Entrevue avec Rémi Bergeron, propriétaire de Vimetri Productions
Entrevue avec Rémi Bergeron, propriétaire de Vimetri Productions, réalisée par Camille Lambert et Tristan Lyonnais du Comité 12-18 de Ste-Séraphine.
Décrivez-nous votre entreprise.
C’est une bonne question, parce qu’en fait, je fais plusieurs choses dans la vie, je suis travailleur autonome. Je suis un homme d’affaires avec plusieurs volets à son actif : Le premier volet, c’est que j’ai mon entreprise en production vidéo, je fais de la production vidéo, des tournages et du montage pour différents clients. Je suis aussi un investisseur immobilier depuis un peu plus de neuf ans, j’ai 77 locataires qui demeurent dans mes immeubles.
Quelles sont les valeurs de votre entreprise?
Un mot d’ordre pour moi, c’est la liberté. Je suis libre de temps, libre financièrement et libre de lieux, je veux conserver cette autonomie à tout prix. Quand je confie une tâche à un employé, j’aime pouvoir lui faire confiance et leur laisser une certaine liberté afin qu’ils puissent aller de l’avant, grandir dans l’entreprise et proposer leurs idées eux aussi. C’est important de pouvoir faire confiance à son équipe de travail.
Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés lorsque vous les embauchez?
Quand j’engage un employé, je recherche une personne autonome, qui effectue le travail demandé sans que je sois toujours là pour superviser ou accompagner ses actions. Il faut aussi que les employés soient capables de s’adapter aux diverses situations qui peuvent survenir puisque dans mon domaine, les imprévus sont fréquents. Je pense que les futurs travailleurs doivent apprendre jeunes, que quand on effectue un travail, il faut le faire à 100%. Si vous n’aimez pas ça, c’est peut-être mieux de changer et de trouver ce qui vous intéresse vraiment. Comme ça chacun est gagnant et personne ne perd son temps.
Selon vous, quels sont les avantages à travailler en région?
Quand j’ai commencé, après mes études, je suis allé à Montréal et j’ai fait six mois là-bas puisqu’en production vidéo, il y a beaucoup plus de possibilités à Montréal. Je suis revenu rapidement au bercail, la grande ville ne me convenait pas. En région, dans mon domaine, il y a moins de compétition et on est plus libre de faire un peu ce que l’on veut et de pouvoir choisir avec qui on va travailler. Souvent, on connait personnellement nos clients, c’est plus facile d’avoir une relation avec eux et ce sont habituellement des relations à long terme qui évoluent dans le temps.
Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise?
Je n’ai plus autant d’ambition avec mon entreprise qu’avant puisque j’ai la liberté que je voulais atteindre, je voulais pouvoir travailler sur des projets qui me ressemblent et que je peux faire lorsque cela me convient et j’ai atteint cet objectif. Maintenant, j’ai plus des ambitions personnelles comme devenir une meilleure personne, de pouvoir profiter de la vie sans être obligé d’aller travailler à tous les matins. Je me suis rendu compte que ce n’est pas la grosseur de l’entreprise qui compte, mais ce que l’entreprise t’apporte au plan personnel. Si tu es bien quand l’entreprise est petite, pourquoi voudrais-tu la grossir?
Pour vous, la persévérance scolaire c’est…
La persévérance scolaire c’est de ne pas lâcher, évidemment, mais au-delà de ça il y a aussi de trouver sa voie en essayant plein de choses. L’école ce n’est pas nécessairement, selon moi, la seule manière de réussir dans la vie. Si tu continues tout le temps d’apprendre tu trouveras ta voie, c’est ça le plus important au-delà des notes obtenues à l’école.
Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région?
Ce n’est pas parce que tu es en région que tu ne peux pas réaliser tes rêves, tu n’es pas obligé de partir à Montréal ou à Québec, ou ailleurs dans le monde, pour faire ce que tu as envie de faire. En campagne, on est plus tranquille, plus relax, ono prend le temps de profiter de la vie. Il y a des espaces verts. C’est un mode de vie qui est moins stressant, moins rapide et en plus on n’est pas coincé à perdre du temps dans le « trafic ».
Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?
C’est bien. Moi, je l’ai fait quand même souvent aussi en étant jeune. Ce n’est pas juste de s’impliquer bénévolement, Je pense que le fait de s’impliquer dans toutes sortes de choses, bénévolement ou non, ça nous fait découvrir des choses qu’on n’aurait pas découvertes autrement et ça c’est ce qui nous fait grandir personnellement.
Quelle importance doit-on apporter à l’activité physique?
Je dirais, sans être au « gym » à tous les jours, c’est important d’avoir un mode de vie sain. Je pense que c’est souvent aussi, parce qu’en plus d’aider le corps, ça l’aide l’esprit à se libérer des mauvaises énergies.
Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse?
Ça c’est non. En fait, avant, je peux comprendre que le monde fumait, que la société fumait, et on n’avait pas les connaissances qu’on avait aujourd’hui. Moi, j’ai toujours dit à un fumeur : « Sors-moi une seule bonne raison pour que tu fumes et j’arrêterai de t’achaler pour que tu arrêtes. » Il n’y en a aucune bonne raison de fumer, c’est tout.

Entrevue avec Gabrielle Monfette, Directrice générale de la Société Protectrice des Animaux Arthabaska (SPAA)
Entrevue avec Gabrielle Monfette, directrice générale de la Société Protectrice des Animaux Arthabaska (SPAA), réalisée par Bianka Pontbriand-Pellerin et Laury Laliberté du Comité 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes.
Depuis combien d’années est-ce que l’Astrolab existe?
L’Astrolab, dédié au public, a été construit en 1996, ça fait 25 ans cette année que l’Astrolab existe. L’Observatoire pour la recherche est au sommet du Mont-Mégantic, il est aussi ouvert au public et il a mené à la construction de l’Astrolab.
Qu’est-ce qui vous a mené à devenir responsable de l’éducation de l’Astrolab?
C’est une belle histoire! En fait, j’ai souhaité venir animer ici un été, à ce moment-là, je cherchais un poste d’enseignant au cégep. Au départ je me suis dit : « Je vais aller animer un été pour acquérir de l’expérience d’enseignement puisque j’ai fait une maitrise sur un sujet qui touche les étoiles et l’astronomie » Finalement, il y a eu un concours de circonstances, un poste de six mois s’est ouvert. Après ça, on m’a gardé ici. Ça fait en sorte que ça fait 20 étés que je suis ici. J’ai fini par y faire ma vie et m’établir dans le coin. Je me considère bien privilégié. Donc, ce sont à la fois des études jusqu’au niveau de la maîtrise et aussi des opportunités qui se sont présentées.
Quelle est la distance entre la terre et l’étoile la plus proche?
La distance entre la Terre et le Soleil, l’étoile la plus rapprochée qui est Proxima du Centaure, c’est à peu près 4,3 années-lumière d’ici. Il faut se rappeler ce qu’est une année-lumière parce que c’est assez abstrait. Dans notre langage, une année, c’est une unité de temps, mais en réalité, une année-lumière c’est une unité de distance. C’est la distance que parcourt la lumière pendant une année à la vitesse de la lumière qui est de dix mille milliards de kilomètres. La vitesse de la lumière, c’est 300 000 kilomètres par seconde. Donc, la vitesse de la lumière, c’est 7 fois le tour de la Terre en une seconde. Imaginez, si ça c’est une seconde, la distance que la lumière va parcourir en un an. Et ça, c’est l’étoile la plus proche, on s’entend. La galaxie, c’est encore plus fou que ça.
L’astronomie vous intéresse pour quelles raisons?
C’est une bonne question, pour beaucoup de raisons. D’abord, je pense que l’astronomie représente le monde qui nous dépasse comme les étoiles et l’univers. Aussi, je suis fasciné envers le mystère de nos origines : Ce qui fait qu’on est ici, que nous sommes huit milliards d’êtres humains, suspendus au milieu des étoiles sur une petite planète bleue, à tourner autour de notre étoile. C’est quand même le plus grand « show » de tous les temps. Puis, à l’intérieur de ces grandes questions-là : « Qui est-on ? D’où vient-on ? Etc. », il y a tous les sujets fascinants de l’astronomie en soit : Les étoiles, les trous noirs, l’évolution de la matière dans l’univers par exemple. Il y a plein de grands mystères au cœur de l’astronomie. Je pense que quand on s’intéresse à l’astronomie et qu’on prend conscience de l’univers, de sa grandeur, du miracle de notre planète dans l’univers, on réalise encore plus le miracle, la fragilité et l’importance de notre planète que lorsqu’on a toujours les yeux dedans et qu’on n’est jamais sorti. Quand tu regardes l’univers et que tu te dis qu’il n’y a pas de biodiversité ailleurs que sur la terre et que nous sommes en train de mettre en péril ce qu’on a chez nous, qui a mis des centaines de millions d’années à se développer, ça fait encore plus mal au cœur. Je dirais que le regard astronomique transforme aussi notre regard sur la Terre, sur la vie.
Pourquoi est-on plus léger sur la lune que sur la terre?
C’est à cause de la gravitation, ce qui fait le poids c’est notre masse en fonction de l’astre sur lequel on se trouve. Plus on se trouve sur un astre qui est massif, plus on va devenir pesant. Comme la lune est moins massive que la Terre, eh bien ça fait en sorte qu’on est plus léger et qu’on peut sauter plus haut sur la Lune que sur la Terre. Si un jour il y a des astronautes qui vont explorer les astéroïdes, c’est tellement petit un astéroïde qu’il faudrait qu’il fasse attention pour ne pas s’envoler dans l’espace, ça va ressembler quasiment plus à de la plongée sous-marine.
Qu’avez-vous observé de plus impressionnant dans le ciel à travers le télescope?
C’est sûr que les anneaux de Saturne, c’est un grand coup de cœur universel, pour tout le monde, que le télescope soit petit ou grand. La première fois que j’ai vu les anneaux de Saturne dans un télescope, c’était une toute petite lunette astronomique et c’est la fois la plus spectaculaire, dont je me rappelle. Je dirais aussi que de voir une nébuleuse comme la nébuleuse d’Orion, qui est un grand nuage de gaz dans lequel les étoiles naissent. De regarder ça dans un télescope, de voir le nuage et de comprendre que des étoiles sont en train de naitre là-dedans et qu’il y a des planètes en train de naitre autour de ces étoiles-là pendant que je suis en train de regarder ça, je trouve ça vraiment fascinant et marquant aussi. C’est un peu comme voir le soleil et la Terre en train de se former il y a quatre milliards d’années. Il y a peut-être des destins, il y a peut-être de la vie qui vont apparaître là-bas un jour. Observer des nébuleuses où les étoiles naissent c’est quand même vraiment spécial aussi. Il y a beaucoup de spectacles à l’œil nu qui sont vraiment incroyables aussi, mais disons que dans un télescope, ce sont peut-être les deux qui m’interpellent le plus.
Est-ce que vous croyez qu’il y aurait d’autres planètes habitables?
C’est une très bonne question puisque c’est une des grandes questions au cœur de l’astronomie. Même si les astrophysiciens n’en parlent pas toujours, c’est la grande fascination. Jusqu’en 1995, on ne savait pas s’il y avait de la vie sur les autres planètes, les seules planètes qu’on connaissait dans l’univers c’étaient les planètes autour de notre soleil, notre système solaire. Depuis 1995, il y a vraiment une révolution en astronomie, la révolution des exoplanètes. « Exo », ça veut dire « à l’extérieur », donc des planètes qui existent, mais qui tournent autour d’autres étoiles que le soleil. Il y aurait au-dessus de 4000 exoplanètes. On détecte leur présence parce qu’elles font vibrer leur étoile, par exemple, ou parce qu’elles forment une éclipse devant leur étoile. Quand on imagine la galaxie qui a plus de 200 milliards d’étoiles, on peut imaginer qu’il y a au moins autant de planètes. On a détecté un certain nombre de planètes qui sont « Habitables », ce qui veut dire à la bonne distance de leur étoile pour que l’eau puisse exister à l’état liquide, entre 0 et 100 degrés. Avec la technologie d’aujourd’hui comme le télescope spatial James Webb, qui est en préparation depuis 20 ans, va remplacer le télescope spatial Hubble actuel. Il est capable de voir « encore plus loin », puisqu’il va capter plus de lumière. C’est un projet international. Il est sous la responsabilité du directeur de l’observatoire du Mont-Mégantic, René Doyon, qui est aussi chercheur principal pour l’Agence spatiale canadienne. Il a le potentiel d’observer et de détecter directement la lumière d’exoplanètes et des empreintes digitales chimiques. Il faut aussi faire la différence entre détecter de la vie unicellulaire, de la vie simple, et de la vie intelligente. Ça a pris environ à peu près 700 millions d’années pour que la vie apparaisse sur la terre, mais pendant 2 500 000 d’années, il y a eu de la vie unicellulaire.
Est-ce que vous avez fait des études dans ce domaine-là?
Je suis un cas un peu particulier, je ne suis pas un astrophysicien qui a fait de la science d’astrophysique. Je suis un philosophe des sciences, j’ai fait une maitrise en philosophie des sciences. Je n’irai pas aussi loin que les scientifiques dans les calculs mathématiques et tout ça. Cependant, j’ai étudié l’histoire de la science, la méthode scientifique, comment elle est née, comment elle a évolué avec les années, comment elle évolue ou comment elle s’adapte dans différents domaines comme en physique, en biologie ou en psychologie. Quand on devient un scientifique, il faut choisir un domaine et en devenir spécialiste, moi, j’avais le goût de m’intéresser à la science au complet, c’est ce qui m’a amené en philosophie des sciences. Une citation explique bien ma situation: « Quelle est la différence entre un scientifique et un philosophe ? Le scientifique, c’est celui qui sait tout, sur rien et le philosophe, c’est celui qui ne sait rien, sur tout ».
Comment est-ce que les étoiles tiennent dans le ciel?
Eh bien, est-ce qu’elles tiennent ? En fait, la notion de haut et de bas auquel réfère la notion de « tenir », encore une fois, c’est lié à la gravité. Dans l’hémisphère Nord, on tient sur la Terre parce qu’on est attiré vers le centre. Si les gens dans l’hémisphère Sud, en ce moment, qui ont « la tête en bas », eh bien ils ont le même haut et bas, parce qu’ils sont attirés par le centre de la Terre aussi. Mais une étoile c’est attiré par le centre de sa galaxie, une immense ville d’étoiles, qui tourne autour d’un centre. Comme elles circulent à grande vitesse autour du centre de la galaxie, elles ne tombent pas dessus. Elles ne sont pas immobiles, elles sont aussi soumises aux lois de la gravitation.
Pourquoi est-ce que le Mont-Mégantic est un emplacement de choix pour observer le ciel?
En raison de la qualité du ciel étoilé, en effet, quand le site a été choisi pour construire un observatoire dans les années 1970, il y a des gens qui s’étaient promenés partout au Québec avec un instrument pour mesurer la luminosité naturelle du ciel quand il n’y a pas de lune pour découvrir l’endroit où il ferait le plus noir. À part la qualité du ciel, il y a aussi une notion d’accessibilité, comme le télescope a été bâti pour les universités de Montréal et de Laval, pour les étudiants ou les chercheurs, il ne fallait pas que ça coûte une fortune pour s’y rendre. Le Mont-Mégantic, c’est un endroit où la qualité du ciel est excellente et c’est aussi un endroit qui est à peu près à la même distance de Montréal et de Québec. C’est pour ça aussi qu’on a créé la première Réserve Internationale de ciel étoilé pour préserver cette qualité-là du ciel, dont dépend l’observatoire pour la qualité de ces observations.
L’univers est grand comment?
On n’a pas la réponse à cette question-là. Pour l’instant, on ne sait pas si l’univers est fini ou infini. Un univers infini, c’est assez difficile à imaginer, mais un univers qui serait fini, il finirait où et qu’est-ce qu’il y a de l’autre côté ? On est capable de détecter la lumière de galaxies qui sont à disons12 milliards d’années-lumière d’ici, donc, la lumière qu’on a détectée, qui est rentrée dans nos télescopes, ça veut dire que ça fait 12 milliards d’années qu’elle voyage. L’univers est plus grand que ce qu’on en perçoit. C’est pour ça qu’il y a ce qu’on appelle l’univers observable. Ça c’est celui avec lequel on a reçu de l’information, de la lumière, des particules, sur lequel on est capable de faire une enquête, de l’explorer, mais au-delà de ça, on ne le sait pas.
Si vous en aviez la chance, feriez-vous un voyage dans l’espace?
Ah, c’est drôle. Si tu m’avais posé la question il y a 15 ans j’aurais dit oui. Aujourd’hui, quand on a une famille, des enfants, c’est sûr que ça change un peu. Je veux dire, est-ce que ça vaut vraiment la peine ? Ça dépend du niveau de risque mais c’est sûr que j’aurais vraiment eu le goût d’aller voir la Terre vue de l’espace. Tous les astronautes qui sont allés dans l’espace, qui ont vu la Terre, ça les a vraiment marqués à vie. C’est presqu’une expérience semi-mystique, même pour des scientifiques, ils réalisent à quel point la Terre est fragile.
Qu’est-ce qu’il y aura lorsque le monde ou l’univers sera mort?
On peut imaginer, qu’un jour, il n’y aura plus de nouvelles étoiles qui vont naître. Là, il y a encore beaucoup de gaz comme carburant pour faire naître des nouvelles étoiles. Mais dans des milliards de milliards de milliards de milliards d’années, même les particules vont se désintégrer. Les étoiles vont s’éteindre. Il n’en naîtra plus de nouvelles. Un jour, il va ne rester que des trous noirs, donc c’est un peu ça la mort de l’univers, la mort thermique.
Quel aspect de votre travail vous plaît-il le plus?
De voir les gens s’émerveiller devant la nature et le ciel étoilé. C’est vraiment ma passion et ma mission. Ici, au Mont-Mégantic, c’est ça qu’on fait, connecter les gens avec la nature avec les histoires qu’on raconte au niveau de l’astronomie. Quand ils viennent faire des soirées astronomie, ils voient le ciel étoilé comme il ne l’ont jamais vu. Pour moi, c’est vraiment l’aspect qui est le plus important de voir les gens qui font « wow » devant le ciel étoilé. Avec toutes les menaces qu’on a sur les épaules actuellement, si on veut que le monde change et qu’on fasse plus attention à la Terre et à la vie, eh bien normalement, comme on le dit souvent, on va faire attention à ce que l’on aime. Il faut donc aller créer ce lien-là avec les gens, parce que quand on grandit en ville, si on ne vit jamais d’expériences d’émerveillement ou de connexion avec la nature, c’est beaucoup plus difficile de comprendre et de vouloir la protéger.
Comment les anneaux de Saturne restent-ils en place?
Les anneaux de Saturne, c’est un peu comme des mini-lunes, si on veut, ils sont faits avec des blocs de roche et de glace et on les voit parce qu’ils réfléchissent la lumière du soleil. Ils vont rester autour de Sature pour la même raison que la Lune continue à tourner autour de la Terre ou que la Terre continue à tourner autour du Soleil. Ça veut dire qu’ils sont en équilibre, ils ont exactement la bonne vitesse qui les maintient en équilibre toujours à presque la même distance.
De quelle manière ont été découvertes les planètes et les étoiles?
C’est sûr que les étoiles et les planètes, au sens premier, on les voyait à l’œil nu, donc ça a toujours fait partie de la vie, de l’humanité. La grande aventure a été d’essayer de comprendre ce qu’étaient les étoiles et les planètes. À l’origine, les planètes ont été découvertes parce qu’elles ne se déplaçaient pas comme les autres étoiles et à l’époque, ils ne savaient pas pourquoi. C’est ça que veut dire le mot « planète » en grec « astre errant », parce qu’elles se déplaçaient par rapport aux autres étoiles. Les étoiles, elles ont toujours été là.
Pour vous, qu’est-ce que la persévérance scolaire?
Dans la notion de persévérance, il y a la notion de défi. Quand c’est facile, quand tout va bien, ce n’est pas encore de la persévérance, quand on affronte des défis ou des difficultés un peu plus grandes que ce à quoi on est habitué, je crois que c’est ici que l’on parle de persévérance scolaire. C’est la capacité à ne pas abandonner, à se motiver, à se remotiver quand on a des moments creux ou la capacité d’aller demander de l’aide autour de soi pour rester motivé, pour passer à travers les embuches.
Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région, les municipalités du Centre-du-Québec?
Wow ! Ce n’est pas souvent qu’on se fait donner cette opportunité-là. Je dirais que, moi, mon message serait de s’émerveiller, de regarder la nature, les gens autour de nous et la vie, de développer et d’entretenir notre capacité d’émerveillement devant le monde, devant la nature en particulier. La capacité d’émerveillement, je pense que c’est quelque chose qui est très nourrissant pour un être humain, parce que ça nous rend heureux, même avec les petites choses du quotidien, qui nous font sourire, qui nous font « tripper », mais c’est aussi cette capacité d’émerveillement-là qui est un peu à la base de la science. Quand on est petit, on s’émerveille devant toutes les petites affaires. Plus on grandit, plus le monde devient une habitude, les choses deviennent ordinaires et on peut facilement oublier que chaque petite chose qu’on fait, chaque respiration qu’on prend, chaque journée qu’on vit, chaque arbre, chaque feuille, chaque insecte, chaque ciel étoilé, c’est un miracle perpétuel qu’on soit en vie.
Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?
J’ai une très, très grande admiration et un très grand respect pour les gens qui s’impliquent dans leur communauté, les jeunes en particulier. Je suis fier des jeunes qui font ça. J’aimerais ça faire plus de bénévolat, c’est dans mes valeurs et je n’en fais pas autant que je voudrais. Il faut dire que je travaille trop. Je pense que les jeunes qui font du bénévolat dans leur communauté sont vraiment des exemples pour tout le monde autour d’eux et on en a de besoin. Au-delà des métiers, c’est ce qui fait la force d’une société, ce sentiment communautaire-là. On le sait que dans les sociétés plus individualistes dans lesquelles on vit aujourd’hui, ça devient encore plus important d’avoir des gens qui nous inspirent à donner du temps dans leur communauté, dans leur collectivité. Bravo.
Que pensez-vous de la relation avec les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse?
Quand on a des habitudes qui sont nocives pour la santé, c’est sûr qu’on est porté à trouver ça triste, ce sont des habitudes qui ne sont pas bonnes pour notre corps. En même temps, je suis quand même sensible au fait que quand on est adolescent et un peu toute notre vie, on est en quête d’identité et c’est normal, selon les influences qu’on a. Je pense qu’il faut aider les jeunes à développer de meilleures habitudes de vie sans les juger, les mépriser ou les ridiculiser. Ce que l’on doit faire comme « jeunesse », c’est d’apprendre à résister aux mauvaises influences de tout le domaine de la publicité, du marketing et des grandes entreprises. Elles dépensent des fortunes pour nous faire prendre des mauvaises habitudes, que ce soit du gras, du sucre, de la cigarette ou autre chose.
Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?
Majeure, c’est super important. C’est sûr, les anciens Grecs le disaient déjà : « Un esprit sain dans un corps sain ». Moi, je suis quelqu’un qui fait la promotion d’avoir un mode de vie équilibré, autant au niveau de l’intelligence, de nos connaissances, autant au niveau de notre corps et du physique, qu’au niveau de nos émotions. Dans la société dans laquelle on vit, l’enjeu de la santé physique est quand même important. L’importance du sport, c’est pour la santé mentale aussi, d’être capable d’exprimer et de sortir le stress.

Entrevue avec Guillaume Bergeron, propriétaire d'Idéal Cargo
Cette entrevue à été réalisée par Vincent Dussault et Yannick Soucy du Comité 12-18 de St-Valère.
Comment décririez-vous votre entreprise?
Chez Idéal Cargo, on est fabricant de remorques. On est situé à Saint-Valère, au Centre-du-Québec. Nous, on est manufacturiers de remorques fermées pour les gens de la construction comme je l’ai dit tantôt. Les gens récréatifs, plombiers, électriciens, charpentiers-menuisiers représentent 80% de tout ce que l’on vend. L’autre 20 % se retrouve aux niveaux récréatif, motoneige, quatre-roues, motocross, « côte-à-côte », moto, etc. Vraiment, je vous dirais, on fabrique des remorques fermées de haute qualité, structure en acier galvanisé. On vend au Québec, par l’entremise de concessionnaires, en Ontario, dans les provinces maritimes jusqu’à Terre-Neuve, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard. On vend tranquillement dans le Nord des États-Unis. Présentement, on a deux clients dans le Maine et un client dans le Vermont. C’est un peu, grosso modo, ce qu’est l’entreprise. Nous comptons 80 employés, usine et bureaux en tout.
Quels types de métiers peut-on retrouver dans votre entreprise?
Des métiers de dessinateur, d’ingénieur mécanique, d’ingénieur industriel, les gens de maintenance au niveau de la robotique, programmeur. On a des journaliers de production. On a des soudeurs, aussi soudeur-monteur. On a des postes d’acheteur. On a des postes d’adjointe administrative. On a des postes de comptabilité. On a des postes au niveau des finances. C’est ça qui est « fun », je trouve, d’être un fabricant, on touche à peu près à tout. On a des achats, on a de la vente, on a de la production, on a de la gestion de dessin à faire, de la gestion de production. C’est ça que je trouve qui est cool d’être fabricant, c’est qu’on ne fait pas juste de la vente. On fait des achats, on fait de la production, on fait du dessin, on fait plein de choses. C’est ça qui est cool. On ne s’ennuie pas beaucoup. On a tellement de choses. Il n’y a pas trop de routine. C’est ça qui est « fun ».
Quelles sont les valeurs de votre entreprise?
On a notre tableau d’entreprise, de vision, mission et valeurs. C’est sûr, comme tu vois, nous autres, intégrité et respect c’est la base. Les employés sont très proches de la direction. Vous voyez, moi, je suis un propriétaire et mes employés, on se côtoie tout le temps, tout le temps, tout le temps. Qu’ils viennent nous voir, on est ouvert sans problème. S’il y a des problématiques ou quoi que ce soit, ils sont les bienvenus à venir nous en parler, à venir dans les bureaux et venir nous parler. Donc, respect, honnêteté, passion et détermination. Nouvellement, aussi, on a décidé d’ajouter l’empathie à nos valeurs. Les gens empathiques, prendre soin de son prochain, prendre soin de son coéquipier, on trouvait ça important comme valeur. C’est une nouvelle valeur qu’on veut intégrer à nos valeurs d’entreprise.
Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés lorsque vous les embauchez?
Je vous dirais quelqu’un qui veut toujours apprendre, se dépasser. C’est sûr et certain qu’on gère quand même une production dans l’entreprise. C’est important, comme on dit toujours, de rentrer le matin. Bien oui ! À un moment donné, on a 40 heures à faire, il faut les faire. Je vous dirais que la qualité, ce sont vraiment des gens qui veulent se dépasser. Nous autres, on éprouve du plaisir au travail. Avec nos clients aussi, c’est ça qu’on dit. On veut avoir du « fun » avec nos clients. On veut avoir du « fun » avec nos employés et on veut que nos employés aient du plaisir aussi. On essaie de garder ça dans le plaisir. Après ça, je pense que le reste va bien aller.
Y a-t-il des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes particulièrement fiée?
C’est sûr et certain que ce dont on est fiers, c’est que l’entreprise fête ses 20 ans cette année. C’est sûr que c’est une fierté, 20 ans de production. On a évolué quand même énormément. Il y a 20 ans, quand mes parents ont parti ça, dans le temps, ils sortaient une remorque par semaine, parfois pas, parfois deux. À un moment donné trois, à un moment donné quatre et à un moment donné cinq au fil des années. Présentement, on sort 40 remorques par semaine régulièrement et on a mis de la robotique en place pour nous aider à passer de 40 à 80 remorques par semaine. D’ici un an et demi, il faut être à 80 remorques par semaine. Donc, on veut doubler la capacité de production d’ici un an, un an et demi. Avec tout l’investissement qu’on a fait au niveau de la robotique et tout ça. Je vous dirais que la fierté c’est d’être rendu où on est rendus aujourd’hui. Moi, je ne pensais jamais être rendu où on est aujourd’hui. Si on s’était rencontrés il y a, disons dix ans, jamais je n’aurais pensé être rendu à ce niveau de vente et de grosseur d’entreprise, avec 80 employés. Ça c’est vraiment intéressant. Je trouve que la deuxième usine qui s’en vient aussi ça fait partie de tout ça, l’évolution.
Selon-vous, quels sont les avantages à travailler en région?
En région ? Eh bien, si tu regardes en avant de toi, regardes comment c’est beau. C’est sûr et certain que nous autres, ici, ce qui est plaisant vraiment à St-Valère, un milieu rural. Les champs, tu vois, c’est super beau, le milieu tranquille. Ce n’est pas plus long traverser la ville de Victoriaville le matin que de partir de Victoriaville et s’en venir ici. Traverser Victoriaville le matin, il commence à y avoir du trafic. Tu sais, quand tu traverses la ville, c’est aussi long que de partir de Victoriaville et de s’en venir ici. Je trouve que c’est la tranquillité, moins de trafic. Je trouve ça « fun ». Par rapport à une entreprise, on n’est pas dans un parc industriel non plus. C’est sûr qu’il y a des avantages à être dans un parc, mais l’avantage ici, c’est au niveau des taxes municipales et les choses comme ça qui sont moins élevées ici. On est capable de fonctionner à St-Valère. Tant qu’on va être capable de fonctionner à St-Valère et que la grosseur d’usine nous le permettra, eh bien, on va rester ici. C’est sûr et certain.
Comment se passe une journée de travail pour vous?
Pour moi ? Comme je te dis, ce n’est jamais pareil. Étant donné que moi je m’occupe beaucoup des ventes et du développement des affaires, dans le fond, je suis en contact avec les concessionnaires, nos revendeurs. En étant propriétaire aussi, on s’occupe un petit peu de tout aussi. Donc, on garde un œil sur la production, on garde un œil sur les achats, on garde un œil aussi au niveau des finances et tout ça. J’ai des associés aussi, j’ai mon beau-frère et tout ça. On a mon père qui est aussi actionnaire, mais qui n’est plus là. Il est en pré-retraite, si l’on veut, tranquillement. Une journée de travail, je vous dirais que ce n’est jamais pareil et c’est ça qui est « fun ». Mais, moi, je suis beaucoup occupé avec la clientèle. Les concessionnaires, ouvrir des marchés, ouvrir des concessionnaires, entretenir les relations, ça c’est ce que, moi, j’aime beaucoup faire. C’est mon dada.
Quelle est la partie de votre travail que vous préférez?
Rencontrer des gens, aller ouvrir des concessionnaires. Moi, aller en Ontario, aller aux États-Unis, rencontrer des nouveaux concessionnaires, des gens qui veulent vendre notre produit, aller rencontrer ces gens-là pour une première fois, aller rencontrer des gens que je ne connais pas, moi, j’adore ça. J’adore ça faire ça.
Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise?
On est encore jeune. Moi j’ai 36 ans. Présentement, on est rendus à deux usines. On a une nouvelle technologie de remorque aussi qui va peut-être nous permettre d’ouvrir des usines satellites, des usines de fabrication de remorques qui sont un peu plus faciles à monter aussi. C’est sûr que, nous autres, on a une vision sur cinq ans. On a une vision de chiffre d’affaires à atteindre. On a une vision de multi-usines, multi-sites aussi. Donc, c’est sûr qu’on aimerait avoir peut-être des usines, soit dans l’ouest canadien, peut-être aussi un jour aux États-Unis.
Pour quelles raisons devrait-on travailler pour votre entreprise?
Je pense qu’on est une entreprise qui est, de base, familiale. On a des gens avec qui c’est « fun ». Je pense qu’avec la proximité de nos employés, on a des bonnes relations. Nos employés, ce sont comme des membres, un peu, de la famille. Donc, c’est vraiment ça. On a une belle ambiance. Nous autres, quand le Covid-19 nous le permettait, l’hiver, on jouait au hockey avec tous. Eh bien, ceux qui veulent ont joué au hockey avec les gens de l’entreprise. Aux deux semaines, on a des activités. On a un club social. On a des bonis de performance, des bonis de performance aussi au niveau du salaire. On a des salaires aussi qui sont compétitifs et concurrentiels, plus les bonis de performance qu’on a au niveau de la production. Donc, ça commence à être intéressant. De plus en plus, l’entreprise grandit et grossit et on est capable de donner des meilleurs salaires qu’on avait aussi dans le passé et des meilleures conditions aussi qu’il y a 10 ans.
Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie?
Les entrepreneurs en général. Je vous dirais des gens qui ont réussi, des gens de multi-entreprises. Moi, j’ai fait l’École d’Entrepreneurship de Beauce, en Beauce aussi. Ce sont tous des gens d’affaires qui se rencontrent. Moi, je suis inspiré par des gens qui sont assoiffés d’entreprenariat, par les gens qui « trippent » faire du business. Moi, je m’inspire de ces gens-là. Je trouve ça motivant. Je trouve ça « fun », moi, les gens qui ont du plaisir à être en affaires et, moi, j’ai du plaisir à être en affaires aussi. C’est un défi à tous les jours, mais c’est un défi super « fun ».
Pour vous, la persévérance scolaire c’est…
La persévérance scolaire ? Bien, c’est sûr et certain que la persévérance scolaire je vous dirais que, dans le fond, si tu es capable de persévérer dans ce que tu aimes beaucoup, à un moment donné, ça ne sera même plus de la persévérance. À un moment donné, je pense que vous devez l’avoir, présentement, à votre âge, pour être capable de persévérer un peu. Quand vous allez savoir un peu ce que vous allez faire, ce dans quoi vous « trippez » aussi, à un moment, vous allez choisir quelque chose que vous aimez et dans lequel vous êtes bien, qui vous allume. À un moment donné, ça ne sera plus travailler. À un moment donné, ça ne sera plus de la persévérance, ça va être juste du bonheur à travailler et à faire ce que vous aimez. Moi, je ne travaille pas quand je viens ici. Je parle à mes clients. Quand je vois entrer mes clients, je « trippe ». Mes clients, ce ne sont pas des « chums », des « chums » proches, mais ce sont des relations d’affaire. Je vous dirais qu’à votre âge, c’est important. Persévérance un peu, il y a des journées moins « fun » que d’autres, mais c’est comme ma mère me disait : « Tu es mieux de faire la paix avec le travail tout de suite, parce que tu vas être malheureux, parce que tu vas travailler toute ta vie. » Ma mère m’a toujours dit ça. Donc, faire des devoirs le soir, ce n’est pas si grave que ça. Quand vous allez être plus grands, vous allez travailler et ça va être normal. Donc, il faut juste essayer de trouver un travail dans lequel vous allez être heureux et vous n’aurez pas l’impression de travailler. Vous aurez l’impression d’être dans vos passions et d’être dans vos forces.
Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région?
Écoutez, moi, je vous dirais de, si vous avez le goût vraiment au niveau de l’entreprenariat de vous partir en affaires. Moi, je vous dis que je ne me verrais pas faire autre chose que ça, être en affaires. Il y a plein d’organismes qui sont là pour ça, vous aider à faire des plans d’affaires, faire des « start-ups », plein de choses pour vous aider à mettre des choses en place. Des plans d’affaires si vous avez besoin de sous pour décoller au niveau des entreprises, des banques, des choses comme ça, ils vont vous aider à faire des plans, des plans d’affaires, des plans financiers aussi et tout ça. Donc, moi, je vous dirais que d’être en affaires, c’est vraiment génial, vraiment super. Je vous dirais que si jamais vous n’aviez jamais eu l’envie d’être en affaires et d’être propriétaires et de créer des choses, je vous dirais de ne pas hésiter.
Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?
Eh bien, nous autres, au niveau de St-Valère, Idéal Cargo, on a toujours été à St-Valère. À St-Valère, il n’y a pas beaucoup d’entreprises non plus. Nous autres, on est quand même, je pense, une entreprise bien établie à St-Valère depuis bientôt 17-18 ans. On trouve ça « cool » qu’il y ait des jeunes qui s’impliquent. Nous autres, quand on voit des jeunes qui s’impliquent comme vous autres, nous autres, ça nous donne le goût de vous aider un peu peut-être aussi financièrement, des choses comme ça. Chaque année, comme là, on aide l’école à faire des bacs à jardin pour les enfants de l’école. On a donné un montant d’argent pour aider des jeunes à monter des bacs à jardin. Quand il y a des projets comme ça, au niveau de la municipalité, Idéal Cargo est toujours en arrière de ça. On est toujours prêt à aider. Mes parents ont toujours dit aussi que, quand il y a des demandes de St-Valère, St-Valère est la priorité au niveau des dons et commandites ou des aides financières qu’on est capables d’apporter. Eh bien, on commence par St-Valère. On est à St-Valère, l’usine est à St-Valère et on se doit d’aider la communauté.
Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse?
Eh bien, écoutes, moi la vapoteuse je connais plus ou moins ça. Je sais qu’il y a des études qui ont été faites… Moi, ce que je trouve de la vapoteuse, c’est que c’est trop nouveau. Les jeunes, vous vous lancez là-dedans un peu. La vapoteuse, on ne sait pas ce que ça va donner. Dans cinq ans, dix ans, on ne sait pas ce qui peut sortir de ça. Les effets secondaires, personne ne les connait. C’est trop nouveau. On peut se réveiller avec des méchantes surprises. Au niveau de la cigarette, écoutes, quand vous allez avoir 18 ans,, c’est un choix de vie. C’est un choix de vie de se mettre ça, de s’empoisonner avec ça dans les poumons. Il y en a qui le font. Il y en a qui ne le font pas.
Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?
Ça c’est très, très, très, très important tant qu’à moi. Ça, l’activité physique, ça aide le cerveau, ça aide l’énergie, ça aide tout. Moi, j’ai toujours été quelqu’un qui bouge beaucoup. Je bouge un peu moins avec le Covid-19. C’est un petit peu plus dur et les gyms sont fermés. Je vous dirais que j’ai un petit 15-20 livres en trop présentement. C’est très important. Je suis là-dessus présentement. J’essaie d’aller courir le soir et d’aller au gym le matin. Très important l’activité physique. Ça fait du bien à la tête, à l’esprit, au stress. Très, très, très important. Moi, je mets beaucoup d’importance sur ça.

Entrevue avec Sébastien Giguère, responsable de l’éducation du parc national du Mont-Mégantic et coordinateur scientifique de l'Astrolab
Cette entrevue à été réalisée par Laury Laliberté, Bianka Pontbrilland-Pellerin, Noémie Boutin et Élizabeth Beaudet des Comités 12-18 de Notre-Dame-de-Lourdes et Sainte-Sophie d’Halifax.
Depuis combien d’années est-ce que l’Astrolab existe?
L’Astrolab, dédié au public, a été construit en 1996, ça fait 25 ans cette année que l’Astrolab existe. L’Observatoire pour la recherche est au sommet du Mont-Mégantic, il est aussi ouvert au public et il a mené à la construction de l’Astrolab.
Qu’est-ce qui vous a mené à devenir responsable de l’éducation de l’Astrolab?
C’est une belle histoire! En fait, j’ai souhaité venir animer ici un été, à ce moment-là, je cherchais un poste d’enseignant au cégep. Au départ je me suis dit : « Je vais aller animer un été pour acquérir de l’expérience d’enseignement puisque j’ai fait une maitrise sur un sujet qui touche les étoiles et l’astronomie » Finalement, il y a eu un concours de circonstances, un poste de six mois s’est ouvert. Après ça, on m’a gardé ici. Ça fait en sorte que ça fait 20 étés que je suis ici. J’ai fini par y faire ma vie et m’établir dans le coin. Je me considère bien privilégié. Donc, ce sont à la fois des études jusqu’au niveau de la maîtrise et aussi des opportunités qui se sont présentées.
Quelle est la distance entre la terre et l’étoile la plus proche?
La distance entre la Terre et le Soleil, l’étoile la plus rapprochée qui est Proxima du Centaure, c’est à peu près 4,3 années-lumière d’ici. Il faut se rappeler ce qu’est une année-lumière parce que c’est assez abstrait. Dans notre langage, une année, c’est une unité de temps, mais en réalité, une année-lumière c’est une unité de distance. C’est la distance que parcourt la lumière pendant une année à la vitesse de la lumière qui est de dix mille milliards de kilomètres. La vitesse de la lumière, c’est 300 000 kilomètres par seconde. Donc, la vitesse de la lumière, c’est 7 fois le tour de la Terre en une seconde. Imaginez, si ça c’est une seconde, la distance que la lumière va parcourir en un an. Et ça, c’est l’étoile la plus proche, on s’entend. La galaxie, c’est encore plus fou que ça.
L’astronomie vous intéresse pour quelles raisons?
C’est une bonne question, pour beaucoup de raisons. D’abord, je pense que l’astronomie représente le monde qui nous dépasse comme les étoiles et l’univers. Aussi, je suis fasciné envers le mystère de nos origines : Ce qui fait qu’on est ici, que nous sommes huit milliards d’êtres humains, suspendus au milieu des étoiles sur une petite planète bleue, à tourner autour de notre étoile. C’est quand même le plus grand « show » de tous les temps. Puis, à l’intérieur de ces grandes questions-là : « Qui est-on ? D’où vient-on ? Etc. », il y a tous les sujets fascinants de l’astronomie en soit : Les étoiles, les trous noirs, l’évolution de la matière dans l’univers par exemple. Il y a plein de grands mystères au cœur de l’astronomie. Je pense que quand on s’intéresse à l’astronomie et qu’on prend conscience de l’univers, de sa grandeur, du miracle de notre planète dans l’univers, on réalise encore plus le miracle, la fragilité et l’importance de notre planète que lorsqu’on a toujours les yeux dedans et qu’on n’est jamais sorti. Quand tu regardes l’univers et que tu te dis qu’il n’y a pas de biodiversité ailleurs que sur la terre et que nous sommes en train de mettre en péril ce qu’on a chez nous, qui a mis des centaines de millions d’années à se développer, ça fait encore plus mal au cœur. Je dirais que le regard astronomique transforme aussi notre regard sur la Terre, sur la vie.
Pourquoi est-on plus léger sur la lune que sur la terre?
C’est à cause de la gravitation, ce qui fait le poids c’est notre masse en fonction de l’astre sur lequel on se trouve. Plus on se trouve sur un astre qui est massif, plus on va devenir pesant. Comme la lune est moins massive que la Terre, eh bien ça fait en sorte qu’on est plus léger et qu’on peut sauter plus haut sur la Lune que sur la Terre. Si un jour il y a des astronautes qui vont explorer les astéroïdes, c’est tellement petit un astéroïde qu’il faudrait qu’il fasse attention pour ne pas s’envoler dans l’espace, ça va ressembler quasiment plus à de la plongée sous-marine.
Qu’avez-vous observé de plus impressionnant dans le ciel à travers le télescope?
C’est sûr que les anneaux de Saturne, c’est un grand coup de cœur universel, pour tout le monde, que le télescope soit petit ou grand. La première fois que j’ai vu les anneaux de Saturne dans un télescope, c’était une toute petite lunette astronomique et c’est la fois la plus spectaculaire, dont je me rappelle. Je dirais aussi que de voir une nébuleuse comme la nébuleuse d’Orion, qui est un grand nuage de gaz dans lequel les étoiles naissent. De regarder ça dans un télescope, de voir le nuage et de comprendre que des étoiles sont en train de naitre là-dedans et qu’il y a des planètes en train de naitre autour de ces étoiles-là pendant que je suis en train de regarder ça, je trouve ça vraiment fascinant et marquant aussi. C’est un peu comme voir le soleil et la Terre en train de se former il y a quatre milliards d’années. Il y a peut-être des destins, il y a peut-être de la vie qui vont apparaître là-bas un jour. Observer des nébuleuses où les étoiles naissent c’est quand même vraiment spécial aussi. Il y a beaucoup de spectacles à l’œil nu qui sont vraiment incroyables aussi, mais disons que dans un télescope, ce sont peut-être les deux qui m’interpellent le plus.
Est-ce que vous croyez qu’il y aurait d’autres planètes habitables?
C’est une très bonne question puisque c’est une des grandes questions au cœur de l’astronomie. Même si les astrophysiciens n’en parlent pas toujours, c’est la grande fascination. Jusqu’en 1995, on ne savait pas s’il y avait de la vie sur les autres planètes, les seules planètes qu’on connaissait dans l’univers c’étaient les planètes autour de notre soleil, notre système solaire. Depuis 1995, il y a vraiment une révolution en astronomie, la révolution des exoplanètes. « Exo », ça veut dire « à l’extérieur », donc des planètes qui existent, mais qui tournent autour d’autres étoiles que le soleil. Il y aurait au-dessus de 4000 exoplanètes. On détecte leur présence parce qu’elles font vibrer leur étoile, par exemple, ou parce qu’elles forment une éclipse devant leur étoile. Quand on imagine la galaxie qui a plus de 200 milliards d’étoiles, on peut imaginer qu’il y a au moins autant de planètes. On a détecté un certain nombre de planètes qui sont « Habitables », ce qui veut dire à la bonne distance de leur étoile pour que l’eau puisse exister à l’état liquide, entre 0 et 100 degrés. Avec la technologie d’aujourd’hui comme le télescope spatial James Webb, qui est en préparation depuis 20 ans, va remplacer le télescope spatial Hubble actuel. Il est capable de voir « encore plus loin », puisqu’il va capter plus de lumière. C’est un projet international. Il est sous la responsabilité du directeur de l’observatoire du Mont-Mégantic, René Doyon, qui est aussi chercheur principal pour l’Agence spatiale canadienne. Il a le potentiel d’observer et de détecter directement la lumière d’exoplanètes et des empreintes digitales chimiques. Il faut aussi faire la différence entre détecter de la vie unicellulaire, de la vie simple, et de la vie intelligente. Ça a pris environ à peu près 700 millions d’années pour que la vie apparaisse sur la terre, mais pendant 2 500 000 d’années, il y a eu de la vie unicellulaire.
Est-ce que vous avez fait des études dans ce domaine-là?
Je suis un cas un peu particulier, je ne suis pas un astrophysicien qui a fait de la science d’astrophysique. Je suis un philosophe des sciences, j’ai fait une maitrise en philosophie des sciences. Je n’irai pas aussi loin que les scientifiques dans les calculs mathématiques et tout ça. Cependant, j’ai étudié l’histoire de la science, la méthode scientifique, comment elle est née, comment elle a évolué avec les années, comment elle évolue ou comment elle s’adapte dans différents domaines comme en physique, en biologie ou en psychologie. Quand on devient un scientifique, il faut choisir un domaine et en devenir spécialiste, moi, j’avais le goût de m’intéresser à la science au complet, c’est ce qui m’a amené en philosophie des sciences. Une citation explique bien ma situation: « Quelle est la différence entre un scientifique et un philosophe ? Le scientifique, c’est celui qui sait tout, sur rien et le philosophe, c’est celui qui ne sait rien, sur tout ».
Comment est-ce que les étoiles tiennent dans le ciel?
Eh bien, est-ce qu’elles tiennent ? En fait, la notion de haut et de bas auquel réfère la notion de « tenir », encore une fois, c’est lié à la gravité. Dans l’hémisphère Nord, on tient sur la Terre parce qu’on est attiré vers le centre. Si les gens dans l’hémisphère Sud, en ce moment, qui ont « la tête en bas », eh bien ils ont le même haut et bas, parce qu’ils sont attirés par le centre de la Terre aussi. Mais une étoile c’est attiré par le centre de sa galaxie, une immense ville d’étoiles, qui tourne autour d’un centre. Comme elles circulent à grande vitesse autour du centre de la galaxie, elles ne tombent pas dessus. Elles ne sont pas immobiles, elles sont aussi soumises aux lois de la gravitation.
Pourquoi est-ce que le Mont-Mégantic est un emplacement de choix pour observer le ciel?
En raison de la qualité du ciel étoilé, en effet, quand le site a été choisi pour construire un observatoire dans les années 1970, il y a des gens qui s’étaient promenés partout au Québec avec un instrument pour mesurer la luminosité naturelle du ciel quand il n’y a pas de lune pour découvrir l’endroit où il ferait le plus noir. À part la qualité du ciel, il y a aussi une notion d’accessibilité, comme le télescope a été bâti pour les universités de Montréal et de Laval, pour les étudiants ou les chercheurs, il ne fallait pas que ça coûte une fortune pour s’y rendre. Le Mont-Mégantic, c’est un endroit où la qualité du ciel est excellente et c’est aussi un endroit qui est à peu près à la même distance de Montréal et de Québec. C’est pour ça aussi qu’on a créé la première Réserve Internationale de ciel étoilé pour préserver cette qualité-là du ciel, dont dépend l’observatoire pour la qualité de ces observations.
L’univers est grand comment?
On n’a pas la réponse à cette question-là. Pour l’instant, on ne sait pas si l’univers est fini ou infini. Un univers infini, c’est assez difficile à imaginer, mais un univers qui serait fini, il finirait où et qu’est-ce qu’il y a de l’autre côté ? On est capable de détecter la lumière de galaxies qui sont à disons12 milliards d’années-lumière d’ici, donc, la lumière qu’on a détectée, qui est rentrée dans nos télescopes, ça veut dire que ça fait 12 milliards d’années qu’elle voyage. L’univers est plus grand que ce qu’on en perçoit. C’est pour ça qu’il y a ce qu’on appelle l’univers observable. Ça c’est celui avec lequel on a reçu de l’information, de la lumière, des particules, sur lequel on est capable de faire une enquête, de l’explorer, mais au-delà de ça, on ne le sait pas.
Si vous en aviez la chance, feriez-vous un voyage dans l’espace?
Ah, c’est drôle. Si tu m’avais posé la question il y a 15 ans j’aurais dit oui. Aujourd’hui, quand on a une famille, des enfants, c’est sûr que ça change un peu. Je veux dire, est-ce que ça vaut vraiment la peine ? Ça dépend du niveau de risque mais c’est sûr que j’aurais vraiment eu le goût d’aller voir la Terre vue de l’espace. Tous les astronautes qui sont allés dans l’espace, qui ont vu la Terre, ça les a vraiment marqués à vie. C’est presqu’une expérience semi-mystique, même pour des scientifiques, ils réalisent à quel point la Terre est fragile.
Qu’est-ce qu’il y aura lorsque le monde ou l’univers sera mort?
On peut imaginer, qu’un jour, il n’y aura plus de nouvelles étoiles qui vont naître. Là, il y a encore beaucoup de gaz comme carburant pour faire naître des nouvelles étoiles. Mais dans des milliards de milliards de milliards de milliards d’années, même les particules vont se désintégrer. Les étoiles vont s’éteindre. Il n’en naîtra plus de nouvelles. Un jour, il va ne rester que des trous noirs, donc c’est un peu ça la mort de l’univers, la mort thermique.
Quel aspect de votre travail vous plaît-il le plus?
De voir les gens s’émerveiller devant la nature et le ciel étoilé. C’est vraiment ma passion et ma mission. Ici, au Mont-Mégantic, c’est ça qu’on fait, connecter les gens avec la nature avec les histoires qu’on raconte au niveau de l’astronomie. Quand ils viennent faire des soirées astronomie, ils voient le ciel étoilé comme il ne l’ont jamais vu. Pour moi, c’est vraiment l’aspect qui est le plus important de voir les gens qui font « wow » devant le ciel étoilé. Avec toutes les menaces qu’on a sur les épaules actuellement, si on veut que le monde change et qu’on fasse plus attention à la Terre et à la vie, eh bien normalement, comme on le dit souvent, on va faire attention à ce que l’on aime. Il faut donc aller créer ce lien-là avec les gens, parce que quand on grandit en ville, si on ne vit jamais d’expériences d’émerveillement ou de connexion avec la nature, c’est beaucoup plus difficile de comprendre et de vouloir la protéger.
Comment les anneaux de Saturne restent-ils en place?
Les anneaux de Saturne, c’est un peu comme des mini-lunes, si on veut, ils sont faits avec des blocs de roche et de glace et on les voit parce qu’ils réfléchissent la lumière du soleil. Ils vont rester autour de Sature pour la même raison que la Lune continue à tourner autour de la Terre ou que la Terre continue à tourner autour du Soleil. Ça veut dire qu’ils sont en équilibre, ils ont exactement la bonne vitesse qui les maintient en équilibre toujours à presque la même distance.
De quelle manière ont été découvertes les planètes et les étoiles?
C’est sûr que les étoiles et les planètes, au sens premier, on les voyait à l’œil nu, donc ça a toujours fait partie de la vie, de l’humanité. La grande aventure a été d’essayer de comprendre ce qu’étaient les étoiles et les planètes. À l’origine, les planètes ont été découvertes parce qu’elles ne se déplaçaient pas comme les autres étoiles et à l’époque, ils ne savaient pas pourquoi. C’est ça que veut dire le mot « planète » en grec « astre errant », parce qu’elles se déplaçaient par rapport aux autres étoiles. Les étoiles, elles ont toujours été là.
Pour vous, qu’est-ce que la persévérance scolaire?
Dans la notion de persévérance, il y a la notion de défi. Quand c’est facile, quand tout va bien, ce n’est pas encore de la persévérance, quand on affronte des défis ou des difficultés un peu plus grandes que ce à quoi on est habitué, je crois que c’est ici que l’on parle de persévérance scolaire. C’est la capacité à ne pas abandonner, à se motiver, à se remotiver quand on a des moments creux ou la capacité d’aller demander de l’aide autour de soi pour rester motivé, pour passer à travers les embuches.
Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région, les municipalités du Centre-du-Québec?
Wow ! Ce n’est pas souvent qu’on se fait donner cette opportunité-là. Je dirais que, moi, mon message serait de s’émerveiller, de regarder la nature, les gens autour de nous et la vie, de développer et d’entretenir notre capacité d’émerveillement devant le monde, devant la nature en particulier. La capacité d’émerveillement, je pense que c’est quelque chose qui est très nourrissant pour un être humain, parce que ça nous rend heureux, même avec les petites choses du quotidien, qui nous font sourire, qui nous font « tripper », mais c’est aussi cette capacité d’émerveillement-là qui est un peu à la base de la science. Quand on est petit, on s’émerveille devant toutes les petites affaires. Plus on grandit, plus le monde devient une habitude, les choses deviennent ordinaires et on peut facilement oublier que chaque petite chose qu’on fait, chaque respiration qu’on prend, chaque journée qu’on vit, chaque arbre, chaque feuille, chaque insecte, chaque ciel étoilé, c’est un miracle perpétuel qu’on soit en vie.
Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité?
J’ai une très, très grande admiration et un très grand respect pour les gens qui s’impliquent dans leur communauté, les jeunes en particulier. Je suis fier des jeunes qui font ça. J’aimerais ça faire plus de bénévolat, c’est dans mes valeurs et je n’en fais pas autant que je voudrais. Il faut dire que je travaille trop. Je pense que les jeunes qui font du bénévolat dans leur communauté sont vraiment des exemples pour tout le monde autour d’eux et on en a de besoin. Au-delà des métiers, c’est ce qui fait la force d’une société, ce sentiment communautaire-là. On le sait que dans les sociétés plus individualistes dans lesquelles on vit aujourd’hui, ça devient encore plus important d’avoir des gens qui nous inspirent à donner du temps dans leur communauté, dans leur collectivité. Bravo.
Que pensez-vous de la relation avec les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse?
Quand on a des habitudes qui sont nocives pour la santé, c’est sûr qu’on est porté à trouver ça triste, ce sont des habitudes qui ne sont pas bonnes pour notre corps. En même temps, je suis quand même sensible au fait que quand on est adolescent et un peu toute notre vie, on est en quête d’identité et c’est normal, selon les influences qu’on a. Je pense qu’il faut aider les jeunes à développer de meilleures habitudes de vie sans les juger, les mépriser ou les ridiculiser. Ce que l’on doit faire comme « jeunesse », c’est d’apprendre à résister aux mauvaises influences de tout le domaine de la publicité, du marketing et des grandes entreprises. Elles dépensent des fortunes pour nous faire prendre des mauvaises habitudes, que ce soit du gras, du sucre, de la cigarette ou autre chose.
Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique?
Majeure, c’est super important. C’est sûr, les anciens Grecs le disaient déjà : « Un esprit sain dans un corps sain ». Moi, je suis quelqu’un qui fait la promotion d’avoir un mode de vie équilibré, autant au niveau de l’intelligence, de nos connaissances, autant au niveau de notre corps et du physique, qu’au niveau de nos émotions. Dans la société dans laquelle on vit, l’enjeu de la santé physique est quand même important. L’importance du sport, c’est pour la santé mentale aussi, d’être capable d’exprimer et de sortir le stress.
Entrevue avec Sylvain Champagne, monteur de taureaux
Entrevue avec Monsieur Sylvain Champagne, monteur de taureaux, réalisée par Juliette Doyon, Marilou Dubois et Rosalie Bousquet des Comités 12-18 de Villeroy, Ste-Sophie d’Halifax et Lefebvre.
Est-ce que les 8 secondes semblent plus longues lorsque vous êtes sur le taureau ?
Parfois oui, parfois non. Quand nous parlons de 8 secondes dans la vie de tous les jours, ça semble peu. Sur le dos d’un taureau, c’est quand même un sport qui est très difficile. Quand ça va vraiment bien durant la prestation, les 8 secondes sont parfois courtes. Nous avons l’impression que nous resterions là toute la journée. Lorsque les performances sont plus difficiles, 8 secondes semblent une éternité. J’ai l’impression que c’est une journée de 8 heures !
Si vous pouviez retourner dans votre passée, changeriez-vous quelque chose ?
Oui, peut-être je prendrais un peu plus au sérieux mon talent que j’ai eu pour la monte des taureaux sauvages. J’irais sur le côté professionnel un peu plus tôt dans ma carrière.
Quel a été votre premier emploi payant ?
Je travaillais à l’épicerie de mon village à l’âge de 15 ans.
Comment avez-vous découvert cette passion ?
C’est en le voyant au Festival western de St-Tite. J’avais eu des billets pour ma fête de 17 ans pour aller voir ça. Quand j’ai vu ce sport-là, ça m’a touché. Deux mois plus tard, je montais sur un taureau pour la première fois et ça fait presque 25 ans de cela.
À l’école secondaire, quel genre d’élève étiez-vous ?
J’étais très actif, je parlais beaucoup, j’avais besoin de bouger beaucoup.
Est-ce qu’il vous arrive de vous faire interviewer ? Si oui est-ce différent pour vous de vous faire interviewer par des jeunes ?
Oui, c’est différent, car l’écoute des jeunes est beaucoup plus grande, je crois, que celle des adultes. Les adultes posent souvent des questions plus générales, ce que tout le monde veut savoir. Les jeunes, eux, vont vraiment chercher ce qu’ils veulent savoir, ce qui peut leur apporter quelque chose. Alors le poids des mots est un peu plus important quand ce sont des jeunes qui nous interviewent.
À quel âge avez-vous commencé à monter des taureaux ?
Je venais tout juste d’avoir 17 ans.
Est-ce que la première fois vous êtes tombé ?
Oui, après 7.1 secondes et ce n’était pas le taureau le plus performant non plus.
Quelle est la plus belle chose que votre métier vous a apportée ?
C’est sûr qu’il y a beaucoup de fierté ! J’ai beaucoup voyagé grâce à ce sport-là. J’ai pu voir beaucoup de culture différente, beaucoup de gens, beaucoup de pays. Ça a été vraiment super, c’est une vie que je recommanderais à tout le monde ! Ce n’est pas une vie qui est donnée à tout le monde, mais voyager et la fierté face à la réussite, c’est vraiment super !
Avez-vous inspiré beaucoup de jeunes à faire du rodéo ?
Je pense que oui, il y en a beaucoup qui m’ont témoigné souvent que je les avais inspirés. Comme c’est moi qui ai donné l’école de rodéo du Festival western de St-Tite pendant une période de 9 ans, avec les jeunes de 6 à 16 ans, alors oui. Je pense que la plupart des jeunes aujourd’hui que nous voyons dans les rodéos au Québec ont été un peu inspirés par moi, par mon cheminement et par mes conseils.
Faites-vous d’autres activités que la monte de taureaux dans les rodéos ?
Plus maintenant, non. J’ai essayé les autres disciplines de rodéo lorsque j’ai commencé plus jeune. Ce qui m’apportait réellement quelque chose, c’était la monte des taureaux. Je me suis vraiment concentré sur cela et comme ça me réussissait, c’était mieux pour moi de continuer juste là-dedans.
Quel conseil auriez-vous aimé recevoir lorsque vous étiez jeune, de la part de quelqu’un de plus âgé que vous ?
Je pense que j’aurais aimé me faire plus dire de poursuivre ma passion. Comme c’est un sport qui est très dangereux, les gens qui m’entouraient avaient très peur pour moi. Ils m’encourageaient quand même beaucoup, mais ils étaient toujours un peu réticents à l’idée que je puisse risquer ma vie comme ça. Ça aurait peut-être été agréable qu’ils me disent « Go c’est ta passion, alors fonce et fait ce que tu as à faire ». Ça m’aurait aidé peut-être un peu à mettre mon talent, lorsque j’étais plus jeune, en action.
Est-ce que ça vous arrive de donner des cours aux jeunes qui apprennent à embarquer sur un bœuf sauvage ?
Oui ça m’arrive, un peu moins à cause du Covid. Je me fais approcher quand même souvent pour ça.
Quels sont vos objectifs pour le futur en général ?
J’adorerais beaucoup avoir ma propre place chez moi pour avoir une école de rodéo. C’est un très beau projet, c’est sûr que c’est à long terme, mais j’adorerais vraiment ça !
Quel choix avez-vous trouvé le plus difficile à faire dans votre carrière ?
Je pense qu’il n’est pas encore fait. Je pense que le choix le plus difficile que je vais avoir à faire est de prendre ma retraite. Je ne l’ai pas encore pris, mais c’est quand même un sport qui est plus facile quand on est jeune.
Avez-vous eu beaucoup d’accidents en pratiquant ce sport ?
Oui, voulez-vous que je les énumère ? Bon alors fracture du nez à 3 reprises, les 2 clavicules cassées, le sternum cassé, les côtes cassées à 4 reprises, l’humérus du bras droit cassé, l’avant-bras gauche cassé, la jambe droite cassée, la mâchoire cassée à 3 endroits et quelques autres comme des ligaments déchirés. J’ai déjà eu un coup sur la carotide aussi…
Pour vous, la persévérance scolaire c’est quoi ?
Je pense que c’est important, car c’est une base. Sans les bonnes bases, nous ne nous facilitons pas la tâche. Ça prend quelque chose de solide en dessous des pieds tout au long de la vie. Ça va vous servir tout au long de votre vie.
Quel message voulez-vous lancer aux jeunes des municipalités rurales de la région du Centre du Québec ?
Soyez vrais, soyez vous-mêmes, peu importe la situation! C’est la meilleure façon d’être à votre 100%. Donnez le meilleur de vous peu importe où vous allez être.
Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?
C’est très bien ! En faisant cela jeune, votre implication bénévole, plus tard cela va vous rapporter.
Que pensez-vous de la relation entre les jeunes avec la cigarette ou la vapoteuse ?
C’est mauvais ! Il y a tellement de belles choses à quoi nous pouvons nous accrocher. Accrochez-vous à d’autres choses de meilleur.
Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?
C’est plus facile lorsque nous sommes en forme. Moi j’ai bougé beaucoup ! Tantôt j’ai dit que j’étais tannant à l’école, mais je bougeais beaucoup, je faisais beaucoup de sport. Je me suis concentré beaucoup sur le rodéo lorsque j’ai commencé. J’ai un peu mis les autres sports de côté. Avant de faire du rodéo, j’étais très actif et en forme. Sans cela, je n’y serais pas
Entrevue avec Victoria Charlton, auteure et youtubeuse
Entrevue avec Madame Victoria Charlton,
youtubeuse québécoise et écrivaine,
réalisée par Justine et Rosalie Roy du Comité 12-18 de Lyster.
Quelle était votre matière préférée à l’école ?
Ma matière préférée était le français, étonnamment ! C’est pourquoi je suis devenue écrivaine d’ailleurs !! Écrivaine et youtubeuse !
Lors de votre adolescence, étiez-vous intriguée par les histoires de crimes et les phénomènes paranormaux ?
Ah bonne question !! Oui vraiment. Dès l’âge de 6 ans, j’écoutais des films d’horreur à la télévision. Même ma mère me disait que c’était trop vieux pour moi et que je ne pouvais pas écouter ça. Et je lui disais : « Ah non, j’aime ça des histoires de fantômes et tout ! »
À quoi ressemble votre parcours académique ?
Parcours académique ? j’ai fait le primaire et le secondaire. Ensuite, je suis allée au CÉGEP en Arts et Lettres, concentration Littérature. Entre temps, j’ai pris une petite pause pour aller étudier l’espagnol au Mexique. Je suis allée par la suite faire mon baccalauréat en Études littéraires. J’ai commencé en concentration Littérature de la Francophonie, mais très vite j’ai fait un « switch » en création, ce qui était plus mon style. Tous mes cours étaient axés sur la création littéraire. J’avais des cours pour écrire alors j’ai adoré. J’ai commencé à travailler et, plus tard, j’ai décidé de faire une maitrise. Je voulais faire de plus longues études tout simplement. Donc j’ai fait une maitrise en Études Canadiennes. Pour être honnête, le titre de la maîtrise ne me dérangeait pas, je voulais seulement mon diplôme de maîtrise. Donc j’ai fait une maîtrise en Études Canadiennes et mon mémoire de maîtrise sur Fred Pellerin. Est-ce que vous le connaissez Fred Pellerin ?
Ça me dit quelque chose, c’est un conteur ?
Oui c’est un conteur, humoriste et chanteur, auteur, compositeur et interprète. Donc voilà !
Habitez-vous toujours au Mexique ?
Oui, j’habite toujours au Mexique.
Pourquoi avoir décidé d’habiter-là plutôt qu’au Québec ?
Parce que mon mari est mexicain. Quand j’ai terminé mes études, j’ai décidé d’aller le rejoindre parce que lui n’avait toujours pas terminé ses études. Je lui ai dit que nous habiterions ici, car je n’aimais pas l’hiver et que je préférais les pays chauds. Là c’est le contraire. Je m’ennuie d’avoir quatre saisons ! Alors on planifie de revenir vivre au Québec dans un an, un an et demi.
Lorsque vous étiez plus jeune, aviez-vous envie de devenir écrivaine plus tard?
Oui, c’était mon rêve d’être écrivaine !
Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire un livre ?
C’est tout mon parcours. En fait, quand je suis devenue youtubeuse, c’était pour écrire un livre, car le monde de l’édition au Québec est difficile. C’est difficile de se faire offrir un contrat de livre, ça prend un public ou une très belle main d’écriture. Donc je me suis dit : « Je vais me partir une chaîne YouTube, me trouver un public, en espérant que ça m’amène un contrat de livres. » Donc j’ai eu un parcours en sens inverse. Je me suis partie une chaine YouTube, en espérant que ça m’amène un contrat de livre. Et ça a bien fonctionné.
Combien de livres avez-vous écrits jusqu’à présent ?
Juste un, mais il y en a possiblement d’autres qui s’en viennent. Mais je n’en dis pas plus !
Où avez-vous trouvé toutes les informations nécessaires pour écrire votre livre ?
Ce sont des histoires connues, mais pas toutes. Pour mon premier livre, ce sont beaucoup d’histoires de disparitions connues. Il y a beaucoup d’informations qui sont sur Internet, je vais lire des articles de journaux qui ont été écrits, je vais lire des forums, regarder des documentaires. Il y a quelques histoires avec lesquelles j’ai été en contact avec les familles directement. C’était quand même intense ! Je parle au frère de la personne disparue, au père du petit garçon qui est porté disparu, ils vont me donner des informations. Je viens de faire un appel avec un gars qui lui vient de faire un documentaire sur le meurtre d’une jeune fille. Lui, il a fait un gros documentaire, il a été en contact avec la police, la sœur de la personne. Je trouve mes informations un peu partout en gros !
Est-ce que vous considérez votre chaîne et votre écriture comme un passe-temps ou un métier ?
Au début c’était un passe-temps, mais maintenant c’est rendu un métier à temps plein.
À votre avis, quels sont les bons et les mauvais côtés de ce genre d’écriture ?
Ce genre d’écriture ? Bonne question ! Les bons côtés, je n’ai pas vraiment besoin d’inspiration, parce qu’en fait, l’information est là. C’est un peu comme des rapports journalistiques si l’on veut. Les mauvais côtés, quand je pensais écrire, ce n’était pas ça que je voulais faire. Moi je voulais plus écrire des romans. L’un n’empêche pas l’autre. Peut-être que dans un troisième ou quatrième livre je vais aller plus dans l’écriture de fiction.
Qu’est-ce qui vous fascine dans votre métier ?
C’est tout l’aspect recherche que j’aime beaucoup. C’est d’aller creuser. Je viens de faire un appel, ça fait trois jours que je suis dans les recherches du meurtre de la jeune fille, je creuse toujours et découvre plein d’affaires. Je viens de parler au réalisateur d’un documentaire et il m’a appris plein de choses. Je me disais « Ah mon dieu ! Je ne le savais pas ! ». J’apprends de nouvelles choses à tous les jours et j’aime beaucoup l’aspect de recherche.
En dehors de l’écriture et de votre chaîne YouTube avez-vous des passe-temps ?
Je suis pas mal occupée, ça me demande beaucoup de mon temps. J’aime beaucoup lire. J’écoute des podcasts. Au départ, c’étaient toujours des livres sur le « True Crime », des podcasts sur le « True Crime ». Mais là j’ai laissé tomber ça, d’être toujours dans le « True Crime ». Présentement, j’écoute plus des podcasts humoristiques, des livres humoristiques et des séries télé d’humour. Je nage, mais là mon gym a fermé à cause du COVID, j’avais commencé la nage. J’aime beaucoup nager. Et je cuisine également. Je suis végétarienne depuis presque 2 ans et essayer de nouvelles recettes végé, j’aime beaucoup ça.
Pour vous, la persévérance scolaire, c’est quoi ?
La persévérance scolaire c’est de pouvoir choisir. Persévérer à l’école pour pouvoir ensuite faire un choix. Comme moi, si je n’avais pas continué, je n’aurais pas eu dans mes choix de déménager au Mexique, d’avoir ma chaine YouTube et de pouvoir avoir un métier que j’aime. Et si un jour YouTube ne fonctionne plus, au moins j’aurais cinq ou six autres options. C’est d’avoir aussi du jugement critique. Outre le fait d’avoir des options d’emplois, je trouve que le plus important avec l’école, c’est que ça te donne du jugement critique. Je trouve ça super important. Par exemple, en écoutant « Occupation double », bon mon exemple est con, mais on est capable de se rendre compte qui a du jugement et qui en a pas. Je trouve que la persévérance scolaire c’est important pour ça en fait. C’est ça l’éducation, ça te donne du jugement et des choix.
Étiez-vous bonne à l’école ?
Si j’étais bonne ? Oui, je l’étais, dans les 90 et plus.
Quel message aimeriez-vous lancer aux jeunes de notre région ?
Choisissez vos amis, c’est super important. Ne vous laissez pas trop influencer. Des fois, tu as des options qui s’offrent à toi. Moi je devais choisir entre un gang d’amis ou un autre. J’aurais tellement eu un parcours différent dans ma vie si j’avais choisi tel gang ou tel gang.
Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?
Je trouve ça super important d’être impliqué à votre âge et d’être occupé. C’est bien d’avoir un bon sens de l’organisation. Être actif, pro actif. Moi je pense que chaque personne devrait s’impliquer bénévolement, même moi j’en fais. C’est bien, félicitations !
Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?
Ça dépend, parce que moi je déteste le sport ! Mais il faut trouver quelque chose qu’on aime. Moi ça m’a pris 27 ans avant de trouver un sport que j’aimais. Comme là, j’ai trouvé la natation. Trouver quelque chose qu’on aime c’est important, mais c’est difficile. Moi je me rappelle, les cours d’éducation physique, je détestais. Je faisais semblant d’avoir des crampes au ventre pour ne pas aller jouer au soccer. C’est important de se garder en forme. Ne serait-ce que d’aller prendre une marche dehors avec nos chiens. C’est super important pour le mental.
Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse?
C’est vrai que c’est une nouvelle mode ça la vapoteuse. Vous à votre école, est-ce qu’il y en a qui fume de la vapoteuse ? Je suis surprise de voir qu’il y a du monde comme ça à votre âge ! Moi à votre âge, il y avait peut-être trois personnes qui fumaient la cigarette à mon école. Je trouve ça vraiment regrettable. C’est dommageable, je trouve ça triste. Je présume que le gouvernement va mettre des lois là-dessus. Je ne sais pas quoi dire, je ne pensais pas que c’était un phénomène si répandu. C’est comme la mode. Je sais que quand j’étais prof au Mexique, mes élèves avaient votre âge et tout le monde fumait la cigarette. C’était « cool » de fumer. Mais ici, personne ne semble fumer la cigarette. Ce sont vraiment deux réalités. Ça va passer… Mais je suis désolée d’apprendre ça. C’est vraiment triste.
Entrevue avec David St-Jacques, astronaute
Entrevue avec Monsieur David St-Jacques, astronaute, réalisée par Alice Pelletier, Cloé Girard, Noémie Boutin, Frédérique DeMontigny et Nicolas Bernier des Comités 12-18 de L’Avenir, Ste-Sophie d’Halifax et Ste-Séraphine.
- Lorsque vous étiez plus jeune, quel métier vouliez-vous faire ?
Quand j’étais jeune, je rêvais d’aller dans l’espace… ça fait très longtemps. Mais mon premier métier auquel j’ai rêvé, sais-tu c’était quoi ? Je pense que je voulais être, je ne sais pas si ça existait, je voulais être maquettiste. J’avais été fasciné par les maquettes de chemins de fer. Quand j’étais petit, j’adorais ça faire des « legos », des espèces de modèles miniatures. Alors c’était mon premier rêve d’être maquettiste, mais bon, ce n’est pas le métier que j’ai fait.
- Comment avez- vous su que vous vouliez devenir astronaute ?
Ce n’était pas de devenir astronaute mon rêve. C’était de comprendre l’univers. Ça, ça m’est venu la première fois que j’ai vu des photos avec la terre et l’espace. Au début quand j’étais petit, je ne comprenais pas. Un jour, on comprend ce qu’on regarde quand on voit ça. Je ne sais pas quel âge j’avais (6-7 ans ?), quand j’ai compris ça… O.K., c’est la terre où que nous sommes maintenant…. Cette perspective-là que ça m’a donnée sur la vie, c’est que je suis devenu un peu obsédé par l’espace à ce moment-là. Je voulais tout savoir sur l’astronomie, l’astrophysique, pas nécessairement devenir astronaute. C’est venu plus tard, plus adulte, lorsque j’ai plus compris ce que c’était qu’être astronaute. J’étais déjà assez vieux, je dirais à l’université, lorsque j’ai entendu dire qu’il avait un recrutement d’astronaute, il y a maintenant 12 ans de ça. C’est là que je me suis dit que je veux absolument essayer.
- Quelles sont les études que vous avez faites et aviez-vous de bonnes notes à l’école ?
Quand j’étais à l’école, j’avais d’assez bonnes notes. J’étais un peu distrait, je n’aimais pas trop ça faire tous mes devoirs. J’aimais mieux faire mes bricolages et jouer. Je me suis toujours forcé pour avoir de bonnes notes parce que je me disais que c’était important pour mon avenir. C’est ça qui allait me permettre plus tard d’avoir le choix de faire ce que je voulais accomplir dans la vie. Quelles sont les études que vous avez faites ? J’ai fait comme tout le monde mon primaire et l’école secondaire. Ensuite je suis allé au cégep en sciences pures et puis après, je suis devenu ingénieur comme mon père et mon grand-père. Je porte encore ma bague d’ingénieur parce que, au Québec, les ingénieurs reçoivent une bague spéciale. Donc je suis devenu ingénieur, je suis allé à l’École polytechnique à Montréal et puis après, j’ai travaillé comme ingénieur. Je suis ensuite retourné à l’université. Je suis allé en Angleterre pour faire un doctorat en astrophysique. Ensuite, j’ai travaillé comme astronome. Je suis retourné à l’université pour devenir médecin. Je suis allé à l’Université Laval pour devenir médecin et à l’université McGill pour me spécialiser en médecine familiale. J’ai été travaillé dans le Grand Nord du Québec comme médecin de famille. C’est là que je travaillais lorsque j’ai entendu parler du recrutement des astronautes. Je suis allé à l’université très longtemps, mais j’ai arrêté pour travailler puis j’y suis retourné comme ça plusieurs fois.
- Que faites-vous dans la fusée avant d’arriver à destination ?
Nous sommes très occupés. Une fusée ça vole à peu près automatiquement. Les astronautes, nous sommes très occupés à surveiller l’ordinateur. Il fait tout automatiquement, mais il faut s’assurer qu’il fait ça correctement. Nous sommes occupés à le programmer, à suivre toutes les phases de pilotage pour être certains que ça se fait correctement. L’entrainement que l’on suit, c’est surtout pour apprendre à réagir en cas de problème. S’il y a un problème avec les moteurs, avec la navigation, avec le système d’oxygène par exemple. Donc nous surveillons toujours tout ça pour être sûrs qu’il n’y aura pas de problème. Nous sommes donc très occupés, mais c’est plus un travail de surveillance. C’est comme si nous étions des pilotes dans un avion qui fonctionne sur autopilote. L’astronaute ne fait pas rien pendant ce temps-là. Il surveille quand même que l’autopilote fonctionne bien. Une fois arrivé, ça prend environ 6 heures se rendre à partir de la rampe de lancement jusqu’à la station spatiale internationale, nous devons faire les manœuvres d’arrimage, ouvrir le sas. C’est une longue journée se rendre dans l’espace. Ça prend environ 14 heures en tout avant d’arriver dans la station et de pouvoir s’installer dans notre nouvelle maison.
- Quels sentiments ressentons-nous lorsque nous flottons pour la première fois dans l’espace et lorsque nous voyons la terre par le hublot ?
C’est un moment très spécial et très fort pour moi. La première fois, le décollage de la fusée se faisait au coucher du soleil. Donc après la mise en orbite, c’était rendu la nuit. Ça va vite dans l’espace. Nous allons tellement vite qu’on fait le tour de la terre en 1 heure 30. Aussi, 45 minutes après le coucher du soleil, c’est déjà le lever du soleil et vice versa. Environ 15 minutes après être arrivé en orbite, déjà c’étaient les premières lueurs de l’aurore. Quand j’ai vu ça pour la première fois par mon petit hublot, la courbe de la terre avec les lumières de l’aurore, l’orange, le rouge, les lumières des villes, j’ai compris. Wow ! « My god ! » c’est vrai, je suis vraiment rendu dans l’espace ! Jusque-là, ça ressemblait tellement à l’entrainement, au simulateur, que mon esprit n’avait pas vraiment réalisé que c’était vrai. C’est à ce moment que j’ai réalisé que c’était vrai, la première fois que j’ai vu la terre et l’espace. C’est incroyable de voir ça !
- Est-ce qu’il fait froid dans l’espace et dans les vaisseaux spatiaux ?
Bonne question ! Ça, c’est une question physique. Je vais vous expliquer un peu. La température c’est quoi ? C’est la température des objets ou en ce moment dans la maison où vous êtes, c’est la température de l’air que vous ressentez. Ça prend un objet, de la matière, pour avoir de la température. Dans l’espace, il n’y a rien. C’est quoi la température de l’espace ? On mesure ça, ça dépend si tu es au soleil ou à l’ombre. Au soleil, très vite il fait très chaud, car le soleil est très fort dans l’espace. Si tu es à l’ombre, il fait très froid. Donc ça dépend si tu es illuminé ou non. Par exemple, si tu prends la lune, parfois tu vois la moitié de la lune illuminée et l’autre moitié qui est à l’ombre. La moitié qui est illuminée est environ à +200 degrés. La moitié à l’ombre est environ à -200 degrés. Donc ça dépend vraiment et énormément de l’illumination du soleil. La même chose pour un vaisseau spatial. Le côté qui est au soleil est super chaud et le côté qui est à l’ombre est super froid. Donc les ingénieurs qui l’ont construit l’ont conçu en conséquence. Même pour notre scaphandre, quand nous sommes au soleil, il fait super chaud. Il faut mettre le système de refroidissement, fermer absolument la visière du casque comme de grosses lunettes soleil. Le soleil rentre à l’intérieur, c’est vraiment chaud et dès que l’on rentre dans la nuit, on allume les chaumières pour se réchauffer les doigts. Très, très vite il fait froid. Donc ça dépend. Mais les vaisseaux spatiaux, les scaphandres, tout ça possèdent de bons systèmes de contrôle de température. Donc à l’intérieur, il fait une température totalement normale. On se promène en t-shirt, c’est très, très confortable.
- Comment faites-vous pour manger et boire de l’eau dans l’espace ?
Les 2 problèmes évidemment sont que premièrement, nous n’avons pas de frigidaire. On ne peut pas garder les aliments longtemps, alors il faut avoir seulement des aliments déshydratés. Tu as peut-être déjà vu ça en allant en camping. Des aliments déshydratés, c’est que l’on mange de la nourriture qui est déshydratée. Elle est faite d’avance depuis 1 an peut-être avant le voyage en vaisseau spatial. On la réhydrate et franchement, c’est très bon. Ça a toujours l’air un peu a du ragoût. C’est comme un mélange de soupe épaisse avec de la viande et des légumes. Il y en a de plein, plein de sortes, mais c’est ça que l’on mange. On peut faire mariner des choses comme du saumon fumé, ça fonctionne dans l’espace et ça peut durer très longtemps. On peut avoir des biscuits, des choses comme ça. On peut avoir du café, des choses comme ça. Le problème pour boire, c’est que si tu mets du liquide dans un verre, il va sortir du verre. Ça va faire comme une grosse boule qui flotte. Donc on boit seulement un peu comme quand parfois dans ta boite à lunch tu as des jus en carton avec une paille. Ça, ça marche dans l’espace. Le liquide est prisonnier donc avec la paille tu l’aspires. On peut également le faire avec des sacs de plastique, un peu comme à l’hôpital quand ils vous mettent du sérum. Des systèmes de plastique comme ça à laquelle on peut avoir de l’eau, du café ou du lait. C’est comme ça que l’on boit. Toujours au travers d’une paille. Il n’y a pas moyen de faire autre chose. Pour la nourriture, c’est déshydraté, mais c’est très bon. Moi j’aime beaucoup aller en camping et quand on va en camping, on déshydrate nous-mêmes notre nourriture. Donc nous avions fait de la nourriture déshydratée que nous avons réussi à apporter dans l’espace. Donc j’en avais quelques-unes pour mes repas spéciaux. Une chose qui est plaisant avec la nourriture, c’est que chaque pays possède sa nourriture dans l’espace. Donc chaque personne peut échanger sa nourriture avec un autre astronaute du Japon, de la Russie. Moi j’avais apporté plein, plein de sortes de saumon fumé, de sirop d’érable du Canada. Donc c’est ce que je donnais en échange pour les repas des autres pays.
- Est-ce que l’on s’ennuie d’un trio Big Mac dans l’espace ?
Moi je trouve très bonne la nourriture. Ce dont je m’ennuyais, c’est la nourriture fraîche. On ne peut pas manger de steak frais, de légumes frais, des œufs frais, on ne peut pas avoir tout ça. Alors ça c’est ce dont je finissais par m’ennuyer. Quand il y avait des vaisseaux de ravitaillement, toujours sur la rampe de lancement, les gens cachaient des oranges, des choses comme ça, des petits cadeaux. Alors pendant quelques jours, nous avions de la nourriture fraîche. Quand je suis revenu sur terre, c’est sûr que je voulais juste manger de la nourriture fraîche. Je ne voulais rien de déshydraté, parce que j’étais fatigué de la nourriture en sachet.
- Lors de vos voyages dans l’espace, quelles sont les choses qui vous ont le plus effrayé ?
Les choses qui m’ont le plus effrayé dans le voyage spatial ? La seule chose dont nous avions peur en fait, c’est de se dire si je meurs, ce sera vraiment triste pour mes enfants et ma famille. Moi si je meurs, je ne me rends pas compte que je suis mort. Le problème, c’est les gens qui restent derrière. Sinon j’avais peur que mes parents, ils sont vieux, s’ils mouraient pendant que je serais dans l’espace, ce serait vraiment triste. Je ne pourrais pas les voir pendant qu’ils sont malades. Alors c’est surtout ça. Je n’avais pas peur de mon travail. J’avais vraiment confiance dans toute l’équipe qui travaille super fort pour préparer les fusées, préparer les missions. Avec mon entrainement pendant des années, je connaissais vraiment mon travail. Alors le jour du décollage, j’étais vraiment très calme, très serein. Je n’avais pas vraiment peur… Pas que je n’avais pas peur, ce serait faux de ne pas avoir peur, car c’est dangereux une fusée… C’est sûr que c’est épeurant. L’important quand tu as peur de quelque chose, c’est de se rendre compte que la peur c’est juste un signal d’alarme pour te dire attention, c’est dangereux. Il faut que tu te concentres, il faut que tu fasses attention. La peur ne veut pas dire « Vas y pas ! ». Ça veut juste dire « Attention, sois prudent ». Oui la peur était toujours là, mais ce n’était pas de la terreur. C’est juste que je restais très, très attentif et concentré pour faire mon travail correctement. Ce qui était peut-être le plus dangereux dans l’espace, c’étaient les météorites. Les petites météorites qui peuvent frapper la station, faire un trou, mettre le feu et causer une fuite d’air. Ça, c’est un peu comme la loterie. D’Ailleurs, pour un astronaute, quand on regarde la terre par la fenêtre, quand on voit une étoile filante, nous on n’aime pas ça. Une étoile filante, c’est un accident qu’on vient d’éviter de justesse. Les étoiles filantes ce sont des roches, alors il ne faudrait pas que ça nous frappe. Quand tu sors dehors de la station, tu vois qu’elle est recouverte de micro étoiles filantes. Ce sont juste des petits bouts de poussière qui la frappent. Ce sont comme des maringouins sur le pare-brise d’une voiture. Plein, plein, plein de petits cratères, de toutes petites roches qui l’ont frappée. À date, nous n’avons jamais été frappés par un gros débris. Sais-tu ce qui est le plus épeurant honnêtement ? Il ne faut pas faire d’erreurs, vraiment aucune erreur. Ce que l’on fait à bord, tout est compliqué, tout est cher, tout est accompli par plein de gens qui travaillent là-dessus depuis longtemps. C’est important, il y a plein de gens qui ont confiance en nous. C’est comme quand tu fais un spectacle avec l’école. Tu es sur scène, tu ne veux pas te tromper, t’enfarger. C’est un peu comme ça notre vie dans l’espace. On ne peut pas se tromper, s’enfarger, faire d’erreur. C’est drôle, ta question est vraiment bonne, elle me fait réfléchir ! Sais-tu c’est quoi les choses donc j’ai le plus peur ? Ce sont les quelques fois où j’ai fait des erreurs. Ça arrive à tout le monde de faire des erreurs, mais j’avais vraiment peur d’appeler Houston pour leur dire que j’en avais fait une. Ça ne me tentait pas. Ça ne me tentait pas d’admettre mon erreur ! Ça ne me tentait tellement pas, j’aurais aimé mieux oublier ça, mais tu ne peux pas. Il faut que tu appelles pour admettre ton erreur et pour demander de l’aide. C’est toujours ça la bonne chose à faire. C’était cela qui me rendait le plus nerveux…
- Comment fonctionne le cycle jour/nuit dans l’espace ?
Alors ça, c’est intrigant ! Être dans l’espace, c’est un peu comme être en orbite. Nous restons là, car nous allons très vite. Je vais t’expliquer brièvement. Sur la terre, la gravité est encore là pour nous faire tomber. Imagine que je prends mon téléphone et que je le lance. Sur terre, il va faire une courbe. Si je le lance plus fort, il va faire une plus grande courbe, il va aller plus loin. Encore plus fort, il va encore plus loin. Si je le lance assez fort pour qu’il tourne en suivant la courbe de la terre, il ne va jamais toucher par terre. Il va juste continuer à tourner. C’est ça être en orbite. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de gravité, c’est juste que nous allons tellement vite que nous tournons en suivant la courbe du sol en dessous de nous. C’est comme si nous étions toujours en chute libre. Donc pour répondre à ta question, vu que nous allons si vite, nous allons à 8 km par seconde, nous faisons le tour de la terre en 1 heure 30. À cause de cela, en 1 heure 30 nous avons fait le tour de la terre du côté qui est au soleil et ensuite, le tour de la terre qui est dans la nuit et on revient. Aux 45 minutes, c’est le lever du soleil et le coucher du soleil. C’est un peu désorientant au début. Tu ne sais plus c’est quand le jour et la nuit. Tu ne sais plus quand aller te coucher, quand manger ton déjeuner tellement que la lumière dehors change tout le temps. On finit par s’habituer à plus se fier sur notre montre, se fier sur l’horaire. C’est ça le cycle jour/nuit dans l’espace. C’est un peu comme un spectacle qui n’a pas rapport avec ta vie, avec tes journées à toi. Le cycle est sur 1 heure 30, alors on vit arbitrairement à l’heure de l’Angleterre. Nous avons décidé ça arbitrairement, comme ça c’est un peu entre Houston (Texas) et Moscou (Russie) où sont situés les deux grands centres de contrôle. Notre vie est sur l’heure de Londres, mais le jour et la nuit, c’est chaque heure et demie un cycle qui n’arrête pas. C’est un peu désorientant au début.
- Avez-vous des temps libres dans l’espace et si oui, quels étaient vos passe-temps ?
Nous avons du temps libre, pas beaucoup, mais nous en avons. Les journées sont longues. On travaille de 7 h le matin à 7 h le soir. Après ça, nous prenons un peu de temps pour appeler notre famille, faire de l’exercice. La plupart des dimanches sont libres. Nous essayons de nous garder le dimanche. Le samedi, nous faisons le ménage et réparons ce qui est brisé. Le dimanche, nous essayons d’être libres. Moi ce que j’aimais le plus faire, c’était tout simplement aller à la coupole regarder la terre. J’essayais souvent d’appeler un ami au téléphone. On peut appeler au téléphone, pas tout le temps, mais assez souvent. J’aimais ça parler à des amis ou ma femme, mes enfants et mes parents en regardant la terre. C’était mon passe-temps préféré.
- Avez-vous pu parler à votre femme tout au long de votre mission ?
J’ai pu parler à ma femme et ma famille presque tous les jours. C’était ma confidente et celle qui était le plus au courant. Mes enfants avaient la chance que, chaque fin de semaine, nous pouvions jaser pendant 1h ou 2, comme on fait en ce moment, avec un appel vidéo. C’était plus difficile à organiser, alors nous le faisions une fois par semaine chacun notre tour. C’était vraiment formidable de parler comme ça avec des amis et mes parents. Au téléphone, tous les jours, j’ai réussi à parler à ma conjointe. C’était vraiment important psychologiquement. Les deux nous avions besoin de l’aide l’un de l’autre. Elle, elle était seule sur terre avec les enfants, moi, je suis seul dans l’espace loin des gens que j’aime. Quelquefois c’était moi qui avais besoin d’aide et quelquefois, c’était elle qui avait besoin d’aide. Alors on s’aidait mutuellement.
- Avez-vous une anecdote à partager sur ce qui est arrivé là-haut ?
J’en ai une que vous allez comprendre ! Vous avez déjà fait ça des achats sur Internet ? Parfois quand tu vas sur des sites, pour être certains que tu n’es pas quelqu’un qui a volé l’identité, ils envoient un message sur ton téléphone pour confirmer que c’est la bonne personne. Moi quand j’étais dans l’espace, je voulais acheter des fleurs à ma conjointe. J’ai eu la bonne idée d’aller sur un site Internet de fleurs, je voulais lui faire une surprise. Je fais la commande par Internet à la station spatiale. Ils me disent OK, on va envoyer un texto à votre téléphone pour confirmer que c’est vous. Ah non !!! Je n’avais pas mon téléphone évidemment, c’est ma conjointe qui l’avait… Alors ce ne serait pas une surprise ! Je me suis fait avoir par la technologie ! Je me suis organisé avec un bon ami qui a fait l’achat pour moi pour garder la surprise pour la famille.
- Quelle est la première chose que vous avez faite lors de votre retour sur terre ?
Lors du retour sur terre, nous avons atterri et des assistants m’ont sorti de la capsule parce que je n’étais pas capable de marcher debout. J’étais tellement désorienté. La première chose que j’ai faite, c’est que j’ai dormi. Je me suis reposé dans l’avion qui me ramenait à Houston. Là j’ai vu mes enfants et ma famille. C’est ça la première chose intéressante que j’ai faite, c’était de revoir ma famille. Je me suis aussi fait cuire des œufs !
- Quels sont vos projets pour les années à venir et est-ce qu’il y a une autre mission prévue ?
La mission, j’aimerais ça, mais ce n’est pas moi qui décide. Au Canada, nous sommes 4 astronautes en ce moment et les 3 autres ne sont pas encore allés dans l’espace. Je suis un peu à la fin de la ligne d’attente maintenant. C’est eux d’abord. Pour moi, mon travail maintenant est de supporter les autres missions et les missions des autres astronautes. Je suis comme un instructeur pour les astronautes parce que je possède de l’expérience. Je les conseille pour les futures missions spatiales. C’est un genre de rôle comme cela que j’ai maintenant.
- Est-ce que vous croyez en la possibilité d’installer une base sur mars et si oui, seriez-vous partant pour y aller ?
Oui, je crois que c’est possible. Je pense que c’est possible d’aller sur mars et d’avoir une base. Le plus difficile, c’est de revenir. Il faut faire le carburant sur place et il faut bien s’enligner pour revenir sur la terre. Est-ce que j’irais sur mars ? Maintenant, à mon âge, je pense que mes enfants sont trop jeunes. J’attendrais plus tard, que mes enfants soient des adultes, car c’est long. Les missions sur mars ça va durer plusieurs années. Ça prend sûrement environ 9 mois juste pour se rendre. Il faut rester plusieurs années peut-être et c’est 9 autres mois pour revenir. Ce sont des missions de 3, 4 ou 5 ans. Je pense que ce sera pour des gens qui n’ont pas encore de famille ou des gens dont la famille est déjà assez grande et qui a quitté la maison. C’est important quand même. On pense souvent à l’aspect technique, mais nous sommes aussi des gens qui possèdent une vie de famille. C’est très important de garder l’équilibre. Nous ne pouvons rien faire de bien dans la vie si nous n’avons pas d’équilibre. Nous ne pouvons pas sacrifier un morceau de sa vie pour tout mettre dans un autre. L’être humain ne fonctionne pas comme ça. Il faut tout garder en équilibre et c’est comme ça que l’on est à notre meilleur. C’est important pour nous aussi de garder notre esprit de famille en bon état.
- Quel a été le plus gros moment de stress durant votre carrière jusqu’à maintenant ?
Alors le plus gros moment de stress, ce sont les examens. Je n’aime pas ça les examens. Il y a plein d’examens pour devenir astronaute. Nous sommes constamment en examen et c’est toujours stressant un examen. Même si tu as confiance en toi, que tu es capable, que tu as bien étudié et que tu es bien préparé, tu n’es jamais certain que tu ne vas pas faire une erreur. Même si tu as confiance, tu peux aussi te planter. Alors j’ai toujours trouvé ça stressant les examens. Surtout les examens finaux, c’était assez stressant. C’est bizarre on dirait qu’après ça, faire la mission elle-même, ce n’était pas stressant. Ça, j’avais toujours confiance que ça allait bien aller et je me sentais prêt. J’étais un peu stressé, c’est vrai, pour utiliser le bras canadien. Je ne l’avais jamais utilisé pour vrai. Pendant toutes ces années, ce que j’avais fait, c’était de le pratiquer en jeux vidéo sur le simulateur. Là, c’était la première fois avec le vrai et c’est vraiment gros, c’est vraiment énorme ! Pour attraper un vaisseau cargo, c’est un des rares moments dans le travail d’astronaute où personne ne peut t’aider. C’est juste toi avec tes 2 manettes et ton écran. C’est le silence à la radio, plus personne ne parle, personne ne dit rien, tout le monde regarde. Tout le monde te regarde faire ! On appelle ça vivre dans un aquarium. Ce sont des moments où tu te sens comme un poisson dans un aquarium et que tout le monde te regarde. En gros, la solution au stress, c’est de se préparer. Je trouve que lorsque tout est prêt, moins tu es stressé. Quand tu as l’impression que tu improvises un peu, c’est là que c’est plus stressant.
- Combien de langue parlez-vous ?
Je parle bien le français, car c’est ma langue natale. Je parle bien l’anglais parce que j’ai longtemps vécu dans des pays anglophones. J’ai appris à parler un peu japonais parce que j’ai habité au Japon 2 ans lorsque j’étais jeune étudiant. J’ai appris à parler russe pour devenir astronaute. Il faut absolument parler russe pour piloter la fusée. Je parle un peu espagnol parce que c’est important quand on est américain de parler espagnol. Au Texas, il y a beaucoup de gens hispanophones. Je parle correctement 2 langues et je peux me débrouiller dans 2 autres.
- Croyez-vous aux extraterrestres ?
Je ne peux pas te le dire c’est un secret ! Oui j’y crois. Je suis certain qu’il y a d’autres vies dans l’univers, mais je n’ai pas de preuve. Nous n’en avons jamais vu, c’est juste que je me dis que c’est tellement grand l’univers. Il y a des centaines de milliards d’étoiles, avec des galaxies ayant chacune des milliards d’étoiles. Ça ne se peut pas qu’il y en ait juste une avec de la vie. Il me semble que ça ne se peut pas, mais je n’ai pas de preuves.
- Au cas où il y aurait encore des sceptiques, pouvez-vous nous confirmer que la terre est belle et bien ronde et non plate ?
Absolument, aucun doute, je l’ai vue ! C’est une boule ! Je faisais le tour sans arrêt. Si elle était plate ça n’aurait pas fonctionné.
- Pour vous la persévérance scolaire, c’est quoi ?
J’ai deux choses à dire là-dessus. D’abord, aller à l’école, apprendre quelque chose, c’est plaisant. Ça te permet de voyager dans ta tête, de comprendre le monde autour de toi. Il y a plein de brumes qui se lèvent, plein de mystères qui disparaissent. Je trouve que même si parfois il peut y avoir des côtés négatifs, des devoirs à faire, il ne faut jamais oublier le positif. La richesse que c’est de mieux comprendre le monde autour de nous. Ça donne tellement de force de caractère, d’ouverture! C’est formidable de comprendre. La plus belle chose je trouve, c’est de comprendre ce qu’il y a tout autour de nous. Ça, c’est ce qui m’a toujours aidé avec la persévérance scolaire. Ça m’a rappelé la joie que j’avais au fond de mieux comprendre. Ensuite, quand nous avons des difficultés, l’important c’est de ne pas avoir peur de demander de l’aide. Un peu comme lorsque je racontais plus tôt que, lorsque j’ai fait des erreurs pendant la mission, même si j’avais vraiment peur d’appeler au centre de contrôle, je devais demander de l’aide. C’est la même chose à l’école. Lorsque ça va mal ou que c’est difficile, il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Tout le monde est prêt à aider quelqu’un qui veut apprendre. C’est encore plus plaisant quand on le fait en équipe, avec l’aide de quelqu’un d’autre. Alors voilà, nous ne sommes pas seuls. Maintenant que je suis père de famille, c’est tellement important d’aller à l’école. C’est tellement important pour moi que mes enfants persévèrent à l’école et qu’ils acquièrent cette richesse-là dans leur tête. Personne ne peut t’enlever tes connaissances, ce sont tes outils pour la vie.
- Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?
Vous êtes chanceux d’habiter dans des belles municipalités comme ça, d’avoir accès à la nature. C’est une belle richesse de vivre dans des milieux un peu plus petits parce que la vie est parfois moins compliquée. Vous perdez moins de temps dans les transports. J’ai habité longtemps en région, j’ai fait plein de stages, j’ai travaillé dans le Grand Nord. J’adore l’atmosphère des régions du Québec. J’ai marié une fille qui vient des régions. Ce sont de beaux milieux de vie pour grandir. Après ça, vous avez toute la vie pour explorer la terre au complet et toutes les grandes villes. C’est un privilège d’habiter et de grandir dans des endroits qui sont sains.
- Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leurs municipalités ?
C’est formidable ! Il n’y a rien de mieux pour le bonheur que de s’impliquer dans sa communauté. C’est la plus belle chose que nous pouvons faire pour les autres, mais aussi pour soi-même. On dirait que ça nous donne tellement de fierté, que ça nous donne un peu un sens à la vie. C’est vraiment une très belle chose à faire que de s’impliquer dans son environnement. C’est quelque chose que nous ne pouvons pas regretter. Je vous encourage et je félicite ceux qui font ça.
- Quelle importance doit-on porter à l’activité physique ?
J’aime ça faire du sport. Je ne suis pas un athlète olympique, mais j’aime ça et je me sens bien dans ma tête quand je fais de l’exercice. Vous, vous êtes jeunes et votre corps est en parfait état, c’est facile. Peut-être que vous ne voyez pas l’intérêt encore, mais peu importe c’est quoi votre rêve, c’est certain que vous allez avoir besoin de votre corps. Peu importe ce que vous voulez faire, vous avez besoin de votre corps. Votre corps c’est comme votre meilleur ami, c’est votre meilleur outil. Il faut absolument en prendre soin. Il faut faire de l’exercice un peu, régulièrement. Il faut bien manger, bien dormir, faire attention au stress parce que vous n’êtes pas fait en plastique. Un corps, il faut vraiment lui faire attention, c’est votre meilleur allié. Je trouve ça important. J’aime ça faire de l’exercice parce que je me sens mieux. Ça me donne de l’énergie et j’ai toujours adoré faire ça.
- Que pensez-vous des jeunes et la relation avec la cigarette ou la vapoteuse ?
Je n’ai jamais fumé alors je ne sais pas. Je me rappelle quand j’étais jeune, mes parents fumaient et ils ont arrêté. Ça n’a jamais été tellement présent dans ma vie. Les jeunes qui fument, je vous conseillerais d’arrêter ça parce que, même si c’est difficile d’arrêter et que ça coüte cher, c’est nocif pour la santé. Parfois les gens fument pour aider leurs stress, mais il y a d’autres manières. Quand nous sommes stressés, il y a d’autres manières plus saines de combattre cela comme faire de l’exercice ou parler à des gens. Est-ce que vous en voyez beaucoup dans vos écoles ? Moi à mon école, il y a beaucoup de jeune qui fument et qui prennent la vapoteuse. C’est quand même assez populaire ces temps si.






