Cette entrevue a été réalisée par Maïna Tanguay, Rosalie Bousquet et Cédric Ouellet des Comités 12-18 de St-Pierre-Baptiste, de Lefebvre et de St-Albert.

Lorsque vous étiez jeune, admiriez-vous quelqu’un dans le monde politique ?

Il faut savoir que j’ai commencé à m’intéresser à la politique j’avais 12 ans. Ma mère spirituelle en politique est Mme Dominique Viens qui a été députée dans Bellechasse et ministre dans le précédent gouvernement. Alors j’ai milité avec elle très jeune. Je m’inspire beaucoup d’elle comme député de terrain et dans la façon que je fais mon travail de député. Sinon, j’ai toujours admiré Jean Lesage, le type de politicien qu’il est ainsi que Robert Bourassa.

Adolescent, est-ce que vous vous impliquiez dans votre municipalité et si oui, comment ?

Moi j’étais très impliqué à l’école. J’ai été Président du Conseil des élèves, et membre du conseil des élèves pendant 5 ans au secondaire. J’étais même vice-président du conseil des élèves en 6e année. J’ai toujours été impliqué. J’ai été président du bal des finissants. J’ai toujours aimé m’impliquer dans ma communauté et faire une différence. J’ai été reconnu pour ça. J’ai commencé à militer dans un parti politique provincial , j’avais 12 ans. Ça fait vraiment partie de mon ADN. Je me suis impliqué dans ma radio communautaire très tôt. J’ai fait de la radio pendant quelques années. Somme toute, oui l’implication était très importante pour moi. J’ai été membre de différents conseils d’administration, bénévole pour plein d’organismes.

À quel âge avez-vous commencé à vous impliquer ?

5e ou 6e année, on a quel âge 10 – 11 ans environ ? Donc vers 5e et 6e années, j’ai commencé à m’impliquer. Très très jeune, à la maison, on avait des discussions sur l’actualité. J’ai appris très jeune l’aspect sociétaire. On ne vit pas chacun de notre côté dans notre maison, on vit dans une société. Malheureusement, la pandémie nous rappelle que plusieurs prônent l’individualisme. On est dans une société, on vit dans une société. Chez nous, avec mon père et ma mère, très tôt, mes parents étaient impliqués, mais surtout intéressés. On avait le journal Le Soleil qui était très gros à l’époque. Je me souviens de l’élection d’avril 2003, j’étais en 6e année. Il y avait un projet qui s’appelait « L’actualité en classe ». Moi je dinais à la maison, donc je revenais toujours le dernier le midi, il restait un seul sujet sur la table et c’était la politique. Personne ne voulait ça la politique, la politique c’est plate ! Tout le monde se lançais sur les cahiers des sports ou les arts et spectacles, à la limite, les nouvelles internationales. Mais la politique, c’était pendant les élections de 2003 où Jean Charest a été élu pour la première fois Premier ministre du Québec. Donc pour moi ça été une révélation. Je me souviens un peu de 2002, Mario Dumont, quand ça avait monté un peu l’ADQ (Action Démocratique du Québec). Mais c’est surtout l’élection de 2003 qui m’a marqué.

À quoi ressemble votre parcours scolaire à partir du secondaire ?

Moi je n’ai pas été à l’université. Je me plais à dire que je suis dans le 4% qui n’est pas allé à l’université qui est député à l’Assemblée nationale. En fait, j’ai terminé mes études secondaires, c’est très important de les terminer. Et moi, je n’étais pas le meilleur à l’école. Des notes de 60% j’en ai eu et même en bas de 60%. J’ai fait des cours d’été en mathématique et en science physique. Moi, j’étais bon en français, surtout dans les exposés oraux. Je n’étais pas le meilleur à l’école et ça, je tiens à le rappeler. C’est la persévérance qui nous permet un moment donné d’avancer dans la vie. Ce n’est pas juste tes notes à l’école. Je suis allé faire un petit détour à Jonquière. Je me suis inscrit en Art et Technologie des médias où j’ai été refusé à cause de mes notes. Mais il permettait à dix jeunes avec un porte-folio d’être acceptés, selon leur background et leur personnalité. Mais je n’ai pas aimé ça, je suis resté une session. Après je suis allé travailler dans un Carrefour jeunesse emploi. Ensuite je suis revenu aux études, faire une attestation d’études collégiales au Collège Radio Télévision de Québec en communication. Et c’est tout ! Je valorise les études universitaires, bien au contraire. Si mes enfants souhaitaient aller à l’université, je les encouragerais. Je ne ferme pas la porte d’un jour le faire. Il faudrait que je fasse un certificat à distance et finalement je n’ai pas le temps. Donc je ne le fais pas. Mais je ne dis pas qu’un jour je n’irai pas. Mais je fais partie de ceux qui effectivement, n’ont pas été à l’université.

Faisiez-vous partie d’un club, groupe ou comité ?

Au secondaire, j’ai toujours été dans le conseil des élèves. Plus tard, j’ai fait de la radio pendant plusieurs années. J’ai aussi été Président d’honneur dans ma région de campagnes de financement d’organisations et j’ai animé plusieurs événements caritatifs de façon bénévole. J’ai été impliqué dans une multitude d’organismes ou d’organisations. Et pour moi, l’implication sociale, faire la différence dans un évènement, dans une activité, d’amasser des sous pour ta communauté, chez nous en Beauce, ça a toujours fait partie de mon ADN et de mon souhait.

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans votre travail ?

C’est la patience. Moi, je suis impatient ! Vis-à-vis la lenteur parfois de la machine, vis-à-vis les projets qui ne vont pas assez vite, qui n’aboutissent pas. Moi je suis un action-réaction et quand j’ai fini la réaction, j’ai déjà commencé une autre action. Donc je ne suis pas patient et mon premier ministre n’est pas plus patient non plus. Je comprends qu’on gère des fonds publics, qu’il faut bien prendre le temps de faire les choses, de bien les analyser. Je viens d’une famille d’entrepreneurs et à la fin de la journée, il faut avoir livré. Quand j’avais un show de radio à faire, chaque jour, je ne pouvais pas dire à mon patron que je n’avais pas d’invités le lendemain. Je ne ferais pas trois heures à l’émission. Il fallait que je trouve mes trois invités, que je les appelle, que je les relance. Moi je suis un gars de quotidien. À la fin de la journée, qu’est-ce qui a avancé, qu’est-ce qui a été réglé ? Et je vous le dis, là j’ai un dossier qui traine depuis 2 ans, je ne suis plus du monde, mais vraiment plus du monde. Mais c’est viscéral pour moi quand les choses trainent, ça vient me chercher. J’essaie en vieillissant d’être davantage patient. On se fait dire ça quand on est jeune « sois patient, sois patient ». Je le suis sur certaines choses, mais pour d’autres, pas du tout.

Qu’aimez-vous le plus de votre travail ?

Quand on règle des dossiers et que ça n’a pas été long ! Sincèrement, c’est de donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Présentement, nous sommes en contexte de pandémie qui nous amène encore plus à toucher toutes les sphères de la société que ce soit nos entrepreneurs, nos jeunes, nos organismes communautaires, les gens qui travaillent dans le réseau de la santé. Moi je suis un régionaliste, donc je veux que les régions aient une plus grande place dans l’Assemblée nationale, mais aussi dans les politiques gouvernementales. Je dis région, mais je parle de ruralité. Les gens qui vivent dans les municipalités de moins de 5000 personnes sont aussi importants que ceux qui vivent au centre-ville de Montréal ou à Québec. Je pense qu’il faut avoir une équité entre ceux qui habitent en Abitibi et ceux qui vivent à Québec. Il faut que toutes nos politiques soient teintées. Quand on fait de nouvelles écoles, quand on lance des programmes, il faut que les régions, la ruralité, aient de l’aide à leurs besoins. J’aime quand je réalise des choses, quand je vois les engagements qui sont réalisés. Dans mon comté, c’est plus de 125 millions de dollars en deux ans que j’ai fait atterrir. C’est énorme. On se fait des projets incroyables, un complexe multisports après les fêtes, une maison des ainées. J’ai ouvert une maison de répit pour les proches aidants. Il n’y a jamais autant d’investissements routiers dans le comté de Beauce-Sud depuis 2 ans. Il faut être à nos affaires, il faut suivre nos dossiers. Mais ce que j’aime, c’est de réaliser les choses, comme on en réalise pour la jeunesse au Québec.

Avez-vous un objectif à atteindre d’ici 5 ans ?

Je vous dirais que l’objectif que j’ai d’ici 5 ans est de toujours rester moi-même. Donc toujours se souvenir pourquoi je suis venu en politique. Qu’est-ce qui fait en sorte que je suis en politique ? De ne jamais me déroger de ce pourquoi je suis en politique. La pandémie nous confronte. Moi je n’aurais jamais fermé les restaurants de ma vie. On n’aurait jamais pensé ça, en 2018, qu’on allait vivre ça. Donc, ça nous amène dans des situations qui nous confrontent. Mais pour moi, la pandémie m’amène là, il ne faut pas que je change. On cherche toujours à être la meilleure version de nous-même, à s’améliorer, c’est correct et c’est noble. Mais il ne faut pas que j’oublie qui je représente, pourquoi je les représente. On ne peut pas toujours en faire des sorties médiatiques à tout rompre, mais je communique ce que ma population pense et souhaite. Je me couche le soir la tête tranquille. Si d’ici 5 ans j’ai changé, Zaz chantait une chanson qui disait « Si jamais j’oublie les jours que j’ai passés, les larmes et les cris, rappelle-moi qui je suis ». Donc pour moi c’est important de toujours rester moi-même. C’est ça mon objectif, ce n’est pas plus compliqué !

Pour vous la persévérance scolaire, c’est quoi ?

Moi je suis passé par un processus de persévérance scolaire. Je me suis souviens, j’étais en secondaire 3 ou 4. Quand je vous parlais de restaurants, c’est vrai que j’aime ça ! Je me disais que je vais aller étudier à l’ITHQ (Institut de Tourisme et d’Hôtellerie de Québec) à Montréal, je vais faire un DEC, il me manque juste un secondaire 4. J’ai 2 parents très très sévères, très exigeants et ma mère me disait : « Moi, la seule affaire que je te demande est de finir ton secondaire 5. » Et là je lui ai dit : « Maman, je n’en ai pas besoin pour faire de l’argent. Il y a un cours en sommellerie, inquiète toi pas » et elle m’a répondu : « La seule affaire que je demande, c’est de finir ton secondaire 5. » Je n’aimais pas l’école, mais j’aimais la vie étudiante, j’aimais l’implication. Je n’aimais pas être assis en classe pendant 1 heure. J’avais quand même l’objectif ultime déterminé, il faut que j’aille mon secondaire 5. D’abord pour plaire à mes parents et ensuite pour plaire à moi. Évidemment, je n’aurais pas pu étudier en radio-télévision si je n’avais pas eu mon secondaire 5. Le bal de finissants est important aussi parce qu’il demeure un objectif, tu finis avec tes amis, avec ta famille. La persévérance scolaire c’était oui pour mes parents, mais aussi pour moi et pour mon avenir. On grandit à avoir des échecs. Moi je me suis présenté la première fois en 2014, j’ai perdu, j’avais 21 ans, j’ai eu 38% des voix. Je suis revenu 4 ans plus tard. On apprend de nos défaites. Il y a ces gens qui se vantent d’avoir juste des victoires. Quand tu as une victoire, tu gagnes et tu passes à un autre appel. Quand tu as une défaite électorale, tu as subi cette tristesse-là, je ne dirais pas cette douleur, mais cette tristesse. Ça t’apprend beaucoup. Les échecs dans une vie sont très formateurs. J’en ai eu, pas plus que la moyenne, mais j’en ai eu comme tout le monde et ça fait la personne persévérante que je suis.  Si je n’avais pas eu de difficulté à l’école, sûrement que je ne serais pas aussi persévérant aujourd’hui.

Quel message aimeriez-vous lancer aux jeunes de notre région ?

N’oubliez jamais vos rêves, même s’ils sont un peu plus fous, même si c’est d’être un astronaute ou un chanteur chanteuse internationale, peu importe, tous les rêves sont possibles. Moi mon rêve était de devenir député. Il ne faut pas que je réalise tous mes rêves trop jeune, sinon de quoi je vais rêver à 40 ans, 50 ans. Je pense qu’il faut rêver toute notre vie. Il ne faut jamais arrêter de rêver. Et ne jamais oublier vos rêves. Je crois que depuis la pandémie, les jeunes sont très résilients, plus que l’on pense. La pandémie va former une jeunesse beaucoup plus forte, à se débrouiller, à voir les choses différemment, à dire « j’ai vécu ça, et on va passer à travers ». Je ne pense pas qu’il n’y ait toujours que des points négatifs. Voyez le positif dans la situation actuelle, parce qu’il y en a. Et n’oubliez jamais vos rêves, peu importe les embûches qu’ils vont vous mettre. Parce que les embûches, je vous l’annonce en primeur, on va en avoir toute notre vie. Mais il ne faut jamais oublier nos racines profondes. Si vous vous impliquez et que vous faites cet exercice-là, à 18h23 ce soir, vous le faites parce que vous aimez ça, et que vous y croyez, parce que vous sentez que vous pouvez faire une différence. Cette énergie-là que vous avez, vous ne devez jamais la perdre.

Que pensez-vous des jeunes qui s’impliquent dans leur municipalité ?

C’est fondamental, on a besoin de nos jeunes, pour les nouvelles idées, pour les remises en question que ça amène, pour le brassage d’idées. Pi on bouscule. Je suis le plus jeune député du gouvernement, heureusement j’ai beaucoup d’expérience en politique, ça m’aide. Mais je sais que les jeunes qui s’impliquent dans leur municipalité, ça peut être plus difficile avec le maire, au conseil municipal ou peu importe. Tu arrives des nouvelles idées, et tu as l’air du dépensier parce que tu veux organiser une soirée quelconque qui coûte 100 $ et c’est la fin du monde. C’est super important. Et c’est un gros exercice de détermination de s’impliquer dans son village. Parce que nul n’est prophète dans son pays. Il faut toujours être déterminé quand même. Moi je trouve que c’est une bonne école, c’est l’occasion de faire sa marque, et de faire la différence dans ton milieu et dans ton quotidien. Ça va du skate park que tu veux, à la maison des jeunes, à s’impliquer dans un festival, dans un évènement. C’est vraiment une belle occasion de faire une différence. Et après, si tu as une recette gagnante dans ton village, tu peux la mettre au niveau régional, l’amener un peu plus loin et elle prend de l’ampleur.

Quelle importance doit-on accorder à l’activité physique ?

L’activité physique c’est l’équilibre dans une vie. Ceux qui s’entrainent 7 fois par semaine, je ne trouve pas que c’est de l’équilibre. Ceux et celle qui décident d’y aller 3-4 fois par semaine. Moi depuis l’année dernière je fais du ski de fond. Et les gens me disaient que c’était pépère le ski de fond ! Avant je faisais du ski alpin, et là je me suis mis au ski de fond, et j’adore ça ! Tu sus au ski de fond, tu sus plus qu’au ski alpin, je vous l’annonce ! Le ski de fond est quelque chose physiquement. Le sport m’amène de un, à décrocher, et à me faire du bien. Évidemment pour ton cœur, pour ta santé, pour ta tête, c’est aussi un anti-fatigue. Ça nous permet de mieux dormir, on en parlera jamais assez de l’importance du sommeil. Et je vous dis ça également, car je vois que madame à des lunettes. Mais achetez-vous des lunettes pas chères sur Amazon pour la lumière bleue. Nous sommes beaucoup devant les écrans et ça peut diminuer notre vision. Déjà les lunettes, ça absorbe les lumières bleues de l’écran. Ça nous aide à mieux dormir, c’est là que je voulais en venir. L’activité physique est aussi liée au sommeil, à un rythme de vie plus sain, également à l’alimentation. J’essaie de boire de l’eau le plus possible. C’est très important.

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette et la vapoteuse ?

Tout ça, c’est légal, mais je pense qu’on est mieux de manger des céleris. On est peut-être mieux de faire autre chose. Je ne juge pas, mais je n’encourage pas.