Entrevue avec Maryline Gaucher, réserviste des Forces Armées du Canada, réalisée par Caryne Carrier et Xavier Bibeau, des Comités 12-18 de Lyster et Durham-Sud. 

Premièrement, qu’est-ce qui vous a poussé à devenir militaire ? 

Dans le fond, je vais juste commencer par clarifier que la réserve c’est du temps partiel. Donc moi, ce que je voulais était un métier à temps partiel parce j’étais aux études. J’allais au collège faire une technique de Transformation des aliments et je cherchais seulement un métier à temps partiel qui allait concorder avec mes études. En même temps, c’est un travail de fin de semaine, on s’entend. Ça interférait pas du tout avec mes études. J’avais vraiment envie d’un emploi qui était différent. On s’entend que l’armée, c’est vraiment différent. Je voulais un métier qui allait démontrer de la cohésion et où on travaillerait tous en équipe, qu’on allait apprendre des trucs qu’on apprend nulle part ailleurstu n’as pas besoin de permis et tu peux tirer de l’arme à feu. C’est comme une grosse famille et moi on m’avait un peu vendu cette idée-là. J’étais vraiment allumée par ça. En plus, il n’y a aucun métier qui ressemble à ça. L’armée est tellement flexible en plus. Si j’avais un examen le lundi matin, j’avais le droit de ne pas être là la fin de semaine d’entrainement, car la réserve priorise beaucoup les études. Il n’y avait aucun autre emploi qui concordait plus que ça avec mes études. Je voulais aussi avoir des défis, parce qu’on s’entend que l’armée a beaucoup de défis, mais ce sont tous des défis qui sont relevables. Ça fait juste t’améliorer en tant que personne. Il n’y a rien de négatif pour être honnête. C’est pour ça que je me suis lancée. Je n’y connaissais rien au monde de l’armée et quand je suis entrée, j’ai tout appris au fur et à mesure. Çvraiment bien été. C’est sûr que c’est stressant, mais pour vrai, c’est vraiment le plus beau geste que j’ai fait dans ma vie. Dans le fond moi, c’était du temps partiel, que j’ai fait durant mes trois années au collège. En ce moment, je fais du temps plein avec la réserve. Donc oui, il y a moyen de travailler à temps plein même si on est dans la réserve à temps partiel. La réserve permet de travailler à temps plein et à temps partiel. C’est parfait pour quelqu’un comme moi qui n’est pas trop certaine de ce qu’elle veut faire. Donc c’est un peu pour toutes ces raisons-là que je suis entrée dans la réserve. En plus, nous n’avons pas de contrat. Donc on peut entrer dans la réserve et quitter si on n’aime pas ça ou s’il y a quoique ce soit qui ne fonctionne pas avec notre vie.  

Ça prend quel âge pour entrer dans l’armée ? 

Dans le fond, vous pouvez entrer dans l’armée à partir de 16 ans et c’est maximum 57 ans. Si vous avez 16-17 ans, ça prend l’autorisation de l’un des deux parents. Ils font seulement signer et être présents lors de vos rendez-vous dans le processus d’enrôlement. Ensuite vous pouvez opérer dans la réserve sans problème. C’est à partir de 16 ans que vous pouvez appliquer en ligne sur le site www.force.ca  

Est-ce que vos parents vous ont toujours appuyée dans votre décision ? 

Je vous dirais que ça dépendait. Ma mère a été la seule à être 100% avec moi dans cette aventure-là au début parce que souvent ça fait peur aux parents. C’est l’armée, donc là, ils se demandent : « Ok, là mon enfant va-t-il s’en aller au front. » C’est ça qui fait vraiment peur. Mais une fois que nous sommes dans l’armée, qu’on en parle et qu’ils savent vraiment c’est quoi, la « game » change vraiment beaucoup. Â ce moment-là, quand je suis entrée, j’avais 17 ans, donc ça me prenait le consentement d’un parent et c’était ma mère bien entendu. Mon père n’était vraiment pas d’accord avec l’idée. Il se disait que j’allais perdre mon temps, que j’allais mettre trop d’emphase sur l’armée, que j’allais perdre le focus sur mes études. Donc il n’était pas très ouvert à l’idée, mais je l’ai fait quand même. Je vous dis ça en ce moment parce que je veux justement que vous n’ayez aucune peur et que vous puissiez vous lancer si c’est un frein pour vous. Il y avait également mon grand-père, il n’était tellement pas d’accord qu’on ne lui a même pas dit que j’étais encore rentrée dans l’armée. Je faisais mes cours à l’été 2016, à Valcartier, et ma mère inventait quelque chose parce que je n’étais pas là. Elle ne voulait pas lui dire tout de suite car elle ne se sentait pas prête. Du moment où j’étais bien intégrée dans l’armée et que je savais de quoi je parlais, tout le monde est devenu d’accord avec l’idée que je sois dans la réserve. C’est vraiment en le faisant que l’on convainc le monde. Donc c’est ça !! Au début il y avait seulement ma mère et maintenant tout le monde est d’accord !  

Il y a combien de métier dans l’armée ? 

Il y en a beaucoup. Dans le fond, dans la force régulière, il y a environ 100 métiers. Quand je dis régulière, c’est l’armée à temps plein. Il y a beaucoup plus de métiers à temps plein, ça c’est normal. Mais pour ce qui est du temps partiel, donc la réserve, on en compte une vingtaine. Nous dans le 6e bataillon, on est une unité d’infanterie, on a 5 métiers qui sont offerts. Je vais vous les énumérer : Il y a Soldat d’infanterie, je vais vous énumérer tantôt un peu ce que ça veut dire, Officier d’infanterie, ce sont eux qui gèrent les Soldats d’infanterie, sinon nous avons des Administrateurs en ressources humaines, Administrateurs en services financiers, ce sont eux qui vont s’occuper du côté administratif, de nos dossiers, de nos payes, ce qui touche au déploiement, bref tout ce qui touche aux papiers. Sinon nous avons des musiciens dans le bataillon. Ce sont donc les 5 métiers qui sont offerts dans notre unité à St-Hyacinthe et Drummondville. Dans la réserve, il y aussi des métiers de support. Comme par exemple à St-Hubert, il y a le 34e bataillon de service, tu peux être cuisinier, chauffeur de véhicules militaires, mécanicien, technicien en approvisionnement. C’est comme si vous aviez une grosse « shop » et que vous deviez fournir du matériel pour les exercices. Vous pouvez être technicien en armement, travailler dans les communications, bref il y en a beaucoup ! Sinon à Trois-Rivières, il y a la marine et il y a de l’artillerie. Dans la marine, il y a pas mal tous les métiers que je vous ai énumérés juste avant. La majorité dise ce qu’ils font, un cuisinier, c’est un cuisinier. On s’entend que c’est un emploi à temps partiel, mais il y a moyen de trouver quelque chose qui plait aux gens habituellement. 

Sinon est-ce qui y a beaucoup de femmes qui pratiquent ces métiers-là ? 

Je vous dirais que ça dépend du métier que vous faites. En ce moment dans l’armée, ils essaient vraiment d’avoir plus de femmes, parce qu’on veut que ça soit représentatif de la population. Moi je suis une soldat d’infanterie, donc mon métier c’est de jouer avec des armes, de connaître les tactiques de guerre, etc. Donc dans mon métier, il doit y avoir 4 femmes actives qui sont dans un peloton de 40 personnes par exemple.  Donc c’est sûr que ce n’est pas beaucoup, mais on veut augmenter cet effectif-là. On ne veut pas discriminer les femmes en soi. C’est sûr que nous sommes encore à travailler là-dessus, surtout que c’est plus un métier d’homme, on s’entend. C’est certain que c’est plus physique, c’est plus difficile, mais on veut des filles. On veut montrer qu’on est capable de le faire et c’est pour ça qu’en ce moment, les métiers plus de combat, il y a moins de femme. Mais sinon pour les métiers plus d’administrateurs, ressources humaines, etc., il y a beaucoup de femmes quand même. C’est sûr qu’en ce moment, le ratio, l’armée aimerait être à 25% de femmes, donc ça vous dit que présentement, c’est moins que ça !  

Quel est le salaire dans l’armée ? 

Il faut que vous sachiez que le salaire varie vraiment en fonction du grade. Quand vous rentrez comme soldat recru, vous allez avoir le plus petit salaire, ça commence à 96$ par jour. Mais ça augmente très vite parce que chaque grade, exemple que vous êtes soldat, à chaque année, ça va augmenter. Mettons que vous êtes soldat durant 3 ans, vous allez tomber soldat 3 un moment donné, vous allez augmenter à chaque fois. Un jour vous allez tomber caporal et ça va augmenter encore. Ça commence à 96$ par jour et quand vous êtes caporal, c’est 152.98$ par jour. Moi par exemple, je suis caporal 3, c’est environ 160$ par jour. Quand je dis par jour, dans la réserve comment ça fonctionne, c’est que du moment que tu travailles plus de 6 heures, c’est considéré une journée complète. Donc on peut travailler entre 6 et 24 heures, ça dépend si nous sommes en train de faire une activité à Valcartier. Comme une fin de semaine d’entrainement ou on ne dort pas chez nous, c’est sûr que ce sera le même salaire, mais ça compense pour les journées ou on travaille moins d’heures. C’est sûr que vous ne devez pas être effrayé par ça. Ça arrive souvent qu’on travaille une journée de 8 heures et qu’on ait le salaire d’une journée complète. Moi par exemple, ça serait 160$ par jour. Si vous travaillez moins de 6 heures, vous faites juste le salaire divisé par deux. Donc moi je ferais à peu près 80$ pour la demi-journée. C’est comme ça que ça fonctionne dans la réserve. Sinon le temps plein, c’est vraiment un contrat 7 jours sur 7, payé tous les jours. Donc ça dépend si tu fais partie des forces régulières ou réserve. Sinon, si vous voulez, allez voir sur le site selon les grades. Les officiers ont un salaire un peu plus élevé car ils ont besoin d’un baccalauréat pour être officier, donc c’est un peu plus. Sur le site, vous pouvez inscrire « Taux de solde des forces de l’armée canadienne » sur Google. Vous allez trouver toutes les grilles si ça vous intéresse.  

Est-ce que c’est difficile de suivre les garçons ? Est-ce que vous avez les mêmes entrainements ? 

Je vous dirais encore une fois que ça dépend du métier. Par contre, dans tous les métiersvous faites de la qualification militaire de base. On vous apprend à être un soldat dans l’armée. Donc un minimum que vous vous préparez physiquement et mentalement pour ce qui s’en vient, je vous dis que vous allez être correct, vous allez être capable de suivre les garçons. Il n’y a rien d’inhumain, car nous sommes tous humains, on est tous capables de le faire. Je vais prendre moi comme exemple, parce que je suis une femme. Quand j’ai voulu faire mon cour de soldat d’infanterie, en 2016, je m’étais préparée peut-être 2 ou 3 mois à l’avance. Je courais beaucoup, je m’entrainais quand même beaucoup, peut-être 3-4 fois semaine, ce qui est correct, et ça super bien été. Dans le fond, le plus que vous êtes préparés, et le mieux ça va aller. Ce n’est pas difficile, il faut avoir la volonté. On le sait que c’est un défi à la base, mais du moment que vous êtes préparés, ce n’est pas difficile. On est capable de le faire.  

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier et qu’est-ce que vous aimez le moins ? 

Ce que j’aime le plus de mon métier ?  Je vais commencer par le négatif, comme ça on va finir sur une note positive ! Ce que j’aime le moins de mon métier présentement, pour un soldat d’infanterie, ça serait peut-être les journées ou les nuits où il fait -30que je suis à Valcartier et que je grelotte. Mais sinon, si ce n’est pas de ça, j’adore vraiment tout de mon métier. Oui on travaille beaucoup dehors, dans des conditions difficiles, du moment où nous sommes habillés comme il faut, tout est correct. Puis ce que j’aime beaucoup de mon métier, en général avec l’armée, pas seulement avec le soldat d’infanterie, mais dans l’armée en générale, c’est qu’il n’y a pas de routine. On s’entraine toujours pour divers buts et ce n’est jamais pareil, c’est ça qui est vraiment plaisant. On ne se fatigue pas. Pour moi, la raison pour laquelle je suis rentrée, c’était pour casser la routine. Comme par exemple, quand tu vas faire un champ de tirs à Valcartier, la fin de semaine, et que tu reviens à ta petite routine le lundi matin avec ton emploi civil. Je ne suis pas une fille de routine et à date, c’est l’emploi parfait pour ça. Sinon ce que j’aime beaucoup c’est l’esprit de corps, car nous sommes vraiment une grosse équipe. Je n’ai pas l’impression de travailler et c’est ça qu’il faut d’un emploi ! C’est vraiment ça que j’aime le plus.  

Est-ce que vous avez déjà participé à une mission hors du Canada ? 

Pas encore. Ça fait maintenant 4 ans ½ que je suis dans l’armée. Par contre, ce qui est plaisant, c’est qu’il y a beaucoup d’opérations qui sont locales au Canada. D’ailleurs, j’ai participé à 2 missions au Canada. Je vais vous en parler quand même un peu même si je n’ai pas fait d’opération hors Canada, car je trouve pertinent de voir un peu ce qu’on fait. Donc la première que j’ai fait, c’était au mois de mars dernier. Nous sommes allés dans le Grand Nord. Une fois par année, nous les réservistes, on va dans le Grand Nord. On fait acte de présence parce que c’est un territoire qui est un peu hostile. Il y a de grandes puissances qui veulent se battre pour ça, donc nous on va là une fois par année pour faire de la présence. On assure notre souveraineté pour ce territoire-là. Puis sinon on fait un lien de confiance avec les Inuits, parce que c’est eux les experts de ce territoire-là. Donc on a fait de la pêche, de la chasse et ce sont eux qui nous ont montré comment établir une cache. Moi j’ai dormi sur la Baie d’Hudson, c’était super. C’est vraiment très haut. Et j’ai adoré cette expérience là pour être honnête. Le plus froid qu’on a pogné, je crois, c’était -73. Mais quand tu es bien habillé, c’est parfait ! C’est un froid sec, donc ça se passe très bien. Dans le fond, ça c’était pour l’opération Nanuk, qui était au mois de mars. C’était génial !! Sinon l’autre que j’ai faite était au printemps encore une fois.  Vous avez sans doute vu dans les réseaux sociaux que l’Armée est allée dans les CHSLD pour aider les résidents. Moi j’y ai été et je suis très contente de l’avoir fait parce que nous, notre but dans l’armée, c’est d’être présent peu importe ce qui se passe. Dans n’importe quelle situation, peu importe ce qui se passe, il faut qu’on soit prêt. Ça c’est vraiment un bon exemple de pourquoi on doit être prêt. Nous avons beaucoup de techniciens médicaux qui étaient là, ça entre dans leur métier. Nous par exemple, les soldats d’infanterie, on n’est pas qualifié pour donner des soins aux résidents, donc il a fallu qu’on s’adapte. On a eu une formation de deux jours pour ensuite aller au CHSLD. Moi je suis restée là 1 mois ½. J’avais des tâches qui ressemblaient à celles d’un concierge. Par contre, il fallait qu’on fasse du nettoyage tout le temps pour essayer d’éliminer le virus le plus possible. Sinon j’ai des collègues qui ont vraiment alimenté les résidents, changer des culottes, etc. Donc c’est vraiment pour vous montrer que l’armée est universelle, on est là pour quoique ce soit ! C’est ça qui est gratifiant, d’offrir ça aux gens, au pays justement. Donc ça, ce sont les deux que j’ai faites. Sinon chaque année il peut y avoir malheureusement des inondations, donc c’est une opération locale qu’on peut faire aussi. Moi je ne l’ai jamais faite, mais ça se donne très souvent. Un jour peut être que je ferai une opération en dehors du Canada, c’est une possibilité. 

 

Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous effraie dans votre métier ? 

Je vous dirais que non, il n’y a rien qui m’effraie dans ce métier-là. Parce que, je ne sais pas comment je pourrais vous dire ça On est entrainé, on est préparé contre tout éventualité. Je ne pourrais pas vous dire s’il y a quelque chose qui me fait peur, car mon but est de servir mon pays. Donc dans le fond, il n’y a rien qui m’effraie !! Peut-être que si j’étais déployée, il y aurait quelque chose qui m’effraierait. Mais en ce moment, il n’y a rien qui m’effraie et c’est ça qui est plaisant. 

Quel cheminement scolaire devez-vous avoir ? 

Ça dépend encore une fois du métier. Par contre, la scolarité de base pour entrer dans les forces armées canadiennes, c’est un secondaire 4 avec 24 crédits. Donc il y a des métiers qui demandent ça et des métiers qui demandent plus. Comme par exemple, « administrateur aux ressources humaines » peut demander un secondaire 5 avec des mathématiques. Ça dépend de ce que vous choisissez. Si vous désirez devenir officier, on appelle ça les leaders, ce sont eux qui gèrent les pelotons, des compagnies de 200 personnes, donc pour être officier, vous devez détenir un baccalauréat ou être en voie d’en obtenir un. Mais sinon, un militaire au rang normal, c’est un secondaire 4 avec 24 crédits. 

Comment vous décririez ce métier ? 

Je vais vous décrire un peu mon métier de Soldat d’infanterie. Dans le fond, ce que ça fait un Soldat d’infanterie, nous sommes les premiers à engager le contact avec les ennemis. Je sais que ça fait peur dit de même, mais inquiétez-vous pas. On s’entraine tout le temps à être déployés. Notre but est de vraiment connaître par cœur toutes nos armes. Un soldat d’infanterie c’est la force principale de tous les métiers de combat. Ça c’est la ligne principale. Les fantassins eux peuvent faire beaucoup plus que ça. Nous notre rôle c’est de savoir se servir du matériel de communication, naviguer avec les cartes et les boussoles, utiliser le camouflage et il faut qu’on sache opérer n’importe où, dans n’importe quel milieu et n’importe quand avec n’importe quelle arme. Tantôt je parlais des CHSLD, nous comme fantassins, on peut faire beaucoup de choses. Nous sommes des hommes à tout faire. Ils se sont servis de nous, on est allé là, on était prêt à tout. C’est la description que je viens de vous dire. C’est sûr que de base, c’est nous qui regardons toutes les tactiques de guerre, comment approcher l’ennemi. Donc ça ressemble à ça. Mais comme je vous dis, il y a plus. Il faut que vous sachiez que chaque soldat doit être le plus autonome possible. Donc chaque soldat peut être qualifié dans plusieurs choses.  Je suis soldat d’infanterie, mais je suis aussi qualifiée pour conduire des véhicules militaires, pour donner des cours de premiers soins, pour donner les tests physiques quand on entre dans l’armée. C’est ça qui est plaisant, on peut se qualifier sur plusieurs choses. Donc même si vous avez un métier en particulier, vous allez pouvoir faire plusieurs choses. C’est ça qui est plaisant en entrant, car je ne le savais pas.  

Est-ce que les femmes sont plus respectées aujourd’hui dans ce métier ? 

Je vous dirais qu’aujourd’hui les femmes ont vraiment leur place dans l’armée. Surtout que nous sommes en 2020 quand même. Je vous dirais que tout le monde a un rôle, tout le monde est important dans cette grosse équipe-là. J’aime bien aussi utiliser cette expression « Une chaine est aussi solide que son maillon le plus faible, » parce que c’est vrai. Si quelqu’un a plus de difficulté avec quelque chose, le reste de l’équipe va l’aider. Et cette personnelà va apporter autre chose dans l’équipe de travail. C’est pour ça que j’aime bien cette expression-là. Et tout le monde apporte quelque chose à l’équipe de travail. C’est pour ça que je vous dis que les femmes ont vraiment leur place. C’est pourquoi on essaie d’augmenter l’effectif féminin, parce que nous sommes très importantes, tout le monde est important. Si jamais des femmes subissent de la discrimination, dans les forces il y a beaucoup d’outils qui sont offerts, il y des numéros de téléphone, etc. On est bien supportée. 

Pour vous la persévérance scolaire c’est ? 

Pour moi la persévérance scolaire c’est d’avoir des difficultés et de ne jamais abandonner. De juste se concentrer sur notre but, ce qu’il y aura à la fin comme récompense. J’ai déjà échoué plusieurs cours à l’école et je faisais juste me dire « un jour ça va être terminé ! ». Pour moi c’est ça, ne jamais abandonner malgré les embuches rencontrées. 

Quel message voulez-vous lancer aux jeunes de notre région ? 

Qu’est-ce que je voudrais dire aux jeunes de la région, ça n’a pas vraiment rapport avec l’armée, mais c’est de ne pas lâcher à cause de la pandémie mondiale qu’on vit en ce moment. Je sais qu’en ce moment, les dépressions augmentent, mais il faut vraiment trouver un moyen de s’adapter à ça. C’est sûr que c’est difficile, vous êtes présentement à l’école avec des masques, etc., mais il faut vraiment s’adapter pour passer au travers de cette pandémie-là. Si on fait juste penser que ça va être fini bientôt, on va être encore juste déçu. Faites juste vous créer une petite barrière puis lâchez pas face à cette pandémie. Trouvez-vous des activités à faire pour passer le temps. Je sais que le Premier ministre Legault l’a dit beaucoup, mais je vous le conseille. Moi aussi, j’ai dû rester chez moi pendant 2 mois ½ au printemps et il faut juste se trouver des choses à faire. Essayer de socialiser malgré le fait qu’on ne peut pas se voir. Donc faites juste pas lâcher ! C’est le seul mot que j’aurais présentement envie de vous dire.  

Quel importance doit-on accorder à l’activité physique ? 

Moi je me suis entrainée depuis le secondaire 3. C’est très important car c’est un moyen de décompresser. De garder son corps prêt à tout. Vous allez être en meilleur santé physiquement et mentalement. Surtout dans l’armée, c’est vraiment important. Je ne veux pas justement être le maillon le plus faible. Je veux être capable de faire mon métier, être opérationnelle. Il y a juste des avantages à s’entrainer. Sans être obligé de s’entrainer beaucoup, des fois je m’entrainais 2-3 fois semaines, mais c’est mieux que rien du tout. Si vous n’avez rien à faire, vous pouvez faire ça. S’étirer après, c’est vraiment bon. Moi l’activité physique, j’y accorde une bonne importance.  

Que pensez-vous des jeunes qui s’implique bénévolement dans leur municipalité ? 

Moi je pense que c’est une très bonne chose. D’ailleurs moi j’ai commencé à faire du bénévolat très jeune dans ma vie. Aussitôt que j’ai pu conduire, j’ai fait Opération Nez rouge. Je pense que c’est une bonne façon de se développer. Dans le fond, c’est de donner son temps gratuitement donc je ne vois même pas ce qu’il y a de mieux comme acte à faire. C’est très généreux d’aider les gens dans sa communauté. C’est vraiment d’aider son prochain. Je trouve ça très bien les jeunes qui font ça. C’est une belle façon de se développer et de voir autres choses. Tu peux rencontrer des gens, découvrir des choses. Moi je trouve que c’est très positif.  

Que pensez-vous de la relation entre les jeunes et la cigarette ou la vapoteuse ? 

Moi je vous dirais que mon opinion par rapport à ça est relativement neutre. Je n’empêcherais personne de faire ça. Mais par contre, étant donné que je suis dans l’armée, c’est sûr que la majorité des gens qui rentre adopte un mode de vie sain par intérim. Si vous voulez avoir un mode de vie sain, c’est sûr que ça ne va pas ensemble, cigarette et mode de vie sain. Moi je n’ai jamais fumé pour être honnête, car ça ne m’intéressait pas.