Entrevue avec Alex Boissonneault, député du Parti québécois pour Arthabaska-L’Érable, réalisée par Maeva St-Yves, Sara-Maude Marceau et Peyton Caron du Comité 12-18 de Daveluyville et St-Albert.
Pourquoi êtes-vous devenu politicien?
Pour participer à construire un meilleur Québec que je serai fier de léguer aux générations futures. Nos enfants représentent l’avenir de notre belle province. Je pense à eux quand je travaille à améliorer le quotidien des Québécois. Maintenant, il est vrai que j’ai toujours été intéressé par la politique. Je me suis rendu compte au cours de ma carrière de journaliste que moi aussi, j’avais des choses à dire et qui me tenaient à cœur.
Que diriez-vous à un jeune qui aimerait un jour devenir premier ministre?
Je commencerais par ceci : pourquoi veux-tu devenir premier ou première ministre? Il faut le faire pour les bonnes raisons. Par exemple, pour faire une différence ou améliorer le quotidien de ses concitoyens et concitoyennes. Une fois que la motivation trouvée, ne l’oublie pas en cours de route. Sois patient, rigoureux et à l’écoute, même avant de te lancer en politique à proprement parler. Fais-toi des amis et connaissances dans différents domaines. Prends de leurs nouvelles de temps en temps. C’est facile de tisser des liens, mais la vie fait que parfois, nous les perdons de vue. Or, un bon contact peut faire toute la différence en politique.
Comment faire pour que les jeunes de 12 à 18 ans prennent soin de leur santé?
Pour la santé physique, le Parti québécois veut lutter contre la sédentarité. Notre objectif est de motiver les jeunes à bouger. Cela commencerait à l’école. Chaque jour, tous les élèves feraient au minimum 60 minutes d’exercice physique. Cela passerait aussi par une réduction du temps d’écran, qui nuit à la santé mentale des jeunes. Nous avons remarqué que les appels à Tel-Jeune avaient augmenté d’environ 40 % et que de plus en plus de médicaments anxiolytiques étaient prescrits. Ce n’est pas normal. Selon nous, le temps d’écran élevé des jeunes joue un rôle. Nous comptons appliquer les recommandations qui ont été présentées dans la commission d’enquête à ce sujet. Toujours dans cet objectif, la majorité numérique passerait à 14 ans, c’est-à-dire l’âge auquel une personne peut utiliser les réseaux sociaux.
Comment faire pour que les jeunes de 12 à 18 ans s’intéressent aux élections?
En discutant avec eux dans les classes, les maisons des jeunes et parfois sur les réseaux sociaux. Outre cela, les parents ont un rôle à jouer en discutant d’enjeux politiques qui préoccupent leurs jeunes. C’est une façon de les intéresser à la politique. Nous comptons également revoir le cursus scolaire, entre autres le cours de Citoyenneté et culture québécoise. C’est important de leur rappeler que nous avons le pouvoir de faire évoluer la société, une voix à la fois. C’est tout un privilège. Voter, faire du bénévolat, s’intéresser aux œuvres artistiques d’ici : tout cela fait partie de la politique. C’est important d’être fier de ce que nous sommes en tant que peuple. Cela donne un sens à notre engagement politique et social.
Quelle est votre promesse électorale qui parle le plus aux jeunes?
Nous proposons un grand chantier sur l’éducation dès les cent premiers jours. Entre autres, les sorties culturelles (comme au musée) seraient de retour. Parallèlement à cela, nous voulons valoriser la formation professionnelle et lutter contre le décrochage scolaire, en particulier des garçons. Finalement, une offre de 2 billets pour 1 serait offerte pour les événements culturels québécois. Je pense ici aux films, aux pièces de théâtre, aux concerts, etc. C’est une façon d’encourager les gens à consommer de la culture d’ici.
Quelle est votre solution pour offrir des logements abordables?
Pour commencer, il y aurait plusieurs mesures pour aider les jeunes ménages à devenir propriétaires. Entre autres, le crédit d’impôt serait doublé pour l’achat d’une première maison. Cela stimulerait la construction de nouveaux logements. À ce sujet, nous aimerions revoir les règles auxquelles sont sujettes les entreprises de construction. Enfin, nous prévoyons trouver un meilleur équilibre entre notre capacité d’accueil et le nombre d’immigrants. Comprenons-nous bien : ce n’est pas la faute des immigrants, mais bien celle des mauvaises politiques qui font que nous en sommes là.
Alex Boissonneault : À moi de vous poser une question. À quoi ressemblerait le Québec de 2035 selon vos rêves et vos valeurs?
Maeva St-Yves: Ce serait un Québec uni. J’aimerais que les nouveaux arrivants soient mieux intégrés. Il y aurait moins de violence de façon générale.
Sara-Maude Marceau : Je suis d’accord avec votre idée d’imposer 60 minutes d’exercice physique par jour. Sans sport, les journées sont longues.
Alex Boissonneault : Et c’est plus facile d’étudier après avoir dépensé son énergie.
Peyton Caron : À mon école, nous ne sommes que 132 élèves. Nous avons une bonne relation avec nos professeurs. Ce n’est pas forcément le cas dans les plus grosses écoles, comme au Boisé. C’est dommage. Il y a beaucoup de racisme et de violence. À Laval, il y a eu une alerte à la bombe. En 2035, j’aimerais que cela n’existe plus.