Entrevue avec Jacinthe Hébert et Keven Desmarais, La Cabane aux 3 Érables, réalisée par Charline Pelletier et Éliane Desmarais des Comités 12-18 de L’Avenir et de Lefebvre

Décrivez-nous votre entreprise.

C’est une cabane à sucre où on peut recevoir et préparer des repas pour des groupes jusqu’à 138 personnes.

Quel type de métier peut-on retrouver dans votre entreprise ?

Je dirais des serveuses, des cuisinières, des plongeurs et une gérante.

Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Surtout des valeurs familiales. On fait travailler toute la famille au complet. Mes cousines, mes tantes, mes filles et même les amis de mes filles.

Quelles qualités de base recherchez-vous chez vos employés quand vous les embauchez ?

Être à son affaire, ne pas être distrait, être ponctuel et pouvoir compter sur ces personnes-là. Si elles disent qu’elles se présentent, elles se présentent. C’est le minimum partout, mais on ne le retrouve pas tout le temps.

Y a-t-il des réalisations ou des projets de votre entreprise dont vous êtes particulièrement fière ?

Oui, demain justement on reçoit les élèves de l’école primaire de notre municipalité de Lefebvre, au grand complet, gratuitement. On veut pouvoir redonner à la communauté et continuer à véhiculer les belles valeurs de la cabane à sucre.

Selon vous, quels sont les avantages à travailler en région ?

Encore là, vu que toute la famille habite ici, c’est très facile d’avoir des gens qui viennent nous aider.

Comment se passe une journée de travail pour vous ?

Je me lève à 6 h. Je pars mes « beans » et mes soupes pour les faire cuire. Les « beans », ça prend 5 h et les soupes, 3. Après ça, je place mes tables. Comme dirait ma collègue, je joue à Tetris pour essayer de faire rentrer tout le monde dans la cabane à sucre. À 11 h, le monde commence à arriver. Je les fais payer, je les place. Je dis aux serveuses où aller servir, etc. On recommence ça pour le souper. Il y a souvent le DJ le samedi soir. Après ça, je remonte les tables et vers 11 h du soir, je vais me coucher.

Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

Quand tout le monde est là et qu’il y a du monde dans la cabane. Ça parle fort, ça rit, ça danse. Quand je vois que le monde aime ça être ici, je vois que le travail en vaut la peine.

Jusqu’où rêvez-vous d’amener votre entreprise ?

Bien franchement, elle est bien où elle est. À part continuer comme ça pour pouvoir perpétrer la tradition des cabanes à sucre parce qu’il y en a beaucoup qui se sont éteintes pendant le COVID. On veut que ça continue pareil. Le but, c’est de plus tard donner l’entreprise à nos trois filles.

Pour quelles raisons devrait-on travailler pour votre entreprise ?

Faire partie de ma famille. (Rires) Je dis ça parce qu’on est une super de bonne équipe. En étant dans la famille, on se parle toutes comme il faut. On a toutes du respect les uns pour les autres. Je dis « toutes » parce qu’on est plusieurs filles et que le seul gars de l’équipe, c’est le propriétaire. (Rires) C’est Kevin Desmarais, mon conjoint. Moi, je suis gérante.

Qu’est-ce qui vous inspire, dans la vie ?

Vous allez dire que je suis fatigante avec ça, mais je dirais la famille. (Rires) Nous, les Lefebvre, on est une « gang de famille ». On habite ici avec notre arrière‑grand‑père qui est à côté et les beaux‑parents qui sont au bout. On est quatre générations dans ma cabane. Pour moi, la famille, c’est plus important que tout, tout, tout.

Pour vous, la persévérance scolaire, c’est quoi ?

La persévérance, c’est de toujours continuer, même quand tu as des difficultés à l’école, L’important, c’est surtout de faire le mieux qu’on peut, pas nécessairement d’être le meilleur. C’est ce que je dis toujours à ma fille Delphine qui a bien de la misère à l’école.

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

D’être travaillants. Quand on donne notre parole, il faut la respecter. C’est le plus important dans la vie. Il faut apprendre à se faire dire des choses aussi. Si quelqu’un te dit que tu as quelque chose à améliorer, ça ne veut pas dire que tu es pas bon ou pas bonne. Ça, les jeunes d’aujourd’hui ont beaucoup de misère avec ça.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent bénévolement dans leur municipalité ?

Pour moi, c’est la base des choses. Ça va de soi. Je suis moi-même bénévole à temps plein pour la municipalité de Lefebvre, dans le comité du social. Mes filles n’ont pas le choix de faire du bénévolat, elles ont été élevées comme ça.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

Il faut en donner de l’importance. Mais moi, je n’ai pas de temps pour ça, même si pour moi, travailler compte pour de l’activité physique. C’est important parce que ça te garde en santé et il faut continuer à bouger tout le temps.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette et/ou la vapoteuse ?

Je suis totalement contre. Que dire d’autres ? J’ai moi-même fumé de la cigarette dans le temps, mais c’était quelque chose de nocif. Mais la vapoteuse, c’est encore pire parce que les jeunes pensent que c’est bon parce que ça goûte bon. Alors que non, c’est très nocif et ça détruit la santé.

Quels sont les impacts positifs de la légalisation du cannabis et les effets négatifs de la légalisation de cette substance ?

Il n’y a pas d’impacts positifs. Maintenant, les employés ont le droit de prendre une pause pour aller fumer leur joint avant de revenir travailler. Moi, ici, je ne le vis pas, mais à la construction, mon conjoint le vit. Alors au lieu de prendre une pause pour aller fumer leur cigarette, ils vont fumer leur joint. Le problème, c’est qu’en fumant leur joint, ils ne reviennent pas tout à fait là. C’est comme si tu prenais une pause pour aller prendre une bière. Pour moi, ça se fait juste pas, mais… on a le droit. Donc, je suis totalement contre.