Qu’est-ce que tu en penses avec ce que je viens de dire ? C’est très important. Cela donne un signal. Une façon volontaire de s’impliquer, cela montre qu’on est mobilisé. Il y a un côté entrepreneurial en nous autres s’investissant pour le changement. Ce sont tous des messages que les jeunes envoient. En vous impliquant volontairement dans votre communauté, vous démontrez aussi vos traits de caractère. Cela démontre une capacité de mobilisation, d’autonomie à penser pour eux. Parce que quand on décide un matin qu’on s’intéresse et veut participer, ce n’est pas quelqu’un qui nous prend par la main, ce n’est pas maman et ni papa. C’est parce qu’on a entendu parler de cela à l’école ou bien je veux faire quelque chose. Cela démontre une belle capacité d’autonomie et d’être en mouvement. C’est une grande qualité. Au départ, être autonome et avoir une énergie pour se mettre en action, pour un jeune qui a cela versus un jeune qui a moins ça, au fil des mois et des années, cela fera une grande différence.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Très grande importance, parce que d’un c’est la santé physique. Surtout aujourd’hui, on vit dans un environnement où ce qui nous est offert à manger rapidement n’est pas nécessairement ce qui est le meilleur pour la santé. On vit dans une société qui nous amène son lot de stress et de tension.  Par le sport, cela nous permet de nous libérer l’esprit et cela nous permet de prendre soin de son corps. Si on pratique des sports d’équipe, cela permet de rire, de s’amuser avec des gens sur une base régulière et c’est plaisant. Cela nous permet d’oublier des situations dans lesquelles on peut être empêtré. Pendant quelques minutes ou heures, on va au bout de nous autres. On pleure, on rit et on s’amuse. L’activité physique, c’est bon pour le cœur, le corps et l’esprit. Parfois, par l’activité physique, on peut se valoriser. Quand on commence une activité, on n’est pas vraiment bon. À force de la faire, on devient meilleur et on développe une estime de soi et une appréciation. C’est très bon pour notre santé en général.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette /la vapoteuse ?

Vous ne parlez pas à la bonne personne. Autant je viens de vous parler de l’importance de l’activité physique, autant pour la cigarette, je vais vous parler comme un vieux mon oncle. La cigarette, ce n’est pas bon pour la santé et on s’entend là-dessus. Quand on est jeune et qu’on commence à fumer pour toutes sortent de raisons qui nous appartiennent, on développe une habitude. Ensuite, c’est difficile de s’en départir. Le vapotage? Je l’associe un peu comme la même chose. On le présente comme venant aider les gens qui fument, mais cela crée aussi une dépendance. Dépendamment de ce qu’ils mettent là-dedans, on s’aperçoit que des entreprises lancent cela sur le marché sans connaître les conséquences. C’est certain que ce sont des corps étrangers qu’on ingère sur une base répétitive.  C’est sûr que pour moi, je ne trouve pas que c’est une bonne idée pour les jeunes de s’intéresser à cela.


Photo de Louis-Félix Taschereau

Entrevue avec Louis-Félix Taschereau, pilote chez Jazz Aviation

Cette entrevue a été réalisée par Alyson Doucet et Anabelle Comtois du Comité 12-18 de Lyster.

Étais-tu bon à l’école?

Oui, je n’ai jamais vraiment éprouvé de difficulté sur le plan académique.

Le mot intimidation te rappelle quoi?

Une époque où j’avais peur d’aller à l’école… Pour vous donner une idée, en quatrième année, j’étudiais la possibilité de faire l’école à la maison à l’insu de mes parents avec la matière disponible sur « Allo prof ». D’ailleurs, un des aspects qui m’as intéressé du CQFA, l’école de pilotage publique, c’est une visite en Secondaire 3. L’école n’était pas bâtie comme une école standard. Les casiers sont à l’écart et les hangars sont des lieux de travail. Je ne m’y suis pas senti comme à l’école et ça été un soulagement pour moi. L’intimidation est un enfer qui fait en sorte que chaque journée est une épreuve à traverser. Pour moi, c’était surtout psychosocial. Je n’ai pas été visé physiquement. C’est une torture à petits feux. Je ne sais pas avec précision pourquoi c’est aussi répandu. Ce n’est pas nouveau, même ma grand-mère, lorsqu’elle était institutrice, devait gérer des cas d’intimidation. J’imagine que le développement émotionnel à l’adolescence y est pour une grande part. J’ai aussi remarqué que même entre adultes, il y en a. Seulement, plusieurs d’entre eux sont mieux équipés pour y faire face. Ils font comprendre rapidement à l’intimidateur que ce n’est pas correct ou ils s’éloignent efficacement de la situation.

À quel point la famille est importante pour toi ?

Très importante! C’est eux qui me supportaient pour passer au travers l’intimidation. C’est une équipe formidable et un atout important. Je me considère chanceux et privilégié d’en faire partie.

La musique a-t-elle une signification pour toi ?

C’est une échappatoire. Je l’utilise pour m’aider à gérer mes émotions. C’est devenu de plus en plus facile avec les services de diffusion en ligne. On choisit le type et la musique est classée automatiquement. De plus, certaines chansons ont des significations particulières c’est certain. Cependant, je suis certain que pour d’autres que moi, elle est encore plus importante

Quelle est l’activité ou moment qui a confirmé ton envie de devenir pilote ?

Devenir pilote s’est imposé de lui-même en entrant dans les Cadets de l’air. Cependant, c’était à l’époque pour le défi personnel. Je ne pensais pas en faire ma carrière. C’est lorsque j’ai commencé la formation en vol, à ma toute première prise de contrôle en planeur le 1er juillet 2014, que c’est devenu clair que je devais en faire mon métier.

T’inspires-tu de quelqu’un? Si oui qui?

Plusieurs personnes m’inspirent. J’essaie de distinguer le pourquoi et d’en retenir le meilleur. Une de celles qui m’inspirent le plus est Jimmy Crawford (St-Pierre-Baptiste). Il était mon moniteur de ski lorsque j’étais enfant. Il a atteint les plus hauts sommets (Niveau 4) de cette profession. Grâce à sa persévérance, il est aujourd’hui pilote pour WestJet, sur le même avion que moi. Je ne savais même pas que c’était son objectif lorsque je suivais des cours de ski! Aujourd’hui, je commence mon Bac en administration pour profiter du temps de confinement imposé par la situation actuelle. C’est la formation qu’il suivait en même temps que ses cours d’aviation.

Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as piloté un avion ?

Je parlerais ici du premier vol solo, car c’est la première fois qu’il n’y a pas d’instructeur pour rattraper la balle. C’est semblable à la liberté et à la responsabilité qu’on ressent la première fois qu’on monte à vélo ou qu’on conduit une voiture, mais multiplié par 10! Comme j’étais en planeur, je n’avais même pas de moteur pour me sortir du pétrin. Il fallait que je le pose quelque part et c’était mieux d’être sur la piste. Je ne me serais pas blessé, mais j’aurais brisé le planeur si ça avait été ailleurs. Sauf qu’on nous avait bien enseigné comment, alors je savais quoi faire pour y arriver sans problèmes.

C’est aussi un accomplissement très important. J’étais très fier de moi sur le coup. Je dirais même plus là qu’à chacune des autres petites victoires du parcours, comme ma qualification Q400 par exemple.

Quelle sorte d’avion pilotes-tu (grosseur, nombre de passagers, etc.)?

Je suis sur le Q400 de Bombardier. C’est un avion régional. On peut amener jusqu’à 78 personnes vers leur destination.

Comment te sens-tu en pilotant ?

Très heureux! J’ai toujours hâte d’aller travailler. Mon bureau étant à 18000 pieds d’altitude en moyenne, je n’ai pas à me plaindre de la vue! Les tâches que j’y accomplis ont un sens pour moi. J’ai le sentiment de rendre un service important au gens. Ayant déménagé de Vancouver pour revenir au Québec récemment, je sais aussi que les vols ont une signification pour les passagers, que ce soit pour un voyage personnel ou des raisons professionnelles.

Qu’aimes-tu le plus de ton métier ?

Me promener dans les aéroports! Ça peut sembler étrange, mais même si on ne fait pas de fraudes par chèques comme l’acteur Leonardo DiCaprio dans le film « Attrape-moi si tu peux », les passagers qui nous regardent passer ont tous des réactions uniques. Je me souviens entre autres d’un enfant qui étais très impressionné par ma valise à la file d’attente d’un contrôle de sécurité. C’était tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Je me suis baissé pour lui dire bonjour et lui ai fait mettre mon chapeau de pilote. J’ai fait sa journée! Une autre fois, une dame était certaine que j’étais agent de bord et qu’il était impossible d’être pilote à mon âge. Son « They let kid fly planes! » (ils laissent des enfants piloter des avions!) étonné valait au moins 1000$ quand je lui ai montré ma licence.

Quels sont les défis que tu as rencontrés dans ce métier ?

C’est énormément d’adaptation. Chaque vol est différent. Il faut non seulement s’adapter aux changements d’horaires, de porte de départ, de météo, de procédures, de routes, de contrôle aérien, mais aussi de ne jamais ou presque dormir dans le même lit. Par exemple, même si on reste 2 soirs dans le même hôtel, on n’y laisse pas nos valises, au cas où notre destination venait à changer. De plus, comme Premier Officier (Copilote), il faut s’adapter aux diverses personnalités des Commandants pour que le travail d’équipe soit bien maintenu à bord.

Quel est ton passe-temps favori quand tu n’es pas en train de piloter un avion de Jazz?

J’aime beaucoup le graphisme. Je réalisais des affiches pour les télévisions, des casiers lorsque j’étais à la Polyvalente. L’hiver, c’est le ski qui a ma préférence.

Es-tu fier de ce que tu es devenu ?

Oui et plus encore de ce que je vais devenir. « Watchez moi bien aller ! » Ma maxime dans l’album des finissants était que « l’important ce n’est pas d’arriver, mais d’aller vers » par Antoine de St-Exupéry. Alors je continue d’aller vers!


Photo de François Legault, Éric Lefebvre et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec François Legault, premier ministre du Québec

Cette entrevue a été réalisée par Corine Bradette, Molee Robidoux, Maxim Normand, Rosalie Fouquet, Mathieu Champagne et Cédric Ouellet des Comités 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes, de StLouis-de-Blandford, de St-Valère, de L’Avenir et de St-Albert.

Comment étiez-vous à l’adolescence ?

Comment j’étais à l’adolescence ? On a combien d’heures pour répondre à ça ? J’étais quand même un jeune sérieux, parfois même trop, parce que ma mère était sévère. En fait, elle l’est toujours, mais moins aujourd’hui. Elle est encore vivante et elle a 91 ans. Pour elle, c’était très important d’étudier, donc j’ai beaucoup étudié. Chez nous, il fallait être dans les premiers de classe. Je n’ai pas fait de sport autant que j’aurais voulu, mais je me suis repris plus tard. Je me suis marié, j’avais 32 ans. Entre 20 et 32 ans, j’ai joué beaucoup au tennis, au golf et au hockey. J’ai fait beaucoup de sports, mais ce que je pense qui est important, c’est d’avoir un équilibre. Être capable oui, d’être sérieux dans les études, mais aussi de s’amuser avec ses amis et de faire du sport. Moi j’étais peut-être, c’est rare qu’on dit ça, trop aux études. Je ne dis pas que ce n’est pas important. C’est très important, parce que quand on étudie beaucoup, après c’est plus facile de poursuivre ses études. On développe ainsi des facilités à étudier. Mais honnêtement, je ne savais pas que j’irais en politique. C’est très difficile. Je suis certain que vous autres, vous vous demandez : « Qu’est-ce que je veux faire dans la vie ? » Et moi, je regarde mes deux garçons de 25-27 et je pense qu’ils ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire. Ils ont fait comme leur père, ils ont étudié en administration, mais présentement ils ne sont pas sûrs qu’ils aiment ça. C’est très difficile de savoir ce qu’on veut faire quand on est jeune, rendu à 16 ans, et de choisir ce qu’on va faire au CÉGEP. J’aimais la psychologique, les mathématiques, j’aboutis en administration et je suis rendu en politique. Je n’ai pas étudié en politique. C’est très difficile de savoir, mais en même temps, c’est tellement important de découvrir sa passion. C’est sûr que nous autres, les garçons, quand nous étions jeunes, notre passion, c’était beaucoup le sport. Il faut se trouver un travail passionnant, parce que vous allez travailler jusqu’à 65-70 ans, donc c’est beaucoup de temps à passer. C’est très important de :

1 : étudier pour avoir un travail qu’on aime

2 : avoir à côté des passe-temps et des passions. Ça peut être les arts, les sports, ou toutes sortes de choses. Mais c’est à l’adolescence qu’on commence à se poser ces questions-là. Mais ne vous en faites pas, si vous vous posez ces questions-là, moi aussi je me les ai posées longtemps.

En résumé, j’étais un élève et un adolescent sérieux. J’avais une mère très sévère. Elle dit que ce n’est pas vrai aujourd’hui, mais moi je m’en souviens.

Quels sont vos loisirs en dehors de votre rôle de Premier Ministre ?

J’aime beaucoup jouer au tennis avec mes 2 fils de 25 et 27 ans. Mais le loisir le plus agréable, c’est de souper le vendredi soir avec des amis et de jaser de tout sauf de politique. Je suis marié depuis 30 ans avec la même femme. Alors sortir au restaurant juste nous deux et être capable de prendre, de temps en temps, des petites vacances à l’extérieur, c’est important. Nous sommes allés en Floride au début du mois de janvier. Ça fait du bien de se changer les idées et de lire un peu. J’aime beaucoup lire, je suis quelqu’un qui lit beaucoup. Avant de me coucher, j’ai besoin de lire 30 à 60 minutes. Mes garçons font ça également, car Isabelle et moi, on faisait ça quand on les mettait au lit. On leur faisait la lecture jusqu’à ce qu’ils soient capables de le faire eux-mêmes. Si je ne lis pas avant de me coucher, je m’endors moins vite ou moins bien. Si vous calculez ça, 30 à 60 minutes par soir, au bout d’une semaine, j’ai lu un livre. Je peux lire une cinquantaine de livres par année. Quand j’aime un livre, je le publie sur ma page Facebook ou mon compte Twitter. J’explique les raisons pour lesquelles je l’ai apprécié. Quand je n’aime pas un livre, je ne dis rien, car je n’aime pas ça la chicane ! Donc lecture, sports, les amis et tennis.

Quel est votre parcours scolaire ?

J’ai tout d’abord étudié en administration à l’école des Hautes Études Commerciales à Montréal. J’ai été comptable agréé, aujourd’hui on dit CPA (comptable professionnel agréé). J’ai alors commencé à travailler dans un bureau de comptables. J’ai également étudié le soir pour un MBA (Maîtrise en administration des affaires). C’est difficile d’étudier le soir, ça m’a pris 5 ans. Ce n’est pas plaisant, car le jour tu travailles et le soir, tu as tes cours ou tu étudies. Les fins de semaine, tu te sens toujours coupable, car tu as un travail à faire. Quand je travaillais dans le bureau de comptables, j’ai un client qui est venu me voir et qui voulait se partir une compagnie aérienne. Je l’ai aidé à partir sa compagnie et je suis allé travailler pour cette compagnie qui s’appelait Nationair. Ensuite, je suis allé travailler pour une autre compagnie aérienne qui s’appelait Québecair. Plus tard, avec des associés, j’ai parti ma propre compagnie aérienne qui s’appelle Air Transat où j’ai travaillé pendant 10 ans comme président. Ensuite, je me suis tourné vers la politique. J’ai commencé avec M. Lucien Bouchard, comme Ministre Industries Commerces, qui est maintenant Ministre de l’Économie. Ensuite, j’ai été Ministre de l’Éducation, Ministre de la Santé et après, je me suis retrouvé dans l’opposition. J’ai ensuite lancé avec d’autres députés, la Coalition Avenir Québec (CAQ), un nouveau parti. Depuis 1 an et demi, je me suis fait élire et je suis maintenant Premier Ministre. Je sens par contre que ça met trop de pression à mes fils. Oui j’ai travaillé fort, mais il y a toujours une partie de chance là-dedans. Nous ne sommes pas obligés d’être président d’Air Transat et Premier Ministre pour vivre sa vie. L’important, c’est de faire ce qu’on aime. Les moments les plus importants, c’est souvent en famille. Passer du temps avec mes 2 garçons, l’un d’eux a une amoureuse. Aller souper avec eux et ma femme, tous les 5, c’est un grand bonheur dans ma vie.

Quel a été votre premier emploi payant?

Mon premier emploi payant, j’avais 14 ans et je livrais le lait. Je viens de St-Anne de Bellevue. Il y avait beaucoup de chiens et je me suis fait mordre souvent en faisant mes livraisons. Dans ce temps-là, il y avait des bouteilles en vitre. On avait un petit support où nous mettions 6 pintes de lait. Dans les pintes vides, les gens y mettaient leurs 25 sous et souvent l’hiver, les sous étaient gelés dans le fond de la bouteille. On remplaçait les bouteilles vides par les bouteilles pleines de lait. Je trouvais ça difficile. C’était le samedi matin, ça commençait à 5h00 et finissait vers 13h00. À 5h00 le matin, je trouvais ça de bonne heure, car je devais me lever à 4h15, 4h30.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à faire de la politique ?

Il y a un politicien qui m’a toujours inspiré et c’est M. René Lévesque. C’est lui qui a fondé le Parti Québécois. C’était surtout une question de fierté de dire : « Nous sommes fiers d’être québécois. Nous sommes fiers de parler français. » Après Air Transat, je me suis considéré chanceux. J’ai fait de l’argent, mais je voulais redonner. Les Québécois francophones, ça fait seulement deux générations qu’ils sont en affaires et il n’y en a pas assez. C’est plaisant d’être un homme d’affaires. On dit souvent que c’est plaisant d’être joueur de hockey et être joueur de football, comme on a vu dimanche avec Laurent Duvernay Tardif. Mais être un entrepreneur, je me souviens avec le premier vol d’Air Transat, nous avions la chair de poule. Je voulais donner le goût à plus de jeunes. D’abord d’étudier, car si on veut réussir à avoir un bon emploi, il faut d’abord étudier et par la suite, oser et que le gouvernement aide au besoin. Moi je n’avais pas beaucoup d’argent, mais il y avait des programmes où j’ai pu emprunter de l’argent et démarrer Air Transat. C’était important pour moi de redonner. Il est certain que l’économie et l’éducation sont très importantes.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir ce parti ?

Je l’ai fondé ce Parti étant donné qu’il n’y en avait pas un qui faisait mon affaire. Donc c’était un peu l’idée. J’étais d’abord au Parti Québécois, qui était souverainiste. Pour moi, ça veut dire qu’avant d’être souverainistes, nous sommes nationalistes québécois. Je suis fier du Québec. J’aimerais entendre les jeunes là-dessus, c’est certain que ça vous intéresse moins de faire du Québec un pays. Par contre, je reste nationaliste. Pour moi, l’économie, on peut faire mieux. Parce que pendant 50 ans, au Québec, il y avait 2 Partis qui ont alterné. Il y en a un qui était nationaliste, le Parti Québécois, et un qui était plus pro-économie. J’ai toujours pensé que les deux allaient ensemble. Il faut mieux s’occuper de l’économie et être plus riches. Ce n’est pas une fin en soi d’être riche, c’est une question de se donner les moyens de nos ambitions. C’est aussi important d’être fier d’être québécois. Donc, j’ai essayé de mettre ensemble le Parti Québécois et le Parti Libéral. Nous avons appelé ça la Coalition Avenir Québec, la CAQ, il y a 8 ans. Nous avons eu 19 députés en 2012, 21 en 2014 et en 2018, il y a 1 an ½, nous en avons élu 74. Depuis ce temps, nous avons eu 2 élections partielles que nous avons gagnées. Là, nous sommes rendus 76 sur 125. Ce qui veut dire les trois autres partis, additionnés ensemble, en ont 49. Donc, ça va bien notre affaire.

Est-ce qu’il y a des projets ou des réalisations de votre parti dont vous êtes particulièrement fier ?

Oui bien sûr, comme une des choses que l’on fait avec M. Lionel Carmant. Je l’ai amené en politique, il est un médecin, pédiatre, neurologue, nous travaillons à créer un programme qui s’appelle Agir Tôt. Nous sommes en train de mettre en place des maternelles 4 ans. Si on veut qu’il y ait plus de jeunes qui réussissent, il faut donner des services, entre autres, aux jeunes qui ont des difficultés. Ça peut être plusieurs choses : troubles d’attention, dyslexie, dysphasie… Si on commence plus tôt, on augmente les chances qu’ils soient capables, éventuellement, d’obtenir un diplôme. C’est une partie qui était importante pour moi, que nous avons déjà commencé à mettre en place et qui va aller loin. Nous sommes aussi en train de rénover toutes les écoles. Je trouve que nos écoles ne sont pas toujours belles, il n’y a pas assez de fenêtres. C’est la même chose avec les CHSLD. Nous allons d’abord changer de nom, pour Maisons des aînées et ça va être plus éclairées. Et tranquillement, en économie, nous sommes en train de semer. Je me promène. Je suis allé en Californie, à New York, à Dallas, à Boston et je pars en fin de semaine pour Washington. On essaie de convaincre des compagnies de venir au Québec, offrir des emplois bien payés, avec de gros enjeux, qui sont des emplois stimulants. Pour l’environnement, nous sommes en train de travailler sur plein de projets pour le transport en commun dans les grandes villes. On a également annoncé qu’on va agrandir la consigne des bouteilles. Ça veut dire que les bouteilles de plastique, les bouteilles de vitre incluant celles de la SAQ, les bouteilles de métal, les bouteilles de carton et les contenants de lait, nous allons tous pouvoir les recycler. Nous allons les consigner. Les gens vont payer 10 sous pour les bouteilles, pour les cartons et 25 sous pour les bouteilles à la SAQ, qui vont se faire rembourser quand ils vont les ramener. Nous serons capables plus facilement de recycler le verre, le métal, le plastique et le carton. Je pense que c’est très important pour notre environnement.

Quel est votre plus gros risque que vous avez pris dans votre carrière ?

De lancer Air Transat. Là ça l’air beau, Air Transat va bien, mais il y a des périodes où ça n’allait pas bien. Un avion arrive en retard, ça nous apporte des dépenses. On a eu des grosses pertes et on a failli faire faillite quelques fois. Donc chez Air Transat, j’ai pris de gros risques.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Rencontrer des jeunes. C’est bien plus plaisant de répondre à vos questions, comparativement à ce que vous avez vu ce matin avec l’Opposition et les journalistes qui essaient juste de nous coincer. C’est de rencontrer des gens, c’est ça qui est agréable.

Avez-vous de futurs projets qui s’annoncent, selon vous, innovateurs ?

Oui. Je ne sais pas si vous connaissez l’intelligence artificielle ? Mais tout ce qui est autour, les technologies de l’information, nous sommes bons là-dedans. On a commencé à être bons dans les jeux vidéo, ce qu’on sait moins par contre, c’est que nous sommes bons dans les films et les séries de films. On est bon dans l’intelligence artificielle, pour inventer une utilisation de mégas données et ça s’appliquent à tout. Ça s’applique à la santé et à plein de services qu’on peut donner. On s’en vient avec de beaux projets.

Quelle importance accordez-vous à l’environnement ?

C’est très important. Il faut qu’il y ait un équilibre entre l’économie et l’environnement. Mais nous avons un gros défi pour toute la planète et c’est de réduire les gaz à effet de serre. Parce que la planète se réchauffe et si on ne fait rien, l’eau va monter, les glaciers vont fondre et il y aura toutes sortes de problèmes climatiques. Il faut réduire les gaz à effet de serre, ce qui veut dire, utiliser moins de pétrole, moins d’autos comme on les connait. Ils seront remplacés par des autos électriques, des camions électriques, des autobus électriques, des trains, des tramways, des métros électriques. S’assurer que les entreprises polluent moins. Nous avons la chance d’avoir au Québec, l’hydroélectricité. C’est propre, ce qui est un gros avantage.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est quoi ?

C’est ce qui est le plus important ! Malheureusement, surtout pour les garçons. Le 2/3 de ceux qui décrochent, ce sont des garçons. Il y en a beaucoup trop. Environ 15% des jeunes décrochent avant d’avoir son premier diplôme. Comment on fait pour régler ça ? D’abord, on doit s’occuper des jeunes qui ont des difficultés d’apprentissage très tôt. Ensuite, à l’école, avoir plus de sports à l’extérieur et plus d’activités artistiques. Aujourd’hui, il faut au moins finir son secondaire 5. Nous sommes dans une société du savoir. Les jeunes qui décrochent sont l’un des pires problèmes de notre société. Il faut tout faire pour ne pas qu’il y en ait.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Le Centre-du-Québec… Vous savez, quand je suis arrivé en politique, il y avait seulement 16 régions au Québec et maintenant, il y en a 17. Le Centre-du-Québec était placé avec la Mauricie. Vous savez, il y a une différence entre Drummondville, Victoriaville et Trois-Rivières. J’étais avec le Parti Québécois à cette époque et M. Jacques Baril m’avait apporté cette proposition-là. « Centre-du-Québec », ça le dit, c’est au centre du Québec. Moi je pense qu’au Centre-du-Québec et en Mauricie, on peut faire beaucoup mieux en économie. Quand on lit l’histoire, la Mauricie c’était beaucoup entre autres les papetières qui, pour toutes sortes de raisons, ont fermé. Des usines qui ont fermé et nous n’avons jamais réussi à recréer des emplois aussi bien payés. Quand je regarde le salaire moyen, je n’accepte pas que le Centre-du-Québec et la Mauricie aient un salaire moyen plus bas que le reste du Québec. Pour le Centre-du-Québec, la priorité pour moi, c’est l’économie. Évidemment, je le répète, l’économie commence par l’éducation. Il faut choisir certains secteurs. Il y a des secteurs très importants. Vous êtes sur la route des technologies d’information, tout le génie, tout ce qui est autour de l’innovation. Il faut qu’il y ait plus de jeunes qui choisissent, je sais que ce n’est pas plaisant, les sciences pures. C’est plus compliqué, les mathématiques, la physique, la chimie, la bio, mais c’est là qu’il y a 80% d’innovation. C’est dans ces secteurs-là. C’est bizarre, car les filles sont meilleures que les garçons à l’école, mais il y a moins de filles qui vont dans les sciences que les garçons. Il y a un problème. Pourquoi ? Il y a eu plusieurs tentatives pour essayer de rendre les sciences plus sexy. Si j’avais un message, c’est que j’aimerais ça qu’au Centre-du-Québec il y ait plus de jeunes qui se tournent vers les sciences ou en informatique.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

C’est très important parce que nous sommes une société qui est plus individualiste. Depuis 25 ans, si on regarde l’évolution de notre société, les gens sont un peu plus à leurs affaires. Alors c’est tellement important d’avoir un esprit communautaire, d’être ouvert et d’aider ceux qui en ont besoin. On ne peut pas compter seulement sur les hôpitaux pour aider les gens. De s’impliquer dans la communauté, d’aider les gens moins riches, d’aller les aider financièrement, c’est vraiment important. Souvent les personnes âgées se retrouvent seules. À 85 ans, ils n’ont pas de visite. Que les jeunes rencontrent les plus vieux, c’est important pour l’esprit qu’on a dans une communauté.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Comme je disais tantôt, on veut rajouter plus d’art et de sport et on va donc ajouter 5 heures par semaine dans les écoles secondaires. C’est prouvé que les jeunes qui pratiquent le sport décrochent moins. Un esprit sain dans un corps sain. Aujourd’hui on dit que les gens, même les jeunes, sont stressés. Même moi je suis stressé. Aussi, je vais faire du tapis roulant pendant 40 minutes et ça enlève le stress. Le sport, c’est important aussi pour être calme.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ?

C’est mauvais la cigarette. J’espère qu’il y en aura plus du tout de cigarette. Moi je pense que dans 25 ans, même avant, les gens vont se dire : « Hey, vous en souvenez-vous en 2020, il y avait du monde qui fumait. Il savait que ça pouvait causer le cancer, que ça réduit en moyenne de 10 ans la durée de vie et il fumait pareil. Ils étaient fous à l’époque !? » Ce n’est pas bon pour la santé. Ça crée toutes sortes de problèmes. Il ne faut pas fumer.


Photo de Marie-Mai et les jeunes de Partenaires 12-18

Entrevue avec Marie Mai, chanteuse

Cette entrevue a été réalisée par Alicia Boissonneault, Bianka P.-Pellerin, Kim P.-Pellerin, Mia P.-Pellerin du Comité 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes.

Vous avez une belle fille. Aimeriez-vous avoir d’autres enfants ?

J’aimerais ça je pense oui. J’aimerais vraiment ça. Quand est-ce que ça va arriver? Ça ce n’est pas nous qui décidons de ça, mais je dirais que oui ça devient de plus en plus clair. J’ai de la difficulté à le verbaliser parce que c’est tout récent en fait que j’ai ressentie ce besoin-là. Donc ça s’en va dans l’univers…

Qu’est-ce que vous pensez des jeunes et la cigarette /vapoteuse ?

Ouhh! Ça c’est un fléau. En fait, la vapoteuse a été créée pour arrêter de fumer. À la base, c’était ça. Ça a toujours été passé comme une période de transition qui pouvait aider les fumeurs, les gros fumeurs, à arrêter. C’est sûr et certain que quand je vois des jeunes vapoter, je fais comme « oh boy », on est passé à côté de ce qu’on voulait faire! C’est clairement quelque chose de gros, quelque chose qui a besoin d’être changée, d’être régularisée. On doit enlever ça de la main des jeunes. Si on pouvait enlever ça de tout le monde! Donc oui, il est temps que ça arrête.

Qu’est-ce qui vous rend la plus fière de votre travail?

Ce qui me rend le plus fière de mon travail, c’est de voir à travers les années l’impact que mes mots et mes musiques ont eu chez les gens et chez les jeunes. De voir aussi qu’ils continuent d’avoir un impact chez mon public. Moi, faire de la musique, ça a toujours été en émotions. J’aime partager ce que j’ai appris, ce que j’ai vécu, que les gens se sentent moins seuls. Parce que moi, quand je vivais des périodes qui étaient plus difficiles, où je ressentais le besoin de l’écrire, j’aurais probablement aimé ça avoir quelqu’un qui me chante des chansons comme ça, quand j’avais besoin d’en entendre. Pour moi, l’écriture c’était une forme de thérapie. Ça me fait du bien de mettre ça sur papier quand je sens que ça fait du bien aux gens d’entendre ces beaux messages-là. Je me trouve très très privilégiée de pouvoir avoir ce lien là avec le public. Donc, définitivement de sentir que je peux inspirer et apporter un petit peu de lumière dans leur vie me rend fière.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?

Bien ça, écoute, je pense que de façon plus large, moi les jeunes m’inspirent beaucoup de par la volonté et la résilience. Les jeunes qui s’impliquent veulent faire une différence. Donc c’est sûr et certain que, quand je vois des jeunes qui font une différence en faisant des actions concrètes en s’impliquant dans leur communauté, en s’impliquant dans leur école, ça me touche vraiment. Tellement que mon intuition, que mon feeling va sentir que la prochaine génération a quelque chose de spécial. C’est vrai. C’est fondé! Donc moi, j’encourage à faire une différence.

À 18 ans, vous avez participé à l’émission Star académie. Qu’avez-vous gardé comme souvenir?

En fait, Star Académie, ça le dis, c’est une école. C’est vraiment une période de ma vie où tout s’est défilé devant mes yeux très très rapidement. Ça a duré 9 semaines, donc 9 semaines sans voir ta famille, tes amis, mais où tu apprends. Jour après jour, heure après heure, tu n’as pas de pause. Tu es constamment dans un tourbrouillon d’inspiration et de cours de chants, de cours de danses, de cours de théâtre, de cours d’éducation physique. Tu baignes dans ce que tu aimes le plus. Donc, pour moi, c’est là que j’ai travaillé vraiment à peaufiner ce que je faisais. J’étais jeune, j’avais 18 ans. J’étais comme une éponge dans ce temps-là. Ça m’a vraiment servi à faire ce que je voulais faire. Ça m’a servi d’école.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?

C’est très important et pas juste à l’école. C’est vraiment important dans la vie pour plein de raisons différentes. Pour les endorphines premièrement parce que notre tête a besoin de ça. On a besoin de se dépenser pour avoir un sentiment de bien-être. Moi je dis toujours que c’est important d’avoir un esprit sain dans un corps sain. Faire attention à ce qu’on mange, faire attention à ce qu’on met dans notre corps faire attention justement à garder un équilibre qui est très important. Nos jeunes en santé, on veut qu’ils grandissent pour devenir des adultes en santé. Donc c’est important d’optimiser tout ce qu’on fait avec notre corps pour être sûr de se trouver sur la bonne ligne.

À quel âge avez-vous commencé votre carrière de chanteuse?

J’ai commencé ma carrière professionnelle de chanteuse à 18 ans. Ma 1ère chanson que j’ai composée, j’avais 6 ans et demi. J’ai dit à ma mère : « Moi, plus tard, je vais être une chanteuse. Est-ce que tu me crois? » Ma mère m’a dit : « Si c’est ce que tu veux faire, parfait! Ça va prendre du travail par exemple. Il ne faut vraiment pas que tu lâches ». Et j’ai dit : « Non, je sais. C’est ce que je veux faire de toute façon. » Donc, je me suis conditionnée à faire ça. À 6 ans et demi, la seule chose que je voyais dans ma tête, c’était une scène. C’est ça que j’allais faire et c’est ça que j’ai fait. Je me suis préparé mentalement à ça.

C’est où le plus loin que vous êtes allée pour un spectacle?

Le plus loin que je suis allée pour faire un spectacle, c’est à Los Angeles. Je suis allée en France aussi pour faire plusieurs spectacles. J’ai fait les premières parties de Garou pendant plusieurs années. Après ça, j’ai fait une tournée avec Simple Plan aussi en France. Je fais quand même des spectacles assez loin, mais j’aimerais ça en faire encore plus loin. J’aimerais ça vraiment que ma musique puisse voyager sur d’autres continents.


Photo de Rose Guillemette et d'une jeune de Partenaires 12-18

Entrevue avec Rose Guillemette, entreprise Kears

Cette entrevue a été réalisée par Jinny Descôteaux du Comité 12-18 de Ste-Clotilde-de-Horton.

Décrivez-nous votre entreprise.

C’est une boutique en ligne. Je vends des produits fabriqués avec des matières recyclées. On a des sandales, des manteaux, des maillots de bain pour homme et femme.

Quel type de métiers peut-on trouver dans votre entreprise ?

C’est vraiment vaste. Il y en a autant en développement de produits, en marketing, en ‘’marketing web’’, comptabilité et affaires internationales. Il faut répondre aux courriels avec les influenceurs… C’est un peu des métiers qu’on ne peut pas encore catégoriser parce que c’est encore en développement. Au niveau des influenceurs, il y a toute la recherche et il faut leur écrire. Juste ça, ça pourrait être un emploi. Ça commence à se développer dans les entreprises, mais ce sont des postes qui sont encore inexistants et qui n’ont pas vraiment de nom à part ‘’marketing web’’. C’est vraiment la majeure partie de tout ce que je fais.

Quel est le procédé pour recycler les 14 000 bouteilles d’eau ?

Du polyester et du nylon, c’est du plastique. La bouteille est reprise, défaite en petites particules et fondue. Ensuite avec ça, il la tisse à nouveau. C’est comme une passoire dans laquelle le plastique est mis et chauffé. Il devient liquide. Ça sort en fils et c’est tissé en filaments. Ça fait du tissu. Ce sont des fournisseurs qui me le font. Quand j’ai étudié en mode, on avait un cours de textile. Nous avons appris comment le polyester était fait. Je me suis dit à ce moment-là qu’il fallait le recycler, c’était logique. Ça fait 5 ans de ça et ça ne se faisait pas vraiment, mais là, ça commence à être quelque chose de plus fréquent. Avant, ce n’était presque pas pensable de faire ça. Je sais, par mètre de tissu, ça équivaut à combien de bouteilles d’eau.

Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés lorsque vous les embauchez ?

Je n’ai pas encore d’employés. Pour l’instant, je suis seule. Mais si j’en avais, ce serait l’ouverture d’esprit. Il faut être ouvert à tout le monde. Surtout, ce que je rechercherais, ce serait vraiment d’aimer ce que tu fais. Moi j’aime ce que je fais et j’aime aussi que les gens avec qui je travaille aiment ce qu’ils font. Je ne veux pas avoir à les pousser. Il faut qu’ils ‘’trippent’’ à faire ça, que ça les passionne.

Y’a-t-il des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes particulièrement fière ?

Oui, on a réussi à recycler en 6 mois à recycler 13 769 bouteilles d’eau en plastique. Là-dedans, je ne compte pas les filets à pêche, les retailles de tapis et les retailles textile.

Selon vous, quelles sont les avantages à travailler en région ?

Comme c’est petit, un peu tout le monde se connaît. Pour moi, ça n’a pas été long et tout le monde a su. Ça se parle. À Victoriaville, j’ai vendu beaucoup de maillots et des sandales. Le 1/ 10 de mes ventes vient de Victo, c’est quand même beaucoup.

Comment se passe une journée de travail pour vous?

En me levant, je regarde mon cellulaire et je réponds à mes messages et courriels. Ensuite, je me fais une liste de ce que j’ai à faire dans ma journée. J’essaie de tout faire. Ce n’est pas tout le temps évident. Ça varie beaucoup. Une journée je peux m’occuper de mon site Internet, l’autre journée du ‘’marketing’’, ensuite une journée avec les nouveaux produits. Ça dépend tout le temps.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Ce que j’aime le plus, c’est le ‘’marketing web’’, les médias sociaux et le développement de produits.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise ?

J’aimerais que ce soit une multinationale, mais mon but est vraiment de recycler le plus que je peux. C’est vraiment ce que je veux faire, soit recycler le plus de produits et de matériel possible pour en créer d’autres. C’est ma vision.

Pour quelles raisons devrait-on travailler pour votre entreprise ?

Je veux aider le plus possible. Je pense que c’est ça quand tu recherches un peu plus que juste un emploi où tu travailles. Nous, on veut vraiment faire quelque chose de positif. On prend toutes sortes de matières pour en créer d’autres. C’est certain que plus tard, j’aimerais ça m’associer avec des causes.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie ?

C’est l’entrepreneuriat et de voir les histoires des autres personnes. J’écoute beaucoup de films. Comme exemple le film de Facebook, le film de Apple, le film de Lady Gaga… Autant des artistes que des entrepreneurs. Je trouve ça fou de partir quelque chose, de le faire et de savoir toute l’histoire de la personne. Ça m’inspire et c’est ce qui me pousse.

Pour vous la persévérance scolaire c’est quoi ?

Pour moi, c’est même si tu as de la difficulté à l’école, c’est d’aller demander de l’aide. C’est de prendre l’aide quand tu en a besoin.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

Peu-importe ce que tu veux, je pense que tu peux y arriver. Il faut juste que tu sois vraiment déterminé, que tu aies envie d’atteindre ton but et que tu mettes tous les efforts pour y arriver. Je pense vraiment que peu importe tu pars d’où, ce que tu veux faire tu peux le faire. Ça dépend de tes intentions. Je prends comme exemple M. Louis Garneau. Il ne savait même pas faire du vélo et il s’est rendu aux Jeux Olympiques en vélo compétitif. Il faut juste vouloir et tu pourras faire n’importe quoi.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Je trouve ça vraiment ‘’cool’’ parce que moi aussi j’ai déjà fait du bénévolat. Deux voyages humanitaires, un en Haïti et un au Guatemala. Je sais ce que c’est et j’encourage vraiment cela. Ça ouvre l’esprit de voir d’autres cultures. Le fait d’aller là-bas, ça m’a permis de voir c’était quoi vivre avec rien, dans les déchets. Au Guatemala, ils vivent dans des poubelles, littéralement. J’avais 15 ans et c’est à ce moment que j’ai commencé à faire plus attention. Ça part de là, ça m’a mené à créer des produits entièrement recyclés.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Je pense que c’est important. Je ne suis pas une personne qui est très très active, mais je vais courir de temps en temps. Je pense qu’au moins une à deux fois par semaine c’est bon.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse ?

Moi je ne fume pas. Je trouve ça un peu ridicule. C’est une perte d’argent et un mauvais investissement selon moi. Je ne vois pas l’intérêt de fumer. Ça ne sert à rien à part te gâcher les poumons.